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 When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe

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MessageSujet: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Lun 9 Mar - 19:07




"When destiny forgets to tie some people by blood,

it corrects the mistake by making them true friends"







Mal de terre. Qui aurait pu le croire ? Certainement pas moi. Pourtant, plus le temps passe, et plus il m'est difficile de revenir ici, plus il m'est difficile de prendre cette barque qui m'éloigne du navire. La vie en mer me convient bien plus que je ne l'avais pensé et imaginé. Je m'y suis habituée fort vite, Ascott aurait été fier de moi. Pensée pour lui et voilà que mon cœur se serre, il se serre tellement que j'en grimace en pinçant les lèvres : de l'air, j'ai besoin d'air. L'habitation dans laquelle je vis lorsque nous revenons à Nassau a beau être assez spacieuse pour moi, je ne peux pas rester ici : il faut que je sorte sinon je vais devenir folle. Le fait que la soirée soit bien avancée n'a guère d'importance : ici, on vit le jour et la nuit de toutes les façons. Je me redresse, j'enfile mes vêtements, je n'oublie pas mes armes dont je ne me sépare jamais, j'enfile mon chapeau, je prends soin d'éteindre les bougies et je mets enfin les pieds dehors. A peine suis-je à l'air libre que je prends une profonde inspiration avant de lever mon regard vers le ciel qui est très clair ce soir encore : pas un nuage pour venir gâcher le spectacle. En fait, ça pourrait être apaisant si je n'étais pas si difficile à calmer ce soir. Je secoue la tête et glisse mes mains dans mes poches avant de me mettre en route. Au-delà du mal de terre, du fait qu'il me soit de plus en plus difficile de revenir sur la terre ferme, il y a autre chose qui me torture l'esprit et pas des moindres : mon père. Lorsque je l'ai retrouvé ce matin, après une séparation de près de deux mois, il m'est apparu soudainement plus marqué et plus fatigué. Je lui ai posé des questions sans détour, je me suis inquiétée de son état de santé mais il m'a affirmé qu'il ne s'agit qu'un peu de fatigue, qu'en dehors de cela, il va bien. J'ai du mal à le croire. Pour la première fois, mon père m'apparaît fragile et c'est assez déstabilisant. J'ai beau ne plus être une enfant, j'ai beau être indépendante depuis longtemps, mon père est la seule famille qu'il me reste, il compte beaucoup même si je ne le lui montre probablement pas assez et tout à coup, j'ai l'impression qu'il vieillit plus vite que ce qu'il ne devrait : j'ai l'impression que le temps nous est compté et cela me met en colère.

Parfait. Au lieu de me calmer, voilà que cette promenade nocturne ne fait que me rendre plus nerveuse.

C'est instinctivement et sans réellement m'en rendre compte que je prends le chemin de la plage. Il faut croire que mon élément m'appelle, que c'est véritablement plus fort que moi. Je croise quelques personnes dont certains membres de l'équipage du Flying Dragon qui me sifflent et m'invitent à les rejoindre puisqu'ils se rendent à la taverne. Un regard de ma part accompagné d'un geste de la main suffit à leur faire comprendre que non, ce soir, je ne vais pas les accompagner à la taverne. Si j'apprécie certains membres de l'équipage, je préfère autant ne pas passer toutes mes soirées à Nassau avec eux : nous passons suffisamment de temps ensemble comme ça à mon goût. Il y a certes quelques exceptions, quelques personnes avec lesquelles passer du temps à terre ne me dérangerait pas mais ceux qui m'ont interpellée ne font pas partie de cette catégorie. Mes bottes terminent par laisser des traces sur le sable alors que je m'éloigne définitivement de l'agitation. Je m'arrête au bord de l'eau et j'observe l'ombre du Flying Dragon au loin avant de laisser échapper un soupir et de longer le bord de l'eau. Lorsque j'aperçois des rochers, je vais finalement m'asseoir sur l'un d'entre eux avant de me laisser bercer par le silence qui est ponctué par les quelques éclats de voix qui me parviennent de la rue plus loin. Machinalement, ma main glisse sur le manche de mon couteau. C'est à ce moment-là que par dessus les éclats de voix qui me parviennent de plus loin, j'entends d'autres voix qui sont elles bien plus près de moi. Je tourne le visage en fronçant les sourcils : deux hommes qui sont en train de se disputer. J'esquisse un geste pour me redresser et m'éloigner mais me fige quand les voix s'élèvent davantage car si la première voix me semble familière, l'autre, je suis certaine de la connaître. Pour la deuxième fois ce soir mon cœur se serre et alors que je pourrais me détourner et repartir d'où je suis venue, je me mets à escalader les rochers pour pouvoir rejoindre les deux hommes qui doivent se trouver de l'autre côté sur le sable. Sa voix à lui, je la reconnaîtrais entre mille et je ne peux pas faire comme si je ne l'avais pas entendu : je n'ai pas cette force ni cette volonté. J'atterris finalement sur le sable à environ une dizaine de pas des deux hommes : Wolfe et un canonnier du Flying Dragon. C'est bien ma veine ça... Il fallait que Wolfe entre en conflit avec un membre de l'équipage dont je fais partie. Je soupire et soudain, alors que Wolfe se détourne du canonnier, visiblement irrité, à la lueur de la torche plantée dans le sable, je distingue une lame fendre l'air. J'entends l'exclamation de Wolfe et ni une ni deux, je fonce jusqu'à eux. Parce que le type qui vient de blesser Wolfe fait partie du même équipage que moi, ce n'est pas ma lame qui termine sous sa gorge mais mon poing qui s'abat sur sa tempe, le faisant vaciller au point de lui faire lâcher son couteau.

« Hey ! » réplique-t-il en se tenant le visage avant de relever le regard vers moi. « Varone ?! » Ah, lui m'a reconnue aussi. « T'es cinglée ! »
« Et toi t'es lâche. Il avait le dos tourné... » je lui réponds en me saisissant de mon sabre pour venir le glisser sous sa gorge.

Il se tend comme un arc et je sais qu'il ne distingue que mon œil gauche sous mon chapeau mais cet œil est suffisant pour lui faire passer le message. Il lève les mains en signe de rédition.

« Tu vas ramasser ton couteau et aller pleurnicher dans les bras d'une pute avant que j'arrose le sable avec ton sang, c'est clair ? »
« Oui. »

Je vois qu'il enrage mais il n'est pas en position de protester et moi, je reste impassible bien que je brûle intérieurement de rage. 

« Et tu sais que t'as intérêt à rien dire de ce qu'il vient de se passer, pas vrai ? »
« Oui. » répète-t-il.

D'un signe de la tête je lui fais signe de récupérer son couteau et à peine a-t-il pris ses jambes à son cou que je range mon sabre pour me précipiter vers Wolfe.

« C'est grave ? » je lui demande dans un souffle et il ne fait aucun doute que l'inquiétude est plus que perceptible dans ma voix.

Je ne peux pas savoir puisqu'il cache la blessure avec ses mains.

Des semaines et des semaines et des semaines que nous ne nous sommes pas vus et voilà que c'est dans ces circonstances que l'on se retrouve. Si pour une fois les choses pouvaient être simples...





© charney



Dernière édition par Jehanne Varone le Mer 25 Mar - 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Lun 9 Mar - 21:00



elle était vêtue comme une poupée.
une poupée cassée.


