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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 you can't rewrite the past ≈ aries & idelle

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MessageSujet: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Jeu 19 Mar - 2:03

you can't rewrite the past
Le lit douillet semblait ne pas vouloir la laisser partir. Ou alors, c'était elle qui souhaitait y rester quelques instants de plus. Les rayons du soleil venaient effleurer son visage qui se crispait à cause de la lumière. Elle n'était pas encore bien réveillée et n'avait qu'une envie : rester chez elle toute la journée. Elle pouvait le faire, elle n'avait aucun supérieur, aucun patron qui la forçait à aller exercer sa profession tous les jours. Elle était libre, indépendante, et se gérait d'elle-même sans avoir à suivre des directives venant d'un individu qu'elle aurait vraisemblablement méprisé. Idelle supportait mal les structures hiérarchiques et n'aimait évidemment pas se retrouver en bas de l'échelle. Elle était bien heureuse d'avoir à faire son emploi du temps comme elle le voulait sans avoir à remplir des quotas ou à terminer des requêtes avant une certaine date limite. Certes, elle devait tout de même préparer des consultations afin d'avoir des rentrées d'argent, mais elle pouvait facilement se prendre un jour de repos sans que cela n'ait d'impacts conséquents et irréversibles. Idelle se passa l'une des mains dans sa chevelure blonde qu'elle ramena en arrière afin de dégager son front. Elle avait encore les yeux fermés et n'allait certainement pas les ouvrir bien rapidement compte tenu de la lumière aveuglante qui allait agresser ses rétines. Elle porta l'une de ses mains au-dessus de ses paupières, comme pour essayer de contrecarrer l'attaque sournoise des rayons qui ne souhaitaient pas prendre la fuite derrière les nuages. Soudainement, elle laissa apparaître deux iris d'un bleu éclatant et qu'on ne voyait que très rarement sur d'autres faciès. Elle avait ce regard qui pouvait en intriguer plus d'un. De grands yeux qui se perdaient dans ceux des autres. Ces derniers, ne sachant que faire face à l'attitude étrange de la femme, partaient sans ne rien dire. Par peur, ou simplement par pure intelligence. Lorsqu'elle fixait les autres, elle ne les regardait pas réellement. Elle fixait seulement un point, puis se perdait inlassablement dans ses pensées diverses et bien trop variées.

La diseuse de bonne aventure se força à sortir du lit. Elle venait de se rappeler qu'elle devait rejoindre Deirdre dans les rues de Nassau. Au programme ? Rien de bien spécial ou surprenant. Comme souvent, elles se rejoignaient et parlaient entre femmes. De choses bien féminines. Deirdre était ce qui se rapprochait le plus d'une amie et Idelle appréciait sa compagnie. Elle ne portait aucun jugement sur la profession qu'elle exerçait et souhaitait même en savoir plus. Non pas parce qu'elle était attirée par le métier en question, mais simplement car sa mère avait elle aussi été une de ces femmes à vivre dans un bordel. Idelle avait beau être née dans un endroit rempli de prostituées, elle n'avait jamais remis les pieds dans l'un de ces établissements depuis l'âge de neuf ans et ce, que ce soit en Grande-Bretagne ou dans la capitale des Bahamas. Premièrement, ce n'était pas un endroit où elle avait besoin de se rendre. Puis finalement, elle ne souhaitait pas voir ces hommes utiliser ces femmes comme si elles n'étaient que de banals objets sans importance. Cela avait pour conséquence de l'irriter, de la mettre de mauvaise humeur et surtout, dans de beaux draps. La jeune femme s'étira puis s'avança finalement vers un miroir qui était accroché au mur de la chambre où elle se trouvait. Une babiole qui n'avait coûté qu'une petite poignée de pièce, mais c'était bien utile.

« Elle ne pourra pas venir, elle est occupée. » qu'on lui affirma. La diseuse de bonne aventure comprit bien rapidement le message, l'occupation en question devant être un client de passage. Un soupire las et discret. Elle n'allait pas blâmer son amie qui essayait de gagner sa vie comme elle le pouvait et s'était promis de ne faire aucun jugement à son égard. A ce moment-là, elle aurait juste souhaité avoir eu une vision qui l'aurait prévenu de cet imprévu. Et dans ce cas-là, elle aurait pu rester dans sa petite maison, allongée dans on lit à regarder le plafond comme si ce dernier lui était d'un immense intérêt. Elle était seulement ce type d'individu à penser, réfléchir, à mettre en action sa capacité de réflexion, sans aucune raison apparente. Elle aimait cogiter, faire travailler ses neurones sur des sujets qui lui traversaient l'esprit. Intérieurement, elle refaisait le monde, elle le remodelait à sa façon. Elle créait un monde qu'elle qualifiait de « meilleur » car répondant à ses critères. Extérieurement, elle était passive, allongée, baillant, se grattouillant le cuir chevelu. Glamour au plus au point, la Hawles. Droite comme un piquet dans la rue principale, elle se disait qu'il serait peut-être temps de trouver une occupation. Alors que certains habitants l'arrêtaient pour lui demander quelques prévisions sur leurs avenirs, Idelle essayait de se décider quant à l'activité qu'elle pourrait entreprendre quand elle en aurait fini avec eux.

Au bord de mer, la jeune femme balayait l'horizon du regard. Elle plissait doucement les yeux, essayant d'éviter un affrontement avec le soleil, sachant très bien qu'elle serait la perdante dans cette histoire. « Vous n'auriez pas vu Harley ? » demanda-t-elle en croisant les yeux de certains membres du Flying Dragon. Des hochements de tête négatifs. Elle leur glissa un sourire en guise de remerciement et reporta son attention sur la mer. Calme et sereine, elle semblait être la destination parfaite pour se détendre. Mais tout le monde savait que sous ce voile de tranquillité, de grands dangers se cachaient dans les profondeurs mais aussi dans le paysage. Vils et sournois, ils attaquaient sans aucun scrupule. Une vie tumultueuse et pleine d'action qui n'était pas faite pour Idelle. Sur la terre ferme, elle avait sa place et elle le savait. Sur les eaux, elle n'était bonne qu'à être jetée par dessus bord, très certainement. Ne sachant pas où Harley pouvait bien se trouver et se disant qu'il ne valait peut-être pas le coup d'aller frapper à sa porte s'il n'y était même pas, elle décida de rebrousser chemin jusqu'à sa propre maison. Arrivée à cette dernière, elle s'approcha de la porte et saisit la poignée. Un grincement se fit entendre lorsqu'elle poussa le bois qui se frottait sur le sol. Home sweet home. Elle n'était sortie qu'une petite heure et pourtant, elle avait l'impression d'avoir vécu une journée épouvantable. Une journée marquée par un ennui profond et une envie immense de ne rien faire. Alors qu'elle s'apprêtait à s'introduire dans sa modeste demeure, en y mettant un premier pied puis le second, elle se tourna et fit face à un visage qu'elle ne connaissait que trop bien. L'individu en lui-même, moins. Mais ce visage, elle ne l'avait simplement jamais oublié. La diseuse fronça légèrement les sourcils, soucieuse de le voir à cet endroit. Elle refit alors tout l'enchaînement inverse. Elle sortit. Elle referma la porte. Puis s'avança de quelques pas en croisant les bras. « Besoin d'aide ? Vous vous êtes perdu ? » Si courageuse elle était, cette fois-ci, elle ne ressentait qu'un léger pincement au cœur. Elle avait honte de se tenir ainsi devant lui. Honte de rester fière et droite pour afficher une certaine prestance alors qu'il aurait été préférable pour elle d'aller se cacher dans un recoin de sa maison et de ne pas en ressortir tant qu'il se tenait à cet endroit.


Dernière édition par Idelle Hawles le Mar 24 Mar - 19:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Ven 20 Mar - 0:01

all for those the gods have taken

when the days are c o l d and the cards all fold. and the saints we see are all made of gold. when your dreams all fail and the ones we hail are the w o r s t of all and the blood’s run stale. i want to hide the truth, i want to shelter you but with the beast inside there’s nowhere we can hide.w/idelle hawles & aries costello.

