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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries

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MessageSujet: ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries   Sam 28 Mar - 3:07

La noche es oscura y alberga horrores, de hecho
En ce coucher de soleil qui décroissait dans le ciel, on apercevait, à la lueur rougeâtre et calcinante de l'astre solaire les voiles des nombreux bateaux amarrés au loin. Le balai de ses pirates n'était cependant pas des plus impressionnants, signe, s'il en fallait, que tout le monde avait déjà eu tôt fait de quitter les géants des mers pour regagner Nassau. Ou plutôt son auberge, son bordel, ses rues par toujours des mieux fréquentés. Tout ce qui faisait Nassau, en quelque sorte. Sans les pirates, Ankaa n'osait même pas penser au profil que pourrait présenter la ville, parce qu'en réalité, elle ne se laissait jamais emporter dans ses dérives là. Elle avait assez à faire avec d'autres turpitudes pour rajouter quelque pensée anecdotique et sans fondement à ses préoccupations, et à ses songes. De la même façon, il lui importait peu de savoir pourquoi plusieurs équipages pirates étaient arrivés dans les mêmes eaux, ou plutôt, étaient rentrés à bon port, comme on dit. Ça, c'était les histoires de chaque capitaine. Cela ne la regardait pas. Après tout, elle ne servait que sous les ordres de Risley, pour sa part. Cela faisait plusieurs mois, déjà, et ... Bien sûr qu'elle connaissait les autres équipages. Certains mieux que d'autres, cependant, de par des attaches plus ou moins personnelles avec certains de leurs membres. Elle en respectait certains, et n'en avaient strictement rien à foutre d'autres, qui pourraient très bien se faire bouffer par les sirènes que cela lui ferait une belle jambe. De toute façon, des morts, il y en a tous les jours, surtout dans la piraterie. Si on embarquait sous le pavillon noir en étant persuadé de finir sa vie sur un coin de plage, à se bourrer la gueule au rhum et à regarder ses petits enfants s'entraîner au combat au sabre avec des morceaux de bois flotté, et bien on n'avait strictement rien à faire sur un bateau. On ne représentait rien d'autre qu'un poids mort n'ayant pas trouvé sa voie, et susceptible de retourner sa veste, de sauter par dessus bord ou, pire, de se faire dessus, dans un sens ou dans un autre, dès le premier danger survenu. On peut à peu près se lancer dans la piraterie pour toutes les raisons du monde, mais sûrement pas pour finir par vivre sa vie pépère dans sa chaise, à plus de 80 ans. Ce serait de toute façon une mort abjecte et infamante, quand on est pirate, que de mourir de vieillesse avec une grande tripotée de petits enfants qui nous connaissaient depuis toujours, et avec zéro cicatrice, et zéro argent dans la poche.

Ouais, quand on est pirate, on doit renoncer à pas mal de trucs. Mais pas à tout, fort heureusement. Certaines choses demeurent sacrées, souvent de celles que l'on avait avant, et que l'on refuse de perdre. Renoncer à ce que l'on aurait pu avoir, c'est une chose. Perdre ce que l'on avait avant, c'en est une autre. Quelque chose que la jeune femme pouvait très bien comprendre. Même si elle savait très bien que, la concernant, s'il n'y avait pas eu ces années un peu "noires" dans sa vie, celles durant lesquelles elle avait été obligée, de par son statut de femme et la superstition des hommes, de rester à quai. Si elle n'était pas restée à quai, elle n'aurait pas eu à fourrer sa main dans la poche d'un certain pirate pour tenter de lui extorquer de quoi s'acheter à bouffer, et tout cela n'aurait pas fini dans un lit, avec, plusieurs mois après, la naissance d'un petit bout de chou. Mouais ... Enfin, Ankaa se connaissait quand même parfaitement, et restait consciente que le contexte de cette conception ne pesait que peu dans la balance, dans le sens où, depuis, des gosses, elle aurait pu en faire plusieurs autres si elle n'y avait pas pris garde. Oui, sans doute que, la famille, ça reste sacré, pour un pirate, si elle ne nous a pas encore honnie, ou maudit aux cinq vents. Son propre père, pourtant si peu enclin à jouer le père modèle, n'avait jamais pu se résoudre à vivre sa vie sans veiller à ce qu'ils soient protégés. Mais s'il avait un peu beaucoup foiré son coup, et que, même s'il était mort comme un digne pirate, en signant son testament avec bravoure et panache, il les avait quand même laissé en plan, avec Kylean. Mais ce n'était pas de sa famille à elle, si réduite, génétiquement parlant, dont il s'agissait, là, maintenant.

Là, maintenant, alors qu'elle avançait les pieds dans le sable, en zigzaguant entre les carcasses de crabes morts, les tessons de verre pas encore tous polis, et les vrais crabes encore vivants, aux pinces sans pitié. Elle avait deux bouteilles d'alcool sous le bras, et rejoignait l'abri d'un rafiot en travaux. Elle ne savait plus trop qui était parvenu à ramener cette semi-épave jusqu'à Nassau, ni même à qui cette dernière avait appartenu auparavant. Peut-être parce qu'il pouvait aussi très bien s'agir d'un bateau pirate, ce qui reviendrait à en déduire que son capitaine n'avait pas été très clairvoyant, et qu'il s'était pris une dérouillée. En tout cas, on avait ôté tout le bardage pourri, ouvrant la coque, et créant une sorte de refuge intérieur, un lieu où l'on pouvait se poser, et discuter, à l'abri des regards. Mieux que la taverne et le bordel, si on voulait tenir une conversation privée devant rester le plus privée possible, justement. Il n'y avait pas de bruit, en plus, à part celui des vagues s'échouant régulièrement sur la plage, et le brouhaha étouffé des fêtards de Nassau, à quelques mètres seulement, mais plus haut. Plus haut que la plage. Ankaa portait aussi une besace, remplie de quelques victuailles, parce que, quand on boit, c'est toujours bien, aussi, d'avoir un truc dans le ventre. Surtout quand ce qu'on va entendre risque de vous déplaire. Peut-être qu'elle se prévoyait de tout alcool mauvais, ou de tout renvoi par là d'où c'était venu. Même si elle ne connaissait pas Aries avec la réputation d'un soiffard finissant toujours par vous coller un poing dans la gueule, ou par vous vomir dessus. D'ailleurs, il n'avait pas vraiment la réputation d'être un alcoolique ... Elle n'avait pas trop cherché à se renseigner conséquemment sur lui, du moins, pas de façon intrusive, même si elle en aurait eu les moyens, ne serait-ce que via son frère, ou même Oaken. Ouais, sauf qu'elle connaissait bien les deux gugusses pour savoir qu'ils auraient clairement compris qu'elle ne leur posait pas des questions juste comme ça. Et devoir leur expliquer le pourquoi de son intérêt, merci mais non merci ! En tout cas, oui, elle avait de quoi grailler, et de quoi picoler. Peut-être que ça les aiderait tous les deux à mieux digérer ce qui allait potentiellement être dit, et ce qui allait potentiellement survenir. Parce qu'elle avait des choses à lui dire. Une sorte de rapport, quelque chose qui traînait depuis déjà de longs mois, et qui n'avait pas encore été proprement formulé, pour des tas de raison. En attendant, elle posait tout son barda une fois arrivée à destination, et venait s'appuyer contre l'un des pans, encore debout, du bateau en réparation, guettant la venue du sieur. Pas avec impatience, ni anxiété, juste ... En fait, elle ne savait pas trop. Elle n'avait pas imaginé leur discussion, en amont, parce que cela ne lui aurait servi à rien, et que ... Ouais, bref. Advienne ce qui adviendra, comme on dit ... Peut-être qu'il n'allait même pas arriver par ce côté là, en plus ... Alors, un instant, elle fermait les yeux, et se laissait un peu portée par les chants de pirate, presque confus et brumeux, qu'elle pensait entendre, portés par les vents descendants, en provenance de la taverne, ou du bordel. Voire même des rues.
    « See young sleeping Scotsman so strong and handsome built. I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt. Ring ding diddle diddle I de oh ring di diddly I oh. I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt ! »