Et ça gueule, et ça braille, à la réalité Wolfe a bien du mal à se souvenir comment il a pu en arriver là, c'est ainsi c'est tout et peut-être est-ce encore une fois un mauvais coup du sort qui le laisse dans une situation délicate. Pour ne point changer des bonnes habitudes, c'est face à une trogne horrible qu'il se trouve, puant le rhum à plein nez et bedonnant à souhait, la crasse s'est étalée sur son visage jusqu'à son crâne qui pourtant devrait briller sous l'astre argenté. Il n'en est rien, c'est à croire que la poussière s'est incrustée sous ses veines si bien qu'il n'est plus capable de rayonner d'une quelconque manière. Un homme pas si anodin que cela, après tout, faisant partie d'un équipage qu'il est censé haïr de tout son être il était presque normal qu'ils viennent à s'aboyer dessus à l'instar de deux clébards qui se disputent un os. Or, il n'y a aucune fierté à en tirer de cette histoire si ce n'est celle d'avoir craché sur le quartier-maître du Jolly Ranger qui garde un calme si hautain qu'il ne fait qu'attiser le feu qui ronge le creux de l'estomac de son interlocuteur. Les injures, encore les insultes qui s'écrasent dans ses oreilles et qui ressortent aussi vite qu'elles sont rentrées. Pour peu Wolfe en viendrait à s'assoir tranquillement sur le sable pour compter les grains qui jonchent sa surface sans accorder la moindre attention à cet animal excité semblable à d'autres de sa race. Il voudrait en rire, s'en bidonner si fort qu'il en aura mal à la mâchoire. Souci étant, ce serait manquer à ses devoirs et même si sa rage est presque justifiée, il n'empêche qu'il attaque plus son supérieur que lui pour l'instant. Il est vrai que bien chanceux, Ramsey se veut plus bête de l'ombre que celle dans la lumière qui ouvertement tranche des gorges, il préfère de loin le sifflement d'une balle qui transperce un os. Il protège ses proches, son cercle contenant son équipage ainsi que Hawkins qu'il arrive à raisonner parfois, dans ses bons jours le plus clair du temps. Assumer ses choix comme ce qu'il est devenu, sans ce pirate sanguinaire il ne serait pas cet être si singulier ou au contraire d'une banalité pitoyable, il ne se pose pas la question parce que de toute manière il n'a plus qu'à suivre la marche, continuer dans cette cadence sans trahir la main qui a été tendue vers lui. Roulant des yeux, désespéré au complet, son coeur se serre inconsciemment à cause de ce litige qui ne mène pas large. Il préfère y mettre un terme, peu importe si l'idiot chauve ne le voit pas de cette façon. « Pauv' raclure, pour penser t'as plus qu'ta queue. » Un point final en toute grâce, signé par tout le respect de l'Ecossais qui le dévisage de haut en bas. S'il n'est pas dans ses habitudes de juger autrui, il n'empêche que pour l'égo il est plutôt bon de savoir qu'il y a différents pirates. Celui-ci incarne le classique, incapable d'avoir ses idées il se plie aux ordres d'un supérieur, se veut heureux lorsqu'il est au bordel et surtout ne supporte guère la critique envers ceux qu'il considère comme sa famille. Un bon chien de garde, fidèle. Puis il y a les autres, ceux qui sont capables de bien plus, d'arrêter les ordres en plein vol, de lancer de nouvelles polémiques, de dire tout haut ce qui est murmuré tout bas. De quelle sorte est-il exactement ? Qui saurait le dire, dans tous les cas, celui qui lui fait maintenant dos appartient à la première catégorie. Pitoyable, mémorable. Mains dans les poches de son pantalon il jette un regard sur l'horizon avant de se faire arrêter irrémédiablement par une horrible douleur dans son épaule. Il vient de se faire attaquer en toute classe par le dégénéré en culotte courte. Systématiquement ses doigts se glissent sur la plaie ouverte qui écarlate tâche sa chemise blanche comme neige. Pestant contre le bon Dieu qui n'est pas en mesure de lui offrir son aide, ses traits se déforment pour donner une grimace haineuse. Prunelles écarquillées, une certaine peur s'empare de ses entrailles alors qu'il sent un autre coup venir de loin. Néanmoins, n'ayant guère le temps d'attraper un de ses pistolets, il se fait littéralement couper l'herbe sous le pied en voyant débarquer une carcasse frêle qui fonce droit sur son assaillant. Ne comprenant guère ce qui lui arrive, un bourdonnement affreux s'empare de ses oreilles alors qu'il écoute avec une attention certaine les battements de son palpitant. La beigne s'est écrasée sèchement sur la tempe du gaillard, causant pour se défendre c'est une voix plus qu'envoûtante qui vient le faire retomber dans la réalité. Cette fameuse et foutue réalité qui se passe beaucoup trop rapidement, qui n'arrive pas à ralentir les évènements pour qu'il puisse comprendre en quel honneur quelqu'un a bien voulu se sacrifier pour le sortir de ce bourbier. Il la connaît. Envoûtante tout en étant impressionnante elle résonne dans son corps tout entier alors qu'un peu de salive passe mal le long de sa gorge. Ses muscles se serrent un peu plus sur ses nerfs à vif, le liquide vermeil et chaud continue sa descente progressivement jusqu'à laisser quelques gouttes s'écraser sur le sol incertain. C'est elle.

Elle qui ne veut rien savoir, elle qui injure, elle qui fut un enseignant, une compagne d'une nuit, une proche dont il n'a jamais pu se défaire. C'est elle et sa chevelure rousse, son chapeau dont elle ne se défait pas et ses vêtements pouilleux. C'est elle dans toute sa splendeur. C'est elle, juste elle, Jehanne la sylphide aux crocs acérés, la plus belle des roses, la plus piquante aussi. Inspirant profondément l'air salé qui s'incruste dans ses narines, ses poumons s'emplissent de ce bien-être pour oublier le picotement omniprésent dans son bras. Alors qu'il déguerpit et que sa sauveuse range son sabre, Wolfe prend un temps considérable avant de pouvoir remettre les pièces du puzzle ensemble. Des semaines qui semblent être une éternité, son sourire lui a manqué, probablement de sa bonne parole et de sa présence aussi ridicule soit-elle. Une femme loin d'être maudite devenue membre du Flying Dragon, mélangeant la haine et l'amour qu'il lui porte. Sourcils froncés il aborde un sourire maladroit en même temps qu'un rire sec nerveux qui lui échappe. Se plongeant dans l'abysse clair des iris qui qualifient si bien demoiselle Varone il se sent faire un bond en arrière. Quand elle lui apprenait à mieux gérer ses actions, quand elle savait comment il pouvait tirer en plein dans sa cible, quand elle l'écoutait alors qu'il n'avait aucune épaule sur laquelle se reposer. Une poupée brisée, cassée par la vie elle est la figure emblématique de ces donzelles qui ne se laissent plus avoir tout en sachant se montrer agréables. Combattante à l'étincelle inquiète elle s'attarde particulièrement sur sa blessure qu'il avait presque oubliée. Machinalement, le quartier-maître jette donc un regard hasardeux envers l'endroit touché. Pinçant sa lèvre inférieure comme à l'accoutumée il ose arracher sa main de l'égratignure sévère pour contempler l'étendue des dégâts. Ce n'est pas bien beau, ce n'est pas digne de l'article de la mort non plus. En somme, en plus d'être un corsaire risible il est incapable de faire bien son travail ; c'est-à-dire se débarrasser de l'ennemi. Papillonnant des cils durant une brève seconde, l'ombre de son sourire n'arrive pas à dégager de sa trogne rayonnante. « Je n'crois pas. » Avoir quelques bases en médecine ne veut pas toujours dire avoir un avis totalement objectif sur la situation, pourrait-il se casser une jambe qu'il affirmerait qu'il peut courir le long de l'eau. Le bout de sa langue passe sur ses lippes pour les humecter alors qu'une autre plainte gémissante s'échappe de ses lèvres. Il ne faut jamais trop sous-estimer le gueux qui réserve bien des surprises. Ne sachant par où commencer, tout se mélange dans son esprit. Il souhaite tout savoir, cependant il faut croire que les retrouvailles ne sont pas propices à discuter jusqu'au petit matin autour d'une bonne pinte, voire même seulement s'assoir en tailleurs en ce lieu pour admirer les vagues claquer contre les rochers. Une poisse contre laquelle il ne peut rien, parce que quitte à semer des cendres autour de lui, autant bien le faire. « J't'en dois une Jehanne, et une bonne. Bon sang, encore un peu et - » Il s'arrête en plein vol, ne souhaitant partager sa pensée macabre avec son amie de longue date il secoue sa tignasse pour chasser ceci tout en se marrant franchement, à gorge découverte. « Et rien. » Attaquer tel un traitre n'est pas la philosophie d'un écumeur, loin de là, paraît-il même que cette communauté en a bien plus que ceux qui viennent de la marine royale. Il ne mérite pas d'être dans l'environnement de Jehanne, de cette belle empoisonneuse à la langue aussi claquante que celle d'un serpent, elle siffle une douce mélodie à ses oreilles qui lui arrache un frisson - en ajoutant à ceci le vent qui se veut plutôt froid en cette soirée. Se zieutant de haut en bas, comme pour vérifier qu'il ne s'est pas tâché de trop il se penche particulièrement sur sa manchette presque imbibée de ses veines tranchées. « Hm, j'suis pas bien présentable, si j'avais su j'aurais sorti mes vêtements d'prince. » Qu'il rajoute sur le ton de la plaisanterie la plus pure et enfantine connue sur Nassau. Pauvre inconscient, c'est de cette même manière qu'il a perdu celle qu'il aurait pu réellement aimer d'amour, en gloussant à la face de l'univers, en défiant quiconque de l'arrêter dans son désir de réaliser ses fantasmes les plus fous. Celui-ci était d'être ici, maintenant qu'il l'est il n'a plus que des spectres pour lui rappeler à quel point il ferait mieux de tendre l'oreille pour entendre les loups qui souhaitent le dévorer. Reprenant un peu de son sérieux, il en vient à remonter son vêtement souillé pour découvrir un peu plus en détails la profondeur que la lame a pu lui faire dans la chair. Très loin d'être affolant sans pour autant être superficielle, elle lui arrache encore une fois un gloussement amer. « Qu'est-c'que c'était d'jà ta première règle ? Ah, oui, toujours ouvrir son troisième oeil, celui derrière la tête sinon tu vas t'faire planter sans même avoir eu l'temps d'dire adieu à ta pauvre mère. » Véridique, sans même avoir eu besoin de marquer tout ceci sur du papier, elles sont ici, tatouées dans son esprit, gravées dans son âme. Parce qu'il y a de ces êtres qui ne peuvent s'oublier, de ces personnages qui marquent toute une épopée, qui veulent vous faire croire en une histoire, que finalement l'humanité n'est pas si perdue que cela. Jehanne, c'est dans les ténèbres qu'il l'a rencontré alors qu'il se perdait. Et maintenant, depuis près de quatre ans, c'est ensemble qu'ils font route en tenant une maigre bougie, cherchant à couper l'obscurité. C'est impossible, ils sont nés dedans et ils y crèveront la gueule ouverte.