Impétueuse déesse, la mer avait pris tout ce qu’elle désirait cette fois-ci, laissant sur le pont du Flying Dragon, un équipage rincé par l’épuisement. La lassitude, sans doute ; amarrer au port de Nassau était, pour certains, l’équivalent d’une trêve bien méritée dans le balancement capricieux de l’océan. Elle était une maîtresse à leur vie impérieuse et sans pitié, cette mer, à parfois afficher un calme assommant ; à d’autres fois se déchaîner, léchant avidement les parois du navire, prête à le noyer entièrement. Ils s’en étaient sortis, bien heureusement, à croire que Calypso avait fini par exiger de ses flots, quelques instants de paix pour laisser le navire s’échouer sur la terre ferme. Rien n’avait tenté bien des hommes plus que cela, mettre pied à terre et laisser les mètres les séparer – temporairement – des obligations coulant dans leurs veines. C’était plus qu’un devoir de pirates, un appel lancinant, le désir de déployer les voiles du navire et de repartir au large ; Aries partageait cette faim d’horizon plus que jamais lorsqu’il se trouvait ici, oscillant entre le désir de faire ces pas lointains vers son passé, et fuir voiles grandes ouvertes sur le vent. Il n’était pas le capitaine – fort heureusement, sinon il y avait fort à parier que le Costello choisirait la lâcheté de ne plus jamais affronter la terre – et se retrouvait dépendant des désirs et envies d’Harley Oaken. Aujourd’hui, il avait décidé de poser l’ancre aux abords de New Providence, et personne n’avait levé la voix pour protester. Ici, l’écume était moins houleuse, et l’île pouvait apparaître pour beaucoup comme une terre sauveuse, étendant ses bras aux marins désespérés ; Aries n’avait pas quitté le pont du navire, il avait préféré rester en arrière, s’attardant dans les lieux familiers du Flying Dragon pour regarder le soleil monter et quitter l’horizon. S’étendre pour trouver son épiphanie presque au-dessus de leurs têtes, si haut ; la lumière irradiant le ciel, teintant le firmament de couleurs vives. Suave et doucereuse tout à coup, la mer continuait de lécher de son souffle salé, le bois du navire, le son délicat de ses caresses se répercutant dans le silence presque omniprésent au port. Beaucoup d’hommes d’équipage s’étaient faits un plaisir d’aller rejoindre le bordel, la taverne où le rhum coulait à flot, ou encore, pour les moins exigeants, simplement un lit profondément ancré sur l’immuable terre. Avec l’enivrante mélodie des eaux, demeurait le sentiment nauséeux qui accompagnait la vie au large, Aries y était habitué ; depuis ses dix-sept ans on avait fait de la mer la substance vitale à ses jours. D’abord dans la Marine Royale, puis au sein de l’équipage du Flying Dragon, il avait toujours semblé que sa vie s’entremêlait avec l’appel de la mer et tous ses charmes. La liberté, la richesse, l’étendue imperturbable des flots. Pourquoi pas les sirènes, également, récitant leurs chants mélodieux presque jusqu’à chasser la nostalgie qui habitait son âme.

Sous la lumière d’un soleil impeccable, sa chaleur paralysante, l’homme se laissa à ciller un instant, la fatigue ayant glissé dans ses muscles inanimés : c’est à peine s’il eut besoin de faire un mouvement du bras, pour sentir des fourmis impétueuses venir lui dévorer la peau. Dans les méandres de la ville, l’attendaient des monstres qui le répugnaient plus que n’importe quelle créature ayant trouvé foyer dans les profondeurs de la mer. Ils faisaient tous partie de son passé ; l’irrémédiable longue ligne d’existence qui l’avait amené jusqu’ici. Jusqu’à devenir un pirate, alors même qu’ils avaient, un temps, appartenu à l’espèce qu’il avait condamnée. Ici, il semblait presque que la guerre déchirant certains continents n’avait pas lieu, ni le moindre impact : et pourtant, à toutes les lèvres résonnaient des accents différents, la musique indéfinissable d’un passé bien particulier. Aries n’était que l’un d’entre eux, mais il n’y avait rien qu’il désirait moins, que de se mêler à ce tas d’humains en perdition. Il était curieux de peser quelles étapes de vie l’avaient amené ici, à Nassau alors même que son existence avait débuté dans les quartiers favorisés de Londres, la prometteuse capitale européenne. Le joyau de l’Empire Britannique. Encore aujourd’hui, avec une netteté impeccable, il voyait les visages des servants se dessiner sur le voile de ses paupières ; chacun d’entre eux, avec leurs noms, le respect qu’ils avaient pour le patriarche de la famille Costello. Aries se souvenait de la maison où il avait grandi, si étendue ; richement décorée et entourée de ces parterres de fleurs, de mille senteurs variées. Là où la capitale aurait pu être faite de pavés et de pierre, sa mère avait toujours eu en affection la campagne profonde d’où elle était originaire, dans l’Espagne qui l’avait vue naître. C’était avec amour, passion, et une main de maître qu’elle avait fait pousser ces exotiques espèces récemment implantées dans l’Empire. Sa vie en Angleterre. Parsemée de souvenirs si vivides encore à ses yeux, qu’ils laissaient glisser les mêmes frissons déplaisants le long de son échine ; quand tout avait basculé. Au combien la trahison avait été amère ; ce même Empire grandiose qui avait décapité sur la place publique son père et son frère. Un Ambassadeur, un diplomate, les visages officiels de l’alliance entre l’Empire Britannique et le pays espagnol. Le début de la chute. Serenity. Et la façon dont la vie l’avait submergé, le privant de toute possibilité de renouer avec ces éclats de rêve auxquels il s’était raccroché avec tant de volonté ; Eleanor. Nassau était peut-être une chance pour qu’il retrouve tout cela ; les Dieux du Destin ayant choisi de rassembler homme, femme, et maîtresse dans un même coin de monde. Mais que seraient-ils, finalement ? Aries ne pouvait s’empêcher d’avoir cet instinct pur et longuement cultivé, envers sa femme ; le désir de la protéger, ce même désir qui lui avait fait préférer rester à Londres que prendre les voiles avec sa propre famille. Pourquoi pas, dévier vers Dublin. Avait-il signé son destin à ce moment-là ? Avait-il à jamais, renoncé à la chance, la possibilité de retrouver Eleanor, revivre dans cette parcelle de paradis qui n’avait été qu’à eux ? Ce n’était pas ainsi qu’il avait vu son choix de protéger Serenity, plutôt l’ultime promesse de leur mariage. Pour le meilleur et pour le pire ; Serenity avait, après tout, décidé de rester son épouse et d’abandonner son honneur de fille de l’Empire.  

Leur amour appartenait au passé, devait-il en être de même pour leur loyauté ? Comme une réponse à tout cela, une voix vint glisser jusqu’à son oreille. Profondément familière, quoique résonnant en quelque chose de lointain. Aries ne savait que trop bien à qui appartenait ce timbre presque mélodieux ; parfois, dans ses cauchemars impétueux, cette fois douce devenait aussi brutale et sèche que celle du Diable. D’autres fois, elle avait été noyée dans les pleurs d’un bébé agonisant. D’autres fois… Sa gorge se serra, comme une réaction en chaîne tendant tout son corps ; l’impulsion avait déjà saisi son âme, la paralysant alors que d’elle, il ne pouvait saisir qu’un éclat de chevelure. Si claire, d’un blond presque blanc, plus encore éblouissant sous le soleil puissant ; en moins de temps qu’il l’aurait cru, Aries s’était retrouvé sur ses pieds, soudainement profondément désireux de mettre pied à terre. Ni Serenity, ni Eleanor n’habitaient ses songes à présent ; elles avaient été balayées par un flot de sentiments. De sentiments si négatifs, si parasites, qu’ils étaient parfaitement opposés à leur image. Le décor de leur première rencontre n’aurait pu être plus opposé à celui d’aujourd’hui : sur Londres avait sévi une profonde vague de froid, répandant une glace réfractaire dans l’air ; les étoiles de bonheur dans les yeux de Serenity avaient été remplacées par l’éclat de ses larmes, l’omniprésence de son inquiétude. La foi d’Aries l’avait poussé à hanter toutes les chapelles catholiques de la ville, murmurant des prières sans fondement à un Dieu qui avait demeuré sourd à son appel le plus profond, le plus pieu. A chaque jour qui s’éveillait, son mariage se mourait plus intensément encore, l’oxygène les nourrissant s’affaiblissant alors que la maladie gagnait les poumons de leur fils, arrachant chaque parcelle de sa si petite et innocente vie. Aries et Serenity, bénis par la chance d’avoir un mariage d’amour et heureux, et pourtant frappés d’une malédiction qui dépassait toutes les autres. Ils l’avaient su, quelque part, trouvant la réponse à leurs pires craintes dans le regard des autres. Elle s’était présentée comme le dernier espoir, une attente futile dans un monde sans pitié ; Idelle s’était-elle nommée, le nom profondément inscrit au fer rouge dans la mémoire de l’espagnol. Idelle la diseuse de bonne aventure. Bonne, si bonne qu’elle avait promis la vie à son fils, promis clémence à l’existence de leur fils. Il n’en avait rien été, la vie quittant le corps de leur enfant quelques jours à peine après cette apparition du ciel. Idelle, à jamais érigée en visage de la trahison. Idelle qui faisait un retour fracassant dans son existence comme chaque part de celle-ci, chaque âme qui avait marqué sa mémoire un jour. Elle aussi, à sa façon, avait tenu en ses mains le cœur d’Aries Costello, tout jeune père et stupide au point de croire en ses promesses ; elle aussi, l’avait écrasé du poids de ses mensonges. Elle était l’incarnation de la pernicieuse maladie qui lui avait pris son fils, le visage angélique que prenait n’importe quelle menace. Et plus que jamais, il désirait affronter tout ce qui l’avait rendu lâche. Ni Eleanor, ni son épouse ; curieusement, faire face à la femme qui avait empoisonné son esprit d’un espoir si vivace, était plus facile que tout le reste.

