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MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

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 (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.

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MessageSujet: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Mer 15 Avr - 0:33

can't be forgotten, and never forsaken

god and his priests and his kings. all were waiting, all will wait as they go over held between heaven and hell as they're d a n c i n g. as they dance over and over. crimson and bare as I stand yours completely, yours as we go over. sing for the lion and lamb their h e a r t s are hunting, still hunts hope ever and ever. w/ela seaworth & perceval de kermalvezin.

Lui revenaient à l’esprit les chansons de sa mère, lorsqu’elle attardait son regard sur l’horizon. La mer, épousant le ciel dans le caresse des remous de l’eau ; habituellement reposante à l’esprit de la jeune femme, celle-ci s’avérait plus capricieuse. Il suffisait d’être né ici, d’avoir grandi ici pour savoir ce que cela promettait : au bleu du ciel allait bientôt se mêler des tourments autres, d’épais nuages gris prêts à déverser des pluies diluviennes sur l’île. Il faisait chaud, pourtant, au premier abord ; et beaucoup d’inconscients auraient pu être tentés par le large : mais sur toute l’île il y avait ici et là, ceux qui se préparaient déjà à accueillir l’impétueuse tempête. Il semblait presque que le climat s’accordait avec la sorcière qui, inconsciemment, commandait les vents et les flots : c’était également un vent impitoyable et des pluies épaisses qui submergeaient son être – des doutes qui venaient, partaient et revenaient s’écraser sur les parois de son esprit. La tempête sévissait en Ela depuis trop longtemps déjà, la privant de sommeil aussitôt que Phineas Boswell s’endormait à côté d’elle – le souffle de l’homme était comme mille lames, s’enfonçant dans ses entrailles tordues par le doute et la culpabilité. Parfois elle lui coupait l’appétit également, la forçant à fuir le regard de sa maîtresse lorsqu’elles entretenaient une conversation trop longue – elle avait tout ruiné. Les conséquences de ses actes étaient là, omniprésentes tout autant que silencieuses : Ela ne supportait guère d’observer les prunelles de Delilah en comptant les heures avant lesquelles elle la trahirait à nouveau. Finalement, le parfum âcre du philtre d’amour hantait les narines de la rousse, quand bien même les embruns de la mer, secoués de plus en plus forts par le vent, ramenaient des relents d’iode et d’arôme de poisson frais. Toutes ces odeurs, auxquelles la jeune femme s’était habituée avec le temps – beaucoup à South Hamilton appréciaient l’exotisme de l’île sans en accepter les aléas ; la constante odeur de la mer, la rapidité avec laquelle le ciel pouvait changer d’humeur, les longs jours sans voir les marins revenir, les étals de poissons tout juste ramenés de la pêche. Tant de choses qu’Ela avait appris à aimer de son chez elle, tant de choses dont elle cherchait la compagnie aujourd’hui, alors que même sous la pluie meurtrière de la tempête, elle trouverait plus de réconfort qu’entre les murs chaleureux de la demeure des Boswell. Il était loin, le temps, où la sorcière, paria de par sa volonté, avait pris l’habitude de se réfugier dans la petite cabane perdue qui lui servait d’habitation ; quand bien même le chemin était ancré dans son esprit, elle ne voulait guère y aller. Là-bas, ce n’était plus un refuge : là-bas, c’était l’impitoyable rappel de son passé avec Rafael. Les temps qu’ils avaient passés ensemble. Le jour où elle était rentrée pour le savoir perdu. La nuit noire à la lune ronde sous laquelle elle avait découvert qu’elle ne l’avait jamais eu, de toute manière.

Le soleil était encore le maître du ciel lorsqu’Ela avait trouvé le premier prétexte qui soit pour quitter ses tâches à l’intérieur de la maison ; les Boswell la voyaient quotidiennement si dévouée, si disponible qu’ils ne se posaient que peu de questions sur ce qu’elle faisait en dehors de ses devoirs pour eux. Après tout, c’était un de leurs amis qui l’avait chaudement recommandée comme aide au quotidien : plus elle pensait aux problématiques reliées à ses choix récents, plus Ela trouvait des raisons de ressentir la culpabilité comme plus cuisante, plus pesante à ses épaules. S’échapper était la réponse qu’elle avait trouvée ; et à chaque fois qu’elle reprenait le chemin de chez les Boswell, c’était armée de toutes nouvelles assurances, de quelques prétextes avec lesquels se grimer pour continuer cette vaste comédie. En quittant South Hamilton aujourd’hui, Ela avait songé à ce qu’elle pourrait trouver, comme réponses à ses doutes : croiserait-elle la route de Cicely, qui lui rappellerait qu’elle avait fait une bêtise, mais que ce serait une pire bêtise encore, que de tout annuler en espérant avoir la clémence des Boswell ? Elle les avait poignardés dans le dos, après tout, répondant à la main qui la nourrissant par une morsure empoisonnée. Sous leur toit, les Boswell avaient accueilli une sorcière. Et Delilah s’appliquait à soutenir, prendre en pitié et protéger la même femme qui avait ensorcelé l’esprit de son époux. Y avait-il quoique ce soit dans son âme qui puisse être rachetée aujourd’hui ? Plus elle s’enfonçait dans le vice, plus Ela se sentait perdre prise avec ses origines – sa mère qui, toute sorcière qu’elle avait été, lui avait toujours appris que rien n’apportait plus que le devoir d’aider les autres. Aider. Pas retourner l’esprit de chacun pour en faire des marionnettes. Aux rues de Nassau, la rousse avait préféré les champs de fleurs sauvages qu’elle était la seule à fouler ; aujourd’hui, du moins. Adelaide avait été gagnée par l’habitude, le temps glissant, elle avait fini par s’habituer à la solitude, faire amie-amie avec celle-ci : les minutes, les heures s’avérèrent plus légères sous le ciel bleu et baignée dans l’odeur des fleurs. Elle en cueillit certaines ; franchit plusieurs kilomètres dans la nature sauvage pour y ramasser des plantes dont elle était la seule – ou presque – à connaître les secrets. Le village de Nassau grandissait, et les peuples de South Hamilton étaient trop occupés à conquérir, arracher et cultiver par-dessus pour connaître les trésors qui poussaient sur ces terres depuis bien longtemps. Bien avant la ville ; les anglais croyaient tout posséder ici. Ils avaient cru posséder l’âme de sa mère, s’octroyant le luxe de la juger et de la condamner pour ce qu’elle était. Ce qu’ils avaient cru qu’elle était, du moins. En voyant les maisons et les bâtiments border les zones autrefois sauvages de New Providence, le dégoût de la rousse à leur égard ne faisait que croître. Perdurer avant tout, et aux dépens de tous semblait être une motivation pour beaucoup.