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i'll wrap my hands around your neck so tight with love
« il existe un lieu où le monde de la lumière rencontre celui des ténèbres. c'est là que tout se produit: dans la terre des ombres, où tout est rare, confus, incertain. nous sommes les gardiens de cette frontière. »
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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Mar 10 Mar - 19:07




"When destiny forgets to tie some people by blood,

it corrects the mistake by making them true friends"







Le liquide pourpre s'écoule entre les doigts de Wolfe et mes prunelles sont fixées sur l'épaule, cherchant à voir, cherchant à savoir, cherchant à être rassurée. Je pourrais approcher les mains, je pourrais ainsi forcer Wolfe à retirer sa main pour que nous puissions observer l'étendue des dégâts mais je ne le fais pas. Je ne le fais pas car je sais qu'il ne souhaite pas que j'agisse de la sorte, il n'a tout simplement pas besoin de moi pour cela. Bien sûr, s'il était au sol, terriblement amoché, je n'hésiterais pas à aller regarder moi-même sans lui demander son avis mais il est a beau être touché et perdre du sang, il n'est pas moins alerte et parfaitement apte à bouger. Ainsi donc, je le laisse prendre son temps, je le laisse tranquillement retirer sa main et lorsqu'il le fait enfin, je plisse les yeux en observant la blessure : elle est assez profonde, cela ne fait aucun doute, mais il vivra, cela non plus ne fait aucun doute. Soulagement réel et profond dans mon cœur déjà bien trop meurtri quand même bien je ne laisse au quotidien rien paraître. Blessé oui mais pas en danger. Il aurait pu l'être si la lame avait frappé ailleurs ou par plusieurs fois mais je suis arrivée à temps. Et si j'avais pris le chemin opposé ? Si j'avais vraiment choisi de m'éloigner ? Aurait-on retrouvé son cadavre baignant dans son sang au petit matin ? Cette pensée m'arrache une grimace accompagnée d'une nausée que je parviens à balayer rapidement. Il est vivant. Il va bien. Enfin, il va presque bien même si comme il le fait remarquer, ce n'est probablement pas très grave. La blessure n'en est pas moins douloureuse et quand sa plainte me parvient, quand ce son me déchire les oreilles bien qu'il ne soit pas si fort que cela, je serre la mâchoire, ayant du mal à accepter qu'il puisse souffrir. Il est heureux d'ailleurs que très peu de personnes connaissent le lien qui nous attache et nous enveloppe Wolfe et moi car je sais que certains pourraient en profiter, certains y verraient là une manière de nous coincer, de nous manipuler. Comme pour mon don de voyance, le silence est notre meilleur allié. Je jette un regard en biais vers la direction qu'a pris le canonnier du Flying Dragon : et s'il parlait alors que je lui ai conseillé ou plutôt intimé de ne pas le faire ? Aurais-je dû mettre fin à sa vie plutôt que de laisser partir ? C'était compliqué. Lorsque Wolfe est impliqué c'est compliqué et ça le sera toujours car il m'est impossible de me détourner complètement de lui et de lui tourner le dos. Cela me serait trop douloureux. J'ai perdu mon frère alors, Wolfe et moi avons beau être censé nous haïr, je me refuse à le perdre et tant pis si cela doit me mettre, moi et mes plans, en péril.

La voix de Wolfe me sort de mes songes et je reporte mon regard sur lui lorsqu'il m'avoue m'en devoir une. Il a raison, je lui ai probablement sauvé la vie et voilà qu'il a droit à cette grimace d'horreur lorsqu'il prononce des mots qu'il ne devrait pas prononcer. Fort heureusement il s'arrête en chemin car il doit savoir au fond que je ne veux pas l'entendre me dire qu'il a bien failli y passer. C'est une idée, une pensée que je m'interdis, tout simplement. « Et rien. »

« Je préfère ça. » je siffle entre mes dents.

Rien. Voilà qui est mieux. Le sujet sombre et dérangeant passé, voilà que Wolfe s'observe de haut en bas avant de me dire, sur un ton où perce la plaisanterie, qu'il n'est pas présentable et que s'il avait su que nous allions nous voir, il aurait sorti ses vêtements de prince. Alors, pour la première fois depuis que j'ai mis le pied à terre, voilà qu'un sourire étire mes lèvres qui craquent d'avoir été trop pincées durant de longues heures. Je lève les yeux au ciel tout en me redressant. Il est fidèle à lui-même et j'aime cela. Il choisit ce moment-là pour soulever son vêtement imbibé de sang, non sans une nouvelle exclamation de douleur, et j'en profite pour m'approcher de la longue torche plantée dans le sable à peine à dix pas de nous.

« Puisque tu connais ma première règle qui est la plus importante, pourquoi tu ne la mets pas en pratique ? » je lui demande en me saisissant de la torche après qu'il ait justement énoncé cette fameuse règle, celle qui peut sauver une vie et qui, inversement, si elle n'est pas respectée, peut coûter une vie, comme cela a bien failli lui coûter la sienne il y a quelques instants.

D'ailleurs, il perce une certaine animosité dans ma voix car je sais qu'il est plus que capable de se défendre et je sais qu'il a parfaitement intégré tout ce que j'ai pu lui enseigner durant ces longs mois.

« Mourir en étant attaqué dans le dos, y'a pas pire mort à mon sens, tu l'sais. » j'ajoute en me rapprochant de lui.

Je plante de nouveau la torche dans le sable et je secoue la tête tout en dégageant mon couteau de son fourreau.

« Si tu ne saignais pas, j'te botterais les miches, tu peux me croire. »

J'approche la lame de la flamme tout en observant Wolfe du coin de l’œil.

« Et puis si tu meurs de cette façon, tu me feras passer pour une incapable et je t'en voudrais à mort. T'as pas envie de ça. »

Parce qu'il sait à quel point je n'oublie jamais un affront, à quel point je peux être rancunière, même envers les personnes qui comptent pour moi. Quoiqu'en y réfléchissant, je n'ai jamais eu à tester cette idée qui n'est jamais donc qu'une théorie puisque personne de mon entourage proche ne m'a jamais trahie. On dit qu'il y a un début à tout, j'ose espérer que ce ne sera jamais le cas parce que je sais au fond que je risque même d'être pire envers une personne qui compte pour moi. Un étranger, quelqu'un qui ne représente rien, s'il me fait une saloperie, je vais m'en souvenir et vouloir me venger mais c'est pas pur esprit de fierté alors que s'il s'agit d'une personne que j'aime... Mes doigts se resserrent autour du manche de mon couteau tandis que la lame commence à rougeoyer légèrement. Mon esprit commence véritablement à m'exaspérer car il s'égare à mon sens beaucoup trop facilement ces derniers temps. Mon regard est posé, fixé sur la lame et quand finalement elle atteint une couleur qui me paraît assez vive pour que le couteau soit utilisé sur la plaie, je m'en retourne vers Wolfe. Je l'observe en silence avant de hausser les sourcils.

« Pas besoin de te dire que tu vas l'sentir passer. » je lui dit en grinçant des dents avant de me mettre à genoux face à lui.

Je plante mon regard dans le sien et laisse échapper un soupir.

« Tu devrais mordre un truc, ta manche, j'en sais rien parce que j'ai pas envie que tes cris ramènent ton équipage dans l'coin. »

Peur de la confrontation ? Non. Suis-je capable d'une confession ? Oui.

« Maintenant que je t'ai mis la main dessus, j'veux t'avoir pour moi toute seule. »

Et la seconde suivante, ma main gauche accroche la clavicule de Wolfe tandis que j'abats le plat de la lame chauffée sur la plaie encore sanguinolente. Je sais son mal pour m'être déjà fait la même chose, toute seule oui, et peu importe qu'on ait une bonne résistance à la douleur : ça fait mal, point, mais il est fort Wolfe, il est solide et c'est aussi cela qui force mon admiration et qui l'a toujours forcée. Il encaisse, il fait face, il est brave. Pas au point de ne laisser échapper aucun son mais assez pour ne pas s'écrouler comme certains s'écrouleraient. Et s'il n'y avait que la douleur mais l'odeur de chair brûlée n'est guère très agréable. J'aurais voulu lui éviter ça mais voilà, il a oublié ma règle.