Elle le vit enfin, alors qu’elle avait presque manqué de lui glisser entre les doigts ; Aries avait glissé ses pas dans le sillage de ceux de la jeune femme, quittant le pont du Flying Dragon sans même s’en rendre compte. Sans même y songer plus d’un instant, ses pieds foulant bien facilement la surface de la terre maudite où le navire avait posé l’ancre. Il ne suffit que d’un regard pour qu’il comprenne qu’elle l’avait reconnu ; que, quelque part, il avait été un visage désespéré parmi tant d’autres, mais que quelque chose avait fait teinter l’éclair de sa mémoire. Pourquoi se souviendrait-elle de lui, après tout ce temps ? Près de dix ans, déjà ; un enfant mort une poignée de mois après sa naissance, à présent redevenu poussière et âme aux mains de Dieu. Dieu, Dieu qui l’avait failli tout autant que cette diseuse de bonne aventure. Au final, les trahisons multiples assénées par Aries à son contrat de mariage n’étaient rien, comparé à la froideur avec laquelle le Tout Puissant avait rappelé une âme si jeune, si fragile à ses côtés. Sa voix revenant trancher à son ouïe, Aries plissa les yeux pour une fugace seconde, à nouveau, les muscles de son corps ayant réagi d’eux-mêmes, contractés par la réminiscence d’un dégoût pur et dur, d’une haine viscérale. Y avait-il seulement quelqu’un, dans cette vaste terre, qu’il pouvait prétendre détester plus qu’il ne la détestait elle ? Et le simple fait de la voir, vivante, pleine de promesses… et acoquinée avec le Flying Dragon. Harley Oaken. Sans doute plus le capitaine que l’avenir du navire, à vrai dire. Pourquoi fallait-il constamment que des visages de son passé anglais reviennent glisser jusqu’à lui ? Etait-il perdu ? Sans doute, d’une certaine manière, naviguant dans des eaux qu’il préférerait laisser derrière lui ; elles menaçaient si intensément de le noyer, le priver de toute vie. Mais l’orgueil palpitant à ses tempes désirait cracher un venin acerbe, plutôt que les mots exprimant son désarroi. « Perdu ? Je ne pense pas. Tout se ressemble ici. » il était étonnant de constater la facilité avec laquelle il avait abandonné le roulement espagnol de sa langue, l’appel de son pays natal qu’il avait parfaitement embrassé aussitôt que l’Empire Britannique s’était dressé comme son ennemi. Il était subitement redevenu l’honnête citoyen qu’il avait été lors de leur première rencontre ; Aries, et pourtant, ni père ni désespéré au point de croire encore le moindre mot glissant à travers ses lèvres. Elle ne bougeait pas, déjà coincée dos contre la porte de sa petite maison, le refuge vers lequel elle aurait dû se replier ; il s’approcha d’elle, privant encore l’espace de quelques pas. « Abandonnons les politesses. Je sais qui tu es. Et tu sais qui je suis. » dans sa voix vibraient les souvenirs du passé ; elle avait dû voir, sans conteste, au combien il avait été désemparé, complètement vidé, au moment de se retrouver face à elle. Prêt, oui, prêt à balancer son or dans les poches de la jeune femme rien que pour qu’elle lui dise quelque chose. Peut-être simplement pour qu’elle lui donne de l’espoir ; mais au final, le voir lui échapper à nouveau avait été pire que tout. « C’est marrant. La façon dont le Destin fonctionne. J’avais presque envie de passer ma journée à regarder le ciel, et puis tu as débarqué. Il aurait suffi que tu grimpes sur le pont d’un autre navire, pour que je ne sache jamais que tu es ici. » la politesse du vouvoiement avait appartenu à l’autre Aries, celui qui avait voulu croire en cette femme aux paroles pleines de promesses. L’Aries de bonne famille. Un Aries qu’on avait volontiers sacrifié dans une multitude de trahisons.

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breathe in the light and say goodbye ≈ since I was young, I knew I'd find you, but our love was a song sung by a dying swan. and in the night you hear me calling, you hear me c a l l i n g. and in your dreams you see me falling. breathe in the light, I'll stay here in the shadow waiting for a sign, as the time grows.


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Dernière édition par Aries Costello le Dim 22 Mar - 4:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Sam 21 Mar - 23:58

you can't rewrite the past
On l'avait insulté de menteuse, d'arnaqueuse, d'escroc. On lui avait montré un dégoût et une amertume à son égard, on l'avait pointé du doigt. Elle n'avait pas été roulée dans la boue, mais cela y ressemblait énormément. Elle avait donné un semblant d'espoir à des clients qui se perdaient corps et âme dans un désarroi oppressant. Ceux qui étaient pourtant si croyants, se ralliaient aux phénomènes superstitieux afin d'y trouver ce qu'ils recherchaient. Ils montraient une satisfaction, un soupir de soulagement et d'apaisement chassait tous les maux qui encombraient leurs essences en proie aux tourments. Elle leur disait ce qu'ils souhaitaient entendre et pendant une certain laps de temps, ils redevenaient ces êtres heureux dont les problèmes semblaient s'être évanouis dans des joyeusetés tant méritées. Et finalement, la réalité revenait. Sauvage, farouche et inextinguible, elle prenait d'assaut ces âmes aveuglées par des prédictions utopiques. Autrefois, la diseuse de bonne aventure n'en avait que faire des conséquences de ce qu'elle pouvait bien énoncer. En tant qu'être-humain, elle avait elle aussi des besoins à satisfaire. Des nécessités naturelles, telles que se nourrir afin de survivre ou avoir un minimum de ressource pour s'assurer un lendemain sans dommages irréversibles. Afin d'arriver à ses fins, elle n'usait pas de procédés honnêtes. Ces mensonges, ces fabulations. Elle n'avait jamais songé aux répercussions qu'elles pouvaient entraîner. Les malaises et les regrets que cela pouvait provoquer. Elle n'en avait jamais réellement été victime, elle n'avait jamais mis les pieds chez ceux qui prétendaient avoir de quelconques pouvoirs et dons de voyance et ne pouvaient pas ressentir exactement la même chose qu'elle avait fait subir à ses victimes. Mais elle connaissait aussi les moments où l'espoir semblait lui tendre les bras, une jolie lumière blanche, pure, qui paraissait inoffensive. Et qui, finalement, lui plantait un douloureux poignard dans le dos. Paralysée, la réalité était dure à avaler. C'était comme si ses membres souhaitaient rester immobile, comme s'ils décidaient de ne plus répondre au système nerveux qui donnait des ordres. Elle aussi avait connu des instants de tiraillements, coincée dans un tunnel dont la finalité était floue et fuligineuse. Se tenir ainsi devant une personne qu'elle avait blessé par le passé la gênait. Et pourtant, elle ne le montrait pas. Elle paraissait sereine et ses membres n'étaient pas tendus. Elle l'avait contemplé de haut en bas avant de finalement poser son regard dans celui de son ancienne victime. Elle l'avait pillé, elle lui avait pris ses pièces d'or pour des visions qui n'avaient même pas existé et qui ne lui avaient jamais effleuré l'esprit. Elle les avait inventé, monté de toutes pièces. Elle avait utilisé des mots, les avait choisi minutieusement pour donner une allure à ses prédictions, pour les souligner d'une certaine prestance. Une grande partie de sa vie, elle avait été la comédienne des rues de Londres. Celle qui surjouait, mais que l'on croyait sans émettre aucune incertitudes. Les hommes n'étaient pas sceptiques, lorsque le désespoir entourait leur corps si fragile et amoché par des problèmes étouffants, ils étaient prêt à mettre leur confiance dans les essences les plus sournoises. « Il vivra. » qu'elle avait doucement soufflé entre ses lèvres. Deux termes simples et pourtant si aguicheurs pour celui qui voulait les entendre. A l'époque, Idelle ne mesurait pas l'importance de ses mots. La vie d'un être-humain. La vie d'un adulte, d'un père, d'une mère, d'un enfant. Qu'est-ce qu'elles signifiaient par rapport à la sienne ? Par rapport à son existence qu'elle n'arrivait pas à maintenir dans une stabilité qui lui aurait permis de vivre aisément ? Elle avait connu la rue, elle avait connu des moments maussades. « Perdu ? Je ne pense pas. Tout se ressemble ici. » Adossée à la porte d'entrée de sa maison, Idelle ne bougeait pas. Toutes sortes de pensées se remuaient dans son esprit, bousculant des souvenirs qu'elle aurait préféré gardé au plus profond d'elle-même. Elle n'avait pas besoin de se rappeler des actions néfastes qu'elle avait entrepris. Elle n'avait pas besoin de se rappeler de sa personnalité d'en-temps, un caractère dont elle avait présentement honte et qu'elle tentait de cacher sous cette nouvelle facette. Cette Idelle inédite, celle qui prenait soin des autres, celle qui laissait l'égoïsme aux plus modestes. Celle qui, peut-être inconsciemment, essayait de se racheter de tout le mal qu'elle avait pu causer par le passé. « Abandonnons les politesses. Je sais qui tu es. Et tu sais qui je suis. »

