AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
MERCI DE PRIVILÉGIER LES HOMMES SUR LES NAVIRES ET LES FEMMES A TERRE ! Il y a également de nombreuses choses possibles pour les femmes à terre ;)

Partagez | 
 

 edmund ≈ smoke and mirrors.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Admin ›› the pirate king.
› messages : 739
› inscrit(e) le : 08/03/2015
› avatar : b. barnes.
› crédits : rose adagio, tumblr.
› comptes : aucun.
MessageSujet: edmund ≈ smoke and mirrors.   Ven 13 Mar - 21:58



si Dieu a fait l’homme à son image,
ça doit être un sacré connard.


L'informateur on lui avait dit, l'informateur qu'on le surnomme, du reste il n'a pu en savoir plus. Les mains dans les poches, se faufilant dans les rues sombres de Nassau Wolfe se dirige avec un certain calme vers la plage, la poche pleine de quelques perles qui pourront lui servir. Curieux d'obtenir des instructions qui pourront lui servir à lui ainsi qu'à son équipage, il faut seulement l'itinéraire, la carte comprise dans le lot pour qu'ils ne se trompent pas et que l'équipage sorte vainqueur de cette recherche. Un nom, un seul qui est celui de la Cazadora, navire marchand venant directement d'Espagne il est fort à douter qu'ils n'aient pas que des guenilles dessus, pas le plus recherché, néanmoins pas abandonné pour autant les épices pourraient éventuellement servir à remplir à nouveau leurs cales ainsi que leurs mains d'un or plus plaisant que souillé par le sang. Alors Ramsey a simplement écouté causer dans la taverne sans rien ajouter, d'une oreille il a entendu parler d'un type qui aurait la langue bien pendue du moment qu'on lui offre la somme convenue, ou du moins si celle-ci n'est pas précise il faut qu'elle soit conséquente auquel cas il n'y a plus qu'une tombe à laquelle se confronter. Un peu de sa réserve personnelle, c'est sceptique qu'il continue son chemin sans adresser quelconque regard aux passants qui sortent de la taverne voisine. Ils n'ont plus à penser eux, ils n'ont plus à se préoccuper de la réalité qui lourde étale son tapis de noirceur sous la lune qui pour une fois a bien du mal à éclairer ses pas. Frémissant à cause du froid, petit à petit la texture du sol devient sableuse et il se rend compte qu'il arrive presque à bon port. Là-bas tu le trouveras qu'ils ont dit, ils n'ont pourtant pas été assez précis pour qu'il puisse trouver son bonheur derechef. Non loin de l'énorme rocher en forme de bec d'aigle, et il y en a toute une tripotée. Poussant un soupir, déjà fatigué de sa recherche à venir il remercie le ciel d'apprécier assez son supérieur hiérarchique pour se permettre à perdre autant de temps, surtout pour grimper un peu plus dans son estime et éviter une quelconque mutinerie. Les temps sont durs et surtout sont propices à des tas de magouilles qui se faufilent avec les rats. Ils en sont des animaux, des affreux en l'occurrence qui se dévorent pour mieux accuser un autre invisible. Alors durant son temps de recherche indéterminé, il s'amuse tel un gamin à imaginer quel visage pourrait avoir ce fameux informateur. Un vieux goguenard qu'il croit, une jambe en bois pour faire peur à quiconque voudra le défier, un oeil crevé pourrait le rendre aussi laid que convaincant et un timbre venant du tréfonds des enfers. Ou bien serait-ce l'inverse ? Il n'est plus très rare de croiser en ces lieux des enfants d'à peine plus de dix ans qui se font espions de la Cour des miracles. Rien que pour survivre. Parce que tout est une question de respirer quelques heures en plus, rien n'a plus d'importance que cette chose infecte qui bat dans le torse. Ne sachant combien de minutes il perd à chercher cette fameuse rocaille, c'est en inspirant profondément et en adressant une oeillade vers le ciel qu'il croise l'ombre de son but. Plus loin, à quelques mètres en dessous des étoiles cristallines. Enfin, l'informateur, l'allégorie à la fourberie même puisque personne ne saurait dire d'où il tient avec exactitude les papiers qu'il fait circuler parmi les pirates. Pas un prénom, pas même une minable petite description, il se fait fantôme là où seules les épaves peuvent se faire apercevoir la nuit, à cause des sirènes, à cause du kraken, à cause des monstres qui vivent dans les abysses. Celui-là par contre est concret, bien que tout autour de lui ne soit qu'un flou gigantesque, qu'une brume à couper au couteau que Wolfe n'est pas capable de combattre. Il pense à ce qu'il doit faire, son unique motivation. Dès lors pourtant sonne le glas de son arrêt de mort alors qu'il dessine peu à peu les traits de l'inconnu au fusain sur sa propre feuille de papier.

