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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 conceal, don't feel - ft. Hewry

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MessageSujet: conceal, don't feel - ft. Hewry   Mer 11 Mar - 22:55

hewry and alienor


Voilà maintenant plusieurs mois qu'Aliénor avait posé le pied sur cette île paradisiaque. Jusqu'à présent, ce petit bout de terre n'avait pas failli à sa réputation bien qu'il ait tout de même mis ses nerfs à rude épreuve. Pendant de longs jours, elle avait cherché à se trouver un travail « respectable », collant à son image de jeune fille parfaite et intègre. Elle avait presque réussi à se convaincre elle-même qu'elle pourrait relancer une libraire couplée d'une bibliothèque, mais le sentiment de déjà-vu l'avait saisi aux tripes avant même qu'elle ne décide de visiter une échoppe disponible. Vraiment, cette vie n'était plus pour elle. Allongée sur sa couchette de fortune dans son nouveau chez-elle, en dehors de Nassau, vers les fermes de Camberry, elle jouait avec son louis d'or lorsque la réplique du capitaine écossais lui revint en mémoire. Elle s'était levée d'un bon et s'était présentée sur la plage, alors que l'équipage du Rising Sun allait rejoindre son navire. Aliénor ne savait même pas s'ils acceptaient les femmes à bord, mais elle espérait que son culot paye et ce fut le cas.
Quelques semaines plus tard, elle était passée de simple matelot à la vigie et cette promotion l'avait comblé. Aliénor redoublait d'effort à chaque fois qu'on l'assignait à une tâche et elle savait au fond d'elle que son investissement serait récompensé à un niveau qui lui est encore insoupçonné. Maintenant, elle passe le plus clair de son temps sur le pont du bateau à combattre son appréhension des flots et sa thérapie porte ses fruits. Elle tremble moins et la nausée l'a presque quitté. La jeune femme se retrouve souvent seule, ou presque, sur le bateau et elle apprécie cette solitude. Ce n'est pas pour rien qu'elle aime autant les instants passés en vigie. Il ne se passe pas une journée sans qu'un autre pirate l'agace et qu'elle explose. En règle générale, sa répartie suffit à la sortir de mauvaises situations. Si les altercations vont trop loin, c'est souvent Ankaa qui la tire de ce mauvais pas, mais de temps en temps, le Capitaine Risley est obligé d'intervenir.
Aliénor l'apprécie. Et c'est un euphémisme. Il est en quelque sorte son preux chevalier sur son fier destrier. Et là, ce n'est pas exagéré. Elle se souvient de l'avoir aperçu au détour d'une ruelle dans Nassau alors qu'elle prospectait une boutique où s'installer. L'instant de contemplation lui a paru durer une éternité, puis elle s'est souvenue qu'elle n'était absolument pas discrète et s'est enfui rapidement. Bien entendu, elle n'avait pas idée à l'époque qu'il s'agissait du tout nouveau capitaine du navire sur lequel elle avait jeté son dévolu. Elle avait nourri pendant un temps l'idée d'une idylle mais s'était finalement résignée pour ne profiter que de la vue et advienne que pourra. Elle n'en était pas moins sous le charme, mais devant l'indifférence manifestée par son supérieur, elle ne peut que revoir ses attentes à la baisse, bien malgré elle.
Accoudée au bastingage, elle est perdue dans ses pensées et contemple l'océan calme qui s'étend sous ses yeux. Elle effleure ses joues pour en enlever le sel invisible qui lui tire la peau et s'attarde sur le bout de ses doigts, noircies par son maquillage imposant. En poussant un soupir, elle se répète les raisons pour lesquelles elle a choisi de se dissimuler plutôt que d'assumer ses formes, comme peut réussir à le faire Ankaa. Pourtant, fatiguée d'avoir à se cacher sans cesse, d'abord avec son père puis ici alors qu'elle pensait avoir trouvé la voie de la liberté. Peut être faudrait-il qu'elle renonce à son déguisement pour pouvoir faire changer les choses comme elle brûle d'envie de le faire. Elle se redresse et regroupe les nattes et le reste de sa chevelure en une queue de cheval approximative qu'elle parvient à nouer difficilement. Elle a du ménage à faire après tout, c'est d'abord pour ça qu'elle a été engagée.
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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Dim 15 Mar - 17:38