Les bras toujours croisés, elle ne bougeait pas. Elle restait là, à observer son interlocuteur. Elle se souvenait de lui. De ce personnage dans le désarroi le plus total, celui qui espérait tellement d'Idelle plus que de Dieu en lui-même. Ce dernier n'avait certainement pas entendu son appel, ou avait jugé bon de l'ignorer. Si Dieu il y avait, la diseuse de bonne aventure se demandait où il pouvait bien se cacher, et pourquoi il était parfois si absent alors que sa création avait besoin de lui. Cette œuvre qui se rapprochait soit-disant de sa perfection. Idelle ne pouvait cesser de penser que si l'Homme avait été fait à l'image de son géniteur, alors ce dernier devait être bien spécial. En créant des personnalités indénombrables, Dieu avait lui aussi plusieurs facettes. Plusieurs côtés, certains bienveillants, d'autres plus à même de blesser. En ignorant les appels et les détresses de ses plus vaillants sujets, il montrait bien là son indifférence. En laissant les guerres détruire des populations et des vies innocentes, il montrait bien là sa cruauté. « C’est marrant. La façon dont le Destin fonctionne. J’avais presque envie de passer ma journée à regarder le ciel, et puis tu as débarqué. Il aurait suffi que tu grimpes sur le pont d’un autre navire, pour que je ne sache jamais que tu es ici. » L'individu s'était approché et l'envie de reculer se faisait ressentir. Pourtant, elle n'en fit rien. C'était comme si tout son corps ne voulait plus bouger. Par fierté, ou peut-être par peur, elle restait devant cet homme imposant qui lui avait déjà reproché de nombreuses choses. Douleurs, blessures de l'âme. Mort. S'était-elle excusée ? Elle avait certainement dû, inlassablement, lui répéter encore et encore au combien elle était désolée, au combien elle se sentait mal après ce qu'elle avait osé faire. Elle se souvenait de lui. Elle se rappelait de son prénom, de son patronyme. Jamais elle n'avait pensé le revoir, jamais dans sa nouvelle vie elle n'avait songé une seule fois à cet homme qui lui avait ouvert les yeux sur son comportement et sur l'importance de ses mots. La comédienne avait finalement fait tomber tous les masques qu'elle portait, mettant en avant l'honnêteté et la franchise dans ses nouveaux propos. Aries, qu'il s'appelait. Un prénom gravé à jamais dans son être. Que pouvait-elle bien répondre ? Cette situation était intrigante. Elle ne savait pas s'il souhaitait se faire du mal, à repenser aux souvenirs du passé. De son côté, la diseuse de bonne aventure restait perplexe. Elle n'avait rien prévu de tel. Elle avait pour principe de ne pas lire son propre avenir, que ce soit dans les cartes ou dans d'autres supports utiles. Elle ne voulait pas gâcher la surprise et contrairement aux individus les plus curieux, sa crainte gagnait face à son indiscrétion, surtout quand cela la concernait. Elle acceptait sans problème le fait de lire les autres comme dans un livre ouvert, sautant des chapitres de leurs existences afin d'arriver à un moment fatidique de leurs aventures. Mais quand cela la concernait, ce n'était tout simplement pas possible. Et même si elle essayait, elle bloquait inconsciemment tout ressenti. Elle ne voyait rien, elle ne percevait rien. Il y avait néanmoins une exception à cette règle. Lorsque le sentiment était bien trop fort, elle pouvait le sentir. Danger, menace, peur. « Et ? Maintenant que tu sais que je suis à Nassau, qu'est-ce que cela change ? » Insolente. Elle avait arqué un sourcil. Il n'y avait aucun sourire sur ce visage qui dissimulait l'inquiétude. Que lui voulait-il ? Qu'elle s'excuse à nouveau ? Qu'elle se mette à genoux devant lui pour l'implorer, pour lui lécher les bottes jusqu'à ce qu'il soit satisfait ? Elle avait un peu de dignité, si ce n'était trop. Elle n'avait pas peur d'Aries. Se pensait-il effrayant en se tenant devant elle ? Pensait-il lui faire peur, à surgir de nulle part, à exposer ce faciès qui appartenait au passé ? « Si tu m'as suivi jusqu'ici pour me dire où trouver Harley, c'est très gentil de ta part. » lança-t-elle, un brin amusé. Cache donc tes doutes, blondinette. A être trop fière, elle allait s'en mordre les doigts par la suite. Elle ne voulait pas abordé le sujet fâcheux, celui qui avait certainement poussé Aries à la suivre sans aucun scrupule. Idelle décroisa les bras avant de se redresser. Elle fit quelques pas vers lui, resserrant la distance comme pour montrer qu'elle ne le redoutait pas. Son attitude devint plus ferme, les traits de son visage s'accentuèrent dans un froncement de sourcils, plissant légèrement son front. Aux premiers abords, elle semblait détendue mais ses muscles témoignaient d'un opposé certain. Ses petits poings se refermaient sur eux-même, soulignant le fait qu'elle était prête à se défendre si pépin il y avait. « Mais si tu es ici pour une autre affaire, je pense qu'il serait plus judicieux pour toi de tirer ta révérence afin d'éviter des sujets empoisonnants et regrettables. Toi, comme moi, on n'en a pas besoin. Laissons les afflictions d'autrefois au passé, si tu veux bien. » Une jolie tournure, une belle phrase. Auparavant, elle lui aurait simplement dit d'aller se faire foutre car son vocabulaire bien trop limité ne lui permettait pas de construire des phrases élaborées. Mais en un an, elle avait changé. Et en dix ans, encore plus. « Et je pense que tout a été dit il y de cela une bonne décennie. Si tu espères quelque chose d'autre de ma part, continue donc d'espérer, parce que je ne te dois rien. » Espérer. Oui, espérer. Comme cet espoir qu'elle lui avait donné concernant son fils. Comme cet espoir qui l'avait anéanti.
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MessageSujet: Re: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Lun 23 Mar - 15:20

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when the days are c o l d and the cards all fold. and the saints we see are all made of gold. when your dreams all fail and the ones we hail are the w o r s t of all and the blood’s run stale. i want to hide the truth, i want to shelter you but with the beast inside there’s nowhere we can hide.w/idelle hawles & aries costello.

Le temps avait toujours eu une mystérieuse façon d’agir sur les blessures ; de passé à présent, les plus profondes estafilades devenaient cicatrices. Parfois, la peau en devenait plus résistante, se fondant dans la masse d’un jadis presque oublié ; d’autres fois, les réminiscences de plaie se couvraient de cette faible pellicule d’épiderme, friable et douloureuse lors de certains moments. Il en était de même pour l’esprit d’Aries : parfois apaisé par le large de l’océan – d’autres fois, il pouvait sentir le sel de la mer venir dévorer son âme tout autant que sa chair encore à vif. Plus d’une décennie déjà, qu’il trainait à chaque pas qu’il accomplissait, les conséquences de ses choix, les aléas de la destinée – avant tout cela, la vie lui avait parue si facile. Peut-être parce qu’il avait toujours eu ce talent grandiose pour s’adapter, s’adapter pour survivre à défaut de sombrer dans d’ineffable défiances à l’égard des siens. Au premier abord, épouser Serenity n’avait pas été son choix ; simplement une promesse murmurée entre deux arbres généalogiques aux longues branches, alors même qu’ils étaient bien trop jeunes pour songer à de telles préoccupations. Il s’était acclimaté à l’idée d’en faire son épouse : et le jour de leur mariage, tous les deux avaient fini par embrasser l’inéluctable, au même instant que leurs lèvres s’étaient trouvées sous les vœux faits au Bon Dieu, Serenity et Aries avaient cru pouvoir toujours avoir le cœur amoureux comme ils l’avaient eu. Qu’est-ce qu’ils étaient, maintenant ? Voilà près de deux fois qu’Aries voyait le Flying Dragon poser l’ancre au port de Nassau, sans même songer à retrouver sa femme – celle qui, pourtant, avait sacrifié bien des choses pour lui. Sans doute était-il simplement égoïste. Ou l’étaient-ils tous les deux, à se retenir l’un l’autre prisonnier de promesses d’avenir qui n’arriveraient plus jamais dorénavant. L’un comme l’autre avaient passé l’âge de nourrir l’espoir d’avoir des enfants : avec la mort de leur fils, Serenity et Aries s’étaient, somme toute, acclimatés à l’idée de n’être que tous les deux. Ou seuls, définitivement seuls. Car plus jamais depuis cette époque, ne s’était-il senti proche et intime avec sa femme comme il l’avait été auparavant, lors des premières, fugaces et grandioses années de leur mariage. Plus jamais n’avait-elle désiré sa présence ; et plus jamais n’avait-il ressenti un vide amer dès qu’il s’éloignait d’elle. Ces sentiments, il avait fini par les nourrir à l’égard d’une autre femme : c’était presque s’il avait connu une renaissance, quand il s’était senti à nouveau capable de souffrir par amour pour quelqu’un. Il choisissait pourtant volontiers de se noyer dans d’autres ressentiments que ceux déçus auxquels il n’avait que trop donné de chance : aujourd’hui, plutôt que de quitter le pont du navire d’Harley Oaken pour poursuivre la chimère de son passé, ou l’utopie d’un avenir, c’était une colère froide - un désir vengeur sur lequel il ne parvenait pas à mettre de nom - qui l’avait sorti de son inaction. Nassau ne semblait pas être une terre accueillante pour lui ; simplement le long défilé de ses jours passés, juste devant ses yeux. Quelle était cette main du Destin qui faisait graviter tant d’âmes dans un même endroit, pour chacune laisser son empreinte sur l’autre ? Etait-ce cela, Dieu ?

