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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle

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MessageSujet: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Mar 17 Mar - 23:21

O' Lazarus how did your debts get paid ?


La vie de pirate a ses aléas, comme toute vie, en somme. Il y a des avantages, il y a des inconvénients, et au final, on doit faire avec. Aller au delà de bien des idées reçues, de bien des comportement superstitieux. Si, à la moindre anicroche, on baisse les bras, alors autant se jeter à l'eau tout de suite. Ou même mieux, s'enchaîner la cheville sur l'ancre, histoire de couler à pic au fond de la mer, et d'être bien sûr que les sirènes viendront vous bouffer. Et si ce n'est pas elle, et bien le kraken, alors. Ou les requins. Ça a toujours faim, les requins. Il faut dire qu'en mer, il n'y a pas d'échappatoire possible. On ne peut pas vraiment s'écarter, se planquer, faire comme si on n'avait jamais été là et que l'on n'était pas du tout au courant de la présence de certaines autres personnes autour de nous. Dans nos environs proches. Il faut savoir gérer ses soucis, les mettre au fond de son sac, s'asseoir dessus, ou les garder de côté pour quand l'on reviendra à terre afin de les laisser à nouveau ressortir au grand jour et de pouvoir s'en occuper à cet instant là. A cet instant et à cet instant là seulement, et pas avant. Ce n'était bien sûr pas évident, mais si l'on n'y parvenait pas, et bien, encore une fois, qu'est-ce qu'on foutait à faire sur un bateau pirate ?! Ankaa était de ces êtres au sang chaud, capable de vite s'emporter, et de laisser exploser des relents de fureur si considérables qu'on pouvait se demander comment un être comme le sien arrivait encore à ne pas imploser. Mais elle avait aussi la tête sur les épaules, et suffisamment de jugeote, et de recul, aussi, malgré son relatif jeune âge, pour savoir gérer ce qu'il y avait à gérer. Autant dire que les retours sur terre, et tout spécialement à Nassau, étaient pour elle aussi une vraie source exutoire. Elle aimait Nassau. Elle y serait sans doute née, si Français et Espagnols n'avaient pas transformé la ville en vrai bûcher à ciel ouvert. En tout cas, elle y avait vécu un petit paquet d'années, largement suffisant pour qu'elle s'y sente chez elle.

Sauf lorsqu'elle faisait certaines rencontres. A Nassau, il était évident qu'il était plus aisé de faire un pas de côté, et d'aller ailleurs, dans une autre ruelle, dès que l'on savait près de soi une présence non désirée. Un peu redoutée, aussi. Mais au marché, c'est plus compliqué. Il y a toujours bien plus foule. Et, étrangement, c'est surtout quand on veut se tirer qu'on remarque l'affluence. Pourtant, les autres fois, celles où on ne désire pas plus que ça mettre un terme à ses déambulations, on ne remarque pas autant cette présence concentrée. Question d'observation, sans doute. Ou de contexte, surtout. Ankaa n'était pas supersticieuse. Pour ainsi dire, elle était tout le contraire. Nombreux étaient ceux qui croyaient en un dieu. Pour elle, c'était très lointain, ça. Parce qu'elle n'avait pas été élevée ainsi, qu'elle pensait plus aux êtres l'ayant précédés et qui étaient censés veiller sur elle, de tout là-haut. Ou aux divinités un peu païennes en lesquelles croyaient certains êtres non européens. Elle n'était de toute façon pas européenne, elle. De souche, certainement, mais l'arbre qu'elle était avait surtout fait ses racines sur les terres caribéennes, et nulle part ailleurs. Elle n'était donc pas des plus aptes à croire, yeux grands ouverts, à toutes ces histoires de malédiction. Mais certaines personnes, elle, y croyaient dur comme fer. Quitte à vouloir l'embarquer dans leurs divagations. C'était ce que c'était, pour elle, des divagations. Rien de plus rien de moins. Elle se disait que certains êtres feraient mieux d'ouvrir grand les yeux pour voir la réalité des choses, la réalité du monde. Ou arrêter de s'exposer à des fumées trop enivrantes et hypnotiques. Pourtant, cette blonde, qu'elle avait déjà croisé, ne lui avait pas semblé avoir les yeux piqués de sang, comme lorsque trop de fumée pénètre jusque contre vos iris. Mais elle avait quand même tiré une sacrée tête, et tenu des propos déplacés. Suffisamment déplacés pour qu'Ankaa ait peine à se retenir de lui en coller une pour lui remettre les idées en place.

Elle était de retour, cette blondasse aux paroles complètement timbrées. Et Ankaa n'arrivait pas exactement à se frayer un chemin hors de la foule, plutôt portée vers cette silhouette redoutée. Ce n'était pas qu'elle avait peur, c'était juste qu'elle préférait ne pas retenter l'expérience, très désagréable. Tenez, rien que d'y penser, un goût amer semblait lui envahir le palais, rendant la moindre déglutition pénible et contraignante. Génial, maintenant, à force d'être bousculée, et repoussée après avoir écrasé des pieds et donné des coups de coude, Ankaa n'avait rien réussi à obtenir d'autre que de se retrouver face à elle. La fille aux yeux grands ouverts. Celle qui lui avait prédit tout sauf des joyeusetés concernant son fils. Celle, surtout, qui avait insidieusement infiltré des inquiétudes maternelles dans l'esprit de la pirate; Celle qui avait demandé à ce qu'Ankaa lui amène son fils, histoire de préciser ses prédictions. Ankaa n'avait rien payé, là où d'autres devaient bien aller volontairement consulter cette illuminée. Mais après tout, elle n'avait rien demandé, lors de leur encontre; C'était l'autre, là, qui l'avait frôlée, un peu percutée, avant de lui attraper le poignet pour la retenir, et se transformer en espèce d'oracle de Delphes. A Delphes, ils mâchaient des choses étranges, et baragouinaient des inepties sans sens, aussi. Mais devant cette chevelure si blonde, et ce teint si peu hâlé, Ankaa doutait fort d'avoir à faire à une descendante hellénique ... Elle pouvait continuer d'avancer, pour quitter cette présence non souhaitée. Mais elle n'aurait d'autre choix que de la percuter, et pour un peu que cela déclenche quelque pseudo nouvelle prédiction ... Ankaa était bien dans la merde, entièrement piégée. Elle n'allait pas y couper, c'était sûr, d'une façon ou d'une autre. Alors autant ne pas reculer, et ne pas fuir. Plus maintenant, à présence que celle qu'elle considérait comme une menace était face à elle. Elle était tout de même la fille du Capitaine Hessarian, que diable ! Le même type qui avait défoncé un bateau de la Navy et coulé son propre navire au lieu de fuir et de sauver sa peau.
    « Ne croyez pas que je vous ais rejointe par envie. On m'a poussée jusqu'à vous, je n'ai pas eu le choix. »

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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Mer 18 Mar - 23:38