the gods are good
Nous étions revenus à terre il y a maintenant quelques heures. Ce dernier voyage était un vrai calvaire, un cauchemar. Oui, voilà ce que c’était. Pas seulement n’avions-nous trouvé aucun navire à chasser, aucun prix à collecter, mais une hasardeuse tempête nous était tombée droit sur la tête. Nous avions perdu un homme, un gabier dont le corps est maintenant perdu quelque part en mer. Ses prières ne se feront plus entendre, Dieu est assourdi par le son régulier des vagues. Il ne sera pas enterré et ne connaitra jamais la paix éternelle. Je n’étais peut-être pas une personne très religieuse, mais dans des moments pareils l’amour du ciel –mais aussi la terreur- m’envahissent. On nous a toujours dit qu’un homme se devait de mourir sur la terre ferme, là où les pères bénissent et les tombes sont prêtes à nous accueillir. Pas dans la mer, loin du merci du ciel et des chants des églises. Nous avions perdu un homme aujourd’hui, et je m’en trouvais chagriné. Je ne voulais tout de même penser à ce qui pourrait bien arriver à ma relation avec mon équipage. Pas de chasse, une tempête, et un des leurs … des nôtres, mort. Ils ne m’ont jamais fait assez conscience, et je crains maintenant que ce sentiment ne fera qu’augmenter et augmenter jusqu’à ce qu’ils exigent un vote, ou que quelqu’un me défie en duel. Je tenais à ma position de capitaine, je tenais à mon poste et je tenais à place au bord du Rising Sun. Je me devais de trouver une façon de gagner leur confiance, une chasse si énorme que leurs poches en deviendront toutes remplies, qu’ils se mettraient à lance des pièces d’or à tous les mendiants de Nassau.

La plupart des membres de mon équipage étaient fou furieux, bien qu’ils ne l’aient point montré. Les chanceux avaient été les premiers à sauter dans les barques, revenir chez eux et sentir le sable sous leurs pieds et les senteurs de la ville remplir leurs narines. Les impatients étaient sûrement déjà entre les bras d’une prostituée dans le bordel de Mr Booth, enfouillant leurs visages entre les seins ballonnés d’une femme, assouvissant un désir qu’ils avaient oppressé, étouffé, pendant plusieurs jours. Les malchanceux devaient attendre leur tour, attendre que les barques retournent pour qu’ils fuissent rapidement un capitaine auquel ils ne pouvaient guère faire confiance. Moi. A cet égard, je ne savais quoi penser. Je ne savais quoi faire. Je les ai libérés de Blake, je les ai libérés du capitaine qui les avait torturés pendant des années. Ce n’était apparemment pas suffisant. Le monde de la piraterie avait ses règles, son code, j’avais besoin de cette chasse qui me permettrait de les mettre tous dans ma poche. Tous. J’étais donc assis dans ma chambre de capitaine, paisiblement, révisant quelques parchemins, quelques dépenses. Nous allions devoir faire appel au charpentier de la ville, et cela nous coûtera bien certainement une fortune. Le soleil commençait à décliner et je me levai afin d’allumer quelques bougies ici et là. Ce fut donc là que j’entendis un son, un son de frottement. Curieux, je poussai ma porte et sortir. Une bouffée d’air froide me frappa en plein visage et me fit frissonner. Devant moi se tenait Aliénor McKay, une des nouvelles recrues, sur ses jambes, en train de frotter comme une folle.

« Le frottement ne pouvait-il attendre, miss McKay ? Nous avons eu un voyage assez déplaisant, tu dois être fatiguée. »

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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Dim 15 Mar - 19:05

hewry and alienor

Ayant sorti son attirail de guerre, autrement dit des chiffons, éponges et autres seaux, Aliénor se met au travail sans plus tarder. Le dernier voyage a été particulièrement éprouvant pour l’équipage mais aussi pour le bateau. Sa tâche est conséquente, mais s’il y a bien une chose devant laquelle elle ne rechigne pas, c’est le travail. D’autant plus que ses camarades les plus vicieux ont déjà mis un pied à terre, elle n’en sera que plus tranquille à bord. Il y en a un, cependant, qui manque à l’appel. Le capitaine Risley. Aliénor l’a vu s’enfermer dans ses quartiers dès que l’ancre fut jeté dans la crique et depuis, rien. Elle se redresse et fixe la porte élégamment décorée qui mène à la chambre du capitaine. On peut dire ce qu’on veut sur les pirates, mais lorsqu’il s’agit des appartements du capitaine, ils ont un certain goût en matière de décoration. Elle secoue sa tête et se remet à frotter le pont, mais avec moins d’entrain. Sa tête et ses pensées entières sont ailleurs. Elle l’imagine accoudé à sa table, la tête serrée entre ses doigts fins à se ressasser l’incident qui leur a coûté un gabier. Il serait torturé par cette image, pensant au pire, doutant de ses compétences. Tandis qu’elle reste de l’autre côté de cette porte, se demandant si elle doit tenter sa chance ou bien attendre encore. Attendre un signe, une allusion, un regard qui lui donnerait espoir. Mais rien ne vient. Elle soupire encore et jette l’eau de son seau sur le pont, frottant énergiquement cette fois-ci. En souriant, elle se dit qu’avec autant de vigueur, peut être finira-t-elle par y mettre le feu à ce bateau… Enfin non, puisqu’elle frotte principalement de l’eau, mais c’est surtout un encouragement personnel, pour ne pas qu’elle se démotive et que son esprit vagabonde à d’autres sujets.