Aries avait fini par accepter, dix années plus tôt, au combien la cruauté du Tout Puissant était insondable et incompréhensible ; il en avait prononcés, depuis, des blasphèmes à l’égard de celui qui avait fait sévir sur Londres un hiver sans fin. Celui qui lui avait pris son fils. Bien souvent dans les songes qui le ramenaient à cette période fatidique, l’espagnol avait vu le visage d’Idelle la diseuse de bonne aventure, se dessiner sur le fond de sa rétine. Pendant un temps, il s’était demandé si elle avait un jour cru en Dieu, et s’était détourné de la voix du Seigneur comme il le ferait irrémédiablement, après cette longue et insupportable traversée du désert. Si elle aussi, elle était un Phénix, survivant aux abruptes épreuves imposées par Sa main toute puissante ; ou si simplement elle s’était jouée pendant toute son existence de tous ceux qui avaient la mauvaise idée de croire en quoique ce soit. Ce n’était pas faute pour lui d’avoir appris les rudiments de la science avec son père, un homme savant sur bien des points. La dévotion de sa mère au Bon Dieu avait toujours été une inspiration sans faille aux yeux du jeune homme qu’il avait été – une grossière erreur, à présent, se rendait-il compte. Dieu n’avait pas sauvé son époux, ni son premier fils. Dieu n’avait pas offert au Costello la chance d’avoir ce destin donné aux plus pieux. Ne l’avaient-ils pas été assez ? Jamais il n’avait ressenti la moindre pitié pour la jeune femme aux cheveux presque blancs de ses souvenirs ; peut-être avait-il lui aussi, été en quelque sorte Dieu – impitoyable dans son incapacité à pardonner. Encore aujourd’hui, une décennie plus tard – bien plus que tous les jours que son enfant avait passé sur terre. Beaucoup de temps pour éprouver tant de haine au fond de ses entrailles, la refouler encore et encore en essayant de ne jamais plus imaginer le visage affligé de son épouse. Le sentiment que cela faisait, de sentir l’espoir exploser en mille morceaux dans ses entrailles. A quoi bon l’avoir suivie ? Car au fond, le pirate savait déjà que rien de ce qu’elle ferait ou dirait ne pourrait aider sa cause, ou permettre un tant soit peu à cette révulsion si profonde de s’envoler. Il n’avait pourtant jamais eu l’âme d’un meurtrier, ne désirant pas laisser son âme sombrer dans les abysses de l’Enfer vengeur, quand bien même il en aurait eu toutes les raisons. L’Empire Britannique, cette diseuse de bonne aventure : aux défiances de sa vie, Aries ne pouvait que répondre par l’envie irrémédiable de survivre, de vivre – de consommer avec délices. Et maintenant ? La question de la jeune femme au regard défiant, eut un écho indésirable dans chaque fibre du corps de l’espagnol ; pendant un instant, un seul fugace instant, il laissa glisser sur son visage l’empreinte de ses doutes. La lourdeur du passé qu’il ne pouvait changer. La bêtise avec laquelle il l’avait crue lorsqu’elle lui avait fait miroiter les espoirs dont il avait eu tant besoin. La façon dont Serenity et lui s’étaient éloignés : quelque part, il ne pouvait que regretter cela – peut-être bien que sa vie aurait pu être différente si un élément de leur vie avait été changé de leur cours initial.

Mais dès que ragaillardie, Idelle semblait être indomptable et ses paroles eurent tôt fait d’aller trop loin, les mots ayant glissé avec tant d’aisance dans l’esprit du pirate se répercutèrent, encore et encore dans son esprit. Le temps lui parut s’envoler, les circonstances de ses actes n’être que d’une moindre importance : laisser le passé au passé. Etait-ce vraiment du passé pour lui ? Etait-elle indifférente au sort des autres pour penser de telles choses ? N’avait-elle jamais perdu personne ? Dans la froideur de toute la stature qu’elle tentait de se donner, Aries ne laissa guère place au doute, ou à l’envie qu’il aurait pu avoir de laisser la moindre chance à Idelle de faire apparaître quelque compassion que ce soit. D’une poigne sèche, il emprisonna le poignet de la jeune femme, la privant de toute échappatoire au moment de la repousser sans vergogne contre le bois de la porte qu’elle aurait dû passer sans prononcer une parole. Voilà qu’ils étaient si près, suspendus l’un au souffle de l’autre, les yeux sombres d’Aries sondant les profondeurs de ses azurs – il était curieux de constater au combien elle avait le regard clair, quand bien même son âme était plus noire que les abysses de l’océan. « Il y a des choses qui n’appartiennent jamais au passé. » gronda-t-il entre ses mâchoires serrées, ses dents crispées à l’en faire mal ; chaque muscle de son corps tyrannisé par les paroles de la jeune femme, jusqu’au bout de ses doigts qui enserraient une prise assassine sur le frêle bras de la blonde. Pourtant personne ne venait à son secours ; et d’aucun l’aspect fragile de la jeune femme n’éveillait la bienséance qui habitait les souvenirs d’Aries. Lui qui avait toujours respecté sa mère, qui avait protégé ses sœurs plus que tout ; il lui était difficile d’évaluer combien il pouvait détester la femme en face de lui – si tant est que ce soit vraiment le cas, plutôt que de se détester lui-même pour avoir été si faillible dans les temps désespérés qui avaient amené la mort de son fils. « Tu ne sais rien de ce que peut bien être l’espoir. Si ce n’est comment l’écraser pour les autres. Tu as fini par devoir fuir Londres à cause de toutes tes trahisons ? » presque malgré lui, un sourire torve vint teinter de ténèbres son visage ; ce n’était pas dans ses habitudes de se repaitre du malheur de quelqu’un – elle l’avait fait, elle pourtant, dix ans auparavant, subtilisant l’or de l’homme qu’elle avait poignardé dans le dos de la plus vile des façons. « Je n’attends rien de toi. Tu me répugnes. » et à nouveau il décrocha un regard droit dans les yeux de la jeune femme, avant de la relâcher, la moiteur de ses mains baignées par la hargne se révélant à lui. Il recula d’un pas, la dévisageant. « Tu ne seras jamais rien de plus qu’une menteuse… et une voleuse. Je ne sais pas où est Harley, mais tu ferais mieux de rester loin du Flying Dragon- » il s’interrompit, son regard voguant un instant sur la silhouette de la jeune femme ; il savait instinctivement ce qu’Harley Oaken pouvait bien chercher en la compagnie d’Idelle – elle pouvait être aussi diseuse de bonne aventure qu’elle le voulait, elle était une femme avant tout. Charmante, aurait-il pu dire, si elle ne le dégoûtait pas autant, éternellement enchaînée à ces desseins d’existence qui le hantaient. « On sait tous les deux ce que valent tes prédictions. Et je ne voudrais pas me retrouver à couler en pleine mer à cause de toi. » le cercle vicieux de l’ironie serait complété, s’il devait finir sa vie ainsi, noyé dans une tempête à cause d’une prédiction émise par la diseuse de bonne aventure qui l’avait amené à croire que son fils vivrait, malgré tout. Un sarcasme du destin qui aurait presque pu le faire sourire, mais son visage semblait avoir fondu à nouveau dans le marbre glacial qui avait paralysé tout son être lorsque la réalité s’était rabattue sur lui avec lourdeur, dix ans plus tôt.

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breathe in the light and say goodbye ≈ since I was young, I knew I'd find you, but our love was a song sung by a dying swan. and in the night you hear me calling, you hear me c a l l i n g. and in your dreams you see me falling. breathe in the light, I'll stay here in the shadow waiting for a sign, as the time grows.