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MessageSujet: Re: ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries   Mar 31 Mar - 3:03

walk the straight the narrow way

sinner why not heed the day won't you come and go this way ? here Jesus lives and we'll never say g o o d b y e, to a home that's far and bright and there never is a night, in a land where we never shall die. i've a home way up on high where we shall live and never die, won't you come and c r o s s this river so wide ? there with Jesus we will dwell never more to say farewell in a land where we never shall die w/ankaa marlowe & aries costello.

Du sable. Encore du sable. Rumble rumble. Qu’est-ce qu’il pouvait détester le sable ; sa façon pernicieuse de se glisser jusque dans l’âme, en passant par les vêtements, les chaussures, les cheveux, le nez, la bouche. Sècheresse impitoyable sous un soleil de plomb ; d’ici, la mer ne semblait ni accueillante ni pleine d’aventures : simplement une immense étendue froide et salée, écorchant à chacun de ses passages le sol qu’elle imbibait. Rumble rumble. La mélodie des vagues n’était guère agréable lorsque le sel caressait le sable – pas comme quand c’était la coque d’un navire qui se retrouvait charriée, généreusement dessinée par les flots d’eau. Ce n’était pas pour rien que, lorsqu’ils posaient pied à terre, le premier réflexe de l’espagnol était de s’enfoncer dans les rues de la ville où ils avaient amarré leur bateau, quelles que soient les péripéties qui pouvaient l’attendre là-bas. Lui n’était pas du genre à vouloir s’attarder aux abords d’un port, ou les pieds dans le sable à observer l’horizon ; cette proximité avec la mer, sans pour autant pouvoir pleinement l’adopter, ça lui filait la gerbe, tout simplement. Comme un mal de mer. Un mal de terre, sans doute. Plus que jamais, face au vaste de l’infini, Aries se sentait piégé ici, à Nassau. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Le pirate ne cessait de compter chaque seconde, chaque minute qui s’égrenait sous la volonté presque violente du capitaine d’équipage. C’était bien la première fois, pourtant, que l’homme se retrouvait à détester son supérieur pour les choix qu’il faisait : habituellement, lorsque l’équipage s’attardait sur un coin de terre, Aries s’amusait à vaquer avec les autres, dans ces mêmes lieux que l’on prêtait au commun des mortels. La taverne et ses plus ou moins bons verres d’alcool. Le bordel et ses filles plus ou moins agréables. Tant de moyens pour se détourner l’esprit des questions lancinantes qui le préoccupaient ; à Nassau, c’était autre chose. L’espagnol portait avec lui déjà le sentiment que quoiqu’il fasse, où qu’il aille, il tomberait sur un autre visage connu qui lui ramènerait alors tout un flot de plus ou moins agréables souvenirs. Sa femme, par exemple. Désagréables souvenirs. Eleanor. Impossible à dire. La diseuse de bonne aventure. Désagréables souvenirs. Ankaa. Ankaa ? En marchant sur la plage, rapprochant inexorablement son âme en perdition d’une vérité qu’il avait tant pourchassée, Aries ne savait pas encore à quoi s’en tenir avec la jeune femme. Elle l’avait contacté de la plus curieuse des façons : un gamin s’était pointé en grimpant sur le pont du Flying Dragon, échevelé et l’air impérieux, il avait demandé à voir Aries Costello, de la part d’un type qui avait eu l’info d’un autre type qui avait entendu un autre type parler d’un plan et ainsi de suite, jusqu’aux racines de l’arbre d’où tout cela était parti, Ankaa. Comment avait-elle pu savoir qu’il se trouvait là ? Comment avait-elle réussi à trouver un moyen pour le convoquer jusqu’à elle ? Tant de questions aux réponses en suspens encore, et auxquelles Aries ne cherchait pas spécialement de réponse, si ce n’est en conséquence d’une curiosité dérangeante.