« Le frottement ne pouvait-il attendre, miss McKay ? Nous avons eu un voyage assez déplaisant, tu dois être fatiguée. » dit la voix de son capitaine.

Aliénor sursaute, elle n’a pas entendu la porte s’ouvrir et lui tournait alors le dos. Elle peut sentir ses joues qui s’empourprent à l’idée d’être presque seule avec lui. Voilà des mois qu’elle attend cet instant et elle se retrouve les mains dans la crasse, dans une position pour le moins embarrassante. Sa respiration saccadée fait soulever sa poitrine rapidement, sa main se crispe autour du torchon humide si bien que de l’eau grisâtre se répand sur le pont du navire. Il est vrai qu’elle est fatiguée, mais elle ne le fera pas savoir. Elle affiche finalement un sourire après ces longues secondes de réflexion qui lui ont paru une éternité et décide de faire face au capitaine Risley.

« Pour être tout à fait honnête, je n’ai rien qui m’attend à terre, mis à part ma propre maison à nettoyer. Alors autant faire ce pour quoi j’ai été engagée, après tout un navire propre plaira à plus de monde que mes appartements propres. » répond-elle calmement.

Elle se remet à frotter le bastingage avec une certaine nonchalance quand elle passe sa main sur un éclat dans la rambarde lui propulse une décharge de frissons dans le bras. Elle lâche brusquement son chiffon et sert son index entre ses autres doigts. Une écharde. Quelle gourde elle fait. Toujours à soigner ses entrées, ses sorties et son attitude, tout ça pour en arriver à ce moment. Elle porte son doigt à sa bouche, comme une enfant, en espérant faire s’évanouir le picotement mais rien n’y fait. Elle s’agenouille et plonge sa main dans le seau d’eau chaude savonneuse, mais sale, honteuse. Aliénor ne parvient pas à garder son calme lorsqu’il pose les yeux sur elle. La jeune femme panique intérieurement et extérieurement bien qu’elle tente toujours de se préparer à cette éventualité. Elle ferme ses yeux et murmure quelques insultes contre elle-même, énervée de cette situation grotesque.
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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Mar 17 Mar - 19:10

conceal don't feel
S'il y avait une chose donc j'étais le plus fier, c'était bien évidemment ma capacité à remarquer les moindres détails. Ce fut peut-être, pour cela, que j'étais dans la vigie à la Marine, et même quand j'étais arrivé au Rising Sun. Je savais me focaliser sur ce qui importait, ainsi je ne perdais rien. Aliénor était encore une nouvelle recrue, et en me découvrant derrière elle en cette nuit fatigante, elle ne put que sursauter. Je pouvais presque sentir l'air quitter et regagner son corps pendant que son souffle s'en trouvait perturbé et sa poitrine se gonflait et dégonflait assez rapidement. J'esquissai l'ombre d'un sourire. Je savais, jeune fille, je savais très bien ce que tu cachais, je connaissais ton secret. Mais je n'allais rien en dire ! Pas aujourd'hui, pas demain. Jamais. J'étais conscient de ce que cela pouvait te faire, alors je n'en dirais rien. Les sentiments va et viennent, et celui-là, ce sentiment que tu penses avoir à mon égard, finira par se dissiper aussi rapidement qu'un nuage en une matinée estivale.

