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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 some people are... ≈ jehanne & idelle

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MessageSujet: some people are... ≈ jehanne & idelle    Lun 23 Mar - 20:54

Jehanne & Idelle

c. joybell c. • Some people are highly empathic, some people are telempathic, or telepathic, some are clairempathic, while others are claircognizant, clairvoyant, clairaliant, clairaudient, clairgustant, clairsentient; and a very few are all of the above. The great amount of confusion and inner strife that accompanies one or more of these conditions, can be calmed and soothed first by acceptance, second by the humility to be okay with the fact that you are stuck with it forever, and third by honing these conditions to their best possible uses and most polished states.
CRACKLE BONES


La vie d'une diseuse de bonne aventure était bien plus tranquille que ce que l'on pouvait raconter. Contrairement à ce que les gens se représentaient, les voyantes n'étaient pas toutes des folles, des aliénées. Idelle avait encore toute sa tête, sa capacité de réflexion et son jugement étaient raisonnés. Elle ressemblait à une jeune femme bien banale. Ses cheveux blonds qui tiraient presque vers le blancs comme certains le disaient si bien, bien peignés et souvent attachés en quelques tresses témoignaient du fait qu'elle n'était pas comme ces bonnes femmes, généralement des charlatans, qui criaient dans la rue que la fin était proche et que Dieu les punissaient tous. A cause de pêchés, de mensonges et de luxures. D'actions qui avaient mené le monde à sa propre perte, à cause des hommes avides et malveillants, dont l'égoïsme n'avait aucune limite. Idelle était-elle croyante ? C'était une question que certains de ses clients lui avaient posés. Généralement, elle ne répondait pas clairement car elle-même ne connaissait pas la réponse. Elle voulait bien croire en une force supérieure, au-dessus de tous les être-vivants, mais elle pouvait aussi bien considérer le fait qu'ils étaient seuls et livrés à leur propre sort. La religion avait une place importante dans la société. L'Enfer, le Paradis, deux endroits dont les existences restaient incertaines. Et pourtant, beaucoup d'individus en parlaient comme s'ils connaissaient des proches qui y avaient mis les pieds et qui avaient décidé de repartir afin de raconter cette histoire sur la terre ferme, parmi les vivants. Elle avait lu la Bible lorsqu'elle avait commencé son apprentissage de la lecture il y de cela un an, mais elle avait l'impression de lire une sorte de conte fantastique. Elle ne savait pas si elle était la seule dans ce cas-là, si elle était l'unique être à y voir des incohérences et des éléments non-expliqués qui soulignaient un manque de clarté dans toute cette histoire. Elle n'en faisait part à personne, ne souhaitant pas être fichée par des surnoms qui n'allaient que très peu la glorifier. Ce jour-là, les rues de Nassau étaient bondées. Des commerçants, des acheteurs, des enfants qui couraient dans la rue. Bien que rare, les mômes peuplaient un minimum les ruelles, répandant cette innocence presque contagieuse. Leurs faciès doux et souriant témoignaient d'une bienveillance hors du commun mais aussi d'une naïveté qui avait traversé chaque être à un moment de son existence. Idelle ne se rappelait que trop bien de son enfance et n'en gardait pas des souvenirs merveilleux. Auparavant, lorsqu'on lui demandait d'où elle venait et de qui elle descendait, elle n'osait pas répondre. Pensant que sa génitrice définirait son parcours, pensant être vue comme une femme qui allait emprunter ce même chemin rempli de déshonneur. Parce que sa mère avait été une femme de joie de Londres et qu'elle ne s'en plaignait pas, Idelle ne savait pas si elle possédait le courage adéquat afin d'assumer cette profession qu'elle exerçait. Peut-être avait-elle honte de ce que sa génitrice était ? Une simple catin qui avait mis au monde une enfant dont le père lui était inconnu. Idelle n'avait jamais vu son père et n'avait jamais éprouvé le désir de le rencontrer. Un connard sans vergogne qui pensait certainement que les femmes n'étaient que des objets dont il pouvait tirer profit lorsqu'il le souhaiter. L'utiliser quand il en avait envie, et la jeter telle un déchet quand il en avait terminé avec ses fantasmes qu'Idelle imaginait répugnants. Un père absent mais un bon père grâce à sa disparition. Néanmoins, avec le don de voyance qu'elle possédait, elle s'était toujours dit qu'elle le reconnaîtrait si elle le croisait. Qu'elle sentirait un lien qui les unissait, un lien pourtant inexistant à l’œil nu. Une relation étroite et pourtant si éloignée. Parce qu'il ne saurait pas qui elle était, il l'ignorerait tout bonnement. Elle s'était toujours dit que si elle le croisait, elle lui ferait payer de n'importe quelle manière qu'il soit ce traitement odieux qu'il avait subir à sa mère et elle. Vivre dans un bordel. Vivre avec une enfant dans un bordel. Idelle se souvenait très bien de cet endroit. Miteux, délabré et pourtant rempli d'âmes humaines à la recherche d'un plaisir à assouvir. A l'époque, elle ne comprenait pas ce que tout cela signifiait. Sa mère lui avait interdit de descendre les escaliers qui menaient à l'entrée, là où femmes et hommes s'aguichaient l'un et l'autre, là où les corps étaient dévoilés, laissant apparaître des courbes, des os et des rondeurs. Endroit où les esprits sauvages ressuscitaient, où les hommes montraient leurs natures animales et bestiales. Si jeune, elle avait été témoin de scènes violentes. Elle n'avait pourtant pas le droit de descendre ces fameux escaliers, mais la curiosité était bien trop présente dans son esprit qui ne demandait qu'à en savoir plus sur le monde qui l'entourait.