« Peut-être que t'oublieras plus jamais ma règle maintenant. » je lui dis en écho à mes pensées après en avoir terminé.

Je pose mon couteau sur le sable à côté de moi juste pour laisser la lame complètement refroidir. Puis, je cherche à capter le regard de mon ami. Je termine par enfin lui adresser un sourire teinté d'un semblant de douceur.

« On fait jamais rien comme tout l'monde, hein ? »

Lui, moi, nous, non, jamais comme tout le monde. N'est-ce cependant pas ça qui nous a toujours plus chez l'autre ? Son côté unique ? Wolfe est unique, nul autre ne l'égale dans mon cœur et j'aime croire qu'il en est de même pour lui même si le destin continue à nous éloigner, à nous mettre à l'épreuve. Ceci dit, le destin a beau parfois n'être qu'une dinde, il nous a réunis ce soir alors je peux bien lui pardonner de nous avoir séparés. Oui, pour ce soir, je lui pardonne. Juste pour ce soir. Demain, je recommencerai à le haïr ce foutu destin.






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Dernière édition par Jehanne Varone le Mer 25 Mar - 19:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Jeu 12 Mar - 18:24



elle était vêtue comme une poupée.
une poupée cassée.


Ce n'est pas un ange gardien, ce n'est pas un démon là pour l'envoyer dans les tréfonds des flammes d'un quelconque enfer auquel il ne croit pas. Non, c'est une guerrière à l'allure trop délicate pour que l'on puisse se douter d'une violence possible en son coeur. Et pourtant, Jehanne en regorge, elle en revend si bien que parfois ça explose d'un seul coup, de sa rage parfois il peut en ressortir des larmes, des coups, du sang parce que c'est tout ce qu'il reste à faire couler maintenant. Il existe des tas de blessures, maintenant Wolfe peut même en témoigner que celle qu'il vient de se prendre en plein dans l'épaule n'est pas des plus agréables, toutefois elle cicatrise et c'est cela qui est amusant, très plaisant même. Parce que contrairement à celles qui sont visibles, ce sont les internes qui sont les plus complexes à apaiser. La perte d'un proche, le décès soudain d'un espoir, une envie de vengeance qui arrive à prendre le pas sur tout le reste. Dans le cas de son interlocutrice qui prend un malin plaisir à le sermonner plus que de raison, même en ajoutant à ceci un sourire plus grand que d'habitude, il sait qu'il manque quelque chose chez cette femme. Il y a un manque, un trou béant que même la présence de Ramsey ne pourra combler sous peine de s'y perdre, de se faire dévorer par cette noirceur qui s'accapare de son corps tout entier. Celui d'un frère disparu, celui de cet Ascott qu'il eut la chance de croiser à plusieurs reprises lorsqu'il était encore vivant, il lui adressait une poignée de main amicale, ils échangeaient des politesses et même si ça n'allait pas plus haut que le vol d'un rat jeté par une fenêtre, il pouvait y voir ce petit pétillement dans le regard de l'ancienne serveuse. Il y avait cet amour, toute cette accroche qui la rendait meilleure. Et enlever tout ce qu'il y a de bon chez quelqu'un, c'est vouloir sa perte, petit à petit, de cette humanité elle a finit par s'en détacher jusqu'à se borner à entrevoir qui a pu commettre l'horrible sentence de lui couper les ailes. Du côté du corsaire, lui, il souhaiterait pouvoir faire quelque chose, quitte à prendre la place tant creuse que son frère pouvait remplir d'une main de maître. Or c'est impossible, il ne peut pas tout retaper à son image, même si par le biais de quelques mots il se surprend parfois à créer des histoires sur une base presque solide. Il n'y a pas que la puissance d'une plume quiconque, au-dessus des chimères que peut créer l'imagination il y a surtout la réalité qui attend impatiemment de quoi faire son dîner. Elle se moque, elle glousse et ne s'arrête pas de sourire, de ce foutu sourire carnassier qui n'en a jamais assez de dévorer la peine de ses enfants qui se meuvent tant qu'ils peuvent dans ce paysage de carnage. Il n'y a pas meilleur lieu de représentation théâtrale dramatique que Nassau, après tous des tas d'éléments y sont présents pour qu'il puisse y avoir un retournement de situation plus que perturbant. Malheureusement pour Jehanne, elle fut la victime de son propre présent, un peu de son futur aussi qui avait déjà tout décidé à l'avance. On ne peut rien y faire, juste subir, et quand il y a trop de souffrance sur le dos d'un seul être, celui-ci a deux choix qui s'offrent à lui ; soit il abandonne en se passant la corde au cou, soit il remet la faute sur quelqu'un d'autre. Ce n'est pas monstrueux, simplement logique et tout ce qu'elle a pu accumuler jusque-là, elle le fait ressentir par sa manière si particulière de dévisager son prochain. Pinçant sa lèvre inférieure, Wolfe se surprend à hausser les épaules à sa question, savoir est une chose, mettre en pratique par contre c'en est une autre et s'il ne voue pas un culte à la Bible, et quand bien même les règles de son ancienne maître d'armes sont là, dans son esprit, il n'en fait pas une obsession malsaine comme tout homme d'église qui use d'arguments par le biais de son ouvrage sacré. La manche bien relevée, il ne manque plus qu'à l'arracher et enfin il aura l'air d'un grand échoué d'une île perdue au fin fond d'un océan inconnu. Alors qu'elle fait quelques pas pour attraper la torche, elle ajoute en toute splendeur qu'elle lui mettrait un coup de pied au cul s'il n'était pas si amoché. Il n'en doute pas, il n'en a jamais douté, c'est ce qui la caractérise, sans aller dans le pitoyable d'une amazone qui cherche à se débarrasser de ceux ayant le malheur de naître avec un sexe masculin entre les jambes. Comme un respect, comme une différence, ils se ressemblent autant qu'ils s'éloignent l'un de l'autre. Enfin, Jehanne se décide à faire rougir la lame qui va s'écraser sur sa peau qui comme si ce n'était pas suffisant, va le faire souffrir à outrance pour lui faire regretter d'avoir agi tel un nouveau sur un équipage, pauvre matelot qui a le mal de mer au bout de quelques minutes. Sourcils froncés presque tristement, il tente une moue déplorable pour attirer sa pitié, néanmoins c'est inutile puisqu'elle le met en garde. Inspirant profondément, répondant positivement à sa demande il attrape son avant-bras droit pour caler ses dents sur le tissu. Un unique regard sert pour lui donner la permission de le torturer. Horrible, monstrueux, ses cris se perdent dans le tissu et dans sa gorge, il serre les dents pendant que ses muscles crament sous la chaleur du métal piqué à vif. Les prunelles presque révulsées, il tente tant bien que mal d'éviter de bouger le plus possible sous peine d'agrandir encore plus son agonie. Qu'il se taise, surtout qu'elle a raison ; manquerait plus qu'il fasse ramener les joyeux lurons de l'autre équipage. Il prend son mal en patience, il passe outre puis enfin laisse un lourd soupir d'aise s'écraser dans le vent quand elle retire son instrument du Diable. Il s'en souviendra, c'est un fait, il est marqué à vie pour une bataille aussi cupide qu'amusante, à ce sujet il ne pourra même pas parler d'un quelconque kraken ou essayer de broder autour une légende qui aurait fait qu'il survive miraculeusement à tout ce sang perdu. En plus de ne pas savoir mentir, il gardera sûrement son silence de pierre tombale pour mieux garder un mystère ludique qui attirera sans aucun doute les curieux.