Ils avaient fini par entraîner Ela elle-même dans leur chute : qui était-elle, aujourd’hui, pour juger ceux qui se construisaient un toit, une vie à New Providence ? N’était-ce pas ce que son père et sa mère avaient eux-mêmes fait ? Les Seaworth, un nom aussi poussiéreux que le dernier souvenir que la sorcière avait de son géniteur. Ils avaient condamné sa mère alors qu’elle n’avait même commis aucun crime : que feraient-ils à la sorcière qui avait retourné et manipulé l’esprit d’un des héritiers des nobles et riches Boswell de Londres ? Comme beaucoup ici, Ela avait fini prisonnière d’un cercle vicieux : et la sauvageonne qui s’étant tant appliquée à ne pas leur ressembler, était comme eux. Comme ceux qui prenaient sans réfléchir. Ceux qui trahissaient sans compatir. Si différente de sa mère, son modèle, la déesse à ses souvenirs. Car qu’importait la beauté des fleurs qu’Ela ramènerait chez les Boswell, l’intention était chargée de ténèbres, et la servante dévorée par des vices. L’envie d’un amour qui ne devrait jamais être sien ; comment pouvait-elle se permettre de juger Rafael pour ce qu’il lui avait fait, alors même qu’à la première chance, elle avait fait bien pire ? A nouveau le désir de tout révéler, d’abandonner cette supercherie se fit maîtresse à ses songes ; mais la tourmente de ses songes avait presque fait oublier à la sorcière tout ce qui l’entourait – combien la température vint à chuter rapidement autour d’elle, la douce brise marine devenant bourrasques imprévisibles. La pluie allait arriver, bientôt : elle avait quitté les champs dans l’intention de rejoindre le village et ses rues protectrices, pourquoi pas une auberge ou un endroit où s’abriter. Désormais il lui serait impossible de revenir avec des provisions, ou quoique ce soit de plus que les quelques plantes qu’elle avait amassées sur son chemin. Quelle excursion inutile, diraient certains ; mais dans ces moments-là, la sorcière en arrivait à croire qu’elle ne connaissait meilleure compagnie dans sa vie, que la solitude à laquelle elle s’était tant habituée, des années plus tôt. Peut-être n’aurait-elle jamais dû la quitter. La pluie rejoignit vite le vent, le voile de nuages ayant couvert le soleil plus vite qu’elle ne l’aurait cru - elle avait vraiment perdu la notion du temps, là-bas, à arracher des fleurs dans l’espoir que l’une d’elle lui offrirait une révélation quant à savoir que faire. Que décider. Les gouttes de pluie ne lui offrirent guère plus de clémence que le vent ou les fleurs, lorsque les torrents d’eau commencèrent à tomber, transformant la terre en boue : sa cape serrée autour des épaules, Ela sentait ses pieds glisser à chaque pas qu’elle faisait, et pourtant, elle accélérait l’allure, impatiente qu’elle était de rejoindre Nassau et sa chaleur. Nassau et sa présence humaine, curieusement. Il y avait bien des choses qu’elle détestait habituellement dans cette ville ; mais des gens qu’elle avait appris à apprécier, un relent de vie dont elle avait besoin alors que le ciel devenait ténèbres, et qu’elle était déjà trempée jusqu’aux os.

Aussi ardemment qu’elle souhaitait fuir toute vie au moindre faux pas, Ela se souvenait aussi d’au combien il avait été plus facile d’essuyer des blizzards hurlants au sein de la taverne que dans sa petite cabane solitaire. Les mèches de cheveux dégoulinant sur son visage, Ela se sentait peser trois fois plus qu’à l’habituel, signe que l’eau avait imbibé la cape destinée à la protéger des intempéries comme celui-ci : chacun de ses pas était pourtant porté par le vent, qui battait inlassablement dans son dos et parfois venait la frapper avec brusquerie, ajoutant au risqué de la situation. Sortir en un jour pareil n’avait peut-être pas été une bonne idée ; Dieu seul savait combien de temps durerait ce mauvais climat, ni quels dégâts la tempête allait-elle apporter avec elle. Les maisons de South Hamilton étaient mieux bâti que toutes celles du reste de l’île : il n’en restait pas moins que de nombreux locaux se moquaient des maisons anglaises construites par les britanniques – des habitations bien souvent trop peu équipées pour faire face aux chaleurs de plomb, ou aux tempêtes tout droit arrivées des îles. La silhouette, presque lugubre en l’état, d’une maison solitaire l’arrêta sur son trajet : des flots d’eau profitèrent de cet instant de faiblesse de la part de la rousse pour la tremper plus encore, et elle ne prit guère plus d’une poignée de secondes pour se décider. Frissonnant des pieds à la tête, Ela dévia son chemin, abandonnant Nassau pour ses bordures, et la modeste demeure de Perceval, à quelques pas de là. Toute personne censée était retranchée chez elle, à l’heure actuelle – et elle préférait ne pas douter de la présence du menuisier chez lui. Que ferait-elle si ce n’était pas le cas ? Trop souvent, l’homme était synonyme d’un salut qu’elle préférait fuir – désormais la sorcière avait découvert qu’elle ne méritait ni salut, ni compassion ; lui qui avait tant pansé les plaies de son cœur meurtris lorsqu’elle avait vu Rafael partir. Si loin, inatteignable et pourtant toujours possesseur indéniable de son cœur. Impitoyable maître de son destin, qui avait enchaîné une adolescente niaise, à son existence. On récolte ce que l’on sème, et Ela n’avait guère été bien résistante face au chagrin d’amour, la tentation que quelque Autorité Supérieure avait mis sur son chemin. La tentation de faire le mal – du mal à quelqu’un, alors même que dans ses chagrins elle n’avait connu que compassion, la présence d’un spectre protecteur. Un Ange Gardien, pourraient dire les pieux auxquels elle n’appartenait pas. Croire au réel, en la présence de Perceval dans sa vie, était chose plus aisée. Plus palpable sous ses doigts. Quand bien même elle ne méritait pas qu’il n’attarde la moindre attention sur elle. C’était le désespoir qui l’amenait ici, comme bien trop souvent ; pauvre petite chose qui attendait d’être cueillie par cette même main clémente qui l’avait déjà trop aidée. Voilà comment la sorcière remerciait la clémence de certains ; en usant de sa vie, de ce qu’elle avait, pour blesser les âmes qui lui offraient une aide. Lamentable. Elle l’était encore aujourd’hui, trempée et gelée au moment de frapper sur l’épaisse porte qui protégeait la maison des hurlements du vent. Elle ne le méritait pas ; mais qu’il soit là. La pensée, le souhait défendu, la supplication silencieuse, elle ne l’envoya pas au ciel, mais à Perceval lui-même, bien trop consciente qu’il la saisirait.

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men are born free ≈ no one has the right to make slaves of them. when the skies have rained enough and the sun comes risin' up, will it show which one of us needs to be saved. Got to hope we'll make it through and the light will show the truth, then we'll know which one of us needs to be saved.

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MessageSujet: Re: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Mer 15 Avr - 13:53

can't be forgotten, and never forsaken

god and his priests and his kings. all were waiting, all will wait as they go over held between heaven and hell as they're d a n c i n g. as they dance over and over. crimson and bare as I stand yours completely, yours as we go over. sing for the lion and lamb their h e a r t s are hunting, still hunts hope ever and ever. w/ela seaworth & perceval de kermalvezin.

C'est une terrible douleur qui arracha Perceval de son sommeil. Le soleil ne s'était même pas encore levé, mais le charpentier couvert de sueur et grelottant s'était immédiatement redressé afin de tâter ce qui restait de sa jambe droite. Il s'était encore une fois réveillé avec l'étrange impression de ne plus être infirme, d'encore avoir ses deux jambes en état de marche. Une bien étrange manie, qui ne l'était semble-t-il pas tant que cela puisque le Docteur Hotchner avait déjà expliqué à son patient que ce genre de chose arrivait souvent à ceux qui avaient la malchance de perdre un membre. Le breton toujours perturbé se débattit longuement avec son fusil et son amadou pour produire une belle flamme bleue et ensuite allumer la grande bougie en cire posée à côté de son lit.