O' Lazarus, how did your debts get paid ?
Rejoindre la capitale des Bahamas avait été un nouveau départ pour la diseuse de bonne aventure qui avait subi de nombreuses menaces sur sa terre natale. La Grande-Bretagne avait connu sa période de chasse aux sorcières et les citoyens de la communauté anglaise ne savaient apparemment pas faire la distinction entre ce genre d'individus et ceux qui pratiquaient la voyance. Elle avait fui et avait tout recommencé depuis le début afin de reprendre de bonnes bases. Et elle était plutôt fière de ce qu'elle avait construit sur ces îles. Elle était indépendante et restait une jeune femme honnête. Elle ne volait plus, elle ne pillait pas les plus riches. Elle se contentait de gagner sa vie en donnant quelques séances de voyance à ceux qui le souhaitaient et malgré les appréhensions qu'elle avait éprouvé les premières semaines, elle s'en était bien sortie. Depuis l'année précédente, elle s'était bâtie des habitudes, avait rencontré d'innombrables personnes qui étaient tous aussi différents les uns que les autres et elle s'enjouait à faire la connaissance d'autres inconnus. Elle appréciait tout particulièrement les voyageurs qui posaient pour la première fois le pied sur cette terre de liberté. Ils étaient à la fois surpris, mais aussi heureux de découvrir ce côté-là de la vie. L'atmosphère joyeuse dans la Taverne, malgré les querelles entre une poignée d'hommes qui souhaitaient se montrer, était toujours au rendez-vous et amusait la galerie. Le rhum coulait à flot, et il en était de même pour les femmes de joie qui avaient de quoi se mettre sous la dent. Les voyageurs et les pirates étaient ceux qui faisaient fonctionner le commerce, bien plus que certains fermiers qui se tuaient à la tâche et qui n'arrivaient toujours pas à vivre dans de bonnes conditions. Idelle avait eu la chance de se construire une réputation afin d'avoir des clients réguliers, elle était certainement l'une des seules diseuse de bonne aventure que les gens appréciaient et respectaient un minimum. Ils ne la prenaient pas pour une psychopathe, pour une femme avec des problèmes mentaux graves. Contrairement à l'idée généralisée, les voyantes n'avaient rien de physiquement spécial. Du moins, c'était le cas de la jeune blonde. Elle s'habillait normalement, comme toutes les autres femmes à terre qui avaient un minimum de moyens. Elle prenait soin d'elle, était propre. Non, elle n'avait pas les cheveux en bataille et elle n'avait pas les yeux injectés de sang, les mains tremblantes et l'attitude digne d'un paranoïaque. D'un œil inconnu, elle était semblables aux autres et personne ne pouvait dire instinctivement qu'elle possédait des dons intéressants. Mais aussi dangereux, redoutables et surtout redoutés.

Le marché accueillait toujours énormément de personnes. Commerçants, vendeurs ambulants, acheteurs professionnels, simples mères de famille, membres d'équipages, voleurs et vagabonds. Il n'y avait pas réellement d'heure de pointe ou d'heure creuse. A chaque moment de la journée, il y avait cette abondance. Un troupeau qui défilait. Jetant des regards à droite, à gauche, puis avançant de quelques pas. Ils touchaient, tâtaient la marchandise, la prenaient ou la reposaient. Ils payaient, ou s'enfuyaient sans avoir procédé à un échange équitable. Certains se faisaient prendre et lamentablement taper sur les doigts, d'autres étaient plus doués et rusés. Cela lui rappelait Noah Fawkes. Ce dernier n'avait aucune réelle profession. Il déambulait dans les ruelles, dans les magasins et essayait tant bien que mal de passer inaperçu afin de chiper illégalement quelques affaires. Elle avait été surprise de le voir aussi maladroit alors que cela faisait déjà quelques temps qu'il était dans cette situation. Alors elle avait décidé de l'aider. Au début à contre coeur, elle ne souhaitait pas le voir s'enfoncer dans ce tunnel alors qu'il était difficile d'y ressortir. Mais elle se disait qu'elle pouvait bien lui montrer un certain nombre de tours de passe-passe. Néanmoins, elle lui rappelait toujours qu'il était préférable de trouver un travail qui allait lui permettre de vivre une existence honnête, et non une vie basée sur des crimes qui pouvaient lui coûter la vie.

Idelle marchait doucement, en évitant de bousculer les personnes qui venaient exercer la même activité qu'elle. Un panier en main, elle observait les stands de fruits et légumes et les examinait avec minutie. Plusieurs fois elle avait décidé d'en prendre au hasard, rapidement, pensant qu'elle avait d'autres choses plus importantes à faire que de remplir son panier de courses. Mais quand elle se retrouvait chez elle avec des bananes pourries ou des pommes et des pommes de terre complètement grignotées par ces petits vers, elle se disait qu'il était tout de même plus judicieux et malin de faire attention à ce qu'elle prenait. Ce qu'elle fit évidemment. Elle tendit les quelques pièces au marchand avant de lui rendre un sourire radieux, montrant ainsi sa bonne humeur qu'elle essayait sans cesse de propager dans les rues. En continuant d'avancer, elle aperçut une silhouette qui lui était bien familière. Pour être honnête, tous les profils qu'elle voyait présentement lui disaient tous quelque chose. Mais cette jeune femme, qui se tenait dans la foule et qui essayait tant bien que mal de s'en sortir indemne, frappa l'esprit d'Idelle qui fronça légèrement les sourcils. Elle ne la connaissait que de vue et pourtant, la brève rencontre entre les deux jeunes femmes avaient été assez intense. Pour la voyante, la vision qu'elle a eu était quelque chose de fort. Elle avait ressenti toute cette terreur, ce mal. Un mal bien trop puissant et imbattable, un sentiment semblable à la Mort. Cette Faucheuse qui venait récolter les âmes comme prix, qui avait attendu patiemment que chaque nom tombe dans l'oubli.

« Ne croyez pas que je vous ais rejointe par envie. On m'a poussée jusqu'à vous, je n'ai pas eu le choix. » Idelle plongea son regard bleuté dans celui de la jeune femme. Pirate, elle se tenait droite, fière et ne cillait pas. La diseuse de bonne aventure ne se pliait que très rarement aux dangers, elle y faisait face, peu importe le contexte, les circonstances et même les conséquences. La blonde le savait très bien, qu'elle ne l'avait pas rejoint de son plein gré. Elle n'était pas idiote, et compte tenu de la dernière entrevue qu'elles avaient eu, Idelle avait directement su que sa demande n'avait pas été acceptée. En effet, elle avait souhaité voir le fils de son interlocutrice. Parce qu'elle avait senti quelque chose par rapport à lui, elle souhaitait confirmer son ressenti. Un sentiment bien sombre qui lui avait enveloppé l'âme durant ces instants. Pour en être certaine, il lui fallait plus qu'une banale sensation. Elle ne devait pas seulement éprouver, mais aussi voir. Percevoir des bribes du futur. Et elle ne pouvait le faire qu'en effleurant ce petit garçon. Chose qu'on ne souhaitait pas lui accorder. Elle toisait la femme, sans arborer une expression particulière. Plutôt indifférente, elle se disait qu'elle aurait tout bonnement pu passer son chemin au lieu de venir souligner le fait qu'elle n'avait pas eu la chance d'éviter la diseuse. Cette dernière fouilla d'un geste rapide dans son panier et attrapa une pomme, soit la première chose qu'elle avait réussi à saisir. « Un petit creux ? » lui demande-t-elle tout simplement en dessinant un sourire qu'elle effaça aussitôt. « Pas eu le choix, vous dîtes ? Vous savez... » Idelle replaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille, puis d'un regard presque provocateur mais avec un brin de sincérité et d'honnêteté, elle continua. « On a toujours le choix. Le libre-arbitre, tout ça. Vous auriez pu passer votre chemin et simplement vous excusez. » dit-elle, confiante. « Mais il doit bien y avoir quelque chose d'autre. Comment va votre fils ? » Regard songeur mais tout de même amusé, elle soutenait celui de la jeune femme et ne comptait pas ravaler sa fierté de sitôt.
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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Sam 21 Mar - 1:06