Ce n'est pas pour ce soir, parce que fourbu de cette façon de vous soigner un homme, il s'écroule lamentablement séant le premier sur le sable en évitant de prendre appui sur son bras droit blessé qui tire encore jusqu'à son cou. Fermant les yeux l'espace de quelques secondes pour reprendre son souffle salé, il laisse tomber sa tête en arrière pour chercher l'air frais qui pourrait venir apaiser le plomb bouillant qui s'est installé en ses veines. Il n'en est rien, il va devoir s'y faire pour quelques bonnes minutes qui resteront dans son crâne pendant au moins une décennie. Lui qui fut habitué à se faire recoudre et certainement pas se faire cautériser, il faut savoir accepter toute expérience qui pourrait lui donner une leçon. Et ça, il vient de s'en prendre une bonne sur le coin de la gueule. N'osant bouger plus de peur de raviver ses nerfs qui pleurent sous son cocon de peau, ses lèvres s'étirent en un sourire semi-béat semi-souffrant. « Nom de Dieu. » Parce qu'en plus il blasphème pour mettre un semblant de point final à cette terrible découverte qu'est celle de faire avec ce qu'on a entre les mains. Haussant les sourcils pour reprendre un minimum de tenue, ses prunelles reviennent s'attarder sur la figure plus que grande de Jehanne qui se veut presque comme une mère en cet instant, aussi inquiète et mordante. Pour peu, il pourrait la considérer comme tel s'il n'avait pas déjà partagé ses draps ainsi que son corps. Loin d'être une mère spirituelle donc, elle a des gestes qui pourtant caractérisent cette particularité qu'ont les génitrices de tirer les oreilles de leur gosse, si là il n'est pas question de pincer son extrémité, c'est bien pire puisqu'il en gardera une trace jusque dans la tombe. « Oh ça non, j'pense qu'on s'ennuierait si y'avait pas de quoi pimenter un peu nos r'trouvailles. » Ayant la manie d'étirer un peu son dos, il en vient à regretter derechef son geste puisqu'il retape directement sur sa blessure. « Bordel de merde. » Naturellement, beaucoup moins classe d'un coup il ne va pas pour autant jusqu'à lui adresser une oeillade désolée. Elle le sait Varone, ils ont tous deux un langage plus que roturier, ils ne font pas dans la dentelle et peut-être est-ce ça finalement qui leur permet de si bien se fondre entre eux. Ils ne cachent rien, ils sont d'une franchise qui n'est plus à revoir. C'est ça qu'est bon quand il la croise, les pincettes c'est bon pour ceux de la haute qui préfèrent s'amuser avec l'ironie, le sarcasme, le sous-entendu et même s'ils usent parfois de ceci, ils ont cette sincérité qui ne plaît pas à tous, celle qui sort des bas-fonds de la cité. « Et puis, après tout c'temps passé sur les flots, j'espère bien qu'tu m'veux pour toi toute seule Jehanne, j'risquerais d'en être vexé et d'aller faire ma vierge esseulée dans la taverne du coin. » Toujours teinté d'un peu de légèreté, parce qu'il ne peut pas en faire autrement, fidèle à ce qu'il est, même si ça ne fait pas rire il reste chez lui un peu de cette bêtise qui le qualifie plus que n'importe qui. Non pas jusqu'à y voir le positif dans une situation désespérée, toutefois il est inutile de s'éterniser des vérités universelles qui ont déjà fait le tour de cette maudite terre, autant passer à autre chose, continuer d'effacer, arracher, écrire, parce qu'après tout c'est tout ce dont le mortel est capable. La dévisageant de manière grotesque pour pousser ses mots, il ajoute naturellement en gloussant à peine pour ne plus réveiller la colère de son corps. « Faut dire c'qui est, t'as tout du bon bourgeois galant qui va à la chasse dès le p'tit matin, mon coeur il s'en remettrait pas de s'faire briser par ton indifférence. » Il sait qu'il ne le sera jamais, ou du moins il se doute la place qu'il a pu se faire dans l'âme de son interlocutrice qui a beaucoup à offrir, c'est juste qu'elle ne le fait pas transparaître et que malgré les jugements, Wolfe, lui, il sait ce qu'elle vaut parmi cette bande de dégénérés qui hurlent après les cuisses légères. Continuant d'admirer sa forme sous les reflets de la lune, il penche sa tête du côté gauche en arborant des traits beaucoup plus tendres. Qu'il est bon de recroiser son minois impassible, qu'il est agréable d'entendre sa voix à couper au couteau, qu'il est divin d'avoir rencontré un tel personnage. Pour peu, il en remercierait le ciel, cependant celui-ci n'ayant jamais répondu à ses attentes, il préfère adresser toute sa bonté à une autre entité qui n'a pas de nom, il dira le destin, le karma pourquoi pas ou encore ce fil qui les reliera jusqu'à ce qu'il se fasse couper par les ciseaux du temps. « J'suis heureux de t'revoir Varone, j'aimerais t'prendre dans mes bras pour te l'prouver, mais comme tu l'vois ça risque d'être compliqué à moins que tu veuilles que j'gueule comme un goret qu'on égorge. » Petit silence, il s'accorde un peu de réflexion avant de reprendre. « Et j'ai pas vraiment envie d'casser l'image que t'as d'moi, même si elle doit pas être franchement glorieuse. » Il n'en sait rien, peut-être est-ce mieux ainsi parce que le mal on ne souhaite jamais le croiser, même s'il laisse une coulée d'un miasme sombre derrière lui. Parce qu'ils ne sont plus de la même lignée, parce que l'un a préféré un autre groupe plutôt que l'autre, et si son capitaine est réputé pour son manque d'empathie, quant à Oaken il est sûr qu'il souhaite s'en débarrasser. Sur le pont ils n'ont plus qu'à s'entre-dévorer, en revanche quand ils sont à quai, ils ont le droit d'être qui ils veulent, clébards galeux le jour, chats ronronnant la nuit ils se retrouvent sous une même étendue céleste, là où seules les étoiles peuvent les juger.

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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Lun 16 Mar - 16:53




"When destiny forgets to tie some people by blood,

it corrects the mistake by making them true friends"







Alors que Wolfe est allongé sur le sable, je l'observe, silencieuse, soucieuse aussi même si je sais qu'au fond cela ne doit probablement pas se lire sur mon visage qui sait rester la plupart du temps impassible. C'est un long apprentissage que de voir garder ses émotions précieusement cachées, un apprentissage qui m'a été nécessaire et que j'applique au quotidien. Il est cependant parfois des circonstances où il est difficile de garder ce contrôle extrême. Pourtant, en tout temps, j'y parviens. Bien sûr j'explose souvent, bien sûr le ton monte et là ma colère est alors palpable mais ce n'est jamais qu'une infime partie de ce que je ressens vraiment. Pour ce qui est de la gentillesse, de la douceur, de la sollicitude ou de la tendresse, elle est réservée à certaines personnes, en privé. A Wolfe, je peux bien lui accorder cette douceur, il fait justement partie de ces personnes qui me l'inspirent, mais pas ici, pas sur une plage où l'on pourrait nous voir. Ce n'est pas que je tiens à ma réputation mais... Si, il y a de ça, et le fait que nos équipages respectifs sont dans les parages. Une chose est cependant certaine : en cet instant, il m'est difficile de justement garder ce masque impassible sur mon visage car je sais mon ami dans la souffrance et je voudrais pouvoir lui apporter un semblant de soulagement, en particulier parce que la douleur a été provoquée par mes gestes même si ces gestes étaient nécessaires. C'est donc assez frustrant d'être simplement là, à l'observer, sans avoir envers lui ce geste dont j'ai terriblement envie. Je l'entends jurer et cela m'arrache un sourire car cela me rappelle mes propres jurons lorsque je me suis infligée la même douleur pour m'éviter une hémorragie importante au niveau de la cuisse il y a de cela quelques mois. Nos prunelles se croisent et je termine par m'asseoir à côté de lui, ramenant mes jambes contre moi avant de laisser poser avec nonchalance mes poignets sur mes genoux. Je ne peux qu'abonder dans le sens de Wolfe : sans retrouvailles intenses, nous nous ennuierions probablement. Quoique je me prends soudain à me demander à quoi ressemblerait justement ces retrouvailles. On pourrait se croiser au détour d'une ruelle, se saluer, discuter, le plus simplement du monde... Non. Non, cela ne nous ressemble vraiment pas. Un nouveau juron s'échappe des lèvres de mon ami et je grimace, sachant pertinemment ce qu'il traverse.

« J'sais. Désolée. » je dis à voix basse.

Je le suis sincèrement d'avoir dû lui faire ça mais enfin... S'il avait été plus prudent aussi. Cette pensée me fait soupirer : parfois, souvent, je me demande ce qui lui passe par la tête. Il est intelligent, malin, habile, et pourtant, il a bien failli se faire tuer par un type qui est, à mon sens, bien moins doué que lui. C'est tellement stupide de se laisser avoir de cette façon, tellement stupide de laisser une seconde d'inattention vous mettre en danger. Je repense à mon envie de lui botter les miches, elle est toujours présente et il n'est franchement pas impossible qu'il s'en prenne une lorsqu'il se sentira mieux. Les mots de Wofle m'éloignent cependant de mon idée de lui mettre une raclée et je laisse même échapper, bien malgré moi, un petit rire en l'imaginant se vexer avant d'aller jouer à la vierge esseulée dans la taverne du coin. Une image assez drôle bien que véritablement improbable mais Wolfe a au moins le mérite de me faire rire. Il fait partie de ces rares hommes qui, par leur remarques bien placées et leur légèreté, arrivent à décoincer cette bouche presque tout le temps figée en un trait sec et sévère. D'ailleurs, mon sourire devient plus large lorsque Wolfe me dévisage d'une façon sommes toutes assez grotesques. J'en viens même à froncer les sourcils et mon sourire se transforme en une étrange grimace avant que je ne laisse échapper un soupir en levant les yeux au ciel : moi, tout du bon bourgeois galant ? Allons bon, c'est à l'épaule qu'il a pris le coup, pas sur la tête. Au-delà de la plaisanterie, il y a cependant une chose qui vient me chiffonner, me faire réfléchir. Il dit que son cœur ne se remettrait pas de se faire briser par mon indifférence. Boutade supplémentaire ou parle-t-il sérieusement ? Jeu ou vérité ? Serais-je capable de lui faire ce mal dont il parle ou n'est-ce que là que quelques mots parmi tant d'autres ? Je sais ce que son indifférence à lui me ferait. Elle me ferait terriblement mal. Je ne pourrais pas le supporter. Je préférerais le haïr plutôt que de l'aimer sans que j'ai moi plus la moindre valeur à ses yeux. Voilà que le trait sec et sévère reprend sa place sur mes lèvres tandis que je me mets à observer l'étendue d'eau sombre qui nous fait face.