Les questions qui accablaient Aries étaient d’un autre ressort ; et elles faisaient déjà d’Ankaa un mauvais souvenir, en quelque sorte. Un tête à tête qu’il appréhendait tout autant qu’il le désirait : trois ans en n’ayant que des miettes de nouvelles au sujet de sa famille, c’était beaucoup. Beaucoup trop, quand le nom Costello était frappé d’une malédiction, et appelé traitre par tout l’Empire Britannique. Avaient-ils tous été décimés ? Combien de fois cette perspective cauchemardesque avait percé le voile silencieux des cauchemars de l’espagnol ? Tous pendus haut et court, comme l’avaient été son père et son frère, en remerciements de tous les services qu’ils avaient rendus à la couronne Britannique. Belle justice. Eloigner les siens de l’Angleterre, les éloigner de lui, alors même qu’il préparait sa rébellion à l’encontre de la Marine Royale, lui avait semblé être la meilleure perspective qui soit : chez ses oncles et tantes, en Espagne, ses cadets et la matriarche de la famille auraient pu avoir une chance de vivre. Il s’était accroché à cet espoir, encore et encore. Mais aucun salut n’était venu, ni même le moindre signe pour lui indiquer qu’il avait eu raison de faire ce choix, et de laisser la destinée des siens entre les mains du hasard. De la chance. Ou de Dieu aurait-il dit, à une autre époque. Dans le dernier regard qu’il avait lancé sur la silhouette maternel, Aries avait vu – non sans amertume – le chapelet qu’elle tenait serré entre ses doigts. La prière qu’elle marmonnait entre ses lèvres au moment de se livrer aux bras de la mer. Accablé par cette vision, surgissant plus nette que jamais devant ses yeux, Costello se stoppa dans sa marche : dans une œillade sur l’horizon, il prit une profonde goulée d’air, aspirant toute l’iode si bonne à ingurgiter. La nausée se pressant contre ses entrailles se déroba quelque peu, sans pour autant disparaître. Suspendue à son cou, Aries saisit le pendentif en croix qu’il ne quittait jamais. Que certains regardaient de travers, comme une estafilade à ses vœux de pirate, et dont personne ne comprendrait jamais la valeur symbolique. Car jamais Aries n’avait parlé à qui que ce soit de ces derniers instants, où Nubia avait décroché son précieux crucifix pour le confier à son frère. En une promesse de retrouvailles. D’un jour nouveau. Et trois ans après, ce jour n’était toujours pas venu. Cette promesse n’avait toujours pas été tenue. Il reprit sa route, plus volontiers qu’auparavant, une culpabilité nouvelle menaçant de le submerger à nouveau s’il restait immobile plus longtemps. Il marcha alors, et ainsi pendant de longues minutes encore, avant d’apercevoir se dessiner sur le plat de la plage, le petit baraquement à bateaux indiqué par la jeune femme qui l’avait fait venir jusqu’ici. Ce lieu avait tout pour annoncer une rencontre illégale – ou peut-être bien, profondément intime, comme si Ankaa avait d’avance, cherché à cacher quelque chose à la vue de tous. Après tout, sinon, ils auraient pu se retrouver dans une taverne autour de quelques bons verres, sans l’odeur de la mer et le sentiment d’être coincé, plus fort que jamais.

La première chose qu’il perçut de la jeune femme, ce fut sa voix, résonnant sur la houle de l’océan qui semblait répondre à sa mélopée. Aries s’y sentit comme attiré – sans doute plus par l’assurance qu’elle était bel et bien là, et qu’il n’y avait plus aucun moyen qu’il ne sache plus désormais, que simplement par la voix de la brune. Dans le fatras de bouts de bois et autres pièces de navire, il la remarqua finalement, frêle et tout à fait inconsciente du fait qu’il soit arrivé à sa hauteur : contrairement à Aries lui-même, Ankaa semblait défaite de toutes ses inquiétudes. Quelle chanceuse. Lui il ne pouvait qu’osciller, être partagé entre le désir de quitter la terre pour repartir en mer, et ne jamais plus laisser quoique ce soit le séparer de Nassau. Car, sa femme. Et Eleanor. Tant de choses qui le retenaient. Tant d’égoïsme. « Sympathique. La petite chanson et tout ce qui va avec. » il l’avait interrompue, et pas vraiment de la façon la plus sympathique qui soit, un incontrôlable ressentiment dans la voix. Pour imager ses paroles, il désigna vaguement tout ce qu’il y avait autour d’eux, ce très bon choix de décor, et tout ce qui va avec. Se décidant finalement à se montrer plus conciliant, l’espagnol franchit les derniers pas le séparant d’une distance acceptable d’avec la jeune femme ; sans pouvoir s’en empêcher, il la dévisagea, comme une vieille image d’un souvenir qui le percutait de plein fouet. Cette époque. A la Navy. Ou rien d’autre que l’inquiétude de ne jamais revoir sa famille l’habitait. Où la pensée, l’obsession des siens avait complètement effacé Serenity. Ou même Eleanor, quand bien même l’espoir de la revoir avait été ce qui l’avait fait subsister, combattre les accusations de l’Empire. « Tu m’as fait venir pour le paysage ? Astucieux d’ailleurs, cette façon de me trouver, je te savais pleine de ressources, mais à ce point… » il haussa les épaules. Mieux valait qu’il ne finisse pas sa phrase : qu’elle soit pleine de ressources à ce point, pouvait potentiellement être un danger, si quelqu’un décidait un jour de retourner son alliée contre lui. Après tout, Ankaa était, à sa façon, un pirate, et rares étaient ceux qui n’avaient qu’une parole – Aries était bien placé pour en témoigner. L’envie d’en venir au sujet même de leur rencontre ici lui enserra la gorge, mais par simple politesse, l’espagnol se retint, ses mâchoires se crispant douloureusement pour retenir les mots. Mieux valait-il caresser la brune dans le sens du poil, voir où tout cela pouvait les mener, avant. Après tout, combien de temps s’était-il passé, déjà, avant qu’ils ne se revoient ? Certes, Ankaa avait eu une dette, envers lui, fut un temps. Mais peut-être qu’elle pensait déjà que cette bonne époque était révolue.

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breathe in the light and say goodbye ≈ since I was young, I knew I'd find you, but our love was a song sung by a dying swan. and in the night you hear me calling, you hear me c a l l i n g. and in your dreams you see me falling. breathe in the light, I'll stay here in the shadow waiting for a sign, as the time grows.


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MessageSujet: Re: ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries   Jeu 2 Avr - 2:20

