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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 the gods are good (hewry & noah)

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MessageSujet: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 13:45

the gods are good
Belle nuit que voilà on avait. Hewry venait tout juste de fermer la porte derrière lui, laissant sa soeur en plein sommeil, ronflant. Il devait lui en parler, elle ronflait comme une dragonne en couche et c'était on ne peut plus fatigant. Le jeune capitaine venait tout juste de revenir à Nassau il y a quelques jours de cela, et voilà que l'envie le prenait déjà de parcourir les ruelles en cette nuit éclairée. L'astre nocturne se tenait comme un roi au sommet du ciel, entouré de mille étoiles éparpillés autour de lui, sa cour, sa garde. Grand et rond, une lueur jaunâtre le différenciait du reste du paysage. Minuit était passée, les gens dormaient, d'autres trinquaient et les ivrognes dans les rues se balançaient. Nassau avait toujours été une très belle ville, pleine de charme et d'aventures, un livre de contes aussi exotiques les unes que les autres. Mais Hewry avait tout de même une préférence pour la mer, humer l'air salé et laisser le vent lui ébouriffer les cheveux. Cela lui procurait en effet une certaine liberté, un sentiment de validation qu'il ne cessât de chercher toute sa vie durant. Et, chaque fois qu'il était amené à revenir à l'île, c'était comme si on lui coupait des ailes, qu'on l'empêchait de voler. Il était prisonnier de l'île, mais la vérité est que l'île est aussi bonne que la mer, l'île regorge de vie, l'île ne dort jamais. C'est ce qu'il aimait le plus ici, les gens, les ragots, les veillées nocturnes et toutes ces chamailleries autour d'un poisson ou d'un légume l'amusaient.

Ses pas ne tardèrent pas à l'amener vers la plage. Ses narines se dilatèrent, laissant la magie maritime l'envelopper. Il s'y engouffra les yeux clos. Il entendait les vagues chanter, une répondant l'autre. Il entendait le vent leur répondre, une symphonie écrite par l'univers. Le sable entre ses doigts était froid, l'eau sous ces orteils était revigorant et le vent qui le frappait de droite et de gauche créait une nouvelle vie en lui. Il se sentait réconforté, comme s'il venait tout juste de renaître. Et pourtant ... il était mort il y a de là quelques années. Mort en revenant à Dublin, mort en visitant les restes de sa famille et mort en arrachant sa soeur aux délices des bordels. Il était mort mais continuait à marcher, cherchant une destinée qui ne serait jamais, cherchant un échappatoire, un miracle. Cela remontait à bientôt cinq ans, mais les images ne quittaient jamais ses yeux. Il les voyait la nuit, avant de dormir, comme des monstres surgissant de sous son lit, mettant leurs mains autour de son cou et l'étranglant, le laissant ainsi entre la vie et la mort, sauvé par un fil d'espoir s'appelant Eleanor. Il les voyait le matin, en se réveillant, le regardant de chaque fenêtre et franchissant chaque porte. Il ne pouvait oublier la tragédie qu'il avait vécue, un homme n'oublie jamais ... mais un homme se venge. Et c'est cette vengeance qui le pousse, encore à aujourd'hui, à mettre un pas devant l'autre, à ouvrir ses yeux, à aimer la vie et à s'aimer lui-même. Cette vengeance lui donne un but, une raison d'exister, le définit comme d'autres se définissent par leur amour ou leurs prouesses.

Heureusement pour lui, le temps passait vite. On assouvissait nos désirs et oubliait nos peines, mais bientôt on meurt en ayant le sentiment qu'on n'a pas vécu autant qu'on l'aurait voulu. On regrette d'avoir perdu du temps et de l'effort pour des sottises, et on pense nostalgiquement à toutes les choses qu'on aurait du faire mais qu'on n'avait pas faites, qu'on aurait du dire mais qu'on n'avait pas dites. Le regret nous ronge et nous bouscule, nous lançant du haut de la plus haute falaise : la vie. Et voilà, c'en était fini pour nous ! Nous vivrons dans les souvenirs de ceux qui nous ont connus et dans les coeurs de ceux qui nous ont aimés. Et après ? Rien. Le néant. Pas de paradis, pas d'enfer. Mais le grand et gigantesque noir absolu qui nous dévore, qui nous rappelle chaque petite chose, qui nous convainc que la vie est vaine, éphémère. Hewry n'avait aucune idée combien de temps il était resté ici, assis sur la plage, perdu parmi mille songeries et regardant la lune s'incliner et la mer bouger. Il se releva finalement et se mit en route. Les ruelles étaient maintenant complètement désertes, envahies par un froid glacial. Il traversait maintenant la place du marché quand il le vit. Un jeune garçon pas plus jeune que son frère tué à tort, allongé par terre, dormant sur le sol et se couvrant du ciel. Grelottant, il essayait tant bien que mal de dormir. Aujourd'hui est son jour de chance, il se sentait d'humeur généreuse. Il enleva la cape qui lui couvrait les épaules et la mit sur le jeune garçon. Et alors qu'il s'apprêtait à continuer sans chemin, ce dernier ouvrit les yeux.

"Trouve-toi une ruelle plus protégée la prochaine fois, jeune homme. Nassau n'est pas aussi paisible qu'on aimerait le croire", lui dit Hewry, se forçant à dessiner un sourire sur son visage en relevant une mèche rebelle qui lui barrait la vue.
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 18:17

Noah ∞ Hewry
La nuit se rapprochait lentement, inéluctablement et je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas chaque soir venu depuis mon arrivé dans cette ville, à Nassau. C'était sûrement plaisant en tant que pirate qui boit un coup, ce devait être plaisant en tant que riche homme qui s'offrait les services d'une demoiselle de basse estime et bien entendu, c'était agréable pour ceux qui avaient les loisirs de s'offrir un toit et un lit. Malheureusement, je ne faisais parti d'aucune de ces catégories. Je n'avais pas le moindre sous en poche et je ne pouvais que passer mes journées à rêvasser et chercher de quoi manger et mes nuits à angoisser de ce qui pourrait m'arriver et à lutter contre la fraîcheur mordante. J'aurais pu aller demander asile dans une église, il devait bien y en avoir une même si elle était un peu loin. Je connaissais la charité des hommes de fois, mais je connaissais aussi la folie qui les possédait et il était hors de question pour moi de me retrouver face à ça encore. Je préférais lutter contre le froid et la faim. Je n'étais pas en bon état physiquement, on pouvait aisément deviner mes côtes sous ma peau et de grosses cernes assombrissaient mon regard, mais au moins j'étais libre. Libre d'avoir choisi cette difficulté. Encore que, je ne pouvais pas me plaindre de la faim pour le moment. Je maigrissais peut-être à vu d’œil, mais cela ne fait que quelques temps que je suis ici, que je suis tombé dans le manque. Je ne connais pas encore la vraie douleur de la faim, j'en suis certain. Non, je n'aimais pas lorsque la nuit tombait, mais je trouvais toujours un moyen de me débrouiller. Je n'avais pas les formes généreuses d'une femme à offrir à des hommes puissants et je n'étais pas non plus un employé de maison qui échange sa santé contre une vie satisfaisante, mais j'étais malin. La vie m'avait doté d'un esprit vif et capable de préparer plusieurs plans. Un esprit capable de réfléchir. Alors je savais, au fond, comment j'allais passer ma nuit en évitant que quiconque m'embête.