O' Lazarus how did your debts get paid ?
Nassau avait été son chez elle, son refuge, après bien des tornades et des turpitudes. Elle en connaissait pratiquement toutes les rues, toutes les plages, aussi, surtout. Combien d'heures avait-elle pu passer à observer les océans, par devant elle, en espérant y voir un jour arriver un navire qui l'accepterait à son bord sans pour autant faire d'elle la boniche cantonnée à récurer les ponts jour et nuit, et à faire la bouffe, tout en se laissant tripoter le derrière et la poitrine sans avoir le droit de rien dire. Autrement dit, de tels jours avaient bien tardé à survenir. Quant aux rues ... Ankaa avait eu une vie publique, et une vie privée. Et avait toujours su les séparer, au mieux, afin de demeurer, sans doute, partiellement mystérieuse pour tous ceux qui ne la côtoyaient qu'en public, et jamais en privé. C'était particulièrement vrai en ce qui concernait son fils. Il fallait dire que les gens étaient curieux de nature, et qu'elle, elle savait parfaitement bien les rembarrer, y compris en adoptant la technique du mutisme. En ne disant rien, les gens s'inventent des histoires, sans jamais savoir s'ils étaient dans le vrai. Et très souvent, ils finissent par se cantonner à des suppositions, avant d'abandonner l'affaire et de passer à autre chose. Il y avait toujours de sombres secrets à découvrir à Nassau. Du moins, c'était ce que les gens s'obstinaient à penser. Que tout était noir et ténébreux, quelque part. Que tout le monde avait ses secrets, et que ceux-ci ne pouvaient être qu'horribles, infamants, ou quelque chose dans le même genre. Alors, comme ils devaient bien se faire chier à terre, et qu'ils étaient frustrés (il n'y avait pas d'autre explication !), ils se la jouaient pirates en quête de trésor. Au final, ils étaient juste de sales fouines se jetant tous sur le même os, en le rongeant jusqu'au bout du bout de la moelle, même si au final ce fameux os se révèle être une vieille chaussette puante. Quelque chose comme ça.

Et, d'une certaine façon, c'était illogique et sans doute totalement stupide, mais de savoir que des personnes comme son interlocutrice foulait la terre de Nassau et vendait leurs prédictions à la con, ça gênait Ankaa. C'était comme avoir une écharde dans les pieds, ou un caillou coincé dans la chaussure. Comme un truc qui passait mal, et qui lui appuyait sur l'estomac. Une démangeaison impossible à localiser, mais qui ne cessait de se rappeler à elle. Elle essayait de laisser ça dans un coin de sa tête, mais le souci, c'était que cela continuait un peu de l'oppresser, concernant son fils. Elle y pensait, y repensait, et ce goût amer n'avait alors de cesse d'envahir son palet. Sensation gustative des plus désagréables. Ce qui l'était d'autant plus, c'était que, physiquement, la jeune femme cachait bien son jeu, ne laissant clairement rien transparaître du fiel pouvant sortir de ces si jolies lèvres. Enfin, Ankaa imaginait bien que la donzelle devait avoir un certain succès, ou, qu'en tout cas, certains hommes ne devaient pas se cacher pour la regarder, ou la reluquer. Une chose était sûre : si elle avait eu l'audace de naître homme, la pirate lui aurait cassé le nez dès leur première rencontre, et dès la première parole à l'égard de son fils. On ne parle pas de son fils. Encore moins en mal. C'était un terrain sensible, glissant, même. Qui pouvait aisément vous valoir de perdre des dents, voire même tout votre râtelier. Mais Ankaa avait l'intelligence de ne jamais s'en prendre physiquement aux femmes. Sauf si celles-ci étaient pirates, mais c'était un cas à part, une exception confirmant la règle. Elle-même avait vécu suffisamment longtemps dans la population civile en tant que jeune femme, et savait très bien à quel point il y avait suffisamment de danger comme ça pour vous lorsque vous étiez dans cette position de femme, surtout quand vous étiez seule, pour se permettre d'en rajouter une couche. Ce serait se cracher soi-même à la figure, quelque chose comme ça. Mais si la donzelle continuait à jouer à la petite maline, Ankaa serait probablement obligée d'adapter et son discours et son attitude. Voire même de créer une nouvelle règle d'exception rien que pour elle. Quelle joie ... Elle plantait son regard azur dans le sien, là, comme ça, en mode c'est tout à fait normal, il ne se passe absolument rien niveau tension. Bah voyons ... Et en plus, elle se la joue mère nourricière, en lui proposant de croquer dans une pomme. Quoi, elle essayait de l'empoisonner, ou quelque chose dans le genre ? De toute façon, Ankaa n'avait pas faim. Et, de façon paranoïaque, elle se demandait si Idelle n'avait pas des espions dans le coin, pour savoir que la pirate adulait plus que tout la consommation de fruits, tenant suffisamment à ses dents blanches pour vouloir les garder et les tenir éloignées de tout risque de scorbut ... Mouais ...
    « Non merci, je n'ai pas faim. » Les propos fusaient quelque peu d'entre ses lèvres jointes, mâchoires bien contractées. Ankaa ne pourrait sans doute guère faire plus contractées et arquées, dans le genre ... En plus de ça, l'attitude de la jeune femme face à elle ne faisait absolument rien pour détendre la pirate, ou pour détendre l'atmosphère, plus largement. De plus en plus, Ankaa sentait le poing qui la démangeait. Peut-être que si elle attrapait l'une de ces fameuses pommes, et qu'elle la lui fourrait dans le gosier, jusqu'au fond, la blonde s'étoufferait et lui foutrait la paix ? Et sans, sans doute que ça ne pourrait passer pour rien d'autre qu'un dramatique accident, loin de toute accusation de violence contre une femme. Et Ankaa étant ce qu'elle était, elle savait qu'elle ne pourrait jamais entrée dans la catégorie des misogynes ... Peut-être qu'elle pourrait aussi tirer sur ses mèches, histoire de voir si toute cette crinière dorée était réelle, ou s'il ne s'agissait pas plutôt d'un postiche. « Ne me sortez pas de concept à la con. Si j'avais passer mon chemin, et même en m'excusant, vous auriez bien été capable de me rejouer le même coup que la dernière fois. Croyez-moi, blonda... blondinette, les yeux exorbités et la bouche entrouverte, déjà, ça augmente le risque de gober une mouche, ou tout autre insecte volant, et ensuite, ça ne vous va pas du tout. » Cependant, une pointe d'énervement flagrant fit enfin clairement son apparition sur le faciès d'Ankaa, ainsi que dans ses gestes, à la simple évocation de son fils. Tirant brusquement de ses cheveux une attache, se finissant en pointe, et très utile, régulièrement, pour crocheter des serrures, Ankaa n'hésita pas à la présenter en direction du cou de la jeune femme. « Je vous interdis de me parler de mon fils. Laissez le hors de vos prédictions à la con. C'est un enfant, il n'a pas demandé à ce qu'on lui prédise mille tourments immérités ! »