Un monde qu'elle n'avait jamais pensé devoir affronter seule. Désormais à Nassau depuis un an, elle s'était adaptée à un mode de vie qu'elle n'avait jamais imaginé lors de sa période de vagabondage à Londres. Elle s'était toujours vue, coincée sous ces pluies battantes de la Grande-Bretagne, à subir les moqueries et les provocations des plus arrogants. Des plus riches. Ceux qui possédaient l'or nécessaire pour sauver le peuple, mais qui préféraient le garder dans leurs poches déjà abondantes de ce métal précieux. Ceux qui cherchaient désespéramment à s'enrichir alors qu'ils avaient atteint un plafond déjà très haut, tandis que d'autres restaient assis à tendre leur bras dans la rue, tête baissée, honteux. Idelle n'avait jamais fait la manche. Elle savait qu'on ne lui donnerait pas même une pièce de la plus basse valeur. Alors si on ne lui donnait pas, elle prenait tout simplement. Elle prenait sans en demander la permission. Malhonnête, elle vit ainsi durant de bonnes longues années. Passant par de petits crimes, comme voler une pomme ou dépouiller les poches d'un individu opulent. Puis, par ses prédictions inventées car elle ne contrôlait pas encore très bien ses pouvoirs et qu'elle n'en avait tout simplement ni le temps, ni les moyens. Qu'elle ne savait pas comment s'y prendre. Personne ne pouvait lui dire comment l'apprivoiser. cLe trait de sa personnalité s'était envolée le jour où on lui reprocha la mort d'un enfant. La véreuse qu'elle était abandonna sa mascarade lorsqu'un père endeuillé vint l'accuser directement de la mort de son fils. Un retour à la réalité qui lui frappa l'esprit. Elle s'était rendue compte à quel point ses mensonges pouvaient en blesser plus d'un. A quel point ils pouvaient donner de l'espoir à ceux qui en recherchaient auprès de Dieu mais qui, ce dernier, jugeait peut-être bon de ne pas leur donner. Ce Dieu que beaucoup priaient. Les hommes lui demandaient beaucoup de services, mais les avaient-ils entendu ? Et si oui, pourquoi n'entreprenaient-ils pas des changements afin de satisfaire toutes les communautés sur Terre ? Elle aurait bien voulu y croire, en cet essence supérieure que l'on appelait « Dieu ». Mais pour Idelle, c'était un fait bien trop difficile à admettre. Parce qu'il avait sacrifié sa mère alors qu'elle n'avait personne, parce qu'il lui avait donné un don d'une importance bien trop grande pour son esprit fragile et tourmenté. Plusieurs fois, elle se voyait ne plus supporter ces visions, surtout durant la période d'apprentissage, soit durant son adolescence. Parce qu'elle voyait des choses qu'elle ne voulait pas voir, des horreurs qui la paralysaient. Quand elle prévoyait de malheureux événements, comme des morts, elle avait l'impression d'avoir elle aussi rendez-vous avec la Faucheuse. Comme si elle vivait la vision pendant qu'elle la voyait. Et elle n'en avait pas besoin.