En règle générale, je passais la nuit à me promener un instant avant de m'endormir. Si je pouvais retarder l'instant le plus possible, je n'étais pas contre. Cependant, le sommeil me manquait trop pour que je puisse continuer cette routine à mon bon souhait. Alors j'intégrais la rue du marché, la rue pleine de vie. Bien que la chaleur des gens rassemblés et de la vie nocturne me permettait 'avoir un peu moins froid, je savais quelle idée stupide c'était. Avec tous ces brigands ivres, je n'étais pas vraiment en sécurité. Pourtant, j'avais remarqué que c'était bien là où j'étais le plus en danger que je risquais le moins. Je passais inaperçu par ici, je n'étais aux yeux des autres qu'un pauvre mendiant qui avait bu sa bouteille de rhum avant de s'effondrer d'ivresse. J'étais sans intérêt puisque j'étais dans un sale état. Le fait est que je n'étais qu'un pauvre vagabond tentant de trouver un minimum de sommeil. Je sentais la douce brise froide de la nuit contre mon corps, me provoquant des frissons alors qu'il s'insinuait sous mes vêtements. Je ne pouvais empêcher les tremblements de s'emparer de moi, comme à chaque nuit. Les yeux fermés, j'essayais de lutter contre ce froid implacable. J'essayais de penser à des souvenirs chaleureux. J'essayais de trouver de quoi me réchauffer où je le pouvais dans mon esprit. C'est alors que je sentis quelque chose se poser contre moi. Un tissu, mais pas une couverture. Malgré tout, c'était chaud et agréable. Je pouvais sentir une odeur de rhum, de mer, de poudre et d'homme. Une odeur qui me rappela ces livres qui me fascinaient tant. J'étais un peu inquiet au début, me demandant ce que quelqu'un pouvait bien me vouloir en remarquant que les secondes passaient et qu'il ne se passait rien de plus. Trop curieux, je ne pus m'empêcher d'ouvrir les yeux pour observer cette personne qui avait eu pitié de moi. " Trouve-toi une ruelle plus protégée la prochaine fois, jeune homme. Nassau n'est pas aussi paisible qu'on aimerait le croire. "

Il était brun et je le vis remonter une mèche de cheveux un peu trop gênante. Ses yeux étaient clairs, remplis d'expériences aussi douloureuses que formidables, mais l'obscurité m'empêcher de déterminer leur couleur exacte. Il portait une chemise sombre au-dessus de laquelle devait se trouver la cape qu'il m'a passé ainsi qu'un pantalon noir. Je pouvais aisément percevoir des bijoux autour de son cou et probablement ses doigts. Enfin, son sourire. Il était magnifique à mes yeux, représentant l'acte généreux qu'il venait tout juste de faire. Cet homme, j'en aurais mis ma main à couper que c'était un pirate. J'en avais vu déjà plusieurs depuis mon arrivée ici, il y avait des détails qui ne trompaient pas. Je me relevais, tenant la cape posée sur mes épaules, pour lui faire face. Je ne pouvais lui rendre qu'un léger sourire embarrassé, gêné. Je me rapprochais d'un pas seulement, méfiant de ces pirates qui me fascinaient pourtant tellement. " Croyez-moi mon bon monsieur, je doute qu'il y ait une seule rue paisible par ici. " On ne savait jamais sur qui on pouvait tomber et les pirates n'étaient pas connus pour leur gentillesse. Je profitais encore un instant de la cape qui me réchauffait avant de la retirer pour la lui tendre. " Je ne peux qu'apprécier votre acte à mon égard, mais je ne peux accepter cependant. Ce vêtement est le vôtre, vous êtes aussi humain que moi et vous devez craindre le froid, tout comme moi. " Pourquoi moi je pourrais me sentir bien alors que lui serait frigorifié à ma place ? Je ne pouvais pas accepter ça. Et puis, un pirate qui commettait un acte de bonté, c'était quelque chose que je n'avais jamais vu depuis mon arrivée. Du moins, pas sans attendre quelque chose en retour. " Je me débrouilles depuis plusieurs jours déjà, ne vous en faites pas pour moi, je saurais m'en sortir. " Mes cernes et mes joues légèrement creusées ne devaient pas me rendre très convainquant, mais le fait est que je n'étais toujours par mort. Je m'approchais encore, pour lui rendre sa cape, me mordillant la lèvre alors qu'une seule et unique question me brûlait justement ces dernières. Finalement, tendant sa cape juste devant lui, je me lançais. " Mais dites moi, ne seriez-vous pas un de ces pirates ? Il ne me semble pas que la bonté fait parti de votre vie habituellement, pas de ce que j'ai pu en voir en tout cas. "
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 19:07

the gods are good
" Croyez-moi mon bon monsieur, je doute qu'il y ait une seule rue paisible par ici. "

La voix d'un garçon. Un jeune garçon qui n'avait encore rien vu ni vécu. Bon Dieu, ses cernes étaient énormes, ses côtes surgissaient de sous sa peau comme des lames acérées. On ne mourrait pourtant pas de faim à Nassau, ni de froid. La ville peut sembler cruelle à première vue. Mais il y avait toujours une tourte de pain chaude pour ceux qui demandaient, une bouteille de rhum, une couverture par ici ou par là. Oui, il suffisait de demander. Il suffisait de laisser tomber les masques et se débarrasser des fiertés, et on ne mourrait pas. On ne mourrait jamais ! Mais ce garçon, ce garçon avait les mots de la tragédie inscrits sur son front, ses mots se lisaient dans ses yeux d'un marron clair. Une couleur bien chaleureuse ma foi, rappelant les jars de miel remplies et les couchers du soleil en pleine mer. Ses pupilles se dilataient et rétrécissaient face au clair de lune. Mais Hewry, lui, la voyait clairement. Cette morosité. Ce chagrin. Ce désespoir. Il le lisait dans chacun de ses mouvements, de ses mots, de ses regards. Et quel joli regard, ma foi ! Il lui semblait si jeune, et pourtant il ne l'était pas du tout. C'est peut-être parce que lui, Hewry, a tant grandi et si rapidement. Notre vécu nous fait vieillir. Eleanor avait même découvert quelques cheveux gris cachés sous ses mèches noires, chose à quoi le capitaine avait répondu par un regard furieux.

Il s'était levé, et Hewry découvrit encore plus sa carrure frêle et fébrile. Il avait l'impression qu'il regardait une de ces mouettes qui se contentaient des déchets de la mer, des poissons morts et des carcasses vides, n'osant pas pêcher elles-même. Ses cheveux se bataillaient sur son crâne, fuyant à droite et à gauche. Les os de son visage, quant à eux, semblaient sur le point de jaillir de sous sa peau, et cela lui donnait un drôle d'air. Mais que ne fut la surprise de Hewry quand il lui tendit la cape. "Je ne peux qu'apprécier votre acte à mon égard, mais je ne peux accepter cependant. Ce vêtement est le vôtre, vous êtes aussi humain que moi et vous devez craindre le froid, tout comme moi." Et bien, pour une fois qu'il avait décidé de se montrer bon et généreux envers un étranger, voilà comment on lui rendait la monnaie. Il fit un pas en avant, décidant de laisser le jeune homme planté là, dans la place du marché, dans le froid nocturne. Mais il se résigna à la dernière seconde. Il fallait admettre qu'il avait quelque chose de curieux, ce pauvre jeune homme, de curieux et de mystérieux. Et puis, la nuit n'était pas encore finie. Hewry voulait décidément en savoir plus sur lui, qu'est-ce qui a bien pu amener une âme si innocente à Nassau, la capitale des corsaires ? Le capitaine du Rising Sun ouvrit alors la bouche afin de le lui demander, afin de quémander des explications, une histoire, n'importe quoi pour assouvir sa curiosité face à ce mystère qui se tenait maintenant devant lui sur deux piquets en guise de jambes, mais il fut interrompu par lui. Que c'était agaçant ! Agaçant, je vous disais. Il laissa échapper un soupir.

"Je me débrouilles depuis plusieurs jours déjà, ne vous en faites pas pour moi, je saurais m'en sortir."

Un sourire courba alors les lèvres de l'aîné Risley. Bon point, bon point pour le petit garçon. Ne jamais admettre la défaite, malgré les hauts et les bas, malgré les coups reçus, ne jamais l'admettre. Toujours avancer, en dépit de tout. Toujours chercher des solutions, parce qu'il y en avait. Nous écrivons notre histoire, nous écrivons nos destins. Alors pourquoi ne pas écrire la plus épique des aventures, la plus belles des victoires, la plus joyeuse des vies. Pourquoi pas ? Bien joué, se dit intérieurement Hewry, bien joué bonhomme. Mais il renfrogna tout de même quand il lui demanda la question fatidique, inévitable. "Mais dites moi, ne seriez-vous pas un de ces pirates ? Il ne me semble pas que la bonté fait parti de votre vie habituellement, pas de ce que j'ai pu en voir en tout cas." Il finit tout de même par sourire jusqu'à en montrer ses dents légèrement jaunes.

"Bon Dieu, vous parlez comme une pie.", lui répondit Hewry tout en continuant de sourire. "Oui, je suis un de ces pirates. Et tu n'as pas tort, oui garçon. Je ne suis pas bon d'habitude, surtout pas à des étrangers, mais pitié ne me fais pas regretter d'avoir fait une exception. C'est une belle nuit, je ne voudrais pas qu'elle soit gâchée."

Mensonge. Ou presque. Il n'était pas bon d'habitude, mais il n'était pas non plus cruel. A l'exception d'Eleanor peut-être, il se montrait indifférent envers tout le monde. Il gardait ses distances, se renfermant de plus en plus sur lui. Quoique cela avait commencé à changer avec son équipage. Il était parvenu à la conclusion que peut-être devait-il se rapprocher d'eux afin de les pousser à lui faire confiance. "M'est avis que tu dois laisser tomber cet accent bien trop joli et ces mots bien trop soignés, Nassau est la ville vulgaire, tu dois t'y accoutumer si tu veux t'y faire une place." Marquant une petite pause, il reprit. "Tu t'appelles comment déjà ? Et qu'est-ce qui t'amènes à Nassau ? Je n'ai pas l'impression de t'avoir vu auparavant."