La noche es oscura y alberga horrores, de hecho
Satine chantait. Souvent. Et assez bien, Ankaa devait le reconnaître. Mieux qu'elle, sûrement. Elle avait une voix envoutante, sa mère, de celles qui vous font planer à cent lieues d'ici, ou haut, très haut dans le ciel. Atteignant jusqu'aux plus ténébreuses profondeurs de votre âme. C'était presque une violation, en fait. Que vous lui ayez donné ou non le droit d'aller jusque là, jusqu'au plus profond de vous même, elle le faisait. Certains la classifiaient alors comme ensorceleuse, ou sorcière, car, pour beaucoup, c'était la même chose, le même principe. D'autres préféraient penser qu'elle était une sirène. Entre fascination et crainte, en réalité, Satine n'avait jamais été observée et considérée comme une femme normale. Mais pour Ankaa et Kylean, ses enfants, les fameux jumeaux Marlowe, cela n'avait pas été très perturbant. Sans doute ne l'avaient-ils d'ailleurs jamais entièrement compris, senti, tout ça. Ou peut-être que cela leur était juste bien trop familier pour que cela leur semble anormal. L'anormalité, en somme, cela avait sans doute été tout le reste. Quelque chose comme ça. Satine chantait, oui, souvent. Parfois en espagnol, avec son petit accent qui avait tant fait craqué Gancho, et en écossais, le plus souvent. L'anglais, elle ne le pratiquait jamais. Sur le moment, Ankaa n'avait pas exactement saisi pourquoi, et puis, après, avec le temps, et les explications et informations recueillies de si de là, et confirmées à mesure des années et des rencontres de vrais Ecossais, et bien, tout était devenu bien plus clair. Nikolaj chantait, lui aussi. Mais très mal. Enfin, c'était étrange, parce qu'il avait beau chanter faux, ces dissonances et fausses notes produisaient quand même une certaine mélodie un peu entêtante. Du genre, elle aussi, à réussir à se faufiler derrière vos barrières et derrière votre assurance. Ses chansons étaient souvent tristes, en tout cas, elles avaient toujours serré le cœur d'Ankaa, celles-là. Le capitaine était alors raide bourré, et seul, dans sa cabine, ou derrière le gouvernail, après avoir gueulé à tout le monde de foutre le camp. Ankaa avait toujours été indisciplinée, sans doute, ou suffisamment futée pour se glisser dans les ombres et écouter et voir ce qu'on ne voulait surtout pas qu'elle entende et qu'elle voit. Et puis, il y avait aussi ses chants qui donnaient envie de se saisir du premier mousquet venu pour se tirer une balle dans le carafon, ou dans le pied, histoire d'avoir réellement un moyen de mettre fin à ce carnage. Sans parler de toutes les chansons paillardes, ou celles qui faisaient l'apologie de la piraterie, incitant tout le monde à boire un coup, et encore un autre, et après ça un autre, jusqu'à rouler sur le pont, comme un tonneau vide dans lequel on aurait donné un coup de pied. Seulement, en ces temps là, Ankaa n'avait pas le droit de boire, même si elle piquait quelques gourdes, mais on ne lui laissait toujours que des restes, éternellement insuffisants. Alors avec Kylean, ils se vengeaient en rechignant, ou en jouant, penchés au dessus de la balustrade du gouvernail, à jouer à lancer des couteaux d'en haut pour les faire se planter dans un cercle invisible qu'ils avaient tracé seuls. Bon, après, ils se faisaient botter le cul, au sens propre, mais ça valait sans doute le coup, parce qu'au moins, on s'intéressait de nouveau à eux, isolés jusque là du fait de leur interdiction de boire de l'alcool. Même si, après, leur arrière-train était un peu douloureux ... Alors, chanter, ça passait le temps. Ça permettait de transmettre des messages. Et aussi de faire un peu comme tout le monde. Entre autres. Bon, évidemment, selon le débit, ou juste parce qu'on se laissait porter vers un ailleurs, on était un peu distrait, plus entièrement à l'écoute de ce qui pouvait bien se passer autour de vous. De là à sursauter ... Ankaa savait qu'Ariès finirait bien par arriver, elle n'était donc nullement surprise que ce soit enfin le cas. Même si, honnêtement, elle ne savait pas s'il était en retard, à l'heure ou en avance. Cela importait peu, de toute façon. Il n'y avait pas d'oreille espionne dans les parages, tout le monde se bourrait la gueule ou forniquait, ou faisait toute autre chose, mais loin d'eux, et c'était là l'essentiel.
    « Hmm, mouais ... Tu trouves ? » Replaçant une mèche de cheveux rebelle derrière l'une de ses oreilles, elle l'observait, plissant légèrement les yeux, comme à son habitude lorsqu'elle observait quelque peu son vis à vis. « Si le choix de la chanson n'avait tenu qu'à moi, je n'aurais pas choisi celle-là. Tout le monde sait que les vrais Écossais ne portent rien sous leur kilt. ... Et puis, qu'est-ce qu'ils chantent mal ... » Elle plissait le nez, et secouant la tête de droite à gauche, affligée ou prétendant l'être quelque peu. Avec elle, il fallait dire qu'on ne savait pas toujours sur quel pied danser, voyez-vous. « Ou alors, c'est le vent qui déforme tout, ce qui est possible, j'imagine ... »
Elle haussait les épaules, achevant son point de vue, non sans observer les traits enfin plus nets de l'Espagnol, et pour cause. Ils étaient à présent suffisamment proches pour être à la même échelle. Un instant, elle crut déceler en lui une lueur lointaine, presque éteinte, qu'elle associerait volontiers à un souvenir qui s'emparait de lui, si on lui demandait son avis. Mais elle était loin d'être experte, et puis, il faisait bien ce qu'il voulait, c'était sa vie. Elle le laissa à ses souvenirs, si c'était ce à quoi il se livrait réellement, préférant poser son regard sur l'océan et son rythme lent, presque langoureux, si on y réfléchissait. Se retirer, pour mieux revenir encore et encore. Sans parler de l'écume, et des parallèles qu'elle avait déjà entendu bien des pirates dresser. En termes très crus et maladroits, parce que, les poètes et les romantiques, pour en trouver foule, parmi eux, il fallait se lever tôt. Qu'est-ce qu'elle en avait rêvé, de l'océan. Son appel avait toujours été fort, en elle. Rassasié, pendant ses premières années, de par sa proximité avec ses eaux. A La Havane, ils vivaient dans une maison construite dans une crique. L'océan, il venait presque jusque sur le pas de leur porte, lorsque la marée était haute. Ils avaient fait leur classe, avec Kylean, via l'océan. Apprendre à écrire le nom des coquillages ou des poissons, lire les océans sur une carte, aussi. Tout ça ... L'océan, elle avait réussi à le chevaucher, avec son père, puis sous les ordres de deux autres capitaines. Cela lui avait tant manqué, lorsqu'elle avait été enfermée dans ces geôles, tellement ... Tiens, les geôles ... C'était là où tout avait commencé, entre eux. Cela n'avait rien d'un quelconque début de relation romantique, ou quoi que ce soit du même genre. Mais c'était le point de départ de tout ce qui avait suivi, de tout ce qui allait aboutir à la conversation et aux propos qui allaient être tenus, dans quelques instants. Mais, justement, il fallait reprendre pied avec la réalité. Et sourire face aux propos d'Ariès. Parce que c'était ça, le principal. Le présent. La suite viendrait suffisamment assez vite.
    « Pour le paysage ? Non, pas exactement. Je ne sais pas à qui appartient ce rafiot, mais le bois est de très mauvaise qualité. C'est une vieille planche pourrie. Non, en fait, c'était juste le lieu que j'ai trouvé le plus à l'abri du vent sur la plage. Ici, personne ne s'aventure trop, sans doute par crainte que le rafiot leur tombe sur la tronche. » Concernant la suite ... « Je suis une petite futée, dirons certains. Moi, je préfère dire que je sais me servir de tous les atouts en ma possession, avec pertinence. Le souci, c'est que ... On ne sait jamais trop jusqu'où s'étendent mes atouts ... Ou jusqu'où je suis capable d'aller. » Elle joua un instant avec l'un de ses bracelets, se concentrant pour bien le réaligner, parce que c'était le genre de petites choses qui pouvaient la perturber. Ou peut-être était-ce un leurre ... « Ce n'est pas tant que ça aurait été difficile pour moi de venir te voir sur le Flying Dragon pour te donner rendez-vous, c'est juste que cela ne regarde personne d'autre que toi et moi. Loin de toute audience. J'aime pas du tout quand les gens mettent leur nez dans mes affaires sans être invités, et j'ai tendance à étendre ça à tout ce qui me concerne de prêt ou de loin. C'est présomptueux et égocentrique, mais bon ... » Elle croisait les bras sur sa poitrine, avant de shooter du pied dans un coquillage. Ou une carcasse de crabe. En penchant la tête, peut-être qu'elle pourrait mieux identifier le pauvre martyr ... Oui, sauf qu'elle n'était pas exactement là pour ça. « Personne ne sait que je suis ici, ou plutôt que tu es ici avec moi, ou que c'est moi qui suit ici avec toi. En gros. » Sauf le premier relais, qui n'avait aucune raison de l'ouvrir. Son propre frère s'était fait coupé la langue pour une sombre histoire, autant ne pas réitérer l'exploit, quoi ... « L'Espagne est ... C'est ... C'est un peu le bordel, en ce moment, mais cela n'avait rien de dépaysant. C'était plutôt tous ces ... gens qui ... » Ankaa n'avait pas le physique hispanique, alors personne ne s'était gêné pour dire ce qu'il voulait dire devant elle, en pensant qu'elle n'y comprendrait rien. « On pourrait commencer à voir ce que j'ai appris, mais peut-être que tu préférerais d'abord qu'on s'installe, qu'on se serve à boire, ou à manger ? ... C'est comme tu veux. La elección es tuya ... »