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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Dim 22 Mar - 2:44

O' Lazarus, how did your debts get paid ?
On croyait ses propos, ou on la pensait dérangée. Parfois, la seconde option la dérangeait. Être vue comme une arnaqueuse blessait son ego. Elle n'arrivait pas à ouvrir les yeux de ceux dont l'esprit était fermé. Une essence dont les croyances étaient profondément ancrées. Idelle ne pouvait rien y faire, malgré les nombreuses prédictions qu'elle dévoilait afin de leur montrer qu'elle était honnête. Penser qu'elle mentait alors qu'elle essayait d'être la plus franche possible, la plus claire dans ses propos et dans ses dires lorsqu'elle énonçait des visions qu'elle avait eu. Autrefois, on croyait en elle alors qu'elle faisait les récits de simulacres honteux. Elle payait certainement pour ces actes antérieurs. C'était ce qu'elle disait. S'il y avait une force supérieure qui prônait la justice, alors c'était de cette forme-ci qu'elle allait subir la sentence. Perçue comme la menteuse qui se faisait de l'argent sur le dos des autres en leur racontant des histoires dignes d'un conte. Des rumeurs pouvaient courir à son sujet, elle les ignorait. L'ignorance et l’indifférence étaient les seules armes dont l'efficacité était indéniable. En méprisant les commentaires déplaisants et calomnieux, elle montrait aux autres que son intérêt ne se portait pas sur de telles futilités. Ce qui adoucissait généralement la situation, faisant tomber dans l'oubli ces on-dits insupportables. Pouvait-elle seulement se plaindre de la situation dans laquelle elle se trouvait ? Le contexte faisant d'elle la diseuse de bonne aventure de Nassau lui avait permis de se faire un nom. Comme tout être-humain, elle ne pouvait pas être appréciée et admirée de toute la population des Bahamas, elle le savait. On pouvait la détester, ne pas aimer son comportement et lui lancer des remarques qui la faisaient bouillonner de l'intérieur mais elle n'acceptait que très difficilement le fait que l'on puisse douter de ses capacités. N'avait-elle pas déjà fait ses preuves ? En aidant de nombreux équipages, ces pirates qui la retrouvaient avant de prendre la mer afin de savoir si les vagues allaient être favorables à leur déplacement ou s'il était préférable de rester le pied sur le sable fin de Nassau ou dans le bordel à se détendre dans les bras de trois catins ne valant que quelques pièces d'or. Les yeux d'Idelle restaient plantés dans ceux de la jeune femme pirate. Elle ne la connaissait pas, ne lui avait parlé qu'une seule fois et pourtant, elle avait l'impression de la connaître. Les rues de la capitale des Bahamas étaient bien bavardes et n'omettaient aucun détails. Déformaient les propos. La diseuse de bonne aventure avait pour habitude de tendre l'oreille, curieuse de savoir ce qu'il pouvait bien se dérouler dans les quartiers de la ville. Elle n'écoutait pas afin d'avoir des moyens de pression sur les individus, bien qu'elle aurait pu le faire. Elle aimait simplement être au courant des dernières nouveautés, des derniers potins et ragots qui pouvaient se dire d'oreilles en oreilles. Elle satisfait son indiscrétion, mais cela s'arrêtait à cette simple jubilation. Savoir qu'un tel avait commis cet acte, ou autre, parvenait à parfois égayer ses journées. Elle n'avait pas besoin de répandre des on-dits, qui étaient pour la plupart du temps des médisances, afin de se porter au mieux de sa forme.

« Non merci, je n'ai pas faim. » La diseuse de bonne aventure souleva doucement ses épaules en levant les yeux au ciel. Elle reposa sa pomme dans le panier sans ne rien rajouter. Si la femme à qui elle faisait face ne lui faisait pas peur, Idelle restait intriguée quant aux actions qu'elle pouvait commettre. C'était une pirate et malgré les préjugés qui n'étaient pas applicables à une poignée d'entre eux, ces derniers étaient connus pour leur comportement violent et impulsif. Et même si le pirate s'avérait être une femme, elle n'allait pas la négliger car elle n'avait pas les attributs masculins là où il fallait. Bien au contraire. La blonde admirait ces femmes qui prenaient leur vie mais surtout leur courage et qui se décidaient à se lancer sur les vagues et sur cet océan agité. Parce que la situation de la femme était perçue comme inférieure à celle de l'homme, Idelle enviait celles qui se mettaient au même niveau qu'eux. Celles qui étaient sur une sorte de pied d'égalité et qui pouvaient naviguer comme elles le souhaitaient. De nombreux équipages n'avaient pas encore adopté cette nouvelle coutume. Celle d'engager les femmes à bord afin de lutter contre les sirènes. Ces créatures enivrantes, envoûtantes. Elles menaient les matelots à leurs pertes. Tandis que les femmes restaient fortes. Cet appel dans les profondeurs de la mer, elles ne l'entendaient pas. « Ne me sortez pas de concept à la con. Si j'avais passer mon chemin, et même en m'excusant, vous auriez bien été capable de me rejouer le même coup que la dernière fois. Croyez-moi, blonda... blondinette, les yeux exorbités et la bouche entrouverte, déjà, ça augmente le risque de gober une mouche, ou tout autre insecte volant, et ensuite, ça ne vous va pas du tout. » Un rictus se forma sur le visage pourtant si désintéressée d'Idelle. Elle répondait rapidement. Réfléchissait-elle seulement ne serait-ce qu'un instant ? Les remarques ne la touchèrent pas particulièrement. Elle s'en fichait éperdument de la femme qui se trouvait face à elle. Elle avait beau admiré les femmes pirates, elle remettait parfois en question leur comportement qui n'avait rien de féminin. Sortir de ses gonds, pour si peu. Elle ne savait pas se tenir et avait des problèmes de contenance de colère. Du moins, c'est ce que la diseuse de bonne aventure en déduisait en voyant le personnage. Elle en dressait un portrait qui n'était pas si glorieux compte tenu de son admiration envers la liberté dont ce type de personnes jouissait. Mentionner le fils de la brune n'avait apparemment pas été l'idée du siècle. Mais c'était ce qui intéressait Idelle. Le fils de cette pirate. Elle n'en avait que faire de cette dernière. Elle avait simplement besoin d'en savoir plus sur sa descendance, celui qu'elle avait mis au monde. Parce qu'elle avait ressenti une menace étouffante sur la tête du garçon, elle devait en être sûre. Même si parfois elle pensait que le destin ne pouvait être déjoué, elle se disait que peut-être, par un miracle quelconque, cet événement à inscrire d'une pierre blanche parviendrait à se réaliser. Contrecarrer les machinations des trois sœurs du Destin, peut-être était-ce possible ? « Je vous interdis de me parler de mon fils. Laissez le hors de vos prédictions à la con. C'est un enfant, il n'a pas demandé à ce qu'on lui prédise mille tourments immérités ! » La menace aurait pu paraître chétive si elle n'avait pas usé de son instrument capillaire pour accentuer son propos. La diseuse de bonne aventure posa son regard sur l'attache à cheveux, pointé dans sa direction et prêt à la saigner si cela devenait nécessaire. Idelle avait eu l'habitude de s'embarquer dans des péripéties qu'elle ne pouvait pas gérer et qui l'exténuaient. Elle se souvenait de Londres. De ces individus qui l'avaient eux aussi menacé de manière beaucoup plus brusque et brutale. On lui avait fait tomber sa nourriture sur ses vêtements, on l'avait poussé, chahuté. On l'avait malmené. Certains avaient pris des rendez-vous, disant qu'ils souhaitaient avoir une entrevue avec elle pour ses dons de voyance. Balivernes. Des entrevues qui se terminaient en cris et en coups. Si elle était contre la violence physique, elle devait tout de même se défendre comme elle le pouvait et ses moyens étaient bien limités. Des blessures internes comme externes. Ces derniers se voyaient. Des bleus, le visage amoché. Parce qu'on la considérait comme une sorcière, il fallait tout faire pour la capturer. L'arnaqueuse devenait la païenne, comme ils disaient si bien. Femme, fragile, frêle. Elle n'avait pas l'arrogance ni la stupidité d'affirmer qu'elle était invulnérable mais elle se débrouillait pour survivre. « Il n'a pas demandé à ce qu'on lui prédise mille tourments immérités ? » répéta-elle en laissant échapper un gloussement qu'elle aurait certainement dû retenir dans sa gorge. Idelle avança son avant-bras vers l'attache à cheveux et posa son index dessus, exerçant une légère pression pour le faire descendre et pour qu'il pointe autre chose que son faciès. Elle avait tenté de la prévenir d'un danger qu'elle avait ressenti, mais elle était tellement aveuglée par ses croyances qui limitaient son essence et sa capacité de réflexion. « Croyez-moi, beaucoup s'estimeraient heureux de savoir qu'un danger les menace. Beaucoup aimeraient savoir si une tuile leur tombera dessus. » Elle s'arrêta un instant, se redressant. Son attitude devint plus ferme et déterminée. Les traits de son visage devinrent plus féroces, voire même menaçants et amers. « Et si ce n'est pas une tuile, ça peut être bien pire. Quand la Faucheuse viendra frapper à votre porte pour récupérer l'âme de votre fils, ne vous étonnez-pas. Ou si une maladie quelconque scelle son destin, ne soyez-pas surprise. La seule personne que vous pourrez blâmer, ce sera vous. » Pause. Elle reprit directement, les sourcils froncés. Elle venait de poser son panier sur le sol. « Parce que vous êtes borné. Et si vous tenez un minimum à votre enfant, vous devriez considérer, ne serait-ce qu'un instant, le fait que mes prédictions s'avèrent être authentiques. »
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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Mar 24 Mar - 0:26