Je préfère de loin la légèreté aux sombres pensées, surtout que j'ai décidé d'aller m'aérer le corps pour mieux m'aérer l'esprit : pour l'instant c'est raté.

C'est sur Wolfe que je reporte toute mon attention quand il m'avoue être heureux de me revoir et je sens la commissure de mes lèvres frémir avec l'envie de sourire. Bien sûr que ses mots me vont droit au cœur, bien sûr que je les prends pour argent comptant, bien sûr que je les garde bien précieusement dans ma tête et dans mon cœur. Je garde tout ce qui vient de lui. J'aimerais, oui, le prendre dans mes bras. J'aimerais, oui, pouvoir le sentir contre moi dans une étreinte tendre et forte à la fois mais non, je ne souhaite l'entendre hurler comme un goret alors, ma tête bouge de droite à gauche tandis que je garde le silence. Puis, ce petit sourire qui a su trouver sa place disparaît doucement jusqu'à n'être plus qu'un fantôme quand Wolfe me dit qu'il n'a pas envie de casser l'image que je peux avoir de lui bien qu'elle ne doit pas être franchement glorieuse. Mal. Très mal. Pourquoi parle-t-il ainsi ? Ai-je laissé entrevoir qu'il avait pu me décevoir ? Est-ce parce que je lui ai fait remarquer qu'il avait fait une erreur avec cet homme ? Les erreurs, ça arrive. Je n'aime pas ça, mais ça arrive. Cela ne veut pas dire qu'il ne brille plus à mes yeux car Wolfe a brillé, brille, et brillera toujours dans mon regard, cela ne fait aucun doute et je me refuse à le laisser croire le contraire. J'en viens à soupirer, sincèrement et réellement attristée qu'il pense que j'ai ainsi une mauvaise image de lui.

« Ne sois pas idiot. » je lui dis tout bas et là, je réalise que ce n'est justement pas la chose à lui dire. « Non. Pardon, t'es pas idiot. » Sauf que... « Enfin si en fait, t'es un idiot d'croire que j'ai une mauvaise image de toi. J'sais pas où t'es allé chercher ça mais t'as intérêt à t'retirer cette idée d'la tête avant que je te l'arrache. »

Bon, je ne suis pas connue pour faire dans la dentelle et peut-être qu'il en aurait besoin mais c'est plus fort que moi. Prendre sa main, la caresser et lui murmurer des mots doux ? Non, cela ne me ressemble pas. Je fonce dans le tas. Je dis ce que je pense. C'est comme ça. Il n'a qu'à faire avec. Tout comme il doit faire avec mon regard assassin car maintenant que ma voix s'est élevée, au-delà de la tristesse de savoir qu'il peut craindre que son image soit salie, je suis en colère qu'il l'ait simplement envisagé et pensé.

« C'est pas parce que t'as oublié ma première règle et que tu as bien failli y passer que j'te vois d'une autre façon. T'as fait une erreur, oui, et alors ? J'crois que t'as payé assez cher et que tu t'en souviendras alors j'veux que t'arrêtes de croire que ton image elle est pas glorieuse. Plus jamais tu m'parles comme ça de ça. Plus jamais tu penses à ça parce que ça m'fait vraiment pas plaisir. » Je marque un silence, cherchant mes mots. Je finis par les trouver. « T'es mon ami, t'es glorieux à mes yeux. »

Puis, je laisse finalement échapper un autre soupir avant de me frotter le visage. Bon sang, que tout ceci peut être compliqué. Cela peut paraître simple mais ça ne l'est pas : dès qu'il s'agit de foutre son cœur sur la table, j'ai du mal, je ne sais pas faire ça sans y aller trop en force, la preuve en est la façon dont je viens de lui parler.

« J'suis fatiguée... »

Vrai.

« Viens. » dis-je en me redressant et avant de lui tendre la main. « On va aller chez moi. J'pourrai t'servir à boire et on pourra discuter tranquillement. »

Ce sont les mots que je prononce mais le message est clair et je sais que Wolfe le saisira : nous allons pouvoir discuter tranquillement mais surtout à l'abri de tous les regards. L'espace de quelques minutes ou même quelques heures, je veux qu'on puisse avoir ce moment rien qu'à nous. J'y tiens.

« Si tu refuses, c'est moi qui vais aller jouer la vierge esseulée à la taverne. » j'ajoute en esquissant un petit sourire.






© charney



Dernière édition par Jehanne Varone le Mer 25 Mar - 19:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Dim 22 Mar - 21:01



elle était vêtue comme une poupée.
une poupée cassée.


Il n'est guère aisé d'amadouer un animal profondément blessé, même si ses plaies ne se voient pas extérieurement. Elle reste comme les autres Jehanne, à chercher, à espérer d'avoir cet amour que personne n'a jamais voulu lui donner si ce n'est son frère décédé quelques années plus tôt. Ils sont tous dans le même bateau si encore il est possible de faire abstraction des équipages qui se déchirent, ils recherchent non pas l'or, juste le bonheur qui peut se métamorphoser de bien des manières. Tant d'une façon totalement superficielle par le biais des bijoux ou des vêtements, ou bien de façon plutôt concrète, humaine presque grâce à des bestiaux ou des compatriotes qui veulent bien partager un morceau de coeur avec autrui. En l'occurrence Wolfe essaie de faire partie de la deuxième catégorie, celle qui veut bien pourquoi pas offrir une bribe de son âme pour qu'elle puisse se sentir mieux, même si jamais ô grand jamais il ne pourra remplacer une présence qui fut trop importante pour elle. Faut croire qu'il est plus que ça le quartier-maître puisqu'elle a attisé sa haine, il a même droit à une remontrance et le séant toujours enfoncé dans le sable il papillonne des cils à l'entente d'une telle révélation. Fort bien, il n'est qu'un idiot, il aurait pu tomber sur pire et se retrouver affublé d'un surnom rimant avec meurtrier ou encore pleutre qui serait bien pire que le reste. Non, Ramsey n'est pourtant qu'un idiot et sa chère interlocutrice a beau lui dire, concrètement elle ne lui apprend pas grand-chose. Il l'a toujours été, c'en est presque une vérité universelle et même si son entourage le savait, il n'a pas hésité dans le suivre dans ses rêves, ses utopies crétines à vous en faire pâlir d'envie un marmot de cinq ans tout au plus. Il est un grand dadet aux idéaux trop grands pour son maigre squelette, même si sa musculature forgée sous le soleil de plomb a pu l'aider de temps en temps il ne peut réussir seul dans ce bas-monde. Il a besoin, besoin de quelqu'un d'autre, d'un sourire, d'une parole, d'une main tendue dans le vide qui pourrait lui offrir le repos lorsqu'il sent qu'il va craquer et tout laisser tomber. C'est celle de la rouquine qu'il admire sans aucune retenue, c'est celle de la combattante qu'il veut bien prendre pour croiser le fer à ses côtés. Ils sont deux idiots qui se perdent dans la grandeur de la populace trop intelligente, ils préfèrent la simplicité à la complexité d'une théorie qui ne mène pas large. Ils sont idiots oui, ils vivent plutôt bien cette situation et ne s'en plaignent pas. Wolfe n'arrive pas à la lâcher du regard tout le long de son monologue lui étant adressé, il hausse des sourcils de plus en plus et se jure de garder à jamais les mots qu'elle vient de prononcer dans son esprit. En même temps d'être un crétin il se veut glorieux, quel sacré mélange qu'il n'aurait jamais pensé possible, quelle belle découverte que celle-ci et quelle pression en plus sur son pauvre dos déjà endolori. Pinçant sa lèvre inférieure, il fait son possible pour tenir son sourire bêta de ne pas grandir plus qu'il ne l'est déjà. Il est comme les mouflets l'Ecossais, suffit de lui dire qu'il existe pour qu'il se sente mieux dans ses bottes et bon sang, après une telle débandade il avait uniquement besoin de ça pour se remettre d'aplomb - ou presque. Il ne peut passer outre la douleur qui tiraille son épaule entière, il risque de souffrir les prochains jours, pendant une semaine ou deux qui sait et ne pourra que partiellement bien tirer du bras gauche. Tant pis, ce sont les aléas de la malchance, le retour de pièce du fameux karma qui pend au-dessus de sa pauvre tête trop pleine. Elle se reprend malgré tout, fidèle à ce qu'elle est en ne souhaitant pas trop se dévoiler, la voilà qui se redresse sans s'étaler plus - ça doit lui faire mal d'en déballer autant sur un seul être - et marmonne qu'elle est fatiguée. C'est une charmante raison qui explique son envolée lyrique, elle se défend comme toujours et se lève avec la grâce d'un félin.