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MessageSujet: Re: ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries   Lun 6 Avr - 4:12

walk the straight the narrow way

sinner why not heed the day won't you come and go this way ? here Jesus lives and we'll never say g o o d b y e, to a home that's far and bright and there never is a night, in a land where we never shall die. i've a home way up on high where we shall live and never die, won't you come and c r o s s this river so wide ? there with Jesus we will dwell never more to say farewell in a land where we never shall die w/ankaa marlowe & aries costello.

Se retrouver face à Ankaa, c’était comme être propulsé des années en arrière : en tant que capitaine de la Navy Britannique, membre respecté – ou presque – de l’équipage du Jolly Mon. D’ores et déjà dévisagé par certains qui ne trouvaient guère mieux à faire que spéculer sur le temps où il resterait dans la situation bancale que lui octroyait encore l’Empire. En ces temps, les mois, les semaines, les jours de survie de l’espagnol s’étaient comptés sur les doigts d’une main : et l’impact de chaque seconde qui passait avait résonné dans tout son esprit. La brune dans les geôles, aventureuse pirate avait-on dit, s’était présentée comme une aubaine, somme toute une chance qu’il avait saisie, mû par il ne savait parfois plus quel instinct : le bon, le mauvais, l’instant décisif de leurs retrouvailles allait répondre à cela. En soit, la jeune femme ne s’était jamais faite arrêter pour un crime particulier, si ce n’est celui d’avoir égaré son chemin désespéré trop près du danger – peut-être bien que même si leur partenariat ne s’avérait pas prolifique, Aries ne trouverait jamais rien pour regretter d’avoir sortie une parfaite inconnue de l’enfer des prisons anglaises. De ces endroits pouilleux, humides et froids où son père avait attrapé la mort avant même d’être exécuté, après à peine quelques nuits passées là-bas, maltraité pour avoir soi-disant été un traitre. Combien d’heures le capitaine avait-il lutté, tentant en vain d’acheter la liberté de son père, de clamer la loyauté sans faille des Costello à l’égard de la noble Couronne Britannique ? De la poudre aux yeux, avaient-ils fini par croire, bannissant, détruisant leurs alliés sans remord – Aries n’avait survécu à certains de ses choix que grâce à l’espoir d’avoir fait les choses bien ; pourtant, le silence prolongé de la part des siens, participait jour après jour, à faire grandir le doute en lui. N’aurait-il pas mieux fait d’abandonner ses désirs de vengeance ? N’aurait-il pas mieux fait d’emmener Serenity en Espagne avec sa famille, disparaître au soleil auprès de la famille de sa mère, et ne jamais plus refaire surface ? Quelle destinée avait-il ici ? A Nassau, pour sûr, son quotidien se limitait à fuir tout aussi bien les quartiers qui entouraient la demeure modeste de son épouse, ou l’auberge qu’elle possédait. C’était pourtant comme si la présence de Serenity suintait des rues de la ville – New Providene n’était certainement pas, pour lui, synonyme d’une quelconque rédemption trouvée où que ce soit. Aries ne la cherchait pas, de toute manière, encore trop occupé à osciller entre l’envie de la blâmer elle pour leur situation, et se laisser abattre par la force des choses. Que pouvaient-ils y changer ? Qu’avait à gagner Serenity, à l’attendre d’une quelconque manière ? Il mourrait en pirate, c’était la destinée qu’il s’était choisi – crever les boyaux retournés par la lame d’un ennemi ou noyé dans les profondeurs de la mer : ce n’était pas en naviguant sous le pavillon noir du Flying Dragon qu’il pourrait couler une retraite heureuse, ici, avec son épouse. Ou avec Eleanor. Irrémédiablement, la raison ressurgissait à l’esprit de l’espagnol, aussitôt qu’il se tenait loin de l’une et de l’autre.