O' Lazarus how did your debts get paid ?
Ankaa en connaissait, des femmes assez étranges, qui s'entouraient d'une certaine aura de mystère. Plus par volonté, avidité et envie que par naturel. Ankaa ne leur accordait aucune importance. Dans le fond, elles faisaient bien ce qu'elles voulaient, et la pirate n'avait pas à les juger. Dans le fond, elle détesterait, elle, être jugée pour ce qu'elle était et ce qu'elle faisait. Même si elle était assez clairvoyante et trop peu crédule et stupide pour ne pas se rendre compte que c'était déjà le cas, dans la tête de plus d'un. Mais disons que tant qu'ils n'ouvraient pas leur grande bouche devant elle, tout allait bien. Pour eux. Ils avaient alors encore espoir de garder toutes les dents leur restant pour quelques temps encore, et leurs phalanges restaient en place, tout comme leur nez n'était alors pas dévié de son sillon. Il fallait être stupide pour dire ce que l'on pensait d'elle à une femme pirate en s'attendant à ce qu'elle ne réagisse pas, et à ce qu'il ne vous arrive rien en retour. Certains diraient qu'il fallait avoir des couilles. Mais dans la très grande majorité des cas, il s'agissait plus d'imbéciles, de soulards laissant l'alcool leur voiler l'esprit et le sens commun de la raison et de la prudence. Ou alors, de types aigris, qui avaient toujours voulu s'engager sous le pavillon noir mais qui avaient toujours été refoulés. Avoir le mal de mer, ça ne pardonne pas, tout comme ne rien savoir faire de ses dix doigts, ou se repérer comme un pied dans l'espace. Sans parler de ceux qui avaient certainement dû se prendre un coup derrière la tête dès leur naissance. Même si on comptait quand même un sacré paquet d'abrutis dans les rangs pirates. Ceux-là étaient passés entre les mailles du filet, ou bien le capitaine était-il en manque terrible de recrues, et qu'il ne pouvait pas se permettre de faire la fine bouche. Sauf que, quand même, Ankaa savait que les capitaines aimaient quand même avoir un équipage qui tenait la route, et qui leur évitait ainsi d'être ridiculisé, ou apprécié avec suffisamment de considération pour être respectés.