Mêlant le geste à ses affirmations, elle lui tend ses doigts qu'il zieute un instant presque intrigué. Oh fort bien, voilà qu'elle lui propose maintenant d'aller chez elle, la route risque d'être longue et pleine d'embûche avec un amputé tel que lui, ou plutôt détaché d'une chair. Il risque de se plaindre, de pleurer tout du long et à demander au bon Dieu ce qu'il a fait pour mériter ça - ou pas, bien que la scène arrive à le faire rire discrètement il attrape sans se faire prier sa main délicate puis prend appui contre pour se redresser presque convenablement. Reprenant forme humaine assez rapidement il ne peut empêcher un énième gémissement étouffé lui filer entre les lippes. Nom d'un chien, qui a dit qu'il était impossible de crever d'une ridicule coupure ? Certainement pas lui, il y survivra les inconvénients en plus. Sourcils haussés il jette une dernière oeillade à ce ciel étoilé dans lequel il aimerait se noyer, ah si au moins il était possible de venir frôler cette éternité, il en serait comblé. Gloussant à sa dernière remarque, bien que son imagination puisse être très fertile il a un certain mal à se l'imaginer pleurer devant une pinte de bière. « Tu vas pas m'faire croire ça, t'es beaucoup trop forte pour tomber là-d'dans, moi en revanche ça paraît beaucoup plus plausible. » A cause d'un amour perdu, d'une amitié brisée ou encore des regrets qui refont surface. En y songeant à nouveau, il vient à poser ses iris sur l'étendue bleutée qui surplombe le reste des terres. Quelque part entre les algues, dans les grains de sable son cadavre repose avec la poiscaille. Elle est là Sheona, aussi douce qu'auparavant, apaisée de ne plus avoir à subir les méfaits de sa maladie. Frémissant, il chasse derechef ce retour vers le passé et se contente de reprendre attention sur son amie pour passer à autre chose. Il ne voudrait pas retomber dans des retranchements tels que ceux-là, elle ne mérite pas qu'il braille pour une faute impossible à expier. Gardant sa main dans la sienne plus longtemps que prévu, il la relâche par la suite et glisse ses extrémités dans ses poches pour les réchauffer ne serait-ce qu'un peu, tout en maudissant encore une fois le triple crétin à la queue frétillante qui a voulu lui planter son couteau dans le dos. « J'espère qu't'as du bon rhum pour la vieille carne que j'suis, parce que depuis l'temps faut au moins sortir l'attirail du roi ! » Si seulement il y en avait un. Mais, à Nassau pourtant il n'y a aucun roi, aucune reine, même pas un prince pour diriger ce beau petit monde, c'est elle qui se gère à sa manière et qui sait comment régler ses problèmes. Si quelques dirigeants se pointent ici ou là, il n'empêche qu'ils restent des sauvageons qui ne savent plus comment se tenir droit, encore moins comment se servir convenablement d'une fourchette ainsi que d'un couteau pour bien découper leur viande. Ils en reviennent aux origines de l'humanité, au commencement pour mieux se moquer des bourgeois qui se dandinent un bâton dans le derrière à la recherche du pouvoir. N'attendant pas plus longtemps, voilà que les deux compères se mettent à marcher vers l'intérieur, le coeur même de cette île qui bat si rapidement qu'il lui donnerait presque le tournis. La nuit ou le jour, peu importe les pavés ne désemplissent pas puisqu'il peut entendre quelques paroles se glisser dans le vent, des gloussements ainsi que quelques disputes. Pour rien au monde il n'échangerait sa place, bien qu'avoir un peu plus d'argent ne lui déplairait certainement pas - toutefois si c'était le cas, il n'aurait en aucun cas besoin de piller des navires en compagnie de son supérieur le capitaine Hawkins. « Tu sais qu'ça peut être dangereux d'inviter quelqu'un chez toi, j'pourrais découvrir des choses qui pourraient m'perturber comme de belles robes en dentelles ou encore des bagues en diamants. » Parce que même si elle serait la plus désirable des aristocrates vêtue ainsi, il n'empêche que Jehanne ne serait pas ce qu'elle est, elle serait fausse et cachée sous des couches de vêtements qui ne lui servent pas. Elle est bien mieux là, sous son chapeau poisseux et rongé qu'avec un délicat décolleté qui mettrait en valeur sa poitrine. Peut-être dans une autre vie, qui sait elle incarnerait la parfaite maîtresse de maison - la fâcheuse manie de sortir les crocs en plus. Blague mise à part il tire une grimace ou deux le long du trajet à cause de sa brûlure qui n'a de cesse de lui rappeler qu'il est toujours en vie, et Ramsey ajoute naturellement. « L'destin fait mal les choses, si on peut l'appeler comme ça... J'aurais sans aucun doute aimé faire des abordages avec toi, après tout j'en s'rais pas là si t'avais pas mis ta pierre à l'édifice... » S'attardant sur les murs qu'ils serpentent il laisse un petit temps de silence puis reprend tout sourire.  « J'te dois beaucoup d'choses Varone, ma liste s'allonge à chaque fois que j'te r'croise. » Même son âme se vendrait pas des clopinettes, même tout ce qu'il a ne saurait lui rendre dignement ce qu'elle a pu lui offrir. Tant un toit qu'une bonne parole, tant un entraînement qu'une protection, il n'est définitivement pas fait pour payer ses dettes.

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MessageSujet: Re: When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe   Mer 25 Mar - 19:00




"When destiny forgets to tie some people by blood,

it corrects the mistake by making them true friends"







Oui ou non ? Il peut très bien choisir de refuser mon offre et s’en retourner vers la taverne ou vers les membres de son équipage. Il peut très bien décider que nos retrouvailles vont s’arrêter là mais j’ose croire qu’il ne va pas choisir ce chemin-là. J’ose croire qu’il veut passer plus de temps avec moi. J’ose croire qu’après tout ce temps, il ne va pas me laisser repartir toute seule d’où je suis venue et lui de son côté. J’ose croire. J’ai raison. Il glisse sa main dans la mienne, je sens mes lèvres s’étirer en un imperceptible sourire et tandis que nos doigts se serrent, je tire fortement pour l’aider à se relever. Je l’entends son gémissement et je grimace parce que je sais sa douleur. Le pire c’est qu’il va en avoir pour un moment mais il est en vie, il est encore capable de se défendre, c’est tout ce qui compte. Après tout, cette histoire aurait pu tellement être pire… Et puis, douleur ou pas, cela ne l’empêche pas d’être égal à lui-même et de se laisser aller à glousser une fois qu’il se retrouve debout face à moi avant de faire une remarque sur les mots que je viens tout juste de prononcer. Ah, il ne me croit pas capable de me noyer dans le rhum s’il me décevait ? Si seulement il savait de quoi je pourrais être capable s’il me décevait… J’hésite un instant à lui en faire part mais préfère garder tout cela pour moi : ce n’est pas le lieu, ce n’est pas le moment, j’ignore même si ça le sera un jour. Est-ce qu’un jour je me sentirai prête à lui dire vraiment tout ce que j’ai sur le cœur ? Est-ce qu’un jour je me sentirai capable de lui dire ce qu’il représente véritablement pour moi ? Aucune idée. Maintenant que j’y réfléchis, je réalise à quel point je n’en sais rien. Pourtant, je ne suis pas du genre à manquer de courage et de témérité mais je suis tellement plus douée avec un couteau qu’avec les mots… Peut-être ai-je été faite à l’envers. Je termine simplement par hausser les épaules avant de croiser les bras. Puis, nous nous mettons en route en silence, et ce silence ne m’aide pas à m’éloigner de toutes ces pensées parasites. De temps à autres je jette des regards en coin à Wolfe et je m’en détourne aussi sec, mal à l’aise.

Si seulement se confier était aussi simple que de tuer.
 