Somme toute, dans un équilibre des forces, la compagnie de l’écossaise n’était pas détestable – bien au contraire ; en un coup d’œil apposé sur sa silhouette, Aries eut tout le loisir de la reconnaître. Jolie, dans une certaine mesure, le corps effilé, significatif de la rude et périlleuse vie qu’elle avait toujours connue : sans doute de ces obstacles à l’existence qui rendraient les maux de l’espagnol tout à fait ridicules – il ne savait pas. Il n’avait jamais vraiment essayé de retracer dans sa tête, la biographie de tous les gens qu’il rencontrait : Aries avait déjà assez affaire avec son propre fardeau, sans avoir forcément besoin de connaître de A à Z celui des autres. Il lui avait, tout simplement, suffi de rencontrer Eleanor pour savoir qu’il y avait des destinées bien pires que la sienne ; lui au moins, avait-il eu la possibilité d’apprécier de longues années de plénitude, de prospérité, d’une vie de famille presque sans vague. Lui au moins, pouvait-il encore se consoler avec l’idée que quelque part, quelqu’un de sa famille continuait de vivre. Et pourtant, cet espoir stupide menaçait de s’effondrer en mille morceaux aujourd’hui même ; sans le savoir, sans doute, Ankaa tenait en joue tout ce qui constituait les restes de clairvoyance à l’esprit de son vis-à-vis. Et elle savait faire durer le plaisir, prendre le temps d’observer le monde et de presque forcer son interlocuteur à en faire de même – se préoccuper des chansons et de leurs chanteurs était le cadet des désirs de l’homme ; et pourtant, il se prit à laisser son ouïe vaquer autour d’eux. Au champ des vagues caressant le sable de la plage, au rumble rumble d’un minuscule bateau insignifiant s’écrasant contre un bois mouillé, se mêlaient des champs lointains, criés parfois, mimés d’une bien piètre manière. Voilà à quoi il ressemblait, songea-t-il, quand, après quelques verres d’alcool, il se mettait à chanter toutes les chansons de son répertoire, bras dessus, bras dessous avec un parfait inconnu. L’alcool, un bon remède contre les préjugés, et toutes les autres distances qui pouvaient s’apposer entre des inconnus. Là-bas, peut-être bien que tout le reste de l’équipage du Flying Dragon était occupé à se saouler, à profiter des plaisirs de la terre avant de la laisser derrière à nouveau ; aussi ardemment qu’il détestait être ici, Aries savait déjà que le sol stable de New Providence lui manquerait d’une manière ou d’une autre aussitôt que le Flying ouvrirait ses larges voiles sur l’horizon de l’océan. Peut-être bien, qu’aujourd’hui il aurait mieux fait de se mêler au reste de l’équipage – visiter le bordel, ou visiter la taverne ; peu importait finalement, c’était à croire que le Costello avait surtout besoin de croire qu’il était apte, ici, à renouer avec ses vieilles habitudes. Il était un charmeur, après tout, impétueux gourmand de la chair d’une femme, et pourtant, depuis combien de temps n’avait-il pas foutu les pieds dans un bordel ? Depuis combien de temps n’avait-il pas glissé ses mains sous les jupes d’une courtisane ? D’une putain ? L’envie n’y était plus, d’une certaine manière ; Aries se retrouvait à nouveau enchaîné à des désirs d’autrefois, des appétits auxquels il ne trouverait sans doute plus jamais de réponse. Condamné à être affamé. A chercher sans trouver. Questionner, toujours questionner.

« Tu as bien fait. » finit-il par répondre à la jeune femme, alors que dans sa tête remuaient les visages du reste de l’équipage ; la façon dont certains le dévisageraient s’ils le voyaient disparaître avec une jeunette tout juste débarquée sur le pont du Flying Dragon. Curieusement, ici, l’idée de faire jaser sur de tels sujets lui déplaisait plus que de mesure. S’étant forcé à quitter d’autres songes, l’espagnol soupira finalement, humant le parfum iodé de la mer, des algues, une odeur qu’il répugnait la plupart du temps – le large sentait différemment, plus frais, ici, tout stagnait. « Je préfère traiter ça dans la discrétion, également. Tu as raison, ce ne sont les affaires de personne. Ce qu’il y a entre nous. » non rien de romantique, d’attachement, ou même de purement physique ; Aries laissa son regard peser sur le tracé du profil de la jeune femme, ses yeux sombres dessinant, imprimant le visage d’Ankaa comme pour tenter de le mémoriser. Et d’y décrypter quelque chose, à un moment ou un autre. Non, les préoccupations d’Aries ici n’étaient pas physiques ou sexuelles ; elles concernaient sa famille, leur jadis qu’Ankaa ne voulait sans doute pas voir ressurgir. Son passé en prison, la justesse avec laquelle Aries l’avait sortie de sa cellule avant qu’elle ne finisse juger pour bien des crimes rattachés à la simple idée de piraterie. Aries savait bien, après tout, ce que ça pouvait faire à l’ego de devoir quelque chose à quelqu’un. Et l’écossaise avait beau être une femme, elle n’en restait pas moins une créature fière au sang chaud, avec les mêmes principes que tous les hommes qu’elle avait l’habitude de côtoyer. Alors que peu à peu, elle s’effeuillait d’une certaine manière, révélant patiemment, lentement (trop lentement) ce qu’elle savait, Aries se demanda pour un court instant si elle n’agissait pas volontairement, choisissant de le maintenir sous son emprise d’une manière ou d’une autre en choisissant de ne révéler que des miettes, et ne jamais mettre de réels mots sur la réalité. L’impatience le prit, sa mâchoire se crispant alors qu’il lâchait, non sans lassitude : « Je n’ai jamais été en Espagne, à vrai dire. » ni avec sa famille lorsqu’ils avaient dû fuir, ni après, tout simplement parce qu’il n’en avait jamais eu la possibilité, jamais eu le temps. En presque quatre longues années, quatre années ; l’on pouvait croire qu’attendre quelques minutes de plus n’avait pas d’importance. Mais cela en avait. Plus le temps courait, plus les souvenirs s’envolaient ; les bons souvenirs du moins, empoisonnés uniquement par la misère et la trahison qui avaient amené les Costello à se séparer. Aries, à ne plus jamais revoir sa mère. Nubia. Son dernier frère. Ses sœurs. A arriver trop tard pour sortir Eleanor de sa vie misérable. Sa gorge se serra, l’amertume remontant jusqu’à ses lèvres qu’il pressa l’une contre l’autre, le silence s’alourdissant alors qu’Ankaa avait finalement laissé les mots se suspendre dans le néant. « Tu peux pas attendre de moi que je vienne ici pour siroter un verre. » releva-t-il en tentant de ravaler cette vague de colère qui manqua de submerger son être tout comme la mer qui gagnait peu à peu du terrain sur la plage où ils se trouvaient. L’espagnol soupira à nouveau ; songea aux siens, à ce qu’il avait fait pour Ankaa, ce qu’il méritait en retour, que ce soit de la part de la jeune femme ou de la part du Bon Dieu, reconnaissant enfin la bonne foi dont il avait toujours fait preuve. A une autre époque. Il savait bien qu’il n’avait jamais vraiment ce qu’il méritait, dans ces circonstances-là. « Je t’ai aidée. Et je ne compte pas le regretter de sitôt. Mais tu me dois quelque chose, et… j’ai besoin de savoir. » la sentence était sans appel, quand bien même le regard de l’homme s’était fait à nouveau fuyant, la distance se creusant entre eux ; après tout, ils ne pouvaient guère se considérer comme des amis. En soit, le simple fait qu’Ankaa l’ait retrouvé et se tienne ici face à lui, étaient assez de preuves pour gagner la confiance de l’espagnol ; mais pour sa famille, il était prêt à se méfier de n’importe qui se tenant entre lui et une chance de savoir ce qu’ils étaient devenus. Il avait été prêt à tout défier, depuis le début, même l’Empire qu’il avait promis de servir. « Ca fait trois ans. Je préférerais boire et manger après. » vague tentative de laisser un sourire glisser sur son visage ; celui-ci disparut bien vite cependant, lorsqu’Aries quitta son observation de l’horizon pour se concentrer à nouveau sur son interlocutrice. Il savait pourtant, dans une part de lui-même, qu’il regretterait bien vite son empressement à connaître la destinée des siens. De ceux qu’il avait abandonnés. Eux aussi.