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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 20:13

Noah ∞ Hewry
Pourquoi avait-il ce regard à mon encontre ? Pourquoi me regardait-il comme un mourrant, comme un malade qui n'en avait plus que pour quelques heures ? Je pouvais facilement le comprendre dans ses yeux, je n'étais pas au mieux de ma forme. Visiblement, je semblais encore pire que je le pensais. Pourtant, je pouvais me voir, me sentir, mais jamais mon reflet ne m'avait renvoyé ce que cet homme me renvoyait à l'instant même. Étais-je si affreux ? Alors c'était peut-être pour ça qu'on me laissait tranquille. Parce que bientôt, ma vie prendrait fin. Une courte vie dans laquelle je n'aurais atteint aucun but. Non. Il n'en était pas question. Je ne voulais pas d'une vie comme ça, je ne pouvais pas abandonner mes rêves si vites. Il était encore trop tôt pour tirer une conclusion. La mort ne m'attraperait pas de sitôt. J'étais peut-être frêle, même quand j'ai bien mangé et bien dormi, j'étais faible aussi lorsqu'il s'agissait des armes. Mais je pouvais prôner ma détermination et un peu de courage. Si le reste me faisait défaut, j'avais au moins ces qualités pour me faire avancer. Quoiqu'il en soit, je savais enfin ce qu'il en était de moi, ce à quoi je ressemblais. Je comprenais enfin ce qui repoussait les gens, ce qui les effrayaient chez moi. L'odeur de la mort. La puanteur âcre de cette malfaitrice. C'était sûr qu'à côté de ce possible pirate au regard envoûtant et à l'allure charmeuse, je ne faisais pas le poids. Moi. Le maigrichon dont le ventre criait famine et l'esprit cherchait en vain le sommeil. Face à cet homme qui devait pouvoir se vanter d'attirer de nombreuses conquêtes sous ses draps et qui pouvait manger à sa faim sans doute, je n'étais rien qu'un gamin idiot et têtu. Un gamin dont les rêves étaient plus puissants encore que la mort.

L'obscurité lui allait bien. Il avait cet air puissant, envoûtant qui se mariait à la nuit et la clarté de la lune. C'était un homme élégant, dont je ne pouvais nier une certaine attirance. Mais ce n'était pas le plus important pour le moment et je n'avais pas le droit d'y penser. Je ne pouvais pas me le permettre. Ce secret était bien trop dangereux pour moi. Regarder un homme de la façon dont je voulais le faire à l'instant ne pouvait m'attirer que des ennuis et je le savais bien assez. De toute façon, ce n'était pas mon physique repoussant que j'arborais en ce moment qui pourrait donner envie. Et puis, que pouvais-je m'imaginer ? Les plaisirs de la chaire étaient certes attirants, mais je m'en sentais interdit. Les paroles que mon père prêchaient ne me touchaient plus, mais ses leçons étaient ancrées en moi malgré tout. Et ce pêché inconnu m'effrayait légèrement. Un sourire ? Pourquoi il souriait ? Ce que j'avais dit n'était pas drôle pourtant. Se moquait-il de moi ? De mes intentions ? En revanche, je compris un peu mieux le second sourire. Un frisson m'envahit au niveau de ma colonne alors que son sourire me suffisait comme réponse. Étais-je effrayé qu'il le soit ou bien excité de pouvoir enfin me trouver face à un pirate et même parler avec lui ? Un mélange des deux, un mélange délicieux qui fit battre mon cœur un peu plus vite. Je me rapprochais de mon rêve, je pouvais le sentir.

" Bon Dieu, vous parlez comme une pie. " Je me sentais un peu vexé et il pouvait facilement le voir à la moue que j'affichais. C'était plus fort que moi, mes expressions passaient toujours par mon visage. Certes, je m'étais laissé emporté, mais il ne comprenait pas ce que je pouvais ressentir. J'avais enfin un pirate face à moi, un pirate qui me répondait, qui restait pour discuter. " Oui, je suis un de ces pirates. Et tu n'as pas tort, oui garçon. Je ne suis pas bon d'habitude, surtout pas à des étrangers, mais pitié ne me fais pas regretter d'avoir fait une exception. C'est une belle nuit, je ne voudrais pas qu'elle soit gâchée. " Je baissais les yeux, un peu honteux soudainement. C'est vrai qu'en un sens, j'avais refusé son offre généreuse. Ce n'était pas contre lui, j'avais simplement appris la modestie. Le besoin des autres avant les miens. J'étais mal en point c'est un fait, mais ce n'était pas une raison pour le laisser avoir froid lui. Je me retenais de faire un pas en arrière, ayant tout de même retenu que ce n'était pas une bonne personne. Comme tous les pirates, de ce qu'on me disait, de ce que je voyais. Mais je n'arrivais pas à reculer. J'en étais incapable. " M'est avis que tu dois laisser tomber cet accent bien trop joli et ces mots bien trop soignés, Nassau est la ville vulgaire, tu dois t'y accoutumer si tu veux t'y faire une place. " Oh oui, j'avais déjà pu constater ce fait là. Pourtant, lui semblait ne pas parler si mal. " Tu t'appelles comment déjà ? Et qu'est-ce qui t'amènes à Nassau ? Je n'ai pas l'impression de t'avoir vu auparavant. " Et c'était qui la pie maintenant ? Toutefois, pour une fois, je me mordais la langue pour m'empêcher de le dire plus loin que dans mes pensées. Mieux vaut ne pas contrarier un pirate, ça je l'avais compris.

" Désolé, j'ai reçu une éducation droite et exemplaire. J'ai appris à parler comme il se doit et je n'arrive pas encore à m'accoutumer à ce langage moins élégant. Je ne peux prononcer certains mots. " Comme les insultes qui sont pourtant bien récurrentes par ici. C'était inscrit en moi, profondément et je ne pouvais pas le changer si vite. J'ai été élevé par un pasteur, bien loin de ce qu'est une vie de pirate. Il était évident que mon monde se confrontait violemment à celui auquel je voulais appartenir. Je devais encore faire face à ce choc pour l'instant. Pouvais-je lui faire confiance ? Ma raison me l'interdisait, mais mon cœur, mon corps, mon esprit me disaient de suivre cette voie que j'ai si longtemps cherché. Je me mordillais la lèvre, à nouveau, avant de finalement céder. " Je me nomme Noah, Noah Fawkes, mais je ne vous l'avais pas dit encore. Je ne suis à Nassau que depuis peu monsieur, mes origines se trouvent en Irlande. Il est donc fort improbable que nos chemins se soient déjà croisés, à moins que vous ne m'ayez aperçu ces derniers jours. " Non, je devais suivre son conseil et essayer d'oublier ce langage trop poli. Ce n'était pas avec les nobles que je voulais traiter, c'était avec les brigands. " Vous me traitez de pie mon cher, vous qui me harcelez de toutes ces questions... " Eh mince, c'était sorti tout seul. Je baissais les yeux, espérant qu'il ne m'en veuille pas et détourna l'attention en portant sa cape autour de mes épaules à nouveau. S'il ne la voulait pas, je la gardais, pour le moment. Et puis, tant qu'il ne l'aurait pas récupérer, il serait obligé de converser avec moi. " Je n'avais jamais rien connu comme Nassau pour être franc. J'ai grandi au sein d'une église, ce n'est pas si simple de passer d'un extrême à un autre si vite. " Il voulait profiter de la nuit ? Je me sentais jouer. Je m'éloignais un peu, un sourire enfantin et taquin à la fois sur les lèvres. " Vous seriez surpris de découvrir la raison de ma venue ici, mais puisque je suis une pie, je ne voudrais pas vous déranger trop longtemps. " A quoi est-ce que je jouais ? Je n'étais pas comme ça, je n'avais jamais été comme ça ? D'où me venait ce côté joueur ? Face à un homme qui pouvait me loger une balle entre les deux yeux en plus. J'attrapais la cape avec mes mains, pour la maintenir un peu mieux sur les épaules. " Il me semble que cette cape est un outil nécessaire à tout bon pirate qui se respecte pas vrai ? Du moins, elle vous est utile à vous. J'ai décidé de ne plus vous la rendre. Elle me plait au final. Mais si vous la voulez, essayez donc de me la reprendre. " Ni une, ni deux, je me faufilais dans une foule de passant nocturne pour me mettre à courir à travers les rues. Mon cœur battait fort, je me sentais heureux de jouer à ce jeu pourtant si enfantin. Peut-être que j'allais jouer tout seul, mais c'était plus fort que moi. Je me découvrais une facette que je ne connaissais pas et pour être franc, c'était un sentiment agréable.
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 21:24