Captain Rum. Fin d'après-midi. Les tables étaient déjà entourées par des hommes qui semblaient ne plus avoir tout leurs esprits. Verres en main, moustache humide et puant l'alcool. Des cris, des rires, de la joie. Une atmosphère qui étira un doux sourire à la diseuse de bonne aventure. Cette dernière balaya la salle du regard, à la recherche d'une place de libre ou même d'un visage dont les traits lui seraient familier. Si elle n'aperçut pas directement ses traits, elle reconnut tout de même une pirate qu'elle appréciait. Peut-être à cause d'une certaine similarité qu'elles partageaient ? Si beaucoup craignaient les pirates, Idelle n'en avait que faire. On pouvait la qualifier d'insouciante, cela ne changeait en rien son comportement et elle n'allait pas fuir simplement parce qu'elle avait à faire à des pirates. On les pensait sans foi ni lois, sans manières et l'âme abandonnée dans des marées bien trop obscures. Mais il n'en était rien. Idelle s'approcha de la jeune femme dont le faciès était caché par l'ombre du chapeau qu'elle arborait. La blonde s'était souvent demandée, pour le peu de fois qu'elle l'apercevait, pourquoi elle cachait un si joli visage. Une question qu'elle n'avait évidemment jamais posé, au risque de paraître un peu trop envahissante, dépassant des limites qui n'avaient pas lieu d'être outrepassées. Idelle fit un détour, passa par le comptoir et empoigna un verre de rhum. Aimait-elle l'alcool ? Non. Jehanne aimait-elle l'alcool ? Idelle ne savait pas et elle ne comptait pas lire dans l'esprit de la jeune femme afin de connaître ses goûts et ses préférences. Elle aimait découvrir les choses dans les règles de l'art. Par la communication, entre deux individus. Et non pas par la lecture de l'âme. Bien trop compliqué pour des choses aussi futiles ! Parmi tout le brouhaha assourdissant, le bruit que fit la tasse en se posant sur le bois de la table n'avait rien de comparable. Petite joueuse. Elle tira la chaise qui se trouvait face à Jehanne, s'assit puis, d'une main, poussa le verre vers elle. « Besoin d'un remontant ? » demanda-t-elle en esquissant un sourire sincère. Idelle ne la voyait pas souvent, elles n'avaient pas énormément de choses à se dire si ce n'était parler de leur pouvoir commun. Mais c'était toujours agréable de parler de ce genre de choses avec une personne qui en comprenait une bonne partie.
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MessageSujet: Re: some people are... ≈ jehanne & idelle    Mer 25 Mar - 22:45




"Some people are..."



Il y a des jours où l'on pense davantage aux personnes disparues trop tôt. En réalité, on y pense toujours car il n'existe pas une journée où l'image n'apparaisse pas, où la voix ne soit pas entendue dans un souvenir qui semble déjà trop lointain mais il y a vraiment des jours où cette personne est davantage dans vos pensées. Il y a des jours où vous avez l'impression de voir sa silhouette à chaque coin de rue, des jours où vous entendez des bruits à l'intérieur de ce qui vous sert de maison en pensant l'espace d'un instant que c'est cette personne. Puis, vous réalisez qu'elle est partie, pour toujours et là ça vous enveloppe en entier : la perte de l'être cher, la douleur de l'absence, le manque. Tout ça vous enveloppe et vous étouffe presque. Mais que pouvez-vous y faire ? Rien en dehors d'essayer de supporter le manque et l'absence. Vous ne pouvez que subir, encore et encore, et espérer un jour vous faire à son absence ce qui vous semble alors impensable et impossible. Comment jamais s'y habituer ? Comment supporter que plus jamais vous n'entendrez son rire ? Comment supporter que plus jamais vous ne pourrez plonger votre regard dans le sien ? Vous pouvez ? Le supporter ? Vraiment ? Tant mieux pour vous. Moi, je n'y parviens pas. Pas aujourd'hui. Pas alors qu'il aurait dû fêter ses trente années passées ici bas. J'ai du mal. Beaucoup de mal et je ne crois pas réussir à me faire à son absence, je ne crois pas que je serai un jour capable de vivre cette journée comme si ce n'était pas la sienne. Jusqu'au bout, ce sera son jour mais, au final, ce n'est pas du tout le mien. Je fais quoi ? Je reste cloîtrée à l'intérieur de cette foutue baraque ? Je vais marcher un peu sur le plage ? Je vais, une fois n'est pas coutume, noyer mon chagrin dans l'alcool ? Et pourquoi pas ? Si j'avais été en mer, ça aurait été plus facile, ça l'a été l'année dernière mais cette année, je suis bel et bien sur terre pour ce jour-là alors oui, la taverne me semble être une bonne idée ou, en tout cas, la meilleure idée parmi celles que je peux avoir. Je ne suis pas une grande consommatrice d'alcool et je sais qu'il fera vite effet et c'est le but : comme beaucoup, je vais boire pour oublier.