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breathe in the light and say goodbye ≈ since I was young, I knew I'd find you, but our love was a song sung by a dying swan. and in the night you hear me calling, you hear me c a l l i n g. and in your dreams you see me falling. breathe in the light, I'll stay here in the shadow waiting for a sign, as the time grows.


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MessageSujet: Re: ❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries   Jeu 9 Avr - 23:45

La noche es oscura y alberga horrores, de hecho
La vie, ça va, ça vient, et souvent, ça part en vrille. Dans le fond, Ankaa n'avait rien contre les envolées et les descentes brutales, celles qui vous soulèvent le cœur et vous retournent tellement le cerveau que vous ne savez pas toujours où vous en êtes, ou si vous êtes encore en vie. Après tout, personne ne sait trop comment c'est, une fois qu'on était mort. Du temps où elle vivait à La Havane, Ankaa se souvenait de ses natifs de l'île, ceux qui n'avaient absolument aucune goutte de sang espagnol, ou européen, dans les veines. Ces personnes là avaient parfois des théories assez spéciales concernant ce qu'il y avait, après la vie. Il y avait ceux qui pensaient qu'on ressuscitait dans un autre corps, celui d'un nouveau-né, par exemple, ou d'un animal. A l'autre bout du monde, ou juste ici. Et puis, il avait aussi ceux qui pensaient qu'on restait là, quelque part, une fois notre enveloppe charnelle enterrée, ou brûlée sous terre. Le résultat était le même, pour eux : l'âme errait, à défaut d'avoir quelque part où se réfugier. Ankaa ne savait pas trop quoi en penser. Pour elle, c'étaient plus ou moins des superstitions, et des croyances, comme tout le reste. Ni plus respectable ni moins crédible. Le truc, c'était qu'elle était du genre à ne pas trop croire à tout ça. Cela faisait d'elle une païenne, selon l’Église. Mais, ici, à New Providence, qui pouvait vraiment se targuer d'être d'une croyance sans pareille ? Il y avait les puritains, les croyants du dimanche et du dimanche seulement, les catholiques, les protestants, quelques juifs et quelques musulmans, aussi, les animistes, les polythéistes, enfin, tout ça, quoi. Un vrai brassage culturel, qui ne donnait aucune réelle majorité numérique à qui que ce soit. De toute façon, il y avait fort à parier que si quelqu'un tentait d'imposer son culte et d'éliminer tous les autres, cela finirait en pugilat, et aucun vainqueur incontesté ne ressortirait. Et puis, à ce qu'elle en savait, en Europe, beaucoup avaient déjà connus, goûtés, ou eu vent de tous ces combats religieux, et beaucoup avaient dû quitter leurs terres entre autres pour ça, ou pour toute autre chose appartenant aussi aux domaines des revendications identitaires. Alors, pourquoi tout recommencer ici ? Ankaa, elle, native des Caraïbes, n'avait pas connu tout ça. Quoi qu'en allant en Espagne, elle en avait senti le toucher et le goût plus que de raison.