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MessageSujet: Re: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Mar 24 Mar - 21:27

you can't rewrite the past
La diseuse de bonne aventure voulait à tout prix éviter cette conversation. Une discussion qu'elle ne souhaitait pas aborder après tellement d'années. Elle ne se voilait pas la face, loin de là cette idée. Elle était consciente de l'erreur qu'elle avait commise par pure égoïsme. Mais pouvait-on réellement la blâmer de cet acte ? Elle venait à peine d'atteindre les vingt ans. Vingt années à fouler les terres de Grande-Bretagne, notamment les ruelles londoniennes et sa banlieue environnante. Et durant ces vingt hivers, elle n'en avait passé que neuf qui en valaient la peine. Les onze autres se traduisaient par une détermination à survivre, par tous les moyens et procédés dont elle pouvait user. Voler, arnaquer. Sa dextérité, sa petite taille et ses rondeurs inexistantes à l'époque lui avaient permis de se faufiler aisément chez les commerçants afin de prendre quelques unes de leurs provisions. De tendre le bras et de glisser ses doigts fins dans des poches dont le tissu avait une valeur plus importante que les pièces qu'elle collectait illégalement. Une vie bien misérable qui prit un autre tournant lorsque ses dons apparurent. Elle se souvenait très bien de sa première vision, celle qui l'avait détaché du monde réel et qui l'avait emmené dans des rêveries alors qu'elle était postée au milieu d'une rue londonienne, en compagnie d'une femme âgée. Elles s'aidaient mutuellement. Et Idelle avait bien vu la mort de sa protectrice. Elle l'avait vu, elle l'avait ressenti et quand elle parvint à atteindre la réalité, elle avait observé la vieille femme qui se tenait devant elle, l'air songeur et se demandant sûrement ce qu'il venait d'arriver à Idelle. Cette dernière lui avait demandé si elle se sentait bien, si elle n'avait pas besoin d'aide pour d'autres choses que porter des courses dans d’innombrables paniers. Elle lui avait assuré que non, qu'elle pouvait encore se débrouiller. Quelques jours après, elle fut retrouvée sans vie à son domicile miteux. Et c'était ainsi que l'adolescente aux cheveux blonds comprit qu'elle n'était pas folle. Qu'elle ne perdait pas la tête. Qu'elle n'était pas malade. Mais qu'elle possédait simplement un pouvoir hors du commun. Et qu'elle devait l'utiliser pour sa propre survie. En faire un business, se remplir les poches grâce à ces services qui permettaient de voir l'avenir d'autrui. Dans les cartes, en examinant les lignes de la main ou encore mieux, en ayant des visions au simple touché de l'individu ou d'un objet lui appartenant, Idelle pouvait prévoir les desseins de chacun. Plus ou moins. La maîtrise de l'art était bien plus complexe qu'elle ne l'avait imaginé. Elle ne contrôlait rien. Elle avait des visions lorsqu'elle ne souhaitait pas en avoir, elle touchait un objet et elle voyait des choses dont la signification était obscure. Elle confondait ses cauchemars avec ses prédictions. Et inversement. Dormait-elle ? Durement. Il fut un temps où elle essaya de se retirer de la société. De toute cette foule, cette abondance d'esprits qui venaient s'inviter dans le sien, pourtant si chétif. Parfois, elle se demandait pourquoi elle. Pourquoi ne pouvait-elle pas être normale, sans pouvoirs, à vivre sa vie de vagabonde ? Sans avoir à souffrir pour les autres. Ces prévisions la hantaient. Il y en avait certes des bonnes, mais celles-ci étaient facilement oubliables. Les mauvaises, c'était une autre histoire. Les mauvaises, elles gravaient l'âme d'Idelle de cette douleur et de cette crainte, puis elles ne s'en allaient jamais réellement. Elles restaient, pour lui rappeler à chaque instant qui elle était. Pour lui rappeler qu'elle avait entre ses paumes, une puissance bien plus grande que ce qu'elle croyait. On ne jouait pas avec ce genre de capacités. Ou si on le faisait, on le faisait dangereusement. On devenait comme ceux qui se prétendaient voyants alors qu'ils n'avaient aucun pouvoir quelconque. On ne valait pas mieux, si ce n'était pire. Idelle avait fait partie de ce genre d'individus. Elle soutirait de l'argent aux plus naïfs et désespérés en leur disant ce qu'ils souhaitaient entendre. C'était facile. Un chemin où les embûches avaient été préalablement mis dans les bas côtés. Chacun y gagnait. Idelle pouvait recevoir une certaine somme qui lui permettait de vivre une journée de plus. Son client retrouvait cet espoir perdu, ou cette joie qui l'avait abandonné. Néanmoins, les deux partis n'étaient pas égaux dans la finalité. Si Idelle pouvait s'enjouer de vivre grâce à ses magouilles sans fin, l'autre ressentait ces merveilleuses sensations de bonheur durant un temps limité. C'était ce qui était arrivé avec Aries.

Ce dernier, sans aucune honte, prit le poignet d'Idelle. Elle ne tenta pas de se débattre, sachant qu'inévitablement, ce serait de l'énergie perdue pour aucune raison. Néanmoins, elle ne cilla pas et garda son regard dans celui du pirate. Les yeux sombres de l'homme ne donnaient à la diseuse, aucun sentiment de peur ou de crainte. Elle n'était pas effrayée. Peut-être était-elle insouciante et qu'elle sous-estimait l'homme qu'elle avait en face d'elle ? Cet homme qui lui serrait l'un de ses poignets et qui eut l'audace de la faire reculer jusqu'à la paroi en bois de la porte d'entrée. Même si elle ne craignait pas grand chose de lui, elle aurait bien aimé qu'il lui lâche le poignet. Elle n'était pas une chose que n'importe qui pouvait se permettre de manier comme on le souhaitait, elle n'était pas un fantoche et ce, que ce soit physiquement ou mentalement. On ne la manipulait pas, on ne cherchait pas à lui faire des coups bas. On ne l'utilisait pas contre son gré. « Il y a des choses qui n’appartiennent jamais au passé. » La jeune femme arqua un sourcil avant de pencher sa tête vers la droite et ce, en haussant les épaules. Certainement. Il y avait toujours des souvenirs qui submergeaient l'instant présent. Mais ce n'était pas une raison pour vivre dans le passé alors que de nouveaux souvenirs étaient à créer. A quoi bon se souvenir de choses désastreuses ? A quoi bon être obnubilé par des événements antérieurs ? Tout ça, ça ne créait en rien des souvenirs inédits. Dans le futur, quelles seront les réminiscences de cet instant si l'on se bornait à s'emprisonner dans le passé ? Des souvenirs où l'on se souvenait d'autres souvenirs douloureux. « Tu ne sais rien de ce que peut bien être l’espoir. Si ce n’est comment l’écraser pour les autres. Tu as fini par devoir fuir Londres à cause de toutes tes trahisons ? » Idelle leva les yeux au ciel dans un soupire las. Toute cette haine qu'il dégageait et qu'il retenait en lui depuis toutes ces années. Elle était le bouc-émissaire parfait pour Aries. Si la diseuse de bonne aventure s'en était énormément voulue lorsqu'elle apprit de la bouche du pirate que son fils était mort, ce n'était désormais plus le cas. Autrefois, elle s'était blâmée. Si Dieu il y avait, alors il avait dû la punir de cette façon. Elle avait été sanctionnée à cause de ses simulacres répétés, de ses fabulations et de ses histoires pour attirer les clients. Elle avait pêché, comme diraient les croyants. Et sa sentence était bien plus cruelle que la Mort, frappant à la morte de son esprit afin de lui retirer son dernier souffle. En disant que le fils vivrait, en donnant de l'espérance à ce pauvre homme abattu qui n'avait plus d'autres échappatoires et d'autres solutions que d'aller voir une diseuse de bonne aventure pour soulager son essence, Dieu ou une quelconque autre force supérieure avait voulu lui montrer qu'elle ne devait pas prendre ses paroles pour de simples mots qui ne signifiaient rien. Les mots pouvaient rester en mémoire. Ils pouvaient donner du courage, mais aussi blesser. « Je n’attends rien de toi. Tu me répugnes. » Il la relâcha. Libérée de l'emprise du pirate, elle resta tout de même adossée à la porte en bois. Elle n'avait pas énormément d'options, si ce n'était se redresser, étant donné qu'il se tenait face à elle et que sa seule échappatoire aurait été de se replier dans sa maison. Il recula cependant. Elle devait être la définition même du dégoût à ses yeux. « Tu ne seras jamais rien de plus qu'une menteuse… et une voleuse. Je ne sais pas où est Harley, mais tu ferais mieux de rester loin du Flying Dragon- » Il s'arrêta, la toisant du regard, de haut en bas. Examinant rapidement les détails, les quelques courbes cachées sous une épaisseur de vêtements. Elle fronça les sourcils prête à lui dire de la regarder dans les yeux au lieu de balader ses prunelles sombres sur sa silhouette. « On sait tous les deux ce que valent tes prédictions. Et je ne voudrais pas me retrouver à couler en pleine mer à cause de toi. » Un autre soupir. S'il savait le nombre de fois où elle avait permis au Flying Dragon de survivre à des intempéries ou à des événements bien plus dangereux. Quand Harley retardait le départ de son équipage et lui sur la mer, c'était parce qu'elle le lui demandait. Quand elle lui donnait des conseils, alors qu'elle n'y connaissait pourtant pas grand chose, quand elle lui demandait de passer par d'autres chemins plutôt que ceux prévus à l'origine, il l'écoutait sans demander plus de précisions. Alors peut-être qu'Aries la prenait pour une menteuse, pour une vile créature dont les dires sont empoisonnés par l'égoïsme. Mais tout ça, c'était simplement à cause du contexte dans lequel ils s'étaient rencontrés. Idelle se redressa. L'attitude détendue et les traits du visage qui ne témoignaient d'aucune dureté, elle laissait son regard bleuté se perdre dans les sombres iris du pirate. Remplis d'une aversion profonde, elle pouvait presque apercevoir son reflet à l'intérieur si elle se concentrait. « Les souvenirs appartiennent au présent. Et au futur. Donc effectivement, il y a des choses qui n'appartiennent jamais au passé, puisque tu les trimballes avec toi durant toute ton existence. » Elle fronçait les sourcils. Non pas parce qu'elle était énervée, mais simplement parce qu'elle restait intriguée de la visite du pirate. « Tu tiens à peu près les mêmes propos qu'il y a dix ans. Cette haine, cette rancœur. Tu n'as donc pas avancer depuis tant d'années ? » Elle fit un pas vers l'avant, resserrant la distance qu'il avait précédemment élargie. Elle leva légèrement la tête pour pouvoir se concentrer sur les pupilles de l'homme. « La vie ne s'arrête pas parce qu'un être cher meurt. Et je peux comprendre le dégoût que tu as eu envers moi, il y a des années. Parce que je t'ai donné un espoir qui était inexistant, que je n'avais même pas cherché à me concentrer pour avoir une quelconque prédiction. Mais qu'est-ce que tu aurais fait si je t'avais dit de but en blanc que ton fils allait tout bonnement mourir et que personne. Oui, personne. Aucun Dieu, aucun miracle, n'allait l'aider à survivre ? » Ses traits se faisaient plus durs au fil de son discours. « Comme beaucoup, tu m'aurais dit d'aller me faire foutre, que je ne disais que des mensonges et que je faisais mal mon boulot. Pourquoi ? Parce que, comme ton Dieu qui ne te donnait aucune réponse à tes prières, je n'aurai donné aucun espoir à cette âme à la dérive qu'était la tienne. Ouais, donc, la finalité aurait été la même. Dégoût, haine profonde. » Elle détourna le regard puis le contourna afin de passer derrière lui. Elle regardait l'horizon et le paysage qui s'offrait à elle. Du côté des habitations, il n'y avait pas énormément d'agitations. L'essentiel du dynamisme de Nassau se situait dans les ruelles et dans les rues marchandes. Là où elle se situait, elle était dans le calme et la tranquillité, peu importait l'heure de la journée ou de la nuit. Enfin, il y avait toujours des exceptions à la règle. « Voleuse et menteuse... Les gens changent, Aries. » dit-elle en retournant les talons afin de l'observer. « Dans mes souvenirs, tu vivais en Grande-Bretagne. Plutôt fortuné, compte tenu des pièces d'or que tu possédais. Maintenant, tu vis à Nassau et t'es sur le Flying Dragon. Et pour ta gouverne, tu devrais plutôt nous remercier, moi et mes prédictions, pour avoir sauvé le Flying Dragon de quelques caprices de la Nature. Si j'étais restée à Londres, vous seriez déjà tous dans les profondeurs de l'océan depuis un an. Et figure toi que j'ai fui la capitale à cause de la précision de mes visions. » Elle ne cherchait pas la reconnaissance. Elle n'appréciait simplement pas que l'on rabaisse ses compétences. La première fois qu'elle avait posé le pied sur le Flying Dragon, elle leur avait évité une fin désastreuse au fond de l'océan. Et cette première fois, ne fut pas la dernière. Elle s'avança à nouveau. « Si être ton bouc-émissaire te soulage, c'est avec plaisir que j'endosse ce rôle. Libère donc toute cette haine, tu repartiras le cœur léger. » lança-t-elle un brin amusé. Elle esquissa un sourire, étirait légèrement ses lèvres. Elle avait envie de lui demander s'il avait fini, s'il pouvait partir. S'il pouvait retourner sur le pont du Flying et ne plus jamais revenir devant chez elle. Parce que derrière ce visage indifférent qu'elle arborait, il y avait cette fille qui avait encore honte de ses actes. Mais ça, elle ne l'avouerait pas. Jamais. Elle s'était excusée déjà des milliers de fois, et ne comptait pas recommencer en sachant que cela ne mènerait simplement à rien.  
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MessageSujet: Re: you can't rewrite the past ≈ aries & idelle    Mer 25 Mar - 3:02