Pas l'oublier lui, juste oublier ma peine.

J'enfile ma veste et mon chapeau, je ne manque pas de prendre ma dague, mon sabre et mon pistolet , puis je quitte la maison. C'est d'un pas assez lourd que je traîne ma carcasse d'abord au milieu des broussailles puis au sein des rues plus animées de Nassau. Trop animées pour moi. La taverne le sera sans doute également mais c'est différent, l'endroit est plus étroit, plus intime dans un sens alors que là, être au milieu de tous, à la vue de tous, je n'aime pas ça. Je n'ai pas envie de ça. C'est la tête baissée sous mon chapeau, encore plus qu'à l'accoutumée en fait, que je me déplace et j'ai beau me faire appeler par deux fois, je poursuis ma route. On a prononcé mon nom, mais la voix ne me dit rien. Enfin, si, j'ai déjà entendu cette voix à la taverne une ou deux fois mais elle ne m'est pas plus familière que cela et il n'existe que peu de personnes pour lesquelles je cesserais de marcher si elles m'appelaient. Malheureusement pour moi, ou plutôt malheureusement pour lui, l'homme semble être très têtu et j'entends finalement des pas derrière moi. J'accélère le pas et m'engouffre dans une ruelle en espérant qu'il va se décourager : je n'ai pas le temps pour ça, quoi que ce soit. Sauf qu'il ne se décourage puisque j'entends ses pas s'accélérer et voilà qu'il me dépasse à vive allure pour finalement venir se placer devant moi. Je l'observe par dessous mon chapeau et je ne dis rien. Il affiche un grand sourire et je fronce les sourcils parce que je le reconnais maintenant : c'est un chien galeux du Black Fortune. J'ignore ce qu'il me veut mais ce n'est vraiment pas le jour. D'ailleurs, je le préviens : plutôt honnête de ma part non ?

« Pas aujourd'hui. » je siffle entre mes dents en lui adressant un regard qui en dit long.

Lui, il ne perd pas son sourire. Il penche un peu la tête en arrière et m'observe avec un mépris qui est palpable.

« J'sais que t'es farouche mais on peut bien parler un peu, non ? »
« Non. »

C'est sans équivoque. C'est clair. Non.

« Allez, j'voudrais juste te demander un p'tit truc et après j'te laisse retourner à tes petites affaires. »

L'envie me prend de me saisir de mon couteau et de lui trancher la gorge. C'est une envie pressante, insistante mais je parviens à la retenir parce que tuer un homme au milieu d'une ruelle, aussi sombre soit-elle, en pleine journée, ce n'est pas mon style (je tue à la nuit tombée en général) ni le mieux que j'ai à faire. Ceci dit, ce n'est pas moi qui cherche les ennuis, c'est lui mais est-ce qu'une question vaut ma lame contre sa gorge ? Probablement pas. Je croise les bras et le toise avec tout le mépris que lui-même me fait ressentir. Je hausse les épaules.

« J'attends ! » je lui dis d'une voix sèche et directive, qu'il ne semble pas apprécier puisqu'il perd son sourire l'espace d'un instant.

Puis, son sourire se fait soudain plus carnassier et, imperceptiblement, je glisse mes doigts sur le manche de mon couteau : je n'ai pas confiance en lui.

« T'es bien sur le Flying Dragon, pas vrai ? »
« Ouais. Et ? »

Je n'ai aucune patience, il le sait, il le sent, mais il s'en contrefiche apparemment.

« Bah, j'me demandais, et d'autres avec moi, comment vous faisiez pour vous faire accepter sur le navire ? Mes femmes j'veux dire. »

Je ne dis rien.

« Vous baisez avec le capitaine, c'est ça ? Ouais, ça peut être que ça parce que j'veux dire, même si certaines d'entre vous ont une sorte de réputation, c'pas possible qu'un c... »

Il n'a pas le temps de terminer sa phrase que mon coude vient s'écraser dans un violent coup contre sa tempe. Si violent que ça le fait vaciller puis tomber le cul par terre. Après ça, c'est mon sabre que je dégaine et que je viens placer sous sa gorge. Il se tient la tempe et semble avoir du mal à récupérer du choc qui a été, c'est vrai, assez violent : je n'ai absolument pas retenu ma force.