« Pour être tout à fait honnête, je n’ai rien qui m’attend à terre, mis à part ma propre maison à nettoyer. Alors autant faire ce pour quoi j’ai été engagée, après tout un navire propre plaira à plus de monde que mes appartements propres. » répond-elle calmement. Les hommes ne savaient quoi faire d'un navire propre. Ils aimaient sentir l'odeur de leur sueur à chaque coin, celle du rhum versé par terre et de la nourriture que le cuisinier leur préparait. Tout cela, mélangé à l'odeur de la mer, avait sur eux un effet presque magique, presque aussi fort que celui de l'opium. J'avais plusieurs fois assisté à quelques membres de mon équipage se donnant corps et âme à la magie de l'opium, je savais ce que cela leur faisait. Et je savais qu'ils en étaient fiers ! Pour être honnête, j'aimais les accompagner lors de ces soirées serrées, cela me donnait la chance de les connaitre, de percer leur mystère et de leur enlever leurs masques. Et j'en étais ravi au plus haut point ! « Le navire peut attendre, Miss McKay, on en a pour quelques jours sur terre avant de pouvoir naviguer à nouveau. La tempête nous a bien défiguré notre cher Rising Sun. »

Il venait à peine d'achever sa phrase qu'elle se remit sur-le-champ à frotter de nouveau. En voilà une qui aimait le labeur ! Pour être honnête, je la comprenais. Je comprenais ce qu'elle essayait de prouver. Prouver au reste des hommes qu'elle vaut autant qu'eux, voir plus. La vie d'un pirate était dure, celle d'une pirate l'était encore plus, si telle chose est même possible. Soudain, je la vis qui se tenais un doigts entre deux de ses confrères. Tantôt le suçant et tantôt soufflant afin d'apaiser la douleur. Je ne pus que laisser échapper un rire qui se perdit quelque part dans l'océan, étouffé par le son des vagues qui se fracassaient contre le navire. Embarrassée elle était, je le sentais parfaitement. Je me dirigeai alors vers elle, prit une brosse et lui dit d'une voix que je voulais réconfortante, riant presque. « Laisse-moi donc t'aider avant que tu ne finisses par te tuer. »

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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Lun 23 Mar - 19:06


Aliénor & Hewry

some catching up needed
Il n’a pas tort après tout. Après des jours passés dans la tempête, ce n’est pas demain que nous reprendrons la mer. Cela étant, c’est pour cela que j’ai signé et que je suis payée donc je ne comprends pas pourquoi il m’empêche de faire mon travail. Cela étant, une bonne nuit de sommeil ne serait pas déplaisant mais je peux d’ores et déjà affirmer que même si je m’effondrais dans mon lit, je ne pense pas réussir à trouver le sommeil rapidement. Chaque voyage en mer est éprouvant pour mes nerfs et j’ai de plus en plus de mal à me détendre. Le stress et la tension qui règnent sur le bateau ont souvent raison de mes muscles et de mes articulations, sollicités en permanence. Qu’il s’agisse de m’agripper au cordage pour ne pas passer par-dessus bord ou à me blottir contre le bois de mon poste de régie en espérant que le mât ne cède pas, mon corps entier est mobilisé… Il est aussi tétanisé par la peur de tomber à l’eau et que l’équipage n’ait pas le temps, ou ne veuille pas tout simplement, faire demi-tour pour me sauver de la noyade. Parce que non, je ne sais pas très bien nager. Avoir vécu à Glasgow signifie également ne pas avoir beaucoup vu la mer dans mon enfance, donc apprendre à nager c’est encore autre chose. La plus grande étendue d’eau là-bas, c’était le canal et le fleuve que remontaient les navires les plus minces.
La pointe de mon doigt me lance affreusement mais j’essaie de garder ma composition. C’est un reste de la vie dans l’aristocratie, toujours laisser paraître que tout va pour le mieux. Même si ton père te frappe une fois la porte fermée. Même s’il éteint ses cigares sur tes épaules. Même s’il n’a de cesse de répéter que tu es la raison de la mort de son unique amour.

« Laisse-moi donc t'aider avant que tu ne finisses par te tuer. »

Je lève un regard interrogateur vers mon capitaine qui me sourit légèrement, après avoir éclaté d’un rire, certes court, mais de rire quand même. Je vois sa main se tendre dans ma direction et je sais pertinemment que la couleur de mes joues ne s’est pas éclaircie d’un demi ton. Que Dieu bénisse la nuit noire de la baie de Nassau. Mais maudit soit cette Lune qui se reflète dans l’eau quasi immobile qui nous entoure. J’ai le sentiment qu’il peut me voir sous toutes les coutures et même à travers. J’ai réussi à me cacher de beaucoup, mais j’ai l’impression que ce Hewry Risley est le seul à percevoir qui je suis réellement, au-delà de mes artifices. Est-ce pour cette raison, du moins cette impression, que mon cœur bat la chamade dès que je le vois ? Que mes mains deviennent moites et maladroites alors que je suis d’un ordinaire assuré ? La preuve en est, je passe des semaines à récurer ce pont et voilà que c’est ce soir qu’une vilaine écharde se loge dans mon index.