Hewry Risley a écrit:
the gods are good
Hewry ne put s'empêcher de sourire encore une fois. Un éducation exemplaire ! Ah, tout ce qu'il fallait. Une autre âme égarée qui vient échouer à Nassau, cherchant l'aventure, le goût de l'interdit, une vie exotique, un renouveau. N'étaient-ils pas tous les mêmes à la fin ? Si ennuyés de leurs vies mornes, des jours qui se ressemblent, des nuits solitaires et des mêmes visages qu'ils venaient trouver refuge ici, à Nassau. Lui l'avait fait pour la vengeance ! Mais pas seulement. Il voulait être arraché à une vie aussi obscure que les pavés de la ville, aussi prévisible que les mots d'un livre mal-écrit. Et il y était arrivé ! De jeune garçon vivant dans la chaumière de ses parents à membre de la Marine, et de membre de la Marine à pirate ... et de pirate à capitaine. Tout se passait vite. Les paysages autour de lui changeaient. Hier seulement il était assis autour d'un feu, ses frères d'un côté, sa soeur de l'autre, ses parents devant lui, riant à gorge déployée, jusqu'à en avoir les larmes aux yeux. Et aujourd'hui ? Aujourd'hui il était le capitaine du Rising Sun. Aujourd'hui il avait un équipage sous la patte, un navire à diriger et des bateaux de la Marine à bombarder. La vie change, elle nous surprend. Mais la vie ne changerait jamais pour quelqu'un qui n'en a pas envie, pour quelqu'un qui ne fait pas assez d'efforts. Le main du destin est dans le coeur de l'homme. Hewry se détacha de ses rêveries et fixa son regard sur le jeune garçon qui s'apprêtait à lui répondre. "Je me nomme Noah, Noah Fawkes, mais je ne vous l'avais pas dit encore. Je ne suis à Nassau que depuis peu monsieur, mes origines se trouvent en Irlande. Il est donc fort improbable que nos chemins se soient déjà croisés, à moins que vous ne m'ayez aperçu ces derniers jours." Un Irlandais ? Et se dire qu'il avait un accent surgissant du passé, ce teint et ces cheveux. Pour un instant, Hewry sentit en lui l'odeur de sa terre natale. L'odeur de ses ancêtres et de tous ces rires autour du feu. Une odeur qui jaillissait de chacun de ses mots comme un rêve échappé du royaume des somnolents. Une prière exaucé. Une senteur exquise qui ne s'offrait qu'à lui. "Bon sang !", laissa échapper Hewry dans un sursaut. Mais il se retint d'en dire d'avantage, il n'aimait éparpiller sa vie passée à des étrangers comme cela, peu de gens savaient et c'était déjà assez.

"Vous me traitez de pie mon cher, vous qui me harcelez de toutes ces questions..."

Ah, ce Noah avait du culot. Hewry ne lui répondit pourtant pas. Au lieu de quoi il fit passer son doigt le long de son arme à feu tout en esquissant un sourire on ne peut plus naturel. Il falait toutefois admettre que Noah était un joli prénom. Très joli même. Et il lui allait très bien. Il était peut-être faible et mince, mais il n'était pas moche, et il dégageait une aura assez intéressante. Il avait cette lueur dans les yeux, et cette odeur de saleté qui n'était tout de même pas répugnante, de la saleté et de la sueur. Les odeurs d'un homme bien fait. Mais il était encore un garçon, quoique ... Non, Hewry se permet plein de choses, mais ça, absolument pas ! Il était trop jeune. "Je n'avais jamais rien connu comme Nassau pour être franc. J'ai grandi au sein d'une église, ce n'est pas si simple de passer d'un extrême à un autre si vite. Vous seriez surpris de découvrir la raison de ma venue ici, mais puisque je suis une pie, je ne voudrais pas vous déranger trop longtemps." Mais à quoi joue-t-il ? Cherche-t-il à se faire tuer ? Il a encore de la chance qu'Hewry ne lui tranche pas la gorge et le laisse ici, mort par le froid glacial. Mais non, l'idée répugnait le jeune capitaine. Mais si jamais il s'agissait de quelqu'un d'autre, ce satané de Woodes par exemple, notre petit Noah serait déjà dans le noir, le regard éteint et le sourire effacé. Ce sacré joli sourire. Ses lèvres se courbaient divinement, comme sculptées de la main du meilleur des sculpteurs. Il avait un beau sourire, assez beau pour créer un infinitésimal trou quelque part sous l'estomac de Hewry.

"Noah, c'est ça ? Un conseil ...", commença Hewry. Mais bientôt fut-il interrompu par le jeune Fawkes qui, semblait-il, ne s'arrêtait jamais de piailler.
"Il me semble que cette cape est un outil nécessaire à tout bon pirate qui se respecte pas vrai ? Du moins, elle vous est utile à vous. J'ai décidé de ne plus vous la rendre. Elle me plait au final. Mais si vous la voulez, essayez donc de me la reprendre." Et il s'élança dans la nuit, courant comme un enfant, le vent jouant dans ses cheveux pendant que son corps mesquin se balançait ici et là dans les ruelles de Nassau. Hewry fit un pas en avant, s'arrêta, décidant de retourner chez-lui, puis, sans y penser, il se lança à la poursuite de Noah. Une certaine confusion naissait en lui, se sentant stupide et en même temps libre ... en quelque sorte. A quoi pouvait-il bien jouer ? Il lui avait tout de même donner sa cape, il n'allait pas le poursuivre pour l'avoir, c'était insensé. Mais Noah était faible et affamé, lui ne l'était pas. Il ne tarda donc pas à l'attraper, au fond d'une impasse, au dessous du mur d'une maison close. Le plaquant contre le mur, haletant et essoufflé, la chaleur se dégageant de sa bouche et ses narines, il lui dit : "Dites-moi donc, petit Noah, vous aimez mener une vie dangereuse à ce qu'il parait !" Faute de quoi il lui passa le bout froid de ses doigts sur la gorge. "Il me serait bien dommage de devoir gâcher un si beau cou, mes lames sont aiguisées."
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Lun 9 Mar - 22:20

Noah ∞ Hewry
La pie, de nouveau. Oui j'aimais parler. Je parlais un peu trop peut-être, pour des gens comme lui. Je n'y pouvais rien, c'était comme ça. J'avais du mal à retenir mes mots alors forcément, j'étais un vrai moulin à parole si je commençais. Mais comment peut-il se plaindre alors que c'est lui qui m'a posé les questions. Je suis une pie oui, mais c'est de sa faute pour ce coup-ci. Enfin, j'étais parti alors je ne pouvais m'arrêter. Même alors que ses doigts semblaient chatouiller cette arme capable de me terrasser en un simple instant. Même alors qu'il me faisait toujours peur et que j'aurais voulu fuir pour sauver ma peau. Non, je ne pouvais pas. Pas maintenant, pas après tout ça. Je fus étonné de remarquer un changement dans son regard en entendant mes origines. Mon étonnement fut d'ailleurs confirmé. " Bon sang ! " Je n'y dirais rien pour l'instant, je ne ferais aucune remarque. Mais j'avais bien noté que l'Irlande lui était familière, qu'il semblait y réagir. Je saurais en apprendre plus le moment voulu. Pourquoi ? Je ne le savais pas moi-même. J'avais envie d'en apprendre plus sur lui, de le découvrir. Sûrement parce que c'était un pirate, parce que c'était le premier pirate que je rencontrais. Malgré tout ça, j'étais allé trop loin. Je le savais alors que j'étais en train de faire le fier avec sa cape. Je le savais alors que je lui proposais de me poursuivre. Cet homme était armé, j'étais même étonné d'être toujours entier avec l'audace que je lui présentais. Moi qui était pourtant si docile et timide, je ne me reconnaissais pas. Mais que c'était plaisir de ne pas se retenir. Que c'était plaisant de jouer. Je ne jouais jamais quand j'étais petit, il n'y avait que moi comme enfant. Et cette fois, j'avais l'occasion de le faire. Je jouais à un jeu dangereux en choisissant ce partenaire, mais il était trop tard pour faire marche arrière. Il m'avait dit de m'accoutumer à Nassau, c'est ce que je faisais.