Bref, en général, non, il ne fallait pas chercher de crosses à un pirate, et encore moins à une femme pirate. Et, oui aussi, Ankaa connaissait des femmes douées de quelque don prophétique ou surnaturelle. De ce côté là, elle soupçonnait sa mère de n'avoir jamais été très claire avec Kylean et avec elle, mais comme elle était partie alors qu'ils étaient encore si jeunes, que lorsqu'on est enfant on veut voir ses parents comme des êtres à part, particulier, et qu'un sacré paquet de mythes traînaient sur Satine, comme le fait que certains l'aient toujours considérée comme appartenant à la race des sirènes, Ankaa ne savait pas trop à quoi s'en tenir. Ivy, par contre ... Justement, Ivy ne lui avait jamais rien imposé. Elle n'était jamais venue la forcer à croire en ce qu'elle pouvait avoir vu. Ivy voyait dans le passé des gens, du moins, c'était ce qu'elle prétendait, et Ankaa était plutôt portée à la croire, mais, quand même, déjà, la prostituée n'en faisait pas étalage. Et ensuite, elle vous sondait suffisamment en aval pour savoir si elle avait le droit de se permettre ce genre d'introspection, et si vous étiez réceptif à ce qu'elle vous en parle. Bref, de ce côté là, sans doute Idelle multipliait-elle les faux pas aux yeux de la pirate. Ce qui n'était pas si dur que ça à comprendre. Il fallait dire que, quand Ankaa n'était pas décidée à vous apprécier, ou ne serait-ce qu'à vous considérer, elle vous trouvait toujours plus de défauts et d'erreurs que de qualités et d'actions intelligentes et censées. C'était sans doute mal raisonner que de penser ainsi, mais c'était comme ça qu'elle fonctionnait. Et puis, réjouissez vous, la plupart du temps, si elle ne vous appréciait pas, elle se moquait éperdument de votre devenir, de vos gestes, de vos paroles, de vos actions. Vous n'existiez alors pas pour elle, elle vous ignorait. Dans ce cas de figure là, pourquoi, alors, se mettre à vous observer pour savoir quoi penser de vous en mal ? Pourquoi prendre de son temps pour s'intéresser à vous ? Idelle avait juste attrapé le poignet de la mauvaise personne ce jour là, sans doute. Elle n'aurait rien fait qu'il ne se serait rien passé. Les deux jeunes femmes auraient continué de s'ignorer, de ne pas se connaître, et tout aurait continué son cours sans que cela n'handicape ou ne fasse manque ou défaut à personne. Sauf que là ... Là, Idelle avait beau multiplié les grimaces, les mimiques, les haussements d'épaule, et les gloussements, aussi, elle n'apparaissait pas plus respectable ou censée à Ankaa. Au contraire, la pirate percevait ça comme un manque de respect, et des tentatives répéter de se foutre de sa gueule. En un mot, Idelle continuait à creuser sa propre fosse.
    « C'est exactement ce que je viens de dire, oui. » Essayait-elle de faire de l'emphase ? Ou répétait-elle les propos d'Ankaa juste pour bien souligner le fait que son anglais n'était pas des plus purs niveau sonorité, elle pour qui les deux langues maternelles étaient tout de même l'espagnol de La Havane et l’Écossais de sa mère ? Alors qu'Idelle détournait l'angle de menace de l'attache à cheveux d'Ankaa, du bout du doigt, cette dernière se fit alors un malin plaisir à pousser quelque peu en sens inverse, dans l'espoir de faire perler ne serait-ce qu'une goutte de sang. Et puis, la pirate penchait la tête, de côté, et ce fut à son tour de sourire perfidement. « Dans quel monde vivez-vous, princesse ? Qui est assez stupide pour se dire qu'il vit loin de tout danger ? »
Et voilà qu'Idelle essayait de la faire culpabiliser, c'est ça ? Cela ne fonctionnait pas. Parce qu'à moins que ce ne soit Ankaa elle-même qui tue son fils ... Elle avait été élevée dans l'idée que chacun était responsable de ses actes, et de ses actes seuls. Qu'on ne devait pas se blâmer de ce qui arrivait à autrui tant que l'on était pas la main directrice. Son père ne s'était jamais maudit ne pas avoir été là quand on avait fracassé à coups de pierres et larder à coups de lame le visage et le corps de Satine. Elle-même ne s'était pas maudite ne pas s'être réveillée et de ne pas avoir entendu l'agression. Cela n'y aurait rien changé, et rien n'aurait pu être fait.
    « Oui, je suis obstinée, cela coule dans mes veines. Mais vous ne pourriez pas comprendre ... Et à vous entendre parler, vous n'êtes pas mère. Si vous croyez qu'il n'y a pas un instant où je ne me dis pas que l'horreur peut arriver à mon fils, surtout quand je suis en mer ... Je tiens à mon fils, et je n'ai pas à vous le prouver, tout comme vous n'avez pas à le remettre en cause. On meurt tous un jour, vous sûrement plus rapidement que moi si vous continuez à échauffer les gens ainsi. » Elle reprenait son aiguille à cheveux, en nettoyant le bout au creux de sa paume, avant de la replacer dans ses cheveux. Et puis, elle reprit. « Ma mère a eu le crâne fracassé et le torse complètement lacéré, à coups de pierre et de couteau. A moins que ce ne soit de poignard. Mon père a sûrement été pendu. ... Les morts brutales courent dans la famille depuis des générations, très probablement. Et je ne me fais aucune illusion quant à mon sort, ou à celui des miens. Mais vivre dans la peur, en pensant perpétuellement à ce qui risque de survenir, ce n'est même pas survivre. Si vous croyez que je vais vous être reconnaissante, vous vous trompez. Couver mon fils, le protéger à tout prix, de tout et de n'importe quoi, y compris de vos prédictions, finira par le rendre faible, si ce n'est rebelle, au point de partir, de ne plus donner de nouvelles, pour échapper à tout ça. Et c'est là qu'il sera réellement en danger. A cause de vous, si vous souhaitez tellement trouver un responsable. Vous savez ce que m'a dit le médecin, quand j'ai commencé à accoucher ? Que je n'y survivrais pas. On m'a aussi dit que je finirais ma vie à croupir dans les geôles de la Navy. Que l'un de mes camarades pirates finiraient par essayer de me sauter avant de m'étrangler pour que j'arrête de bouger. Tout ça pour m'effrayer. Vous le voyez, je suis encore en vie. Toutes ces promesses ne sont rien d'autre que des mensonges, pour que j'accepte de courber l'échine, et que je laisse d'autres que moi décider de ma vie, de mon futur, de ce que je dois faire, de comment je dois agir ... »

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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Mer 25 Mar - 0:17

O' Lazarus, how did your debts get paid ?
Princesse. Elle esquissa un sourire en entendant ce mot, et ne manqua pas de lâcher un soupire entre ses lèvres rosées. Voilà un terme qu'elle n'avait pas entendu depuis bien longtemps. Quand elle était enfant, sa mère avait l'habitude de l'appeler ainsi. Ce n'était pas Idelle, mais bel et bien Princesse, qu'elle se faisait appeler. Et pourtant, elle ne vivait pas dans la luxure, ni même dans un semblant d'opulence. Beaucoup d'individus jugeaient la diseuse de bonne aventure sans connaître son passé. Ils se basaient sur ce qu'ils voyaient actuellement, la jeune femme confiante qui possédait une habitation modeste dans la capitale des Bahamas. Une jeune femme qui n'était pas dans la détresse, ni dans le besoin. Elle avait tout ce dont elle avait besoin et ne demandait pas plus. Elle n'était pas avare, ni avide et se plaisait à vivre l'existence qu'elle menait. Certains disaient qu'elle vivait honnêtement. Que toute sa panoplie de compétences en voyance n'était pas qu'une mascarade pour soutirer de l'argent à quiconque souhaitait en savoir plus sur son dessein. Quand on ne la croyait pas, elle aimait en savoir les raisons. Parfois, on lui répondait simplement que ce n'était pas possible d'avoir une longueur d'avance sur le Destin. Qu'elle ne pouvait pas être en mesure de prévoir ce qu'il allait se passer. D'autres fois, on l'insultait d'escroc mais aussi de monstre parce qu'elle prédisait des choses qu'ils ne souhaitaient pas entendre. Des malheurs, des problèmes, des complications. Des événements fâcheux qu'ils préféraient apparemment découvrir par eux-même quand ils arriveraient en face d'eux. A Nassau, les individus étaient tout de même plus tolérants qu'en Grande-Bretagne, sa terre natale qui l'avait renié pour « sorcellerie ». Il s'avérait que ses prédictions étaient trop précises pour n'être qu'un simple don de voyance. Il devait y avoir plus, quelque chose d'encore plus mystique et mystérieux. Pourtant, il n'en était rien. Elle avait essayé de les raisonner, mais comment ouvrir les yeux à des gens initialement aveuglés ? C'était peine perdue et de l'énergie gaspillée pour une vaine finalité. En arrivant à Nassau, les choses avaient changé. Elle reprenait un nouveau départ, une nouvelle vie, là où les faciès inconnus se multipliaient plus elle avançait dans la rue principale. Certains l'avait regardé de haut en bas, ou l'inverse, et s'étaient demandé à qui appartenait cette crinière blonde, ou blanche selon d'autres. « C'est elle, la diseuse de bonne aventure. » qu'elle pouvait entendre sur les lèvres de commerçants. Elle étirait un fin sourire dans leur direction, afin de montrer son amabilité. Des murmures, des regards discrets. Ils avaient des choses à lui demander, elle le savait. Mais elle attendait. Elle voulait les voir venir, curieux de savoir ce dont elle était capable. Ils voulaient mesurer l'étendue de son pouvoir, en être témoin. Et même en être des acteurs. Alors petit à petit, les clients commencèrent à arriver. « Mes ventes seront-elles bonnes ce mois-ci ? » soufflaient les commerçants qui étaient inquiets par rapport aux profits qu'ils allaient recevoir à la fin du mois. « Pouvez-vous me dire si mon mari m'aime encore ? » disaient les jeunes femmes craintives, effrayées à l'idée d'être délaissées par leurs maris qui préféraient les catins plutôt que leurs promises. « Vais-je devenir riche ? » demandaient les plus pauvres, qui s'accrochaient tant bien que mal à leur misérable vie, espérant un jour voir une lumière éclatante en ouvrant la porte de leur demeure. Une lumière éclatante, dorée. De l'or. Idelle essayait de rester subtil, ne voulant pas leur couper tout espoir au risque de les voir partir dépités et prêts à lâcher. Prêt à mourir, sachant que rien ne les attendait dans le futur, qu'il soit proche ou lointain. Idelle n'avait pas besoin de savoir que ses prédictions pouvaient en mener certains à leurs pertes. Elle ne voulait pas être responsable de la mort de quiconque. Sa conscience était déjà bien trop amochée pour en demander plus.