all for those the gods have taken

when the days are c o l d and the cards all fold. and the saints we see are all made of gold. when your dreams all fail and the ones we hail are the w o r s t of all and the blood’s run stale. i want to hide the truth, i want to shelter you but with the beast inside there’s nowhere we can hide.w/idelle hawles & aries costello.

Aries était un homme du passé ; irrémédiablement, tout ce qui faisait son être n’était qu’un enchevêtrement d’événements qui l’avaient amené ici. Le lieu de sa naissance, les origines de ses parents, la profondeur des racines de l’arbre généalogique des Costello. Son mariage, son engagement sans faille à l’égard de la Marine de l’Empire Britannique. La mort de son fils, la destruction lente et douloureuse de son lien privilégié avec Serenity. Trahison, trahison, trahison. Trop de foi placée en des mauvaises âmes ; celle du bourreau qui avait pendu son père et son frère, celle de tous ses supérieurs hiérarchiques qui avaient sans cesse calculé pour l’amener à la potence lui aussi. Dieu, qui avait tant amoncelé de ses tributs à payer sur l’existence du pieux espagnol qu’il avait été : certains diraient que le Tout Puissant ne teste que ceux qu’il croit dignes d’affronter les épreuves les plus dures. Ceux qu’il voit comme à même de recevoir son Salut. Sur lui, Aries ne sentait plus couler ni Salut, ni Grâce divine. Aucun des événements qu’il n’avait vécus ne l’avait rapproché du Seigneur, ni même d’une volonté d’appartenir encore à l’Eglise qui avait fourni tant d’excuses à la couronne Britannique pour le poignarder dans le dos. A cela, dans tout ce qu’il avait connu, la religion ne s’était présentée que comme une vaste supercherie qu’il avait tôt fait d’oublier. La science avait fini par être son seul salut, les assurances d’Aries reposant uniquement sur ce que les livres lus avec son père lui avaient enseigné : la politique, l’ingéniosité, les mathématiques, l’astronomie. En cette vaste planète, dans le firmament si lointain, il n’y avait ni Dieu ni surnaturel qui trônait – simplement l’impressionnante marche d’un monde que l’homme ne voulait guère voir si vaste. On découvrait encore aujourd’hui des terres plus vastes et plus riches que ce que l’on aurait pu imaginer, fut un temps ; n’était-ce pas là, la preuve que ni la Main de Dieu, ni l’appel lascif des sirènes ne guidait les marins ? Simplement, le talent des corsaires, l’œil affuté du navigateur habitué à la ligne d’horizon. La soif sans fin de l’homme qui découvre. L’homme. Juste l’homme. Ils étaient seuls ; Aries avait appris cette leçon bien plus tôt qu’il n’aurait cru pouvoir l’accepter, lorsqu’il n’y avait eu que le silence pour combler l’absence de l’enfant qu’il avait eu avec Serenity. Lorsqu’aucun Dieu ne lui était apparu ou n’était apparu aux yeux de sa femme pour les sortir de l’Enfer où ils avaient sombré. Serenity s’était tantôt laissée affamée pendant des jours, d’autres fois, elle n’avait pas dormi des nuits durant, sanglotant dans le silence de la nuit, persuadée que son époux était incapable de l’entendre. Ou même de ressentir avec la même force l’absence de leur fils. Pouvait-il seulement la blâmer ? Dans tout cela, il était celui à blâmer, si prompt à reprendre la mer alors même que sa femme n’était plus qu’un spectre sans couleur. Si prompt à l’abandonner plutôt que d’affronter le regard froid et haineux qu’elle posait sur lui ; elle l’avait détesté un temps, pour ne pas détester la vie. Et il l’avait accepté, en quelques sortes, préférant se dérober à son regard, fuir à des milles de la terre plutôt que de s’assujettir à son rôle d’époux. Bouc émissaire. Porteur de peine.