La journée risquait d'être longue et fastidieuse, non pas à cause du travail qu'il avait à faire, au vu de la pluie qui allait s'abattre sur New Providence il aurait perdu son temps plus qu'autre chose, mais parce qu'il allait être condamné à faire les cents pas dans sa maison. En réalité il tenait énormément à cette bâtisse située légèrement en bordure de la ville, parce que grâce à cela il n'avait aucun voisin et pouvait jouer de la musique à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Préoccupé, l'artisan descendit lentement les marches qui le séparaient du rez-de-chaussée ou se trouvait un salon assez grand et confortable chauffé par une imposante cheminée en pierre dont il ne se servait pas très souvent. Ce jour-là en prévision du déluge que tout semblait annoncer, le français préféra allumer un petit feu avant de rester quelques minutes devant pour réchauffer ses mains glacées, mais aussi pour observer le brasier et regarder danser les flammes... C'était un beau spectacle après tout. Et après plusieurs minutes il se détourna de la cheminée pour pénétrer dans sa minuscule cuisine, là-bas il attrapa un petit flacon remplit d'une liqueur soi-disant miraculeuse que le médecin lui avait prescris et il l'avala cul sec avant de faire la grimace et de retourner dans la pièce principale pour s'emparer de son violon, celui qui lui avait été offert par Bartolomeo Giustiniani, cet instrument n'était pas son meilleur ami, ce poste était occupé par une jolie petite servante rousse, mais presque.

Certes il aimait beaucoup travailler le bois et son métier d'ébéniste lui convenait à la perfection, cela dit sa véritable passion restait tout de même la musique, elle seule lui permettait de s'évader, de faire abstraction de ses soucis et surtout d'oublier la douleur. Car dès que sa jambe droite commençait à le faire souffrir, il suffisait qu'il s'empare d'un archer et d'un violon pour tout oublier. Il passa donc une bonne partie de sa journée à jouer, le violoniste qui ne faisait que de l'improvisation n'était pas extrêmement fier de lui, pourtant ce qu'il jouait était loin d'être mauvais. Non en réalité Perceval était simplement un perfectionniste, un éternel insatisfait qui essayait toujours de se surpasser et de donner le meilleur de lui-même.

Mais ce jour-là sa quête vers la perfection fut interrompue par un bruit, quelqu'un venait de tambouriner contre sa porte. Intrigué par cela Perceval arqua un sourcil avant de se diriger lentement, mais surement vers la porte qu'il ouvrit une ou deux minutes plus tard. Là l'air entra par bouffée glaciale. Ce genre de vent était courant en Bretagne, mais certainement pas à Nassau. « Par tous les Saints ! » Jura-t-il dans sa langue maternelle en face d'une Ela Seaworth trempée jusqu'aux os ! Pourquoi diable avait-elle prit le risque de sortir avec un temps pareil ? Elle était pourtant attentive aux signes de la nature et n'était pas aussi stupide que toutes les bourgeoises de South Hamilton venues d'Angleterre qui pensaient que New Providence était le paradis sur terre. Que le soleil brillait tout au long de l'année et qu'il ne pleuvait jamais. Mais Perceval en breton pure souche savait que ce genre d'endroit n'existait pas. Quoi qu'il en soit la jeune femme n'avait pas pu fuir l'averse et elle était tremblante... Alors et sans attendre et sans lui demander, il l'attrapa par les épaules et la fit entrer à l'intérieur avant de la pousser jusqu'à la cheminée qu'il avait décidémment bien fait d'allumer.

Comme un père ou un grand-frère inquiet il déposa un baiser sur le front de son amie avant d'attraper une de ses vestes et de la poser sur les épaules. Heureusement que la rouquine avait décidé de s'arrêter chez lui, elle serait surement morte de froid en tentant de retourner jusqu'à la demeure des Boswell. De toute évidence Ela n'était pas dans son assiette, quelque chose la préoccupait et ce quelque chose l'avait poussé à faire abstraction du mauvais temps. Râleur dans l'âme, Perceval souffla longuement et assez bruyamment tout en croisant les bras et en fronçant les sourcils.

« Ou avais-tu la tête Ela ? Tu as de la chance que je sois là... » En effet à cette heure-ci il était généralement encore en train de travailler dans son atelier à Nassau. Mais ces deux-là étaient comme liés par un lien invisible et extrêmement puissant et Perceval était persuadé qu'inconsciemment il était resté là justement à cause de son amie.

Il s'installa ensuite dans un fauteuil prêt de la cheminée et fixa sa protégée qui était encore debout. Perceval avait l'air d'être en colère, mais en réalité il s'inquiétait surtout de l'état de la seule femme qu'il n'avait jamais aimé. Il était terrifié à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose de mal. L'européen était prêt à faire de nombreux sacrifices pour protéger la belle Ela. Et assez paradoxalement il n'attendait rien en retour... Le violoniste avait abandonné il y a longtemps l'idée de passer ses vieux jours aux côtés de la servante des Boswell qui semblait être amoureuse d'un autre homme.

« Je crois que tu vas devoir changer de vêtements... Les tiens sont trempés et ce n'est pas ce petit feu qui va les sécher. Je dois peut-être avoir quelque chose là-haut. »

Evidemment le charpentier n'avait pas de vêtements de femme, mais il espérait tout de même pouvoir trouver une chemise et un pantalon assez petits pour être portés par la Seaworth. Car la domestique ne pouvait clairement pas continuer à porter ses habits, elle allait finir par attraper la mort. « Tu m'as manqué tu sais. » Ces quelques mots, il les prononça à voix basse et tout en passant sa main gauche dans sa barbe de trois jours. En effet cela faisait quelques temps que Perceval n'avait pas vu son ami et depuis plusieurs mois elle venait le voir de moins en moins souvent ce qui le peinait énormément. Mais pour se rassurer le musicien se disait qu'elle n'était pas venue seulement pour fuir la pluie, mais aussi pour prendre de ses nouvelles. Elle restait tout de même une excellente amie et il n'appréciait pas du tout le fait de devoir se passer d'elle.
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MessageSujet: Re: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Jeu 16 Avr - 23:06

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Chaque goutte de pluie venait avec son pesant. De peine, de questionnements, de culpabilité. Les sentiments qui lacéraient les entrailles de la rousse se pressaient en elle comme la mer secouée par la tempête, qui venait irrémédiablement s’écraser contre des roches tranchantes. Finirait-elle ainsi, écorchée vive par les conséquences de ses actes ? Aussi ardemment qu’Ela désirait fuir ces songes, ils la poursuivaient avec férocité, se rappelant à elle lorsqu’elle se réveillait, le nez dans un oreiller portant l’odeur de Phineas Boswell. Lorsqu’elle croisait le chemin de Delilah dans la grande demeure de ses maîtres. Lorsque celle-ci ouvrait la bouche pour prendre la parole, ou aussitôt que l’un d’eux lui faisait la moindre faveur. Toute sorcière qu’elle était, la rousse s’était engagée dans un chemin inconnu, et sans même peser les conséquences de ses actes, ou tenter de discerner la raison dans le brouillard de ses cauchemars : tout ce dont elle avait eu conscience au moment de prendre sa décision, c’était de l’état pitoyable dans lequel elle s’était sentie. Le cœur brisé, les larmes glissant sur ses joues rougies, l’amertume née de sa stupidité – n’importe qui, sans doute, aurait pu faire preuve d’un quelconque discernement et ne pas agir sur un instinct incontrôlé, glissant entre ses doigts sous l’impulsion de la déraison. Comment revenir en arrière, racheter ses actes ? Déjà, cette chance lui avait échappé : Phineas Boswell était de ces hommes portant fièrement sa religion comme conviction, ce qui faisait de lui un homme honorable, plutôt qu’un fanatique – il n’en restait pas moins que si l’homme venait à découvrir qu’une sorcière lui avait ensorcelé le cœur, les conséquences n’en seraient que désastreuses. Enivrée, la jeune femme laissait toute conscience s’envoler, lorsqu’elle sentait les preuves d’amour de Phineas – preuves factices, lui rappelait sa conscience aussitôt que la nuit frivole s’était achevée, et que sous l’aube rose, elle observait les traits immobiles de l’homme dont elle était la maîtresse. Peut-être même qu’il n’avait jamais voulu d’elle, qu’il avait toujours été loyal et fidèle envers sa femme, une Delilah forte et brave qui avait affronté vents et marées, l’inconnu de New Providence pour lui. Calculer tout ce qu’elle avait arraché aux Boswell dans son malheur, ne faisait que remuer le couteau dans la plaie béante née dans le cœur de la rousse. Cette lame froide qui s’était fichée entre ses côtes aussitôt qu’elle avait reconnu le visage, presque floué à son esprit, de son fiancé. Son fiancé supposé être loin, si loin d’elle – loin de Nassau, déchiré tout autant qu’elle par le chagrin à l’idée de ne pas la revoir. Pas avant sept longues années. Les sept années de servitude dans la marine qu’on lui avait imposées pour faire pénitence de ses crimes. A quoi tout cela avait rimé, alors ? Chaque jour en observant son reflet dans une vitre, un miroir ou même la brillance de l’argenterie des Boswell, Ela se demandait pourquoi elle portait encore le pendentif que Rafael lui avait offert ; l’ultime promesse qu’il lui avait faite. De lui revenir, tant qu’elle ne l’oubliait pas. Et elle avait passé, quatre longues années à ne pas l’oublier ; à rejouer les scènes de leur bonheur, à se souvenir des traits de son visage. Rafael et les myosotis, la promesse de la rousse de ne jamais l’oublier.