Idelle gardait son regard plongé dans celui de la pirate. Cette dernière avait commencé à lui raconter le récit de sa vie. En l'entendant, petit à petit, la diseuse de bonne aventure fronçait les sourcils. « Et à vous entendre parler, vous n'êtes pas mère. » Elle la dévisageait. Non, elle n'était pas mère. Et voulait-elle seulement le devenir ? Une question qui lui avait plusieurs fois traversé l'esprit lorsque les femmes des fermes discutaient avec elle. Elles la taquinaient sans cesse sur ce sujet et parlaient de leurs expériences entre elle. Idelle, de son côté, se contentait d'écouter avec un fin sourire sur le visage. Elles en parlaient avec leurs cœurs et semblaient bien heureuses d'avoir traversé cette étape de leur existence. Comme si c'était quelque chose d'incontournable. En tant que femme, il est vrai qu'elle s'était déjà imaginée avec un ou deux bambins sous les bras, à faire la femme au foyer. Mais en y repensant, elle ne savait simplement pas si elle en était capable. Elle devait certainement être une mère poule. Et s'ils avaient le même caractère qu'elle... Un cauchemar. « On meurt tous un jour, vous sûrement plus rapidement que moi si vous continuez à échauffer les gens ainsi. » La diseuse de bonne aventure hocha la tête en regardant le ciel. Néanmoins, il était vrai qu'elle avait beaucoup d'ennemis. Des amis et des ennemis. Mais en somme, elle savait plutôt bien se défendre. Et était assez violente quand elle le devait. Il suffisait de se rappeler comment elle avait frappé le Ramsey. Coup de pied un peu partout dans les endroits sensibles, prête à le mordre pour qu'il la lâche. Joli souvenir qui lui fit esquisser un sourire avant de prendre ses esprits et de revenir à la réalité. Histoire de père. De mère. De sang. « Les morts brutales courent dans la famille depuis des générations, très probablement. » Était-ce là une raison pour laisser la même chose arriver à son fils ? La Hawles ne disait rien, préférant se taire pendant que son interlocutrice étalait son point de vue. Qui, admettons-le, était bel et bien valable. Chacun avait sa façon de pensée, son opinion et son jugement sur la manière de voir les choses. Idelle le savait, le comprenait et ne cherchait pas à absolument montrer à tout le monde que dans la finalité, elle était celle qui avait raison. Mais jamais elle ne le disait. Jamais on l'entendait dire « Je te l'avais bien dit. » Elle n'était pas hautaine. Ni arrogante. « Donc, vous ne protégerez jamais votre fils ? Parce que vous avez peur qu'il devienne faible et chétif ? » Idelle haussa un sourcil, songeuse. « Qu'il vous en veuille parce que vous l'avez gardé sous votre aile et que vous l'avez protégé d'innombrables dangers ? » Elle ne comprenait rien au rôle de mère. Elle n'en était pas une, mais quand elle parlait aux autres femmes qui avaient eu la chance de mettre au monde un ou plusieurs gamins, elles avaient l'air de vouloir les protéger. « Mais n'est-ce pas là le rôle d'une mère ? Protéger son enfant ? » Confuse. La blonde se tapotait le menton avec l'un de ses index, plissant les yeux comme pour essayer de comprendre ce qu'Ankaa voulait dire. « Le médecin n'est pas voyant. Il vous a dit que vous alliez mourir, comme s'il pouvait lire votre avenir. Donc effectivement, il n'y avait aucune raison de le croire. On vous a dit beaucoup de choses, apparemment. Qui ne se sont pas réalisées. Mais c'est peut-être parce que ces personnes n'étaient pas qualifiées dans le domaine ? Vous êtes maître de vos moyens, donc oui, vous faîtes ce qui vous chante. De toute façon, ce n'est pas comme si cela allait m'affecter d'une quelconque manière. Mon rôle, ce n'est pas de vous faire chier et de vous faire perdre votre temps. Simplement de vous prévenir. Si vous voulez en savoir plus, vous prenez, sinon, tant pis pour vous et votre fils. Qu'il meure ou pas... Que ce soit dans deux minutes, dans une heure, une journée... »  Pas son problème, à la Idelle. Si on ne voulait pas la croire. Si on était aussi borné pour se cacher derrière le voile du déni. Elle s'en fichait. Elle n'allait pas gaspiller son énergie pour des personnes qui n'en avaient rien à faire de ce qu'elle racontait.
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MessageSujet: Re: ❝ O' Lazarus, how did your debts get paid ? ❞ ♆ Idelle   Jeu 26 Mar - 23:16