" Noah, c'est ça ? Un conseil ... " Je ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase, emporté par cet élan. C'était peut-être l'acte de trop, peut-être qu'il comptait bien me tuer pour tout ça. Mais pas de suite, c'était trop tard. J'avais profité de la foule pour démarrer ce petit jeu. Je courrais, tenant la cape avec mes mains tandis que je me frayais un passage à travers les ruelles. Un coup d’œil en arrière et je pus constater que ce cher pirate me suivait. Une partie de moi était toujours effrayée à l'idée qu'il ne m'abatte. Toutefois, une autre partie profitait tellement de l'air qui soufflait dans mes cheveux, de mon cœur qui battait d'un joie non ressentie depuis un moment et de ce sentiment de liberté que je pouvais enfin approcher. J'étais libre, comme je l'avais toujours voulu et je ressentais ce sentiment bienfaiteur. C'était encore mieux que ce que j'avais imaginé. Emporté par l'ivresse de ma joie, je me laissais rire, amusé. Un rire qui s'était fait si rare jusque là. Malheureusement pour moi, je n'étais pas en très bonne forme tandis que mon poursuivant si. Arrivé à une impasse, il me poussa contre un mur, m'empêchant de m'enfuir à nouveau. Ma respiration se faisait difficile, saccadée, par cette course poursuite et mon visage affichait encore un petit sourire bien que l'éventualité d'une mort s'imprimait petit à petit dans mon esprit. Retour à la réalité. " Dites-moi donc, petit Noah, vous aimez mener une vie dangereuse à ce qu'il parait ! " Je ne l'aurais jamais cru jusque là, mais oui ça me plaisait. Cette adrénaline pouvait être une vraie dogue pour les faibles mortels que nous étions tous. Je remarquais enfin la proximité de nos deux corps, de nos deux visages. Je pouvais presque sentir son souffle qui se faisait presque aussi difficile que le mien. La peur me rattrapa alors que je sentis la fraîcheur de ses doigts contre ma gorge. Comptait-il m'étrangler ? Était-ce la proximité d'une mort certaine, l'adrénaline de cette course ou bien la proximité de nos visages qui faisait battre mon cœur si vite ? Je me sentais bizarre, chamboulé.

" Il me serait bien dommage de devoir gâcher un si beau cou, mes lames sont aiguisées. " Je ne pus empêcher mes yeux de croiser les siens, découvrant une lueur qui m'était alors inconnue. Je sentis mes joues devenir plus chaudes et s'empourprer un peu. Était-ce un compliment ? De toute évidence, je n'allais pas mourir. Pas tout de suite. Relevant un peu les yeux, je reconnus un bâtiment qui me semblait être un bordel. Un endroit qui m’embarrassait légèrement, mais ça irait tant que je n'y étais pas dedans. " Dois-je comprendre que j'ai le droit à un deuxième acte de bonté ce soir ? Vous me laisserez la vie sauve malgré que je me sois joué de vous ? " Même s'il y avait un peu de peur dans mes paroles, mon regard semblait toujours contenir cette lueur taquine. Je jouais encore avec lui ? Je n'en étais pas sûr, mais j'étais amusé et soulagé de constater qu'il semblait ne pas en vouloir à ma vie. Du regard, je cherchais un échappatoire, juste au cas où, mais il était juste devant moi. En un instant, il me rattraperait. " Je n'ai toujours pas eu l'honneur de connaître le nom du si grand pirate aux lames aiguisées que vous êtes au fait. La coutume veut qu'on se présente lorsque l'autre se présente, mais je suppose que vous le savez déjà. " Je ne cherchais pas à l'énerver ou quoi que ce soit, j'étais curieux. J'avais envie de connaître son prénom moi aussi, de le connaître lui. Je relevais mes yeux vers les siens, constatant à nouveau notre proximité et me laissait finalement reposer contre le mur. Non, il n'y avait pas d'issue dans l'immédiat et j'avais encore besoin de reprendre mon souffle. " Puisque vous m'avez attrapé, je suppose que je vous dois une révélation. Si je suis venu à Nassau, c'est pour accomplir mes rêves. C'est sûrement stupide, mais depuis petit, j'étais fasciné par ces histoires de pirates que je lisais. Toutes ces aventures et cette liberté. Je suis venu ici pour être aussi libre que vous. Je veux être un forban. Je veux être un pirate. Je n'en ai pas l'étoffe et je ne sais même pas me battre avec un sabre ou utiliser une arme à feu. Mais c'est mon désir le plus cher, peu importe que ce monde ne soit pas le mien et peu importe ce que je devrais faire pour y parvenir. " Mon regard soutenait le sien, lui dévoilant la sincérité de mes sentiments et ma détermination. Le mettant au défi de se moquer des rêves d'un jeune homme aussi, même si ça, ça ne devait pas être très imposant. " Je veux rejoindre un équipage et parcourir les mers. Je veux vivre votre vie, aussi cruelle soit-elle. " Sans m'en rendre compte, je m'étais rapproché encore un peu de lui, poussé par l'aveu des mes désirs profonds. Je restais immobile alors que mes yeux fixaient les siens malgré la maigre distance qui nous séparait.
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Mer 11 Mar - 12:23

the gods are good

Janvier 1707, les quartiers de la Marine Royale, Londres


Un autre navire de pirate en moins. Ah, que ça faisait du bien, et tout cela était grâce à lui. Voilà maintenant quelques mois qu’il était en vigie, et jamais n’avait-il vu le capitaine le regarder de manière aussi fière. C’était lui qui avait repéré le navire, lui qui s’était déchiré les poumons pour les prévenir, et le succès de cette opération lui revenait de plein droit. Oui, il était heureux, fier, extatique. Les mots ne pouvaient même pas décrire le mélange de sentiments naissant en lui maintenant. La navigation était étrangement devenue toute sa vie. La navigation est tout ce qui allait avec, cette question de vie ou de mort qui planait tel un corbeau sur chaque individu, ces poussées d’adrénaline qui ranimaient votre corps, le rendaient à la vie, le font envahir de tremblements de plaisir. Oui, c’était cela que Hewry aimait le plus. Le danger. Le risque. Ce mince fil qui relie votre vie à votre mort. N’était-ce pas pour cela finalement qu’il avait quitté Dubin, qu’il avait quitté sa famille et tous ces êtres chers ? Pour vivre une vie dont il rêvait depuis toujours ? Oui, c’était bien pour cela, et il en était aux anges.

Il était dans son appartement, à Londres dans le quartier de la Marine royale. Ah, Londres. Le climat impitoyable de Londres, les gens qui se croient supérieurs à Londres, les fêtes mondaines chaque fin de semaine et la noblesse à chaque coin de rue. Londres avait son charme, mais Hewry ne s’était jamais senti chez-lui ici. Tout était trop sophistiqué, tout était trop faux. Un sourire n’en était pas un à Londres. Un sourire pouvait dire mille et une choses. La cité des renards et des loups, voilà ce qu’était Londres, la jungle au milieu de la civilisation. Clignant des yeux, il quitta les rues de Londres, les chassant de ses rêveries, et revint dans son appartement, sous sa douche. L’eau était froide et il fut victime d’un million de tremblements. Ces satanés de servants qui ne faisaient jamais ce qu’on leur demandait. Une seule tâche, une seule : chauffer de l’eau, et même ils ne pouvaient pas le faire. Il essaya de ne pas penser à cela. Il était bien trop content aujourd’hui pour laisser de l’eau froide lui gâcher cela. Il avait les membres ankylosés et ne voulait que dormir, oui il était complètement fatigué. Alors qu’il mettait son pantalon, on frappa doucement à sa porte.

"Oui ?"

Une silhouette apparut dans le cadran de la porte. La carrure forte et la stature haute. Avançant, elle révéla des yeux éteints par le sommeil et la fatigue. Il reconnut là la personne de son capitaine de navire qui avançait d'un pas félin, doucement mais sûrement, ne faisant aucun sens. "Monsieur Risley, vous avez fait du très bon travail aujourd'hui." Oui, ça il le savait déjà, pourquoi se sentait-il obligé de le mentionner ? Il se rendit soudainement compte qu'il était torse nu et se jeta sur sa chemise. "Laissez, monsieur Risley,je n'en ai que pour quelques instants." S'empourprant, Hewry laissa retomber sa chemise par terre pendant que le capitaine faisait encore quelques pas en avant en poussant d'un coup de pied la porte derrière lui. Hewry s'essuyait maintenant la tête tout en s'adossant contre le mur froid derrière lui afin d'obliger son corps à garder une stature droite. "Si nous avions réussi cette opération, monsieur Risley, c'est en partie grâce à vous." Oui, Hewry savait cela. Mais l'entendre de la part du capitaine lui procurait un étrange sentiment. "Tout le monde aurait pu repérer ce navire, mon cap'tain, j'ai juste été chanceux.", fit-il, pourpre. "Non, Hewry ... tout le monde n'est pas toi." Les sens en éveil, Hewry montra une surprise alarmante. Il ne l'avait jamais appelé par son prénom.C'était toujours Risley ou monsieur Risley, les cordialités dépassées des Londoniens. Mais le capitaine avançait toujours, et Hewry pouvait déjà sentir son souffle chaud imbibé d'alcool. "Je sais que tu me veux Hewry, j'ai vu la façon dont tu me regardes.", lâcha le capitaine avant de coller ses lèvres à celles de Hewry. Un baiser que le jeune Risley n'hésita pas à échanger. Parce que oui, il le regardait !