Si adolescente qu’elle avait été à l’époque, aujourd’hui c’était une autre histoire : autour d’elle, la plupart des femmes simples de son âge étaient mariées, destinées à connaître la vie de famille. Là où Ela s’était accrochée à une loyauté factice, elle n’avait plus rien désormais. Rien d’autre que les promesses murmurées par un homme sous l’influence d’une potion qui lui retournait l’esprit : en s’évadant du manoir des Boswell, l’impétueuse permettait à ses songes et ses questions de virevolter dans tous les sens, voguer autour d’elle à la recherche d’un éclat de lumière quelconque. Mais aujourd’hui, sous la pluie battante de la tempête tropicale, il ne semblait y avoir guère de lumière ; aucune réponse adéquate, aucun signe du Ciel pour lui répondre – si tant est que Dieu ait pu exister sans qu’elle n’y croie plus jeune, aujourd’hui il avait sans doute fini par ne plus croire en elle non plus. Qui le pourrait encore, en sachant toute la vérité ? La pure et dure vérité, de chacun des actes stupides d’Ela et des conséquences désastreuses qu’ils finiraient tôt ou tard par amener ? En frappant à la porte de Perceval, la sorcière savait déjà que c’était là, une toute nouvelle épreuve qui s’imposait à elle : l’habitude de se confier à cet homme était comme ancrée en elle, un réflexe qui vibrait dans chaque part de son corps et manquait de la trahir à chaque fois qu’elle l’observait plus d’une fugace seconde. Ela le savait, car plus que jamais elle était décidée à fuir la présence de son ami, son confident – celui-là même qui avait dû la trouver bien idiote à attendre après un homme qui avait pris place dans un navire de la Marine Royale pour ne revenir qu’une décennie plus tard. Et il avait eu raison, de la trouver idiote : aujourd’hui, toutes les preuves accablaient Rafael, et à chaque souvenir qu’elle ressassait, Ela se heurtait à la brute vérité. Il y avait eu des mensonges, quelque part dans les paroles de son fiancé, l’homme auquel elle s’était accrochée avec tant de force, alors que lui, sans doute, avait été bien heureux de se débarrasser d’elle en quittant Nassau. Fuir le jugement de Perceval s’avérait plus aisé que de l’affronter ; Adelaide n’avait jamais été brave, et quand bien même il lui était difficile de l’admettre avec des mots brutes, le regard que son ami posait sur elle avait plus d’importance que n’importe quelle attention de la part du reste du monde. Il lui faisait confiance, il l’avait tant protégée, toujours avec cette part d’altruisme qui n’existait qu’en bien peu de personnes – pas même en Ela. L’altruisme n’était sans doute pas la qualité à même de mieux la qualifier, elle qui mentait à ses proches, prétextant la crainte de finir comme sa mère pour se méfier de ceux qui lui avaient déjà maintes fois prouvé qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peu d’eux, ou de douter de leurs paroles. Tout ceci n’était que mascarades pour cacher sa lâcheté, un bien pathétique défaut, plutôt qu’une qualité quelconque. L’apparition de Perceval dans la noirceur de ses songes, ne manqua pas de réchauffer l’intérieur de ses entrailles, étirant un inconscient sourire au coin des lèvres de la rousse ; elle en oublia presque l’apparence désastreuse dans laquelle elle devait se présenter ici, ou même le froid qui paralysait chacun de ses membres et brûlait presque sa peau.

C’est seulement sous le toit de la petite maison de l’ébéniste, alors qu’il claquait la porte derrière elle, qu’Ela sentit les frissons s’intensifier, les regrets s’ajoutant brusquement à toutes les manifestations physiques de l'hypothermie dans laquelle elle avait manqué de sombrer. Où est-ce qu’elle avait eu la tête, en effet ?! Ses doigts se resserrant sur le tissu de sa cape, Ela s’emmitoufla encore plus dans celle-ci, quand bien même l’entreprise était inutile, et la frigorifiait plus qu’autre chose. Venir ici n’avait pas été une bonne idée, plutôt une option de désespérée qui n’avait pas fait attention à la vitesse du vent, ou à la façon dont le ciel avait changé. L’imbécile ! C’était bien la première fois qu’une telle chose lui arrivait, elle qui avait pu se targuer pendant toute sa vie de ne jamais s’être faite piéger par une de ces légendaires tempêtes qui frappaient l’île. Elle rejoignait les rangs de ces imbéciles qui ne faisaient jamais attention, et prenaient le beau temps de Nassau comme acquis. Rien n’était jamais acquis, dans la nature comme dans la vie ; Ela en avait tant fois fait l’expérience, qu’elle n’aurait pas dû être si surprise, si désarçonnée par la trahison de Rafael. Chaque attention de Perceval ravivait les flammes de son âme ; et quand bien même la veste qu’il avait posée sur ses épaules ne faisait que presser contre sa peau ses vêtements mouillés, elle n’en restait pas moins un réconfort qu’elle n’aurait jamais pu trouver ailleurs. Elle avait encore le sentiment d’être étrangère dans cette maison, alors qu’elle était venue si souvent déjà ; Ela connaissait les moindres recoins de l’habitation de Perceval, il n’en restait pas moins que c’était lui, et uniquement lui qui la faisait se sentir bienvenue dans un endroit pareil. Muette et docile, elle avait encaissé les signes d’agacement de l’homme face à elle, et apprécié chaque douceur qu’il avait apposée à son corps : le baiser sur son front, la veste qui, quand bien lourde, la faisait presque se sentir blottie dans des bras réconfortants, et ce n’est que lorsque Perceval cessa de s’agiter dans tous les sens qu’Ela prit conscience des secondes qui s’étaient égrenées. L’après-midi était passé à toute vitesse, mais les dernières secondes de sa vie venaient de passer plus vite qu’un clignement d’œil. L’épuisement la prit soudainement, et les jambes de la rousse faiblirent ; elle s’agenouilla à quelques centimètres du feu, observant le délicat brasier qui crépitait dans son antre – un tout petit feu, en comparaison de ceux, gigantesques et brûlants, qu’elle avait eu l’habitude de faire dans son chez elle, à une autre époque. « Je ne voulais pas t’inquiéter. Ou t’embêter. » remarqua-t-elle, en quelques trémolos dans la voix, toujours en fixant les flammes, comme si elle s’adressait au petit feu de cheminée qui la réchauffait. Il était incroyable de constater à quel point il parvenait à faire fondre les résistances de la rousse : ici, elle se sentait apte à s’endormir en une fraction de seconde, là devant le feu, et laisser le sommeil venir à elle sans craindre d’être poursuivie par des cauchemars ou une quelconque culpabilité. Pas pour l’instant, du moins ; pas tant qu’elle continuait à vivre avec cette image impeccable qu’il avait d’elle – la douce et gentille rouquine, si jeune, si fragile qu’il l’avait prise sous son aile.