« HEY ! » que j'entends et je relève mes yeux au-delà du type assis au sol.

C'est finalement mon pistolet que je dégaine pour viser le type qui s'arrête derrière... C'est quoi, son ami ? Peut-être, qu'importe.

« Tu t'approches, t'es mort. »

Il sait que je ne plaisante pas car il lève doucement les mains en l'air. Pourtant, il est armé lui aussi, je le vois bien mais il sait qui je suis, ça ne fait aucun doute. Je ne suis sans doute pas la personne la plus crainte dans cette ville mais j'en fais partie en tout cas, à n'en pas douter.

« Pour te répondre, non, j'ai pas baisé avec le capitaine. J'ai gagné ma place sur l'navire parce que j'suis utile. Contrairement à vous, nous les femmes, on arrive à résister aux sirènes alors ça peut être utile et si encore y'avait que ça... »

Ma lèvre supérieure se retrousse en une grimace : ce type me dégoûte.

« T'es qu'une raclure et j'suis peut-être une femme mais tu m'arrives même pas à la cheville. C'est qui qu'est au sol là tout de suite hein ? »

Je pousse ma lame contre sa peau, je l'entends cesser de respirer et j'esquisse un sourire mauvais.

« J'te laisse la vie sauve et tu vas vivre avec ça, avec l'idée qu'une femme tenait ta vie entre ses mains et qu'elle t'a laissé vivre. J'préfère ça à l'idée de te soulager de ta honte. Pareil pour toi. »

Je siffle à l'autre derrière qui fait un pas en arrière. Lâche avec ça... Je me recule sans les lâcher du regard, mes armes toujours levées, prêtes à être utilisées parce qu'il est clair que je n'ai aucune confiance en eux.

« J't'avais dit pas aujourd'hui. » je termine par jeter d'une voix sombre alors que je suis sur le point de sortir de la ruelle.

Je m'éloigne de l'endroit et m'engouffre parmi les badauds en replaçant mes armes à ma ceinture. C'est d'une humeur vraiment massacrante que je pousse les portes de la taverne. J'aperçois le comptoir mais le monde qui s'y trouve me décourage tout bonnement. Alors, le pas traînant, je m'en vais m'installer à une table libre dans un coin. Je vais me contenter d'attendre que ça se calme un peu pour aller commander du rhum. Seulement, les minutes passent et bientôt, j'en oublie d'aller me chercher à boire. Je me contente de rester assise là, la tête baissée, les sourcils froncées, la mâchoire serrée. Des voix me parviennent et à plusieurs reprises il me semble l'entendre lui mais je chasse cette idée d'un mouvement sec de la tête.

« Il est mort idiote. » je murmure tout bas pour moi-même.

Le bruit d'une chaise tirée en face de moi me fait légèrement relever le visage et sous l'ombre de mon chapeau, je vois la silhouette d'Idelle qui s'installe en face de moi avant de pousser un verre dans ma direction. Elle me demande alors si j'ai besoin d'un remontant et c'est un rire sans joie qui s'échappe de mes lèvres.

« T'as pas idée... » je lui réponds avant de me saisir du verre. « Merci. » que j'ajoute avant d'engloutir le verre non sans grimacer, comme d'habitude.

Je relève mon regard vers Idelle et l'observe un instant en silence. Idelle, la voyante, la seule et unique que je connaisse. La seule et unique avec qui je peux partager mon secret à présent. Elle a cette place qu'elle n'a pas demandée mais elle l'a. Son don à elle est bien plus puissant, bien plus précis et si au départ je ne l'ai pas enviée, bien au contraire, j'ai fini par l'envier oui quand Ascott a été tué parce que si j'avais eu son don, j'aurais pu voir avec plus de précisions, j'aurais pu savoir qui me l'a retiré. Est-ce qu'elle a vu, elle ? Je ne lui ai jamais demandé. Peut-être ne le ferai-je jamais. Et aujourd'hui, est-ce qu'elle m'a vue ici ou est-ce le fruit du hasard ?

« L'temps passe vite, ça fait longtemps. » j'ajoute tout bas d'une voix morne.

Effectivement, nous ne sommes pas vues depuis un long moment : des semaines ou des mois ? J'ai du mal à réaliser en fait.

« Pourquoi t'es venue t'perdre par ici ? T'es venue m'sauver de ma solitude ? »

Ou une manière détournée de demander si elle m'a vue ou pas. Et puis, oui, je suis curieuse de savoir ce qu'elle fait là.




© charney

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