« Ca… Ça ira, l’eau chaude devrait la déloger… Du moins c’est ce que j’ai entendu… » parvins-je à articuler difficilement.

Suis-je en train de contredire mon capitaine ? D’habitude, ça ne me poserait aucun problème de confiance d’affronter un homme, qui plus est un qui pense exercer une certaine autorité sur ma personne. Mais depuis que je fais partie de ce monde controversé, j’ai appris à en maîtriser les règles et autres coutumes. Ainsi, j’y réfléchis maintenant à deux fois avant de m’opposer à un membre d’équipage. Disons que c’est surtout l’instinct de survie qui m’a fait répondre aussi abruptement. Je me vois mal tendre une main tremblante à l’objet de mon désir actuel et attendre sagement qu’il la prenne pour en retirer le bout de bois, certainement minuscule, me donnant ainsi l’impression qu’il va me passer la bague au doigt. Rien que de penser à la tournure que prendraient les choses, je suis au bord de l’évanouissement. Mes yeux rencontrent à nouveau les siens. Un bleu azur, scintillant sous les rayons lunaires, d’une teinte éblouissante. Ca y est, je défaille. Un vertige me fait me tenir la tête mais je reprends contenance assez vite, en espérant qu’il ne remarque rien. Foutaise, il voit tout. Un rictus malin l’anime en permanence, du moins quand l’équipage coopère et qu’il ne murmure pas des âneries. Mais ce soir, il s’agit d’un autre Hewry. Bienveillant, dans la tentative d’être rassurant. Un capitaine que je ne connais pas encore mais qu’il me tarde de découvrir.
Voyant qu’il ne retire pas sa main, je finis par prendre mon courage à deux mains et lui tend la mienne. Par chance, l’eau avait déjà nettoyé toutes traces de crasses apparentes, je n’ai donc pas honte de la lui présenter. Il est loin ce temps où mes ongles étaient parfaitement limés, mes mains douces comme de la soie… A présent, je fais comme je peux pour me couper les ongles, ce qui veut dire souvent avec les dents, et mes mains sont plus rugueuses et plus sèches qu’avant. Que j’aurais aimé qu’il me connaisse du temps où mes toilettes étaient à la hauteur de celles de la noblesse. Aujourd’hui je me vêtis comme un homme, dans l’espoir qu’on me laisse en paix. Le bon côté, c’est que ça fonctionne. Les seuls regards que j’attirent sont ceux des fumeurs d’opium, devenus à moitié aveugle, et des vieillards dont aucune prostituée ne voudrait. Oh, la joie…
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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Mer 25 Mar - 22:31

Conceal don't feel.
Aliénor McKay et Hewry Risley
« Ca… Ça ira, l’eau chaude devrait la déloger… Du moins c’est ce que j’ai entendu… »

Une agréable brise chatouilla mon visage, me faisant trembler de haut en bas, comme le voile d’un bateau que le vent secouait impitoyablement, presque sauvagement. Je levai un instant mes yeux vers le ciel, regardant une troupe de nuages accourant à la rescousse d’une lune défigurée, alors que ses lueurs jaunâtres transperçaient le firmament et allaient s’écraser contre les rochers qui ornaient la plage de Nassau. Ils étaient gigantesques et pointus, ne bougeant jamais et attendant que les vagues daignent leur parler, leur rapportant les histoires de l’autre bout de l’océan. En cette nuit, la lumière nocturne leur donnait un air purement majestueux. J’étais debout, immobile, les immortels en dessus de moi et une mortelle à mes pieds. J’avais l’impression d’assister à un échange magique, un que je ne pouvais point comprendre. J’observais les vagues, infinies qu’elles étaient, donner coup après coup à un mur de rochers qui ne semblait pas prêt à céder. Ils me semblaient crier silencieusement, ou du moins d’une voix qui ne m’était pas perceptible, que cette terre était la leur et que les vagues n’y étaient pas les bienvenues. Mais encore et toujours les vagues ne cessaient d’insister dans un va-et-vient éternel qui a trop duré. Au loin, un éclair zébra le ciel et en dévoila les mille teintures sombres qui s’y cachaient. Il ne tarda pas à s’évanouir dans l’océan, et les couleurs allèrent se terrer plus loin dans l’univers, timides de faire face à un monde nocturne qui leur appartenait pourtant. L’océan entier rugit, animé par une tempête qui lui donnait plus de vigueur, qui armait ces vagues en grandeur, leur susurrait de jolis mots et les envoyait attaquer les rochers qui demeuraient encore intacts. Et le mortel que j’étais restait debout, fasciné par une guerre éternelle, celle de la terre et la mer. L’Histoire de l’univers entier était écrite en sang, il se déchaînait sur lui-même et ne s’arrêtait jamais. Ses propres coups le lancinaient, et il laissait échapper des cris tordus qui feraient vibrer le cœur du plus rigoureux des Hommes. J’avais l’impression de me tenir sur des ruines anciennes qui ne m’appartiendraient jamais, entouré de tous les côtés par des terres vides et stériles, brunes de couleur, d’où s’échappaient par moments les gémissements de malheur des morts qu’a pu voir cette Terre. Un froid anormal parcourut mon être, et je me rappelai des milliers de corps que j’avais vus lancés par-dessus les navires, ou ceux qui gisaient partout sur la terre ferme. Pour un moment, je crus voir chacun de leurs visages, leurs yeux éteints et leurs sourires effacés, mais l’image me quitta aussi brusquement qu’elle m’était venue, non sans m’arracher un malaise incontournable. Les mots de mon interlocutrice trouvèrent un sentier vers mes oreilles, et je me rendis encore une fois compte que je m’étais perdu dans mes songeries. Pauvre homme que j’étais ! Dans un mouvement lent et presque machinal, je me frottai les yeux, passai une main entre les mèches de mes cheveux, et abaissai finalement mon regard vers elle. Je remarquai alors qu’elle me tendait la main, et non sans une tristesse qui m’alourdissait l’âme, je la pris.