O' Lazarus how did your debts get paid ?
Dans ce monde, le danger peut surgir de partout, y compris de paroles. De vos propres paroles, même. Parler trop, et vous vous retrouverez avec nombre d'assaillants sur le dos. Taisez vous lorsqu'il aurait fallu parler, et vous obtiendriez alors les mêmes résultats, en tout cas, ce serait plus ou moins le cas, avec des variances, bien sûr. Si tout se ressemblait trait pour trait, la vie deviendrait morne. Et, ici, à Nassau, encore mois qu'ailleurs, le terne, on n'aimait pas trop ça. On finit par tout faire sauter, quand tout nous apparaît terne. Ou on finit par se faire sauter la cervelle, ce qui revient peut-être à tomber dans la solution extrême. Le terne, cela vous donne la sensation de vous noyer, de vous étouffer. Enfin, bref, le danger est partout, y compris au plus profond de nous même. Peut-être là plus qu'ailleurs, d'ailleurs. En tout cas, cela oblige à s'armer, d'une façon ou d'une autre. Ne pas le faire, c'est déjà faire un choix. Celui de se résoudre à se faire bouffer, à ce que d'autres que nous choisissent de notre destinée pour nous. Alors oui, on s'arme. Et peut-être que, là où Ankaa avait opté pour les armes habituellement réservées à la gente masculine, Idelle, elle, avait choisi de se spécialiser dans ce qui était l'ouvrage de bien des charlatans et autres bonimenteurs, et l'apanage de quelques rares véridiques personnes. Cependant, la pirate refusait de se prononcer quant à savoir à laquelle de ces deux catégories, grossièrement taillées, appartenant sa vis à vis. Leur discussion prenait des tournants auxquels Ankaa n'aurait sans doute pas foncièrement pensé. Pour la simple et bonne raison, sans doute, qu'elle n'avait jamais envisagé l'hypothèse de lui adresser la parole suffisamment longtemps pour qu'elles en viennent à converser, toutes les deux. Que cela se fasse en pleine rue n'avait que peu d'importances. Ici, les gens savaient que laisser ses oreilles traînées, c'était potentiellement risquer de se les faire couper. Surtout quand cela touchait à l'un des jumeaux Marlowe. En tout cas, la pirate avait vu juste. Idelle n'était pas une mère, et se trouvait assez déconcertée par tout ce que cela pouvait sous-entendre en termes de vérités, de paradoxes, et de surprenants axes. Croisant les bras sur sa poitrine, Ankaa soupira, avant de hausser les épaules, et de faire la moue.
    « Bien sûr que je protège mon fils. Je ne l'ai pas abandonné, même si je ne serais jamais entièrement une mère, pour lui. Je l'ai confié à un couple de proches, en qui j'ai toute confiance. Une fille et une sœur de pirate, comme moi, et un ancien officier de la Marine française. Il ne doit donc pas y avoir meilleurs garants sur cette île de sa sécurité contre le moindre assaut, anglais ou pirate. Contre les prétendus voyants qui pensent pouvoir lui garantir un trépas douloureux et obligatoirement véridique, en revanche ... » Elle laissait délibérément sa phrase en suspens, avant de reprendre. « Je ne suis pas devenue ce que je suis aujourd'hui en grandissant dans un foyer surprotecteur à outrance, ou faisant tout son possible pour me maintenir à vivre dans un havre de paix et d'amour, de sécurité et de mensonges, loin de toute la réalité du monde alentour. Mais il a dû en être de même pour vous. Vous êtes bien dotée de l'instinct de survie, ne serait-ce qu'un peu ? Vous ne vous cassez pas au moindre fracas ? Vous avez dû, vous aussi, vous prendre des droites, à un moment ou à un autre ? ... J'avais 15 ans quand il est né, mais je n'étais plus une gamine depuis longtemps. Ce qui ne faisait pas pour autant de moi une jeune femme prête à être mère. Mais il a été en pleine forme, et il l'est encore, depuis qu'il est né. Même si, moi, j'ai pu souffrir, en me privant pour lui. Alors, oui, je l'ai protégé, et, non, je ne vous laisserais pas me convaincre que je ne le mérite pas, ou que, s'il lui arrive quoi que ce soit, ce sera de ma faute. »
En tout cas, cette jeune femme ne manquait pas de confiance en elle-même ! Se positionnant en tant que plus à même d'être qualifiée dans ce qu'elle faisait qu'un médecin ne pouvait l'être dans son business à lui ! C'était une bonne chose, peut-être, pour elle, surtout, mais aux yeux de la pirate, sans doute cela allait-il un peu trop loin. Ankaa avait un profond respect pour toutes ces personnes qui avaient réellement appris un métier, et qui pouvaient en montrer la preuve. Que ce soit un maréchal ferrant qu'un haut dignitaire d'une puissance étrangère. Quoi qu'elle n'ait jamais rencontré de type de cette trempe là. Mais elle avait tout de même vu du beau monde, et avait eu la chance de grandir auprès d'une mère qui était sûrement loin d'être née au fin fond d'une cambrousse sans fond. Elle avait eu du mal, plus jeune, à comprendre ce qu'était réellement un laird, puisque c'était ce terme là qu'avait employé Satine pour parler de ses origines sociales. Sans en dire plus, et à une seule reprise, seulement. Il devait bien couler quelques sangs titrés, à défaut d'être noble, dans les veines de la jeune pirate. Mais cela lui importait peu, puisque tout ce qui l'avait fait rêvé, elle, c'était savoir lire et écrire, parler plusieurs langues, et savoir en écrire certaines d'entre elles, aussi. Lire des ouvrages de botaniques, même si, initialement, elle avait été surtout attirée par les images, comme tout enfant qui se respecte. Observer pendant des heures des cartes du monde. Ou des constellations. Parce qu'elle était elle-même prénommée d'après une étoile, idée de son pirate de père, pour qui les étoiles formaient de vraies cartes de navigation dans le ciel. Tout ceci, elle l'avait lu, ou vu, mais elle savait très bien être dans l'incapacité de finir par s'en prétendre experte, ou plus qualifiée que bon nombre des habitants de Nassau. Idelle, elle, ne semblait pas avoir la même retenue concernant ses prétentions de connaissances et d'habiletés.
    « Non, en effet, le médecin ne pouvait pas lire le futur ... Mais il n'a jamais prétendu le contraire. En fait, il pouvait juste évaluer l'étroitesse de mon bassin, et la quantité de sang qui commençait déjà à se répandre partout. Quant aux autres ... J'imagine que ces geôliers de la Navy avaient déjà vu bien des pendaisons de pirate. Vous avez déjà assisté à une pendaison ? Il arrive que ce soit quasi' indolore, lorsque les os de votre cou se brisent, vous tuant sur le coup. J'imagine alors que vous n'avez pas le temps de sentir vos poumons vous brûler ... » Elle shoota du pied dans un caillou, l'envoyant voler plus loin, chassant alors du même coup une poule qui picorait on ne savait trop quoi au sol. « Je ne savais pas, en tout cas, qu'il existe des institutions où l'on délivrait quelque papier attestant de vos capacités en art de la divination, prouvant votre professionnalisme, et votre qualification. Je devrais parler à une amie, je suis sûre qu'elle serait très intéressée. Vous pourriez même lui montrer votre preuve de qualification. Quoi qu'il s'agira toujours d'un simple morceau de papier. On peut leur faire dire n'importe quoi, à ces trucs là ... [...] Je ne veux pas en savoir plus. Mais dans le même temps, je vous enlèverais bien cet air sûr de vous ... Mais s'il arrive quoi que ce soit, croyez-moi, vous serez la première informée. Sans doute parce que vous serez la première personne que je clouerais à la porte de sa cahute. J'abhorre la violence aux femmes, mais seulement quand elle est imméritée. En tout cas, tout ceci ne sera pas vain : je vais être obligée d'informer le père de mon fils qu'il est père, justement. Mesure de précaution ... »

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