Quelle triste mascarade. Elle était une sorcière ; ce que certains appelaient volontiers un monstre, un crime pour lequel sa mère avait été torturée et noyée juste sous les yeux de ses filles. Ce même crime qui avait fait basculer sa vie, sa famille dans l’horreur : et pourtant sa mère avait toujours été douce et clémente, altruiste. Comme Perceval. Et les mauvaises choses n’arrivaient toujours qu’aux gens bien. « Je suis désolée. » reconnut-elle finalement, une confession qui glissa d’entre ses lèvres alors qu’enfin, elle tournait la tête pour observer son ami. A la lueur du feu, elle força un sourire à apparaître sur ses lèvres, se laissant glisser sur le sol pour venir attraper la main de Perceval, glisser ses doigts froids dans une prise chaude et rassurante. « Je ne pensais pas-. » elle s’interrompit un moment, observant Perceval. Elle ne pensait pas que ça pouvait l’inquiéter de ne pas la voir pendant un temps, ou même qu’il puisse un jour prononcer les vérités qui avaient passé sa bouche il y a peu. Elle lui avait manqué ; mais peut-être moins qu’il ne lui avait manqué, lui ; le compas à sa vie, celui pour qui elle avait toujours voulu discerner le bien du mal. Une frontière qui était devenue bien floue dans sa vie, depuis peu de temps. Mais aucune sagesse, venue de Perceval ou d’où que ce soit ailleurs ne pourrait soigner son cœur blessé, ou répondre aux plaintes de son âme qui cherchait désespérément à sentir quelque chose à nouveau. Une chaleur qui n’avait toujours été que factice à sa vie : les mensonges de Rafael quand il lui murmurait des mots d’amour ou ceux, inconscients, de Phineas Boswell quand il était sous l’emprise du philtre d’amour. « Je vais venir plus souvent. » son sourire s’élargit, et doucement elle pressa la main qu’elle tenait encore entre ses doigts ; « je n’aurais pas dû venir comme ça. » à l’improviste, ou laissant planer autour d’elle l’impression que ça n’avait pas été voulu – mais plutôt forcé par la pluie qui était tombée drue et qui l’aurait tuée avant même qu’elle n’ait pu arriver à South Hamilton. S’il y avait bien eu une relation qui lui avait paru naturelle depuis le départ de Rafael, c’était son amitié avec Perceval ; Ela l’avait tant chérie, la chérissait encore tant, qu’elle avait voulu la protéger de ses péchés récents. D’une bien piètre manière, somme toute : avec déraison, comme d’habitude, comme elle savait si bien le faire. Un léger rire passa ses lèvres, alors qu’elle s’était assez rapprochée pour venir déposer une de ses tempes contre l’accoudoir du fauteuil où il était assis – quelque chose dans les flammes rouges, ou dans l’atmosphère était apaisant. Quelque chose ; ou tout, Perceval, son aura, sa maison, les crépitements de la pluie, l’assurance que rien ne viendrait briser cet instant. « Je vais me rattraper et te montrer que je peux être une bonne invité. » un coup d’œil autour d’eux lui suffit ; elle se redressa, se débarrassant du sac qu’elle avait emmené avec elle, et chargé d’herbes diverses « j'parie que tu n’as rien mangé de la journée. » elle non plus, en vérité, et c’était bien la première fois depuis longtemps qu’il n’y avait plus ce nœud dans son estomac, cette gêne qui la privait de tout appétit, et arrachait à la vie tous ses arômes.

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MessageSujet: Re: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Ven 17 Avr - 3:05

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Au milieu des champs de blés et des fleurs sauvages, la demeure du Kermalvezin résistant tant bien que mal aux vents tropicaux. Cette bâtisse était presque aussi ancienne que la ville de Nassau, construite au sommet d’une petite colline, elle permettait d’avoir une vue imprenable sur les plaines de New Providence. Et il n’était pas rare que Perceval monte à l’étage, pour jouer du violon tout en cherchant la bourgade de South Hamilton du regard et en pensant à celle qui occupait la majorité de ses pensées. Ela n’était plus enfermée dans la vaste demeure de la famille Boswell, elle était enfin revenue taper à sa porte pour fuir les intempéries. Comme à son habitude le breton avait fait de son possible pour s’occuper de son invité et aussi pour tenter d’oublier les nombreuses émotions contradictoires qui avaient envahies les méandres de son esprit. S’il acceptait totalement le fait de n’être qu’un ami aux yeux de la beauté rousse, il espérait un jour devenir plus que cela. Malheureusement il restait réaliste et il savait pertinemment qu’un quadragénaire boiteux comme lui n’avait que très peu de chances d’un jour pouvoir gagner le cœur d’une belle nymphe comme Adélaïde. C’est d’ailleurs cette dernière qui tira le charpentier hors de ses pensées en lui attrapant délicatement la main. Ce n’était pas la première fois que la servante se montrait aussi tactile, mais comme d’habitude ce petit geste d’affection fit apparaître un sourire béat sur le visage du musicien qui trouvait ce genre d’attention absolument adorable et qui maladroit comme il était savait se contenter de ce qu’on lui donnait.

Perceval avait grandis dans un château de campagne, au sein d'une des plus grandes familles de toute la région de Carnac et au vu de l'éducation qu'on lui donna il aurait très bien pu être un homme ambitieux, opportuniste et égoïste, mais au grand damne de ses parents il préféra prendre exemple sur les héros des mythes arthuriens. Hors c'est sans doute grâce aux écrits de Chrétien de Troyes qu'il était devenu l'homme qu'il était aujourd'hui avec ses défauts, certes, mais aussi avec ses nombreuses qualités. Et ce sont sans aucun doute ces qualités, à commencer par sa gentillesse et son altruisme qui lui permirent de se rapprocher autant de la créature farouche et mystérieuse qu'était Ela Seaworth.

L'artisan fut à la fois touché et amusé par les réponses de son invité, qui avait apparemment compris qu'il n'avait pas exagéré et qu'elle lui avait réellement manqué et par chance ce sentiment semblait être partagée par la demoiselle aux yeux clairs. Sans un mot il se baissa et attrapa un myosotis qui semblait perdu au milieu du sac de la domestique, avant de se lever de son siège et contempla la servante avec un sourire, puis il s'approcha pour poser la fleur qu'il venait d'attraper dans la crinière rousse. Perceval savait très bien qu'il s'agissait de la fleur favorite de son amie et il savait que ce petit geste la toucherait forcement. « Tes préférées n'est-ce pas ? » Dit- et en se rapprochant un petit peu de la cheminée. Oui il n'avait rien mangé depuis qu'il s'était réveillé et il avait passé toute sa matinée à faire du violon, mais il n'osait pas vraiment le dire à sa complice de peur de se faire sermonner.