C’est Wolfe qui termine par briser le silence en me disant qu’il espère que j’ai du bon rhum. A sa remarque sur le fait de sortir l’attirail du roi, j’esquisse un sourire en coin et secoue légèrement la tête. Lui, un roi ? J’aimerais bien voir ça. En fait non, je n’aimerais pas voir ça parce qu’à mon sens, il vaut bien mieux qu’un roi, qu’un type qui pense agir pour le bien de son peuple sans vraiment s’en soucier. Ici, nous sommes libres, pas de roi, personne pour nous dire quoi faire ni quand, on vit vraiment et c’est ce que j’aime. Si je parviens à obéir à mon capitaine, il est clair que je serais incapable d’obéir à qui que ce soit d’autre. En fait, je ne voudrais même pas essayer. Qu’est-ce que ça leur apporte à tous ceux qui obéissent au doigt et à l’œil à un roi, un duc, ou à n’importe qui d’autre, hein ? Qu’est-ce qu’ils ont de plus que nous ? Rien, au contraire. Ils sont enchaînés dans les bonnes manières, ils sont enfermés dans leur cage dorée, aveuglés par ce qu’on leur met dans le crâne. Ils considèrent que notre vie ici est précaire parce qu’on ne baigne pas dans le luxe ? Je préfère vivre dans une habitation faite de bois plutôt que d’être enfermée dans un bâtiment de pierre où tout me serait imposé au quotidien. Quand je vois tous ces gens dans les rues de Nassau, alors que nous nous avançons, alors que la nuit est bien avancée, cela me prouve que j’ai raison : la vraie vie est ici et sur la mer, nulle part ailleurs. Je reporte mon attention sur Wolfe quand il me dit que ça peut être dangereux d’inviter quelqu’un chez moi. Je fronce les sourcils avant de laisser échapper une espèce de rire guttural quand il parle de belles robes en dentelle ou encore de bijoux. Bon, des bagues, j'en ai, quelques unes, j'en porte d'ailleurs mais ça n'a rien à voir avec les bijoux de ces dames de la haute comme j'aime les appeler, je ne suis pas dans le genre, merci bien. Quant à des robes... En fait, je n'en ai pas porté depuis des lustres. Je me contente des mes habits d'homme plus ou moins à ma taille et de mon chapeau, ça me suffit. Au final, ma seule touche de féminité ce sont encore mes cheveux mais ça, on n'y touche pas. Je les aime bien mais c'est surtout qu'Ascott les aimait vraiment beaucoup alors...

Reprend le chemin silencieux et silencieuse je préfère le rester. J'ai trop la crainte de me laisser aller à des confidences que je ne suis pas certaine d'être capable d'assumer par la suite. C'est une nouvelle fois Wolfe qui brise ce silence dans lequel je m'enferme, me cache et me conforte. Ma mâchoire se serre avec force quand je l'entends me dire que le destin, ou peu importe ce que c'est, fait mal les choses car il aurait aimé faire des abordages avec moi. Encore des mots qui me touchent, des mots que je préférerais laisser glisser mais que je suis incapable de laisser filer justement. Des abordages, tous les deux réunis... J'aurais aimé ça moi aussi. L'espace d'un instant l'image s'impose à moi d'elle-même, je nous vois ensemble sur le pont d'un navire, sabre à la main, prêts à nous jeter à corps perdu dans l'aventure. On aurait formé une très bonne équipe mais Ascott était sur le Flying Dragon et c'est sur ce navire que j'ai jeté mon dévolu et de toute façon, même si j'avais choisi le Jolly Ranger, on m'aurait refusée à son bord car les femmes ne sont pas acceptées sur ce navire. Il aurait fallu que Wolfe, lui, choisisse le Flying Dragon mais les choses sont faites ainsi, c'est comme ça. Bien sûr, ça fait rêver... Pouvoir partager la vie de pirate au quotidien avec Wolfe me fait rêver mais ça n'arrivera jamais, je dois faire avec. Nous devons faire avec. Je n'aime pas penser à ce que j'aurais pu avoir et à ce que je n'aurai jamais, cela ne fait jamais que du mal alors... Nous sommes sur des navires différents, nous sommes « ennemis » quand les flots redeviennent notre maison et c'est ainsi. C'est ainsi mais je ne peux empêcher mes sourcils de rester froncés, je ne peux empêcher ma mâchoire de rester crispée parce que c'est là un sujet qui éveille beaucoup de sentiments en moi, trop de sentiments, je n'y suis pas habituée et même si on ne peut pas dire que je n'aime pas ça, je n'apprécie pas particulièrement non plus me sentir de cette façon. C'est parce que, encore une fois, quand les sentiments sont absents cela rend les choses beaucoup plus simples.

Nous ne sommes plus très loin de chez moi à présent mais je me fige sur le chemin quand Wolfe me dit soudain, après un temps de silence, qu'il me doit beaucoup de choses et que la liste s'allonge à chaque fois qu'il me croise. Allons-bon, où va-t-il chercher des choses pareilles ? Je n'aime pas quand il parle comme ça, tout comme je n'aime pas la façon dont il a parlé de lui sur la plage. Mon regard se plante dans le sien et je le sais sévère, vibrant de colère. J'aimerais vraiment qu'il arrête avec tout ça. A l'entendre, je suis quelqu'un de bien qui a beaucoup fait pour lui mais je ne crois pas être meilleure que les autres. Enfin, sur certains points je peux être meilleure, si, mais disons que je ne suis pas un modèle à suivre.

« Tu m'dois rien, tu vas t'retirer ça de la tête tout de suite. » je lui dis donc d'une voix tout autant dure que l'est mon regard. « C'que j'ai fait pour toi, j'l'ai fait parce que je voulais bien l'faire et pas parce que j'attendais que tu m'donnes un truc en retour. Alors non, tu m'dois rien, c'est clair ? »

Sur quoi je me détourne de lui pour me remettre en route tout en secouant la tête.

« C'qui faut pas entendre... » je murmure pour moi-même bien que Wolfe puisse parfaitement m'entendre. « J't'ai sauvé la vie ce soir parce que t'as d'l'importance pour moi, c'est tout. » j'ajoute limite en grinçant des dents. « Et si tu dois m'sauver la vie un jour, j'espère que ce s'ra parce que j'compte pour toi et pas parce que tu crois m'devoir un truc ou je n'sais quoi. »

C'est vrai, c'est vexant en fait, qu'il se pense redevable de cette façon... Je ne suis peut-être pas un modèle à suivre, c'est vrai, et je ne suis sans doute pas quelqu'un de bien non plus mais bon sang, je ne suis pas une pourriture avec tout le monde quand même, si ?... Non. Pas avec tout le monde. Nous arrivons finalement chez moi et je pousse la porte en bois avant de m'approcher du premier meuble sur ma gauche. C'est là que se trouvent les premières bougies. Je les allume donc et voilà que nos ombres se mettent à danser sur les murs. C'est assez étrange de voir plus d'une ombre tant je me suis habituée à être seule ici depuis un moment maintenant. Je me retourne vers Wolfe.

« Tu peux t'installer, j'vais chercher le rhum. » je lui dis toujours d'une voix quelque peu froide avant de me détourner de lui.

Je retire mon chapeau, le pose sur une petite table avec sans doute trop de délicatesse pour celle que je suis à la vue des autres, puis c'est ma veste que je retire pour la poser sur une chaise. Je vais ensuite jusque dans la petite pièce qui est censée me servir de cuisine qui ne fait jamais que prendre un peu trop la poussière vu que je mange souvent à l'extérieur. J'ouvre le placard où sont entreposées deux bouteilles de rhum et je récupère celle qui sera sans doute de meilleure qualité mais ça ne sera pas exquis non plus malheureusement. Je prends deux verres et m'en retourne jusque dans le petit salon où Wolfe a pu s'installer un peu plus confortablement sur une chaise. Je m'installe à mon tour et après avoir déposé les verres sur la table, j'ouvre la bouteille et nous sers un verre chacun. Je me saisis du mien et le lève.

« A nous. » je dis tout bas avant d'engloutir mon verre d'une traite. Je grimace. Il n'est vraiment pas terrible et puis je ne suis pas folle de l'alcool en général. J'attends que Wolfe ait vidé son verre et je les remplis de nouveau. « Il est pas terrible, je sais, j'ai qu'ça malheureusement. L'autre bouteille est pire j'crois bien. »

Je soupire et porte le verre à mes lèvres mais ne le bois pas. A la place, je me noie dans le fond de ce dernier sans plus bouger ni rien dire pendant quelques instants. Puis ça me vient, j'essaye même pas de l'empêcher de sortir.

« Tu t'crois vraiment redevable depuis tout c'temps ? » je souffle en relevant mon regard vers Wolfe.

Ce n'est peut-être pas une bonne idée de lui demander ça parce que la réponse risque de ne pas me faire plaisir mais j'ai besoin de savoir si, depuis qu'on se connaît, après tout ce qu'on a pu partager lui et moi, il s'est toujours senti redevable envers moi. Que ce soit désagréable à attendre ou pas, ou moins, je saurai.





© charney

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When destiny forgets to tie some people by blood, it corrects the mistake by making them true friends. Ϟ Wolfe

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