Jour présent, Nassau

Noah parlait encore, encore et encore. Hewry ne répondait pas, mais souriait. Oui, apparemment, les dieux sont bons aujourd'hui, le jeune Fawkes avait droit à un deuxième acte de bonté, quoique Hewry regrettait déjà le premier. Mais ils étaient si proches. Leurs souffles se brisaient l'un sur l'autre, les doigts de Hewry étaient toujours sur le cou de Noah, et ses yeux regardaient le visage du jeune garçon avec tellement d'envie, tellement d'attention, gravant chaque détail. Ces lèvres fines légèrement courbées et ces yeux magnifiques, ou encore ses cheveux en bataille qui lui donnaient un air de rebelle. Ah, que c'était bon, une telle étroitesse. Alors comme ça, le petit Noah voulait devenir pirate. Hewry aurait bien pu exploser de rire maintenant, sur-le-champ. Mais non, il avait lui-même rêvé il y a si longtemps de rejoindre la Marine, et il avait exaucé son rêve. Pourquoi pas lui ? Tout était possible dans une ville comme Nassau quand on connaissait les bonnes personnes. Mais Hewry s'en foutait maintenant, s'en foutait des rêves de Noah et de la piraterie. Il cherchait seulement une façon de se libérer de ce mutisme, de cet état de mort-vivant dans lequel il était plongé. Que faire ? Que faire ? Il ouvrit la bouche, la referma, la rouvrit encore, et la referma.

"Arrêtez de parler, Noah.", lâcha-t-il dans un soupir, toujours sans lui révéler son identité.

Et à peine le dernier son était sorti de sa bouche qu'il colla cette dernière sur le coup de Noah, la main droite sur la joue gauche du jeune garçon et l'autre main sur le mur, les doigts jouant dans l'interstice séparant deux briques.

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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Mer 11 Mar - 13:43

Noah ∞ Hewry
Peut-être était-il généreux ce soir ou peut-être était-ce simplement un pirate qui possédait une bonté en lui. Depuis les quelques jours où je suis arrivé ici, j'en ai vu de toutes sortes. J'ai vu les gros costauds qui aiment se vanter et parler très fort, j'ai vu les élégants qui semblent inaccessibles et qui ne parlent presque jamais et j'ai vu les sales qui buvaient jusqu'à n'en plus pouvoir et qui finissaient par se pisser dessus. Oui, j'avais vu de toutes sortes de gens et j'avais compris. Ils n'étaient pas comme dans mes livres du genre à simplement parcourir les mers à la recherche de trésors, ils n'étaient pas non plus comme le disaient les gens, des meurtriers qui ne pensent qu'au rhum et à la mer. Ils étaient comme tout le monde, aussi différents les uns des autres. On les prenaient pour des monstres, on les prenaient pour des hommes libres, mais c'était tout simplement des hommes. Ils avaient fait le choix d'être considéré comme ils le sont, mais ils n'étaient pour autant pas à la hauteur de leur mauvaise ou bonne réputation. J'étais frêle, sans défense et pourtant je me tenais encore debout dans cette ville. Il n'y a pas de rôles prédéfinis, ce sont nous qui décidons quelle genre de personne l'on veux être. Ce pirate n'était pas si mauvais, du moins je ne pouvais pas le croire de ce que j'avais vu. Il aurait pu me tuer mille fois, mais pourtant j'étais toujours là, près de lui. Je voulais croire en mes suppositions, je voulais espérer que je pourrais moi aussi devenir l'un de ces hommes libres sans pour autant avoir à devenir meurtrier impulsif. Je savais que je devrais changer, que cette nouvelle vie me ferait changer, mais je ne voulais pas devenir un monstre pour autant. Je voulais être comme lui. Charmant, imposant à ma façon et capable d'épargner une vie sans pour autant passer pour un faible. Je voulais changer et grandir. Je voulais me libérer de ces chaînes qui continuaient encore à me tenir. Les chaînes de mon père qui m'a gardé prisonnier bien trop longtemps.

Son sourire me mettait mal à l'aise. Certes, j'étais rassuré parce que ça signifiait qu'il ne comptait effectivement pas me tuer, mais d'un autre côté j'étais vexé qu'il se contente de sourire bêtement avec toutes les confidences que je lui faisais. Intérieurement, je repensais à ce surnom. Il devait se moquer de moi encore, me traiter de pie sans le prononcer pour autant. Il devait se moquer de mes rêves aussi, de mon désir. Moi, devenir un pirate ? Tout le monde rigolerait. Mais ce n'était pas une blague et peu m'importait ce qu'en pensaient les autres. C'était mon désir et je le ferais devenir réalité. " Arrêtez de parler, Noah. " C'est tout ? Je clignais des yeux, un peu surpris. Son regard avait changé. Il était devenu plus sombre d'un coup, mais un sombre attirant, un sombre séduisant. Alors que je commençais à ouvrir la bouche, prêt à lui faire cracher plus que ces simples mots, un frisson très agréable et complètement inconnu parcouru l'ensemble de mon corps. Si j'avais été surpris, j'étais maintenant vraiment étonné. Je sentais la chaleur agréable de sa main sur ma joue tandis que ses lèvres légèrement humides et aussi chaudes s'étaient logées sur la peau de mon cou. Je restais immobile, sous le choc, incapable de réagir. Que se passait-il ? Me prenait-il pour une des ces femmes dévergondées et qui offraient leur corps ? J'étais un homme moi. D'accord, mes traits fins pouvaient prêter à confusion, mais ça se voyait tout de même. Une partie de moi avant envie de le repousser, de mettre fin à cette folie, me rappelant douloureusement les exorcismes que mon père m'avait fait subir et ses leçons sur la luxure. Ce n'était pourtant pas grand chose, juste deux lèvres contre mon cou. Pourtant, jamais je n'avais été aussi loin avec personne. Oui, je voulais le repousser.

Cependant, une autre partie de moi pensait bien le contraire. Une partie de moi voulait en découvrir plus, voulait redécouvrir ce frisson si agréable. C'était la première fois que quelqu'un me touchait de la sorte. C'était peut-être pathétique, mais c'est ce qui arrive quand on grandit dans une église. De plus, c'était un homme. Comme ceux qui m'attiraient. J'ouvrais la bouche, recherchant désespérément de l'air et tentant de dire quelque chose, de le repousser en prétextant nos sexes similaires. Mais j'en étais incapable. Rien ne sortait à part mon souffle accéléré. Je relevais la tête, instinctivement, demandant plus de caresse de la part de ses lèvres tandis que mon visage grimaçait de plaisir. Mes pupilles étaient à demi-closes, ma bouche était légèrement entrouverte. Je me sentais ridicule et j'étais bien aussi. Je me sentais bien. Ma raison m'avait perdu dès lors que je sentis une chaleur étrange au niveau de mon bas-ventre. Ça m'était déjà arrivé quelques fois, mais jamais avec autant d'ardeur. Était-ce parce qu'il me touchait ? Parce qu'il avait mis ses lèvres sur ma peau ? Oublié mes rêves l'espace d'un instant, oublié le danger que pouvait représenter cet homme. Mes pensées étaient bien loin désormais. Si j'étais satisfait avec peu, j'étais à la fois curieux et non de savoir comment je réagirais si un jour j'avais l'occasion d'aller plus loin encore. Je rebaissais ma tête lentement, fermant les yeux tandis que mes joues étaient complètement rouges. Je laissais ma main se poser sur la sienne, celle qu'il avait mis sur ma joue. Je la caressais lentement, découvrant sa peau abîmée par une vie remplie. Ouvrant les yeux à nouveau, je découvris deux billes claires en face de moi. Il me regardait comme s'il désirait me dévorer. Et moi, quel était mon regard à cet instant ? Je devais être ridicule à voir.