« Tu es et tu seras toujours ici chez toi Ela. » Le natif de Carnac observa ensuite Adélaïde avec un regard attendrit, cette dernière était toujours droite, prête à lui faire plaisir et à l'aider. Mais en réalité, en bon samaritain qu'il était-il avait agis par amitié, de façon désintéressé, sans attendre en retour. Cependant, il ne pouvait être que touché par le dévouement de la jeune femme qui semblait pressée de rattraper ses erreurs. Qui aux yeux de Perceval ressemblait plus à des actes maladroits qu'à de véritables actions préméditées et réfléchies. Il l'attrapa par les hanches pour la rapprocha de lui, l'embrasser une deuxième fois sur le front et l'obliger doucement à s'asseoir sur le fauteuil qu'il venait tout juste de quitter.

« Tu es vraiment gentilles Ela, mais avant de faire quoi que ce soit tu vas me faire le plaisir de changer de vêtements d'accord ? Je ne veux pas que tu attrapes la mort à cause de moi ! Sois sages je reviens immédiatement. »

Comme frappé d'un éclair de génie il se souvint soudainement qu'une vieille caisse en bois trainée dans sa chambre et que celle-ci était remplit de quelques vêtements de femmes qui avaient de toute évidence appartenus à l'épouse du précédent charpentier de Nassau. En bon tête en l'air Perceval n'avait jamais pris le temps de la monter au grenier. Et finalement il avait bien fait puisqu'en quelques secondes il trouva de quoi habiller sa malchanceuse invitée : une robe colorée assez grande et épaisse. Après cette trouvaille, l'armoricain serra les dents en sentant une nouvelle fois la douleur traverser son corps et il fit bonne figure en redescendant les escaliers le plus rapidement possible pour ne pas trop faire patienter la petite rouquine.


« Ce n'est pas exceptionnel, mais c'est tout ce que j'ai dit... Ha et oui... Si les éléments continuent à se déchaîner tu passeras la nuit ici d'accord ? Hors de question que je te laisse prendre la route sous un déluge pareil. J'irais moi-même parler à tes employeurs s'il le faut. »

Il tendit ensuite le vêtement vers la Seaworth et abandonna sa mine bougonne pour lui adresser un sourire sincère. Le luthier espérait que cela allait faire comprendre à la vagabonde, qu'il ne faisait pas cela pour l'embêter pour la punir, mais pour la protéger de la pluie. « Est-ce que tu connais Du Bellay ? » Après cette question assez étonnante, il détourna le regard pour jeter un coup d'oeil au feu qui ne s'était pas encore étain. Habituellement il n'était pas très doué en chauffage de maison, mais pour une fois il avait plutôt bien réussit son coup, puisque sa petite maison était assez chaude.


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MessageSujet: Re: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Mer 22 Avr - 0:52

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Rares étaient les choses, à New Providence, qui permettaient à Ela d’oublier Rafael. Dans le temps imparti qu’ils avaient passé ensemble, la rousse lui avait fait découvrir tout ce qu’elle savait, tout ce qu’elle connaissait sur l’île qu’elle considérait comme son chez elle : les criques où personne ne se rendait jamais, les vastes champs sauvages qui respiraient la nature, les coins tranquilles où personne n’égarait le moindre regard. La nature avait fait partie intégrante de sa vie, vibrant dans ses veines comme la solitude qui avait accompagné la fin de son enfance ; tout ce que la jeune fille avait découvert, avait été largement préférable aux masses humaines qui avaient débarqué à Nassau et assassiné sa mère. Il lui aurait été si facile de détester l’humanité toute entière, et de ne jamais se contenter que de la compagnie du silence, des bêtes sauvages et des fleurs qu’elle cueillait – ici, dans le monde imprenable de la vie humaine on la trouvait trop innocente, trop insouciante, trop niaise. C’était bien tout cela que Rafael avait cultivé, recueillant avec envie les fruits des illusions qu’il avait lancées autour de lui ; Ela avait été l’imbécile qui avait placé une confiance aveugle, presque candide en lui. Elle le savait ; et aujourd’hui, âme solitaire à nouveau, elle avait faim du contact humain dont elle s’était tant passée il n’y a pas si longtemps que cela. Il lui aurait été facile, en une autre époque, de retourner à sa retraite solitaire en découvrant Rafael dans les bras d’une autre ; aujourd’hui, le vide humain lui semblait tout aussi effrayant que les profondeurs abyssales de l’océan. Pathétique. Ela n’était plus qu’une humaine en perdition, forcée de glisser une mixture magique pour attarder sur elle un tant soit peu d’amour ; peut-être bien finirait-elle par laisser le même souvenir, tout à fait périssable, que sa mère. Sa mère que l’on jugeait aujourd’hui, simplement comme une sorcière ; et non pas comme la femme qui avait sauvé de nombreuses futures mères en train d’accoucher, de nombreux blessés souffrant de bien des maux, de nombreux ivrognes prêts à se noyer dans la mer. Aucun récit sur les bouches ne faisait justice à la mère Seaworth, et Ela ne trouverait guère plus de salut ici qu’elle ; on la dévisageait la plupart du temps, et ceux qui cherchaient l’aide de ses mixtures magiques, le faisaient par le biais d’un servant bien payé, ou toujours avec la sécurité de l’anonymat. Pourtant, tout autant que tout Nassau voulait l’oublier, la rousse souhaitait oublier tout Nassau également ; Nassau et ses prostituées, Nassau et ses arnaqueurs, ses menteurs, ces êtres humains tout juste bons à pomper d’elle son essence vitale, cette innocence si risible, à laquelle elle s’accrochait dans un ultime espoir. Ou une fuite, peut-être ; fuir la réalité de ce qu’était devenue sa vie pour ne surtout pas avoir à tout haïr autour d’elle, ne pas devenir uniquement ténèbres.

Encore aujourd’hui, au moins, la sorcière préférait la compagnie des fleurs, des plantes et de l’air frais aux livres de sorts qui lui restaient ; recourir à la magie avait été une bien cruelle erreur, qu’elle avait apposée sur des vies autres que la sienne. Les conséquences finiraient par tomber, et Ela les fuyait aussi ardemment qu’elle fuyait ses songes autour de Rafael. Peut-être bien, finalement, qu’elle ne valait guère mieux que le reste de la race humaine. Des vérités qui transperçaient son âme d’une lame de culpabilité, des vérités qu’elle s’essayait à garder des quelques miettes d’humains qui demeuraient dans sa vie. Perceval en tête de liste : quelque part, dans sa tête, dans la logique implacable des choses, Adelaide savait pourquoi elle avait fui la présence du luthier pendant tant de temps. Pourquoi elle aurait dû continuer : paradoxalement, le perdre de cette façon était toujours mieux que de le perdre dans un mélange de haine et de culpabilité. Tous ici, haïssaient les sorcières, tout ce qui touchait au surnaturel ; Perceval détesterait sans doute plus encore le côté stupide et égoïste de la rousse qui l’avait poussée à prendre le pas sur une autre vie. Ce n’était pas elle, de prendre l’âme d’un homme, et de la manipuler à son souhait ; c’était Rafael, ou des gens comme lui. Tout ce qu’il y avait dans l’être humain qu’elle ne voulait pas du tout devenir. Qu’elle était déjà devenue, en un sursaut de tristesse et de rancœur. La pluie n’était donc guère clémente, ou une échappatoire digne de ce nom ; simplement un aléa, dont Ela se serait bien passée : la rousse aurait bien voulu, pouvoir faire le chemin en sens inverse, et jusqu’à South Hamilton, sans se retourner. Sa place était, certes, ici, à Nassau, dans les rues modestes du petit village qu’elle s’était efforcée d’apprécier pour Rafael, mais la demeure des Boswell, où elle n’était qu’une servante, se trouvait être son refuge préféré. Rares étaient les fois où on lui posait des questions sur ses états d’âme, ou les récents événements de sa vie : contrairement à ici, avec Perceval, où des vérités qu’elle voulait garder pour elle, finiraient tôt ou tard par sortir. Par force d’habitude, parce que c’était ainsi qu’ils avaient toujours fonctionné : il avait suffi d’un regard à l’homme pour la comprendre depuis le début, et il suffisait à la rousse de sentir le fossé qui s’était creusé entre eux, pour être rattrapée par la culpabilité, et le désir ardent de se justifier. D’expliquer. D’exposer sans détour toute la noirceur de son âme, au combien Perceval pouvait l’idéaliser, alors même qu’elle n’en valait pas la peine. Ici encore, il était l’hôte accueillant et disponible et elle n’était que le spectre de ce qu’elle avait pu être autrefois, plus vive et plus joyeuse ; la tempête qui se jouait dehors décrivait bien, en effet, les états d’âme qui se livraient duel dans son esprit et dans ses entrailles.