Elle avait les mains de quelqu’un qui se faisait une place dans la vie à coups de poing, celle de quelqu’un qui ne rechignait jamais et qui était prêt à tout pour arriver à ses fins. Mais ce simple contact, bien que dur et inattendu, m’ôta tout sourire et éteignit mon regard d’azur. Me tenant ici, elle en bas et moi en haut, j’eus l’impression que son âme appelait la mienne, la suppliant de la sauver de Dieu sait quel monstre qui se cachait sous son lit. En l’espace d’un instant, je crus voir dans ses yeux le regard d’une enfant qui nourrissait des rêves et des espoirs depuis longtemps envolés, comme des corbeaux funèbres aux ailes noirs rappelant la mort. Peut-être dans une autre vie aurais-je laissé mon cœur s’attacher au sien, mon regard s’attarder sur ses traits et mes mains effacer la noirceur qu’elle cachait. Mais dans celle-ci, j’étais une proie sans ressources à mes démons intérieurs qui m’attrapaient toujours haletant et secoué. J’avais peur de l’entrainer avec moi dans le fossé obscur qu’était mon passé sombre et lointain. Car de mes souvenirs jaillissaient une odeur de mort et de tragédie, une odeur qu’aucun bonheur ne saurait faire estomper. Cette odeur hante mes nuits et mes journées, et m’empêche de goûter aux délices exotiques de ma nouvelle vie. Mais c’est une tristesse que je ressentis en tenant sa main dans la mienne. J’eus pour un instant l’envie de lui donner ce qu’elle voulait, de la tirer vers moi et l’enlacer, de lui arracher des rires et danser ensemble sous les lueurs nocturnes étouffées. Je n’étais pas spécialement épris d’elle. Mais je ne donnais toutefois pas à mon cœur la chance de lire celui d’une femme, de s’égayer au son de son rire et à la vue de son regard charmant. Je l’étouffais, le tuant presque, lui interdisant tout désir et tout espoir, toute chance de se réjouir et de se distraire. Au fond de moi, j’entendais presque ses lamentations régulières et ses cris de rage, faisant mine de l’ignorer et lui chuchotant que je manœuvrais pour le plus grand bien, celui qui lui servirait à lui avant moi. Mais il ne semblait pas comprendre et continuait à se rebeller, me jugeant presque. Il alla jusqu’à faire fléchir ma jambe et je faillis tomber à genou devant elle. Maudit sois-tu ! Je me rattrapai à justesse, me rendant compte que j’avais un air assez maladroit, perdu dans mes rêveries et essayant de répondre aux mille points d’interrogation qui suspendaient mon existence.

«Ca ne me semble pas trop grave, mais assez de nettoyage … juste au cas où … », répondis-je, abattu par le chagrin et le regret.

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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Ven 3 Avr - 11:28


Aliénor & Hewry

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« Ça ne me semble pas trop grave, mais assez de nettoyage … juste au cas où … » dit-il dans un soupir.