Poussé par la curiosité et l'envie, oubliant ma morale et mes leçons, je rapprochais mon visage du sien, lentement, le regard fixé sur ses lèvres. J'avais envie d'y goûter, pour la première fois. Goûter à ce pêché qui semblait si délicieux. Me laisserait-il faire ? Je n'y pensais même pas, je continuais de me rapprocher encore et encore jusqu'à poser mes lèvres contre les siennes. Un baiser chaste. Je ne savais pas comment on faisait, je ne pouvais faire que ça. Je ne connaissais que ça. Un frisson me parcourut à nouveau, bien que le sentiment était moins intense. Je reculais mon visage, surpris par mon manque de retenu. Je baissais les yeux, gênés, la raison revenait petit à petit, malgré cette chaleur plus bas qui ne me quittait pas. " Je suis un homme monsieur... Et je... Je ne suis pas une courtisane... " Je ne savais que dire. Mon corps me hurlait d'en avoir plus. Il désirait ses lèvres encore, ses mains, son odeur, mais ma raison me retenait, me suppliait de ne pas me laisser emporter. Les chaînes de mon père étaient encore là et elles étaient dures à briser. " Je ne connais même pas votre nom... " Des excuses, je le savais très bien, mais je n'avais rien de mieux pour résister. S'il s'approchait à nouveau de moins, mes limites exploseraient je le savais très bien. J'avais envie qu'elles explosent et en même temps, j'avais peur. Peur de l'inconnu qui pouvait s'offrir à moi. Je sentais mes yeux devenir humides. Non, je n'allais pas pleurer, j'étais plus résistant que ça. J'étais trop bouleversé cependant, mon corps avait tendance à traduire mes émotions un peu trop bien. " S'il vous plait... " Je n'arrivais pas à dire le suite. En fait, je n'étais même pas sûr de ce que je voulais dire. Je ne savais pas si je voulais lui demander de s'en aller ou si je le suppliais de continuer.
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Mer 11 Mar - 20:49

the gods are good
La main de Noah se posa délicatement sur celle de Hewry, la caressant. Un chatouillement étrange parcourut le corps du capitaine, faisant hérisser les poils de son corps. Qu’est-ce qu’il était en train de faire ? Non, ne jamais se poser de question. Toujours vivre le moment présent, ne jamais se douter et tout irait pour le plus grand bien. Il continuait de parcourir la peau douce et blanche de Noah de ses lèvres, tantôt lui léchait-il le cou et tantôt il s’aventurait sous son menton. Hewry était bien conscient que les hommes l’attiraient, il avait même eu plusieurs conquête par le passé, tous des étrangers. Mais cette fois-ci était différente, totalement différente. Ce Noah, qu’était –il au bout du compte ? Il le faisait chavirer du plus haut cheveu au dernier de ses orteils. Son cœur dans sa poitrine tambourinait, ses membres menaçaient de le lâcher, de le laisser tomber, et bientôt même son entre-jambe se trahit sous son pantalon. Mais Dieu, que c’était bien ! Cette chaleur qui lui traversait le corps, ce sentiment de bienséance qui l’envahissait. Oh, Noah, ce garçon n’était point ordinaire. Les lèvres de Hewry se détachèrent de la peau crémeuse de sa conquête, Noah ouvrit alors les yeux et Hewry avait déjàle visage devant le sien. Le petit semblait victime d’une confusion interne. Hésitant à plusieurs reprises, il finit par coller sa bouche à celle de Hewry, et le capitaine échangea son baiser avec tant de sensualité. La main qui était sur le mur préféra s’aventurer sous le dos de Noah, des va-et-vient réguliers d’imposaient alors. Soudain, le petit Noah se détacha de Hewry, baissant la tête.

"Je suis un homme monsieur... Et je... Je ne suis pas une courtisane...". Hewry eut alors un rictus. Il n'était pourtant pas en colère. Cette naïveté, cette innocence, tout cela lui rappelait un jeune Hewry qui semblait mort depuis longtemps, tout cela l'attirait. De sa main il dégagea la frange fichtrement longue qui barrait la vue de Noah afin de pouvoir le regarder dans les yeux, et dieu qu'il avait un regard envoûtant. "Et les hommes n'ont pas le droit de se toucher, mon petit Noah ? Le plaisir est pour tout le monde, profitez-en.". Il ne semblait tout de même pas convaincu, ses joues étaient maintenant pourpres et il baissait la tête comme ayant honte. Hewry voulut le prendre dans ses mains, l'embrasser jusqu'à ce que le soleil vienne les dénoncer au grand jour. Mais il ne pouvait le prendre contre sa volonté, il n'était pas ce genre d'homme. Maudite nuit, maudite ! Un mélange de sentiments se créaient en lui et il ne savait que penser. Il n'avait jamais été aussi attiré par quelqu'un, serait-ce un homme ou une femme ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi un garçon si jeune et si innocent ? "Je ne connais même pas votre nom...". Que faire ? Devait-il le lui divulguer ? Non, pas pour le moment, certainement pas pour le moment. Si jamais son équipage découvrait ce qui venait de se passer en cette nuit, ce serait l'ultime raison pour eux d'exiger un vote pour ne plus l'avoir comme capitaine. Alors que Hewry réfléchissait aux conséquences de tout cela, Noah murmura d'une voix à peine audible. "S'il vous plait...". Hewry le regarda alors droit dans les yeux, puis après un moment d'hésitation l'embrassa sur le front. Le prenant par le col, il lui dit : "Venez !"

Quelques minutes plus tard, ils furent devant la porte de l'Auberge. Sa soeur travaillait ici. Peut-être qu'il pourrait lui mentir ? Lui dire qu'il entrainait ce petit garçon ? Mais elle n'était pas ici maintenant, et la gérante, Mme Costello, était connue pour ses horaires tardifs. Il poussa la porte et entra, toujours tenant Noah par le col de sa chemise. Derrière le comptoir se tenait une femme avec du caractère, pour dire le moins. "Mme Costello !"", fit-il. Chose à quoi elle répondit par un regard interrogatoire. "J'aurais besoin d'une chambre à louer."", continua-t-il en déposant quelques pièces sur le comptoir. "Pour une durée indéterminée, je vous payerais chaque début de mois."", ajouta-t-il encore avec un clin d'oeil. Elle finit alors par lui donner une clé en lui indiquant la chambre qu'elle ouvrait. C'était une chambre minuscule avec un petit lit, un placard, quelques bougies, une étagère à livres et un petit espace pour se doucher. "Voilà, vous n'aurez plus à craindre le froid maintenant."", il se tut encore un court moment et ajouta : "Vous voulez que je parte ?""

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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Mer 11 Mar - 21:46

Noah ∞ Hewry
J'étais perdu. Perdu sous les caresses du premier homme qui osait me toucher. Perdu dans ce sentiment de plénitude lié a une certaine peur. J'étais perdu, mais malgré mon conflit intérieur, je me sentais tellement bien. Jamais en refusant sa cape il y a quelques instants je n'aurais deviné que j'aurais fini par goûter à mon premier baiser. Je ne le connaissais pas, je ne savais même pas comment il s'appelait, mais pourtant ça m'était égal. J'avais étrangement confiance en lui et le fait qu'il m'ait épargné deux fois dans la soirée pouvait sûrement jouer. Peut-être qu'il avait simplement envie de profiter de la soirée, de goûter aux plaisirs de la chaire sans que je ne le revois plus jamais. C'était ça les pirates après tout, non ? De ce que j'en savais du moins. Mon père avait passé sa vie à me protéger de la luxure. Il m'avait rappelé que ce n'était pas ce que Dieu attendait de nous, que c'était horrible. Je n'en avais plus rien à faire de ce Dieu. Plus après tout ce que j'avais subi par sa faute. Et c'était loin d'être horrible, au contraire. Un sentiment agréable m'habitait. Mais serais-je capable de me laisser faire si ce n'est que pour ce soir ? Et comment pouvait-il vraiment éprouver du désir pour moi dans l'état dans lequel j'étais ? J'étais affreux, mais ça ne l'empêchait pas de parcourir ma peau de ses lèvres, de me regarder avec ces yeux de prédateurs. Pour être franc, jamais je n'aurais cru avoir la possibilité de tenter ce genre d'expérience. Depuis que j'avais découvert être attiré par les hommes, je me pensais seul au monde et je croyais que je finirais ma vie vierge. Peut-être que je la finirais vierge, mais j'aurais au moins goûté les lèvres d'un autre homme. Au moins une fois.