Dans le silence porté par sa culpabilité, Ela observa Perceval venir à elle, si près qu’elle put lire chaque ride de fatigue qui envahissait son visage ; le temps qu’il ne porte ses yeux sombres sur l’éclat bleuté d’un myosotis. Il le glissa dans ses cheveux, et tout ce que la sorcière trouva à répondre, fut un discret sourire, et l’amère tentation de parler sans en être capable. Ses préférées, oui ; en temps normal. Le symbole de son amour à Rafael, des promesses qu’ils s’étaient faites ; ces mêmes promesses qu’elle avait tenues, et qu’il avait bafouées. Le mutisme, et l’aspect ambigu d’un simple sourire, étaient des meilleures réponses que la réalité, que tout ce qu’elle voulait déblatérer à toute vitesse : de la haine, de la colère, des remords. Aussitôt que Perceval détourna le regard cependant, elle vint tirer la fleur de ses cheveux, pour la laisser glisser entre ses doigts, l’observer en silence. Les pétales de la fleur étaient froissés, par les intempéries sans doute, et le peu de soin dont la jeune femme avait usé pour fourrer son bouquet de fleurs dans son sac, aussitôt que l’averse avait commencé à s’abattre sur elle. Froissés comme son cœur, sans doute. Dans le tournoiement de ses hésitations et de son chagrin, les baisers que Perceval apposaient sur son front étaient autant de remèdes contre la douleur, qui arrachaient des sourires francs au visage de la jeune Adelaide, qui en avait presque oublié qu’elle était encore trempée, et qu’elle frissonnait légèrement sous la protection de la veste qu’il avait posée sur ses épaules. Il en vint même à lui arracher un léger rire, innocent et cristallin, lorsqu’elle se retrouva doucement repoussée sur le fauteuil ; sans objecter, elle observa Perceval disparaître à l’étage – les secondes s’écoulèrent comme une fraction d’elles, Ela noyant ses yeux bleus dans les éclats doucereux du feu – elle s’était laissée glisser du fauteuil, pour revenir se mettre à genoux juste devant les flammes, pour sentir doucement leur chaleur caresser son visage. Elle se releva en entendant Perceval revenir, observant le vêtement qu’il lui tendait – et songeant, pour un instant à peine, à qui pouvait avoir appartenu cette robe qu’il avait conservée pendant tant de temps. Ela n’avait jamais connu à l’existence du breton, la présence d’une femme ou d’un amour quelconque ; elle n’avait jamais posé la question, et il n’avait jamais mentionné quoique ce soit – égoïstement, la rousse était restée bien trop prisonnière dans ses propres histoires pour trop longuement songer à celles de Perceval. « Encore une fois, tu es un hôte bien trop attentif pour quelqu’un comme moi. » remarqua-t-elle dans un sourire, alors même qu’elle songeait aux politesses échangées par les bourgeois de South Hamilton lorsqu’ils se rendaient visite, les uns chez les autres. Personne à Nassau n’agissait ainsi, mais Perceval avait toujours eu ces instincts attentifs à son égard – sans doute parce qu’elle ressemblait encore et toujours à cette pauvre petite chose innocente que l’on devait protéger.

En attrapant la robe qu’il venait de lui confier, Ela resta un long instant immobile, songeuse à nouveau ; c’est la voix de Perceval qui la ramena à elle, dans une question tout à fait surprenante, qui la laissa silencieuse pour deux secondes à peine. « Oui, je connais. C’est ta diversion pour ne pas reconnaître que j’ai raison. » il n’avait sans doute rien mangé de la journée, et était bien souvent trop prompt à s’oublier pour les autres. Elle, en tout cas. A nouveau la culpabilité pinça son cœur, alors qu’elle observait la robe qu’il lui avait descendue ; elle la protégerait du froid, pour sûr, et ce n’était pas un vieux bout de tissu, mais plutôt une jolie robe, qui avait dû peser son prix, ce genre de tenues qu’Ela n’avait jamais mises. Certes, ce n’était rien de semblable à ce que Delilah Boswell pouvait porter en toute circonstance – mais c’était plus que tout ce que la rousse avait connu dans son existence. « Tu vas voir de quel bois je me chauffe. » marmonna-t-elle finalement, adressant un sourire malin à son interlocuteur avant de s’éloigner, cherchant pour quelques instants la solitude afin de se changer. Une fois seule, elle quitta ses vêtements mouillés sans remord, gardant ceux-ci avec soin avant d’entreprendre la difficile tâche d’enfiler cette robe bien trop noble pour elle. Les lacets du corsaire compliquèrent considérablement la tâche de la rousse, qui, plutôt que d’en avoir pour quelques minutes à peine comme à son habitude, prit bien trop de temps pour se vêtir : la robe était pourtant chaude et épaisse, accueillante comme une couverture près d’un feu. Elle revint après de longues minutes, se sentant bien trop habillée pour les circonstances enserrée dans une tenue qui limitait ses mouvements bien plus que les bouts de tissu qu’elle avait habituellement sur le dos. De retour dans la pièce principale, elle vint poser ses vêtements près du feu, dans l’espoir presque désuet qu’ils ne sèchent et qu’elle n’ait pas besoin d’emmener la précieuse robe de Perceval avec elle, au moment de quitter cette maison. « Je sais pas d’où ça vient, mais merci. » releva-t-elle finalement, soulevant délicatement les pans de la robe pour désigner ce de quoi elle parlait, la nouvelle délicate attention de Perceval à son égard. Encore une, pour ajouter au pourquoi il était mieux qu’il continue de la croire innocente et gentille. Encore une, pour expliquer pourquoi il était mieux qu’elle l’évite, à cause des erreurs qu’elle avait commises – de tant de vérités qui briseraient ce qu’ils avaient. Ce qui était si précieux, trop précieux pour être brisé. Pour masquer sa gêne et les songes revenant la hanter, Ela se pencha vers le sac qu’elle avait eu avec elle, pour en sortir une boule de chiffon ; ou plutôt un chiffon, où étaient protégés deux petites boules de pain, qu’Ela avait emmenées avec elle en quittant la demeure des Boswell. Soulignant son geste par un regard réprobateur qu’il avait mérité, la sorcière vint en ficher un dans la main de Perceval, gardant l’autre pour elle. « Alors ? C’est quoi du Bellay ? » demanda-t-elle finalement, oscillant entre curiosité et le besoin d’une distraction : il y avait bien des choses auxquelles Ela demeurait ignorante, sans même en avoir honte. Elle, elle connaissait d'autres choses, que Perceval ignorait sans doute.