Parce que ni lui, ni Serenity n’avaient été à blâmer pour ce qu’il s’était passé. Ni l’Empire Britannique. Ni l’hiver qui n’avait fait que passer. Ni le vent qui n’avait fait que couler. Pas même la diseuse de bonne aventure à qui il avait offert une confiance aveugle et stupide. Désespérée. Il avait été profondément désabusé lorsqu’il s’était retrouvé face à Idelle ; force était d’admettre qu’elle l’avait captivé pendant un instant. Avec sa peau si blanche, ses cheveux clairs comme une lune haut dans le ciel, ses yeux d’un bleu cristallin ; elle avait eu cette allure mystique, un halo divin qu’il lui avait donné rien que pour se raccrocher à quelque chose. Parce que si sa femme s’était déjà perdue dans les abysses du chagrin, il ne pouvait pas en faire de même, au risque qu’ils finissent par tout perdre, engloutis. Et il savait à nouveau pourquoi sa colère à l’égard d’Idelle était si froide et impétueuse, si apte à renaitre de ses cendres dix ans plus tard alors qu’il la revoyait ; ce n’était pas à cause de ce qui était arrivé. Pas parce que son enfant était mort ; elle n’aurait rien pu changer à l’infection qui avait glissé jusque dans les poumons du nouveau-né, elle n’aurait pas pu chasser l’hiver rude qui s’était installé dans les rues londoniennes. Personne n’aurait pu sauver son fils. La réalité était doucement tombée dans son âme et dans son corps, Aries l’avait laissée s’ancrer en lui à mesure qu’il avait parcouru les mers. Que les mois, les années avaient passé. Et parfois, lorsqu’il errait, et qu’il voyait un enfant aux cheveux noirs, courir accroché aux bras d’une femme, il avait pensé à son fils à lui. Mort avant de vivre. La colère était devenue nostalgie, parfois piquée au vif par l’alcool ou l’attitude - qu’il avait finalement jugée exaspérante - de sa femme. Seul Dieu pouvait refaire le monde. Et Dieu n’existait pas. En dix années, il avait changé ; mais dix années ne suffisaient pas à effacer les cicatrices profondes laissées par la vie. Survivre avec son passé ne revenait pas à complètement l’oblitérer dès qu’un nouveau jour se levait. Si Idelle était elle-même si prompte à oublier ce qu’elle avait été, ce n’était pas le cas de tous. Pas son cas à lui, qui chérissait tant de moments heureux dans sa vie ; des moments qui se rattachaient à l’Empire Britannique, et l’image de cet empire était désormais si polluée à ses yeux, que tout était empoisonné dans sa mémoire. Vivre dans la haine de son prochain revenait à vivre dans le péché, il le savait, pour avoir tant de fois entendu les litanies des paroles de Dieu. Il n’en restait pas moins, qu’au final, hormis pour une poignée d’âmes, Aries n’avait cure du reste du monde – pire, il lui arrivait bien souvent de le mépriser. Dans l’éducation noble qu’il avait reçue, Aries avait toujours su au plus profond de lui que mépriser les menteurs qui basaient leur empire sur la foi d’autrui était la cause la plus noble qui soit. Bien souvent, il avait observé dans les rues de Londres, d’autres gens tomber dans les filets des diseuses de bonne aventure qui demandaient des prix exorbitants pour déblatérer des mensonges tous plus incohérents les uns que les autres. Et personne n’avait jamais rien vu.

Et Aries lui-même n’avait pas vu la supercherie d’Idelle lorsqu’il était tombé dans ses filets à elle. Peut-être était-ce lui et la stupidité passagère dont il avait fait preuve, qu’il détestait dans ce contexte. Mais à l’égard d’Idelle il n’avait ni respect, ni reconnaissance. Qu’elle se persuade d’avoir épargné ses sentiments, si cela lui permettait d’affronter chaque journée. Mais ils savaient tous les deux où reposaient ses véritables torts : ceux d’avoir regardé dans les yeux d’Aries pour y voir une âme brisée, une âme au bord du gouffre. Et de s’être nourrie de ce désespoir. D’avoir amassé de l’or dans l’instant d’égarement dont le noble plein d’or avait fait preuve. De n’avoir eu aucun égard pour lui, alors même que lentement mais sûrement, chaque fondamental de son existence s’effondrait, sa foi s’envolait, son mariage explosait. Son fils mourait. Ayant pivoté sur ses pieds dans le même mouvement enclenché par la jeune femme qui l’avait contourné, Aries prit un instant pour la dévisager ; certes, peut-être n’était-il que dévorer par de vieux ressentiments. Qu’elle était passée à autre chose : après tout, elle semblait ne plus manquer de rien, même avoir une petite maison à Nassau pour assurer son quotidien. Elle n’était plus la famélique créature qu’il avait presque prise en pitié au moment où elle lui avait redonné tout l’espoir du monde. « Tu découvriras bientôt qu’un espoir déçu est pire que de ne plus avoir d’espoir du tout. » releva-t-il en la toisant d’un regard ; aussitôt, il se sentit le besoin d’ajouter, comme s’il se préoccupait un tant soit peu de ce qu’elle pourrait penser. « Ce n’est pas une menace. Simplement la vie telle qu’elle est. » c’était là le principe fondamental de l’être humain ; toujours se nourrir d’espoir – l’espoir d’appartenance, l’espoir d’amour, l’espoir de vivre. « Tu ne me connais pas. Et tu ne peux pas prétendre avoir appris des choses sur moi sur les rares tête-à-tête que nous avons eus. » il fit à son tour un pas pour se rapprocher d’elle, la défier d’un regard comme s’il lui proposait silencieusement d’émettre une prédiction sur sa vie pour prétendre le contraire. « Et tu n’as jamais essayé. Je suppose que ça a rendu les choses plus simples ; quand tu as accepté mon argent en sachant pertinemment que tu n’avais fait qu’alimenter un espoir vain. » il aurait dû le savoir, après tout. Tous les médecins consultés par sa famille avaient annoncé qu’il n’y avait rien à faire, à part prier. Prier signifiait prier pour le Salut de l’enfant, prier pour qu’il soit accueilli par Dieu dans son ciel si vaste. Il avait été dit au moment de mettre son fils en terre, que Dieu rappelait au plus tôt, à lui les âmes qu’il avait le plus en affection ; et l’amour de Dieu envers l’enfant avait dû être incommensurable pour que le Tout Puissant fasse preuve d’égoïsme au point de refuser à Serenity le droit d’être mère. « Je suppose que tu as appris depuis longtemps à te dire ce que tu voulais, pour alléger ta conscience. Sinon de nombreux démons viendraient te poursuivre dans ton sommeil. Tu sais ce dont je parle. Je ne parle pas de haine. Tous les hommes et toutes les femmes que tu as regardé droit dans les yeux comme moi, pour leur mentir. » il s’interrompit un instant, leurs regards s’échangeant quelques éclats de défiance.

« Tu peux avoir changé, cela n’efface en rien ce que tu as fait, à une époque. Tu m’as conduit dans le sentier dangereux de la colère, mais qu’as-tu fait à d’autres ? Ne t’es-tu donc jamais posé la question, prétextant encore et encore que le passé restait au passé ? » un rire sans joie, torve et murmuré passa ses lèvres. « As-tu vraiment quitter Londres à cause de la véracité de tes visions ? Ou parce que tu comptais faire peau neuve après tout ce qui habite chaque rue de la capitale dans tes souvenirs ? » Il finit par soupirer, détournant le regard le temps de trouver la ligne d’horizon, là, au-dessus des toits branlants des maisonnettes de la rue. « Je ne te déteste pas. » ajouta-t-il comme une certaine sentence s’écrasant juste entre eux. C’était une vérité nouvelle pour eux deux ; Aries avait profondément creusé dans ses songes pour y trouver la réponse. Il détestait ces jours lointains qui avaient amené la mort de son fils. Il détestait ce que Serenity et lui étaient devenus à cause de cela. Il détestait la façon dont il était sorti si volontiers de la vie de sa femme alors qu’il aurait dû combattre. Mais finalement, tout ceci avait amené d’autres choses ; tant de choses qu’il idolâtrait au plus profond de son être. Comment détester quelqu’un dont il ne connaissait pas grand-chose, qui plus est ? Aries avait parfois tenté d’alléger la peine qui reposait sur la tête d’Idelle à chaque fois qu’il songeait à elle ; elle n’avait pas eu l’air d’avoir de quoi vivre confortablement, quand ils s’étaient rencontrés. Il aurait toujours préféré donner ses pièces à une Idelle mendiante. « Il semble surtout que le Destin continue de nous faire nous croiser. » toujours cette main pernicieuse qui avait fait d’eux ce qu’ils étaient. « Je peux aussi regarder le ciel et prédire le temps qu’il fera dans une heure ou dans un jour. » la formation maritime coulait si profondément dans ses veines ; Aries avait toujours l’habitude de regarder le ciel à l’aube, la couleur du voile au loin. Il analysait les vents qui frappaient les voiles du Flying Dragon ; sciences, toujours de la science. « Peut-être bien que tu as sauvé ma vie, un jour. Ça ne change rien au fait que tu as forgé la destinée de certaines personnes avec des mensonges. Un jour. Et que tu pourras le refaire un jour. Des dizaines de vie suspendues à ton bon désir. Je veux juste que tu saches que si ça devait arriver, je survivrais contre toutes tes prédictions, rien que pour revenir jusqu’ici. Et te faire payer toutes les dettes que tu dois. » un nouveau sourire narquois éclaira son visage, comme pour alléger le poids de ses paroles. « D’ailleurs, je n’étais pas sur le Flying Dragon il y a un an. Tu aurais dû le savoir si tu es si clairvoyante. » il n’avait plus foi en grand-chose, dorénavant ; Idelle avait signé le premier jour de leur rencontre, l’assurance définitive que jamais les diseuses de bonne aventure ne seraient des êtres en qui Aries placerait sa foi à nouveau. Curieusement, maintenant, il se plaisait à agir selon sa propre ligne de conduite, sa propre Bible de fonctionnement ; survivre à tout prix, à sa façon. C’était bien ça qu’il fallait pour être ce qu’il était devenu. Un pirate, un traitre, un solitaire.

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breathe in the light and say goodbye ≈ since I was young, I knew I'd find you, but our love was a song sung by a dying swan. and in the night you hear me calling, you hear me c a l l i n g. and in your dreams you see me falling. breathe in the light, I'll stay here in the shadow waiting for a sign, as the time grows.


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