Je ne savais pas s'il était en colère contre mes dires ou quoi, mais il ne semblait pas vouloir me frapper. Il se contenta de repousser mes cheveux, m'offrant une vue plus claire de son visage. Il était beau, très beau même. Il avait un charme incroyable, un air sombre affreusement attirant et ces yeux... J'aurais pu m'y perdre. " Et les hommes n'ont pas le droit de se toucher, mon petit Noah ? Le plaisir est pour tout le monde, profitez-en. " Soudain, je fixais le néant, déboussolé. Les hommes n'ont pas le droit ? Non. C'était des démons s'ils en éprouvaient le désir, voilà ce que disait mon père. Non, jamais je ne me suis dit que les hommes avaient le droit. Pourtant, c'était si simple lorsqu'il le disait. Le plaisir est pour tout le monde. C'est vrai. Même pour moi. Même pour un enfant berné par un esprit rendu fou à cause d'un Dieu. Il n'avait pas tort et je me sentais vraiment idiot. C'était de gens comme lui dont j'avais besoin. Des gens capable de me montrer la réalité du monde, des gens capable de me dire que certaines choses étaient possibles. Des gens qui pourraient m'aider à me libérer de mes chaînes. Il ne voulait toujours pas me donner son nom. Quelle importance ? Je ne connaissais personne ici alors pourquoi refusait-il de me dire comment il s'appelait ? Je ne comprenais pas. A moins qu'il ne veuille pas que je le retrouve. Peut-être qu'il comptait effectivement s'en aller ce soir à tout jamais. Est-ce que je voulais le retrouver ? Oui, sans aucun doute. S'il fuyait, j'aurais envie de le revoir. Je ne pouvais plus lui résister.

" Venez ! " Il m'attrapa par le col et me tira, me forçant à le suivre. Où est-ce qu'il m'amenait ? J'étais curieux et inquiet à la fois. Mais je le suivais, sans un mot, silencieusement. Au moins, on peut dire que les événements précédents avaient eu raison de ma voix. Nous rentrions dans une auberge et je l'écoutais distraitement parler avec une dame qui n'avait pas l'air très commode. Je n'écoutais pas vraiment, j'étais encore trop perdu dans tout ça. Dans toutes ces découvertes. Je la vis cependant lui donner une clé avant qu'il ne me tire à nouveau jusqu'à une chambre. Alors c'était ça ? Il voulait m'amener à passer la nuit avec lui ? J'observais la chambre, rapidement. Elle était petite et dans un sale état, mais à mes yeux elle semblait être un vrai paradis. C'était là que j'allais perdre ma virginité ? Avec un homme dont je ne connais même pas le nom. " Voilà, vous n'aurez plus à craindre le froid maintenant. " Quoi ? Je haussais un sourcil, surpris par ses propos tandis que je tournais mon visage vers lui. De quoi est-ce qu'il parlait ? Cette chambre n'était pas pour nous ? Elle était pour... Moi ? " Vous voulez que je parte ? " Sans réfléchir, j'attrapais sa main pour la serrer dans la mienne, lui demandant silencieusement de ne pas s'en aller. " Restez s'il vous plait. Encore un peu, restez avec moi... " J'avais besoin de sa présence pour le moment. J'avais besoin qu'il soit là.

Je m'installais sur le petit lit, le tirant à moi doucement par la main et je lui intimais de sa soir à côté de moi. " Je ne peux accepter tout ça. C'est vraiment gentil, mais c'est trop... " Il n'était pas obligé de faire ça, je n'avais pas les moyens pour le rembourser après tout. Pourtant, il était vrai que je mourrais d'envie de rester ici. J'étais prêt à lutter contre le froid encore, mais ce lit me semblait tellement tentant. Il y avait même de quoi se laver, moi qui devait empester la sueur et la boue. Sans doute qu'il était aussi possible de manger, c'était une auberge après tout. " Mais vous n'allez pas me laisser refuser, pas vrai ? " Comme avec la cape tout à l'heure. Une idée me vint alors. " Soit, j'accepte. Cependant, je ne peux pas accepter et profiter de votre générosité. Comment est-ce que je peux vous rendre la pareille ? Bien entendu, je vous rendrez tout ce que je vous dois une fois que j'en serais capable. Une fois que... " Une fois que je serais devenu pirate. Je n'osais pas le dire, je ne voulais pas qu'il se moque de moi. Je m'en fichais tout à l'heure pourtant, mais il m'avait vu bien trop vulnérable depuis. J'étais fatigué, épuisé par ma vie de vagabond et cette soirée riche en émotion. Mais je n'avais pas envie de dormir. Je ne voulais pas qu'il s'en aille parce que je savais qu'une fois parti, je ne le reverrais plus jamais. Pourtant, mes yeux luttaient difficilement et je laissais ma tête tomber contre son épaule. " Si je m'endors, vous serez parti à mon réveil ? Je n'aurais jamais plus la chance de vous parler ? " Mon front posé contre son épaule, je pouvais sentir l'odeur masculine du pirate. Elle était étrangement réconfortante à vrai dire et tentante aussi. Je ne voulais pas qu'il fuit. " Pourquoi vous refusez de me donner votre nom ? " Mes yeux étaient fermés, mais je ne dormais pas encore. Pas tant que je ne saurais pas comment il s'appelle.
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MessageSujet: Re: the gods are good (hewry & noah)   Mer 11 Mar - 22:29

Hewry Risley a écrit:
the gods are good
La main du jeune Noah étreignit celle de Hewry, le suppliant de rester. Le capitaine eut alors un des sourires les plus sincères de toutes sa vie. Il regarda le jeune garçon sous un jour nouveau. Il n'avait plus pitié de lui, il voulait tout simplement l'aider. L'aider à se faire une place, à s'imposer, à se défendre. Nassau était une ville dangereuse, bien que charmante, et les événements de cette nuit froide l'avaient poussé à s'attacher à ce garçon puisqu'il ne le voulait. Il tira Hewry à ses côtés, le faisant s'asseoir à côté de lui, ce que le capitaine fraîchement promu n'hésita pas à faire. Le lit laissa échapper un son qui trahissait son ancienneté. "Je ne peux accepter tout ça. C'est vraiment gentil, mais c'est trop... Mais vous n'allez pas me laisser refuser, pas vrai ? Soit, j'accepte. Cependant, je ne peux pas accepter et profiter de votre générosité. Comment est-ce que je peux vous rendre la pareille ? Bien entendu, je vous rendrez tout ce que je vous dois une fois que j'en serais capable. Une fois que... ". Une fois qu'il serait pirate. Hewry pouvait presque l'entendre le dire. Mais il n'osait pas ! Il avait peur de poursuivre ses rêves, de les réaliser, et cela était on ne peut plus dangereux. "Tu n'as rien à me rembourser, Noah ! Tout cela est pour toi, alors profites-en. Je paierais en avance tes repas pour une semaine en descendant, t'auras de quoi manger et un lit pour dormir. Tu n'as rien à rembourser !", avait répondu Hewry d'une voix douce, presque muette. Noah laissa alors sa tête s'écrouler sur l'épaule du capitaine Risley, et pour une fois ce dernier sentit ses joues s'empourprer. Il passa un bras autour du garçon, le réconfortant. "Si je m'endors, vous serez parti à mon réveil ? Je n'aurais jamais plus la chance de vous parler ?". Hewry ne put alors s'empêcher de laisser échapper un rire agréable, un de ces rires qui sortaient droit de votre coeur, un vrai. "Oui, je serais parti avant que tu ne te réveilles. Mais rien ne nous empêche de nous parler de nouveau.", chuchota-t-il dans l'oreille du garçon, presque souriant. Mais bien effectivement, Noah n'arrêtait de parler, et il demanda pour la deuxième fois cette nuit le prénom du capitaine. Ce dernier lui fit tourner la tête vers lui, le regardant droit dans les yeux et lui dit d'une voix joueuse : "Si tu tiens vraiment à savoir qui je suis, tu n'as qu'à chercher le Rising Sun demain matin.". Puis il l'embrassa chaleureusement, prenant son temps, lui enlevant de ses mains tremblantes sa chemise et l'étalant sur le lit, laissant ses lèvres s'aventurer partout sur le corps du jeune garçon. Pour une fois, son coeur était envahi par une joie qu'il avait oublié depuis bien longtemps.

____________________________________
Bien évidemment, le capitaine Risley était parti bien avant le réveil de Noah, rentrant chez-lui au son d'une Eléanor qui ronflait encore. Le soleil était à peine levé et il ne se sentait pas du tout fatigué. Au contraire, il était on ne peut plus en bonne forme. Le même matin, Noah avait trouvé l'équipage du Rising Sun sur la plage de Nassau, après avoir demandé à mille et une personnes de lui montrer le chemin. Que ce ne fut sa surprise en découvrant que l'homme avec qui il avait partagé sa couche était Hewry Risley, capitaine du Rising Sun. Il en profita alors pour demander un poste au bord du navire, et il fut tout normalement accepté en tant que gabier, vu son statut de novice et son corps fébrile. Peut-être était-ce sa chance pour en savoir plus sur la piraterie et devenir la personne qu'il devait vraiment devenir ?

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