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MessageSujet: Re: (perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.   Mer 22 Avr - 16:34

can't be forgotten, and never forsaken

god and his priests and his kings. all were waiting, all will wait as they go over held between heaven and hell as they're d a n c i n g. as they dance over and over. crimson and bare as I stand yours completely, yours as we go over. sing for the lion and lamb their h e a r t s are hunting, still hunts hope ever and ever. w/ela seaworth & perceval de kermalvezin.

Enfant Perceval était souvent moqué par les serviteurs de ses parents qui s'amusaient à le surnommer le « luneux ». Parce que le pauvre garçon avait toujours la tête dans la lune et qu'il ne faisait pas réellement attention au monde qui l'entourait. Non l'alcool, les femmes et les jeux étaient des choses terriblement futiles pour lui qui passait le plus clair de son temps accroché à son violon. Il fallut attendre Adelaïde pour qu'il comprenne que oui, une femme pouvait être attirante, que oui l'amour existait vraiment. Ses camarades marins l'avaient déjà poussé à se rendre au bordel et à s'amuser avec quelques catins, mais étrangement il ne trouva jamais cela transcendant. Au fond il apportait plus d'importance à l'amour véritable, omniprésent dans les œuvres de Chrétien de Troyes ou dans les poèmes de son enfance, qu'aux relations charnelles qui finalement n'étaient qu'assez secondaires. C'est en tout cas ce genre de réflexion qui avait fait du Kermalvezin quelqu'un d'unique, un solitaire un peu farfelu et moqué par ses pairs. Ces moqueries justement, il n'y avait jamais fait attention, beaucoup trop occupé à chercher de nouvelles mélodies. Parfois le français trop occuper à inventer de belles musiques, oubliait même de manger pendant plusieurs jours. C'était ce qui lui était arrivé cette fois-là... Même si la douleur qui partait de sa jambe droite et qui traverser tout son corps y était également pour beaucoup. Cela faisait maintenant plus d'une semaine que le brave homme tentait de réduire sa consommation de médicament, mais de toute évidence il était désormais dépendant aux « potions » prescrites par son médecin et il n'avait plus la force de s'en passer. Courageux et au lieu de baisser les bras, Perceval se contenta de serrer les dents et les poings pour ne pas se mettre à gémir comme un malheureux.

Par chance le retour de la belle Ela lui fit oublier la douleur, elle était réellement magnifique dans cette robe qui devait avoir quelques années, mais qui était finalement très bien conservée. Elle n'avait certainement pas été portée souvent et pour couronner le tout elle venait de passer plus de dix ans dans une malle en bois. Ce vêtement avait quand même eu la chance d'échapper aux mythes... Quoi qu'il en soit le violoniste observa la Seaworth avec de grands yeux écarquillés. La rousse était vraiment magnifique et son hôte émerveillé hésita à lui dire quelle était la plus belle femme de tout New Providence. Bon il n'avait pas vu toutes les femmes de New Providence, cependant le brun pensait réellement que la servante des Boswell était magnifique. D'ailleurs il ne la regardait même pas de façon intéressé, il était simplement admiratif, contemplatif... Le breton n'avait jamais autant mérité son prénom. En effet en observant Ela il se sentit comme Perceval le Gallois lorsque ce dernier fit la connaissance de la belle Blanchefleur. Malheureusement il n'était pas aussi courageux que son illustre homonyme, car si ça avait été le cas il aurait certainement mis un genou à terre pour demander la domestique en mariage. Et si Perceval de Kermalvezin était capable de créer de réparer des meubles, de créer de magnifiques meubles il se sentait en revanche incapable d'avouer ses sentiments. De toutes façons il ne lui avait offert cette robe pour lui rendre service, pour qu'elle puisse se réchauffer et non pas pour tenter d'acheter son amour et de la séduire. Par chance Adelaïde ne lui laissa pas le temps de s'enfoncer voir même de se perdre dans les limbes de son esprit, sans attendre elle sortit deux boules de pain de son sac et en tendit a l'infirme qui se montra assez gêné, mais qui accepta par politesse.


« Merci Ela, tu n’étais pas obligée, j’avais de quoi manger ici… Enfin je crois… Ha et si cela peut te rassurer je crois que cette robe appartenait à la précédente propriétaire. Tu sais bien que je ne suis pas très… doué avec les femmes haha ! Et d’ailleurs cette robe et à toi désormais. Je t’assure qu’elle ne me manquera pas ! »

Perceval ricana quelques secondes avant d’avaler une ou deux bouchées de pain. Il avait beau ne pas avoir faim, ce petit casse-croute lui redonna un peu de force et c’est donc avec un sourire taquin qu’il s’approcha de son invitée. Il ne lui en voulait absolument pas de ne pas connaître Du Bellay, après tout ce dernier ne devait pas être extrêmement connu outre-manche, il ne l’était pas encore totalement en France, mais au fond il mourrait d’envie de s’amuser avec elle. Notamment parce qu’il sentait très bien qu’elle n’était pas dans son assiette depuis un petit moment et que cela n’était pas totalement anodin. Elle lui cachait quelques jours, mais pour une fois il n’arrivait pas à savoir quoi… « Du Bellay c’est le nom d’un poète français que j’aime beaucoup. Et l’un de ses poèmes me fait énormément penser à toi tu sais ? » Il grignota rapidement quelques morceaux de mie avant de poser sa boule de pain sur la table située à côté de son fauteuil. Puis il se rapprocha encore un peu d’elle avant de jeter un coup d’œil aux flammes qui étaient en train de danser dans la cheminée. Pendant quelques secondes il ferma les yeux pour tenter de se souvenir du fameux poème et pour le traduire dans la langue de son amie au visage d’ange. Cette recherche ne dura pas longtemps et il finit par esquisser un petit sourire satisfaire, il était assez fier de lui en fin de compte.

« La Muse ainsi me fait sur ce rivage, ou je languis banni de ma maison, passer l’ennui de la triste saison, seule compagne à mon si long voyage. La Muse au milieu des alarmes est assurée et ne pâlit de peur ; la muse seule au milieu du labeur flatte la peine et dessèche les larmes. D’elle je tiens le repos et la vie, d’elle j’apprends à n’être ambitieux, d’elle je tiens les Saints Présents des Dieux et le mépris de fortune et d’envies. »

Au fond Perceval aurait aimé mettre ce poème en musique, mais il avait été pris par le temps et il était surtout pressé de le faire découvrir à la belle Adelaïde. Qui était devenue sa muse en plus d’être l’une de ses seules amies… Bref l’armoricain tenait énormément à elle et en réalité il ne s’imaginait vraiment pas continuer à vivre à Nassau sans pouvoir compter sur elle. Bref après quelques secondes il esquissa un petit sourire et lever les yeux au ciel.

« D’ailleurs tu sais que tu es très importantes pour moi ? Alors saches que si je t’ai blessé, j’en suis sincèrement désolé. Et si jamais c’est toi qui a quelque chose à te reprocher et bien… Tu dois savoir que je ne suis pas Saint Pierre et que je ne suis pas là pour te juger. Oui pour moi tu es une personne magnifique. Mais je ne m’attends pas à ce que tu te comportes comme une Sainte pour autant. Enfin… je ne sais pas trop quoi te dire… Tu es mon amie et tu le resteras toujours je le jure sur mon violon ! Haha ! Et tu sais à quel point il compte pour moi ! »


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(perceval), red is my heart a-wounded and forlorn.

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