Je laisse ma tête tomber sur le côté, incertaine de ce qui est en train de se passer. Un voile mélancolique semble s’être abattu soudainement sur mon capitaine et un sentiment d’impuissance me saisit les entrailles. Malgré le passé houleux que j’ai pu rencontrer avec la gente masculine, je ne peux renier mes instincts altruistes. L’envie de le serrer dans mes bras, de le réconforter et de lui assurer que tout ira bien est puissante, mais le respect et la dignité m’empêche toute initiative de la sorte, surtout envers Hewry. Qu’adviendrait-il de moi, pauvre mortelle, si par malheur je succombais à mes pulsions et que je m’en trouvais rejetée ? Rien de bon, c’est certain. Pour peu, il me congédierait de l’équipage et je me retrouverais à écumer les rues de Nassau à la recherche d’un nouvel équipage. Les capitaines acceptant les femmes à bord des navires ne couraient pas les rues, alors autant ne pas tenter le diable. Je préfère de loin vivre dans le mensonge toute ma vie, ignorer les battements rapides de mon cœur à chaque fois que je pose les yeux sur lui, plutôt que de me retrouver forcée de rejoindre les équipes d’Haytham Booth au bordel. Parce qu’il faut bien l’avouer, c’est le seul destin possible pour une femme sans nom à Nassau.

« Pardonnez-moi si je vais trop loin, mais êtes-vous sûr que tout va bien Capitaine ? » dis-je doucement, comme si quelqu’un pouvait être en train de nous épier.

Bordel de m… Quand est-ce que je vais apprendre à réfléchir avant de parler dans des situations comme celle-ci ? Mon moi intérieur est en train de me frapper le front avec ce qu’il a sous la main alors que je fixe mon capitaine. L’interrogation est réelle cependant. J’entends sans cesse des membres d’équipage remettre son autorité en question depuis que je suis arrivée à bord. Je ne cherche pas à le défendre, persuadée que la voix d’un moussaillon ne vaut guerre contre celle d’un artilleur.
Et pourtant j’aimerais pouvoir en être capable. Prête à tous les coiffer au poteau lorsque l’un d’entre eux s’évertuerait à vouloir faire le malin concernant le travail que fournit le capitaine Risley. J’aimerais qu’il puisse voir en moi un soutien à toute épreuve, comme il semble le trouver en Ankaa. Je suppose qu’il faut encore que je fasse mes preuves pour être digne de sa confiance. Peut-être pourrait-il être un homme duquel je n’ai pas à me cacher ? Est-ce un risque que je pourrais prendre sans y réfléchir pendant des semaines, à poser le pour et le contre de me dévoiler ? Je n’en suis pas encore certaine. Me laisser être moi-même pourrait être encore un énième moyen de me briser le cœur moi-même lorsqu’il en viendra à effectivement repousser mes avances. Parce que c’est un fait, pourquoi un homme comme lui voudrait d’une femme comme moi ? Je ne dois être qu’une enfant encore à ses yeux… Dans quel monde une histoire entre lui et moi serait possible ? Aucun, j’en ai bien peur… Alors pourquoi avoir peur ? Autant jouer le tout pour le tout.

« Il doit bien rester une bouteille de rhum quelque part dans la cale, est-ce qu’un verre vous remonterait le moral ? » je tente en souriant avec une bienveillance non forcée.
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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Sam 11 Avr - 16:14

Conceal don't feel.
Aliénor McKay et Hewry Risley
Aliénor avait légèrement baissé la tête, alourdie probablement par des questions auxquelles elle n'arrivait point à trouver de réponse. Je sentis un mutisme sacrément religieux s'installer entre nous, un mutisme qu'aucun n'osa rompre de peur qu'une malédiction ne s’abatte sur nous. Je laissai mon regard vaguer un peu, regardant sans voir, plongeant dans les yeux de Miss McKay. Elle avait un air majestueux avec son visage presque entièrement peint, un air intimidant, ce qui était bien évidemment la seule et unique raison, supposé-je. Je me rappelle l'avoir pourtant aperçue un jour à Nassau, quelque part dans les rues nombreuses de la ville, sans ce déguisement qui cachait la pureté et la vérité de son âme-même.