L'Espagne. Cela n'avait pas exactement été un choc culturel, pour la pirate. Après tout, les Caraïbes étaient un vrai repaire de cultures diverses et variées, et Ankaa était née à La Havane. Colonie espagnole dans toute sa grandeur, et sans doute aussi un peu dans toute sa décadence. Les Espagnols y pullulaient, au milieu des natifs, et de toutes ces autres nationalités échouées ici par hasard, ou par contrainte. Nikolaj n'avait visiblement eu aucun réel souci particulier avec les Espagnols, pour avoir choisi d'y déposer, ici, quelques uns des survivants de l'incendie de 1684 sur New Providence, avec, parmi eux, Satine, portant tout de même son enfant. Enfin, ses enfants, sauf que, bien sûr, l'arrivée des jumeaux ayant surpris Satine elle-même, il n'y avait eu aucun moyen pour Nikolaj d'avoir su, avant elle, que ce serait deux et non pas un seul bébé qui ferait bientôt son arrivée dans leur vie. Ankaa avait grandi dans ce monde un peu fou jusqu'à ses 9 ans, et jusqu'à ce tragique évènement. Après ça, les Espagnols avaient sacrément dégringolé dans son estime, et dans celle de son père, aussi. Déserteurs ou pas, ils avaient fais ce qu'ils avaient fais. Et étaient restés libres, après ça, la justice coloniale espagnole prétendant avoir à régler des affaires plus urgentes ... Effectivement, Satine n'était pas sujette espagnole, pas plus qu'elle n'était native d'ici. En plus de ça, elle n'était qu'une femme, enceinte et non mariée, et en couple avec un bâtard de la haute aristocratie espagnole et d'une amérindienne, qui avait envoyé chier l'Armada qui ne voulait plus de lui pour cause de main amputée. A leurs yeux, à tous ses administratifs, elle n'avait pas une réputation à absolument venger, sans doute. Gancho s'était occupé de ça, au bout d'un moment. Bref, l'Espagne, ça avait un peu été un périple doux-amer. Ankaa avait une dette à honorer, et même si elle n'y était pas forcément allée entièrement de bon cœur, elle n'avait pas non plus trop traîner les pieds. Certains des questionnements d'Aries lui paraissant légitimes, sans doute, ou quelque chose comme ça. Et puis, elle n'était tout de même pas suffisamment parano pour se mettre en tête qu'en Espagne, on soupçonnerait obligatoirement son affiliation proche ou lointaine avec cette affaire de meurtre à La Havane. Ce genre d'histoire avait fini oublié, même à La Havane, depuis tout ce temps, et était d'une futilité tellement conséquente, sans doute, qu'elle n'avait sûrement pas traversé les océans. Et puis, physiquement, chez Ankaa, rien ne la rapprochait d'une quelconque origine hispanique et ce, même si, techniquement, étant née à La Havane, elle était sujette de la Couronne espagnole. Mais elle s'en fichait, et puis, d'un certain côté, ne pas exactement être celle qu'elle paraissait être, ça lui plaisait bien. Elle avait rangé au placard ses ramifications pirates, aussi, préférant se fondre dans le moule de toute cette population assez mixte, aussi. La populasse, ça existe dans tout royaume européen, sans parler de ceux qui vont de ville en ville. Bref, Ankaa n'avait pas exactement détonné dans le paysage. Mais ne s'était pas non plus senti follement épanouie. Sans doute parce qu'elle n'était pas allée jusqu'en Espagne pour visiter le royaume, mais plutôt pour accomplir une mission. Un truc qui l'avait faite un peu bouger, et qui l'avait obligée à enquêter plus qu'elle ne l'aurait pensé. Quoi que, dans le fond, si Aries n'avait rien trouvé de concluants, c'était parce que ce n'était pas si aisé que ça, logiquement. Mais visiblement, il n'était pas non plus si aisé que ça pour lui de devoir encore attendre, avant de tout savoir. Ankaa était suffisamment observatrice et clairvoyante pour clairement comprendre que, de faire des ronds de jambe, un peu, pour le faire patienter, ça lui irait encore 30 secondes, au maître d'équipage du Flying Dragon, mais qu'après ça, la pirate risquait fortement de voir, de ses propres yeux, que toute patience avait ses limites, surtout chez quelqu'un comme lui. Quoi que cela puisse signifier et sous-entendre ...
    « Et je ne peux pas exactement attendre de toi que tu acceptes que je te lâche tout, comme ça, d'un seul trait, froidement, sans émotion, et avec un détachement écœurant. » Penchant quelque peu la tête en fronçant les sourcils, Ankaa finit par prendre une longue expiration. « Pas que ce soit mon genre d'agir comme ça, cependant. En tout cas, pas quand ... Quand ça touche à ça. »
Oui, il valait mieux l'en assurer, qu'il ne se fasse pas de fausses idées sur elle. Dans le fond, qu'ils s'entendent ou pas n'avait que peu d'importance, et elle ne courrait absolument pas après la moindre reconnaissance ou mise sur piédestal de sa part, loin de là. De fait, elle voulait juste qu'il ne se hasarde pas à penser qu'il aurait mieux fallu pour lui de la laisser pourrir dans ce cachot de la Navy, en pensant qu'elle n'était qu'un être abject. Ankaa n'avait pas fait grand chose de mal pour se retrouver au fond de ce trou miteux et puant. Pour sûr, personne ne venait faire le ménage en ces coins sombres, et les médecins pousseraient des hurlements devant le manque d'hygiène et de propreté. Si et seulement si ils étaient un jour descendus dans ce cloaque, ce qui était plus que douteux. Ankaa n'avait rien fait de mal, mais sans doute certaines choses avaient laissé à penser qu'elle n'était pas très claire, comme fille. Elle avait passé plusieurs semaines enfermée, alors que, sans doute, on discutait un peu de son cas, quand on avait le temps. Faute de preuves, on n'avait pas pu la pendre haut et court, mais sans doute l'envie n'en avait pas manqué, dans un coin de leur tête, à eux tous. Eux, c'était les Anglais ou plutôt la Navy. Oui, quelque chose chez elle les avait dérangés, les poussant à ne pas la relâcher, mais à la garder. Tout en se triturant le cerveau pour savoir quoi faire. Le doute et les questions avait tout fait tarder, laissant le temps à Aries de venir la déloger de ce trou à rat. Pour quelle raison ? Ankaa n'en savait rien, et n'en avait rien à faire. Seul lui importait le résultat, quel que soit le prix qu'elle avait dû payer. D'ailleurs, il ne s'agissait même pas d'un prix, mais plus d'une sorte d'échange de bons procédés. Auquel elle avait volontairement acquiescé. L'observant, face à cette affirmation qu'il lançait, elle ne pouvait qu’acquiescer, oui, face à la véracité du propos. Mentalement plus que physiquement, bien sûr. Ankaa n'était pas exactement là pour jouer à son petit jeu habituel, de taquinerie, de séduction, tout ça tout ça. La rencontre était sérieuse, et sa teneur ne l'était pas moins.
    « Je comprends ... » Décroisant les bras, Ankaa alla attraper l'une des bouteilles qu'elle avait emmené, avant de déployer ses jambes pour aller s'installer sur l'un des bancs encore accroché à la coque, contre une surface tenant encore debout. Sans doute une relique de galère, transformée, depuis, en navire au convoyage bien moins répréhensible. Quoi qu'il y avait pire que les galères, il y avait l'esclavage. Croisant les jambes l'une par dessus l'autre, elle remit un peu d'ordre aux plis de sa chemise, plus par réflexe que par réelle nécessité. « Enfin, l'offre tient toujours, à tout moment. Je veux que tu le saches. Faut pas hésiter, surtout ... Par contre, évites juste de t'emporter contre moi si ce que j'ai à te dire te déplait. Je n'y suis pour rien. Mais je comprendrais quand même, un peu. En quelque sorte ... » Fronçant les sourcils, un instant, comme pour réfléchir à ce qu'elle venait de dire, elle finit par déboucher la bouteille, d'un geste adroit, avant de boire une rasade d'alcool, à même le goulot. Pour se donner du courage ? Peut-être. De la prestance ? Pas besoin. Juste comme ça ? Sûrement. « En Espagne ... En Espagne, j'ai retrouvé ta mère, ta plus jeune sœur, et un de tes frères. Mais pas Nubia. D'après ce que j'ai compris, elle aussi a fait escale en France, contrainte et forcée, et ... » Lui épargner les détails scabreux, ou y aller direct ? ... « Un an après, elle les a mis sur un bateau direction l'Espagne, et est restée en arrière. Contrainte et forcée, une fois de plus. Le fait que ta sœur reste avec les "bienfaiteurs" ... » Crochets virtuels, dans les airs, et nez froncé, en plus de sourcils arqués, marquaient le dégoût d'Ankaa quant aux conditions imposées par ces enfoirés. « ... qui ont complété la somme nécessaire pour convoyer les tiens jusqu'à l'Espagne, a lourdement pesé dans la balance. Ta famille n'a plus eu de nouvelles d'elle après ça, et je dois t'avouer que ça a été compliqué, pour moi aussi. Pourtant, je suis pleine de ressources, mon espagnol est parfait, et j'ai été élevée au milieu de ce monde de pirates, d'escrocs, et de gros enfoirés, aussi. Je sais comment ça fonctionne, je sais quelles ficelles tirées, et même jusqu'en Espagne, il y a toujours quelqu'un qui a connu mon père, et qui a une dette envers lui, voire plus d'une. Ce n'est pas pour me vanter que je te dis ça, juste pour que tu comprennes que ces enfoirés n'ont pas lésiné sur les pirouettes et les chemins dérivés. ... Nubia n'est jamais arrivée jusqu'en Espagne, et elle n'est plus, non plus, sur le territoire français. Ni même en Europe. »

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❝ La noche es oscura y alberga horrores, de hecho ... ❞ ♆ Aries

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