« Pardonnez-moi si je vais trop loin, mais êtes-vous sûr que tout va bien Capitaine ? » Sa voix était d'une douceur sans précédent, comme une légère brise rafraichissante au milieu d'un printemps chaud, alors que le soleil de ses milles feux éclairait le globe. Ses paroles m'atteignirent comme un salut lointain, une murmure à peine audible. Je la regardai avec insistance, la perçant du regard, un regard d'azur aussi froid qu'une montagne de glace. Sa main était toujours prisonnière de la mienne, le contact éveillant des sentiments depuis longtemps éteints. Ma main libre chercha sa joue à tâtons, guidée par Dieu sait quel maudit désir, mais mon mouvement fut interrompu par la voix d'Aliénor et je remis ma main furtivement dans la poche de ma cape. « Il doit bien rester une bouteille de rhum quelque part dans la cale, est-ce qu’un verre vous remonterait le moral ? » Ébahi, je baissai ma tête et, après un moment de silence, je fis d'une voix chevrotante, attaquée par le froid : « J'ai peut-être une bouteille dans mon compartiment, voudrais-tu bien te joindre à moi ! »

Lâchant alors sa main, je me levai et me dirigeai vers ma chambre de capitaine. J'allumai rapidement les bougies qui s'étaient éteintes, fit sortir deux verres et une bouteille, et m'assis gracieusement sur mon fauteuil, laissant la porte ouverte derrière moi.

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MessageSujet: Re: conceal, don't feel - ft. Hewry   Dim 12 Avr - 20:39


Aliénor & Hewry

some catching up needed
Complètement happée par la situation, j’en ai oublié l’étreinte de nos mains. Ce n’est que quand il retire la sienne que je me rends compte que nous avions passé plusieurs minutes dans une proximité toute nouvelle. Je tourne ma tête dans tous les sens pour vérifier que nous sommes seuls, ou du moins que les autres sont trop pris avec leurs défis ou à attendre la barque qui les ramènera à bon port. La condition de Hewry est déjà assez compliquée pour rajouter en plus des rumeurs infondées sur lui et moi. Est-ce utile de préciser à quel point j’aimerais qu’elles le soient pourtant ? Je le suis machinalement, tout en prenant conscience de la scène qui est en train de se dérouler. Habituellement, seuls les membres d’équipages les plus importants sont autorisés à entrer dans les quartiers du Capitaine et pourtant, moi, Aliénor, simple moussaillon, je vais avoir l’honneur de partager un verre avec mon Capitaine. Ce serait exagéré de dire qu’il n’a jamais pris le temps de le faire auparavant. Depuis mon arrivée, il a bien dû s’asseoir plusieurs fois en compagnie de l’équipage, mais soit la cale était bondée de monde à vouloir trinquer avec lui, soit j’étais à mon poste de vigie à contempler la scène de haut.
C’est les mains tremblantes que je ferme la porte de bois derrière moi et m’installe de l’autre côté du bureau massif. Je l’observe à la lumière des bougies et peut distinguer chacun des signes dus à l’angoisse, au stress et à l’appréhension s’évanouir. Il nous sert des verres et je ressens ce sentiment de fierté à l’idée de naviguer sous sa bannière. Tout peut paraître futile en prenant en considération le fait que je ne suis pas une réelle pirate à proprement parlé, mais il me fait sentir comme un élément à part entière de son équipage, et rien que pour ça je lui en suis plus que reconnaissante. Je n’ai connu que deux extrêmes d’hommes dans ma courte vie. Mon père, ignoble, violent et incapable de tout sentiment. Et Sal, altruiste, généreux et rempli de tout l’amour du monde. Pour mon plus grand malheur, je ne parviens pas à situer Hewry Risley. Il est à la fois cet homme violent, sanguinaire et animé par la recherche du gain et en même temps, dans des moments comme celui-ci, il montre une facette vulnérable, soucieuse et peut être même tendre. En somme, je suis perdue. L’envie me prend de me débarrasser de ce maquillage et de me montrer à lui sous mon vrai jour. J’efface discrètement une larme qui a coulé le long de ma joue et le remercie dans un souffle pour la chope de rhum qu’il me tend à travers son bureau. Je m’éclaircie la voix tant bien que mal pour être sûre qu’aucun sanglot ne perce à travers et me trahisse.

« Alors, quel est votre prochain projet ? » je lui demande en tentant de feindre une réelle curiosité.

Il m’a tutoyé mais je ne me sens pas prête à franchir ce pas. Il reste mon supérieur et avec un droit de vie ou de mort sur ma personne de surcroit. Il ne faudrait pas que j’en vienne à le froisser après tout. Je bois une gorgée de boisson et sent l’alcool tapisser chaudement ma gorge, légèrement irritée par les embruns salés et le vent froid que nous avions affrontés ces derniers jours.
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conceal, don't feel - ft. Hewry

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