Le souffle coupé, l'estomac noué, tout lui revient dans le coin de la gueule en l'espace d'une seconde. Tout revient. Des souvenirs, des sourires, des baisers partagés ainsi qu'une rage impossible à éteindre, insatiable, un abandon parmi tant d'autres et surtout une voix qui fut maîtresse de ses pensées l'espace de deux pauvres mois. Deux mois. Qu'il était beau Edmund à cette époque, aussi beau qu'une prostituée égorgée dans le caniveau. Ses yeux bleus n'ont pas changé, encore moins ses traits bien que vieillis par le temps. Quand était-ce exactement ? Il y a dix ans, non pas jour pour jour, toutefois les paroles lancées à son égard lui reviennent comme des piques qui taraudent son coeur écrasé par tout ce qu'il a pu lui voler. Inspirant profondément pour récupérer un semblant de tenue il serre les poings dans ses poches en essayant de tout mettre de côté. Il n'y arrive pas. Il l'avait dans la peau, dans le sang, il se voyait au présent en sa compagnie, non pas au futur et surtout il avait eu la bête idée de lui offrir son tout sur un plateau d'argent. Il y avait cru, à l'instar d'un jeune garçon qui espère recevoir une pâtisserie en sortant de la boulangerie, or il se fait tout le temps avoir puisqu'il ferme les yeux et ne reçoit que d'immondes insectes qui grouillent entre ses ongles. Visqueux, rampants, pour peu il pourrait les entrevoir continuant de grignoter ses os, sa chair qui brûle rien qu'à songer à nouveau à son visage. Que fait-il ici ? Est-ce lui ? A priori il n'y a plus aucun doute à avoir, quand bien même les interrogations grimpent dans son crâne, il essaie de passer outre tout en retenant une injure pesteuse entre ses lippes à peine gercées par le sel de l'océan. Il ne peut plus rien lui faire le grand homme de l'armée, il n'a plus aucune emprise sur lui - ou presque. Ses fils sont coupés, sa puissance s'est évanouie à l'instant où il a prononcé son dégoût envers le cadet. Secouant sa tignasse pour jeter contre le vent les souvenirs désagréables qui poussent sa pompe à sentiments à se gonfler, il n'a pas le droit de baisser ses prunelles. Pas devant lui. Il n'a pas le droit d'être là, lui, il ne devrait pas, il ne devrait plus. Il l'aurait voulu probablement enterré plutôt qu'étincelant dans son propre élément. Bête des cauchemars, il fut incarné en un rêve auparavant, il fut quelque chose de tendre, de violent à la fois. Un parallèle à lui tout seul, une contradiction qui fait de lui un homme. Ne préférant pas laisser l'ombre d'un sourire apparaître sur ses traits cabossés par cette cité maudite flottante, le quartier-maître ajoute l'air de rien. « Paraît qu't'aurais des informations concernant la galère marchande, la Cazadora. » A quoi est-ce qu'il joue exactement ? L'écumeur n'en est plus totalement sûr, il n'a pas le courage dans se lancer dans des retrouvailles joyeuses. Ce n'était pas pour eux, ni pour lui, parce que là où l'envie de revanche réside, il n'y a aucun moyen de non-retour. Son sang bouillonnant dans ses veines lui ordonne presque de sortir un pistolet, de le faire disparaître maintenant sur cette plage pour qu'enfin tout ceci s'arrête. Il y croyait dur comme fer Wolfe, il avait espéré bêtement pouvoir s'en détacher comme on peut se défaire d'un vêtement, en le brûlant, le déchirant. Faut croire que ça ne marche pas ainsi, que ça ne marche pas comme il le voudrait. Levant un peu le menton, il sort de sa redingote la bourse pleine qui devrait largement suffire à payer quelques paroles, même s'il ne souhaite plus l'écouter, même s'il a peur de se faire posséder par ce démon aux yeux qui rêvent. Déglutissant subtilement il hausse un sourcil sur deux en tendant l'offrande à celui qui fut. « J't'écoute. » Pour sa sécurité, il ferait mieux de filer aussi vite qu'il en est capable, pour son bien-être il ferait mieux d'aller se noyer dans l'immensité liquide qui leur fait presque face. Tétanisé ses jambes ne répondent plus à l'appel, il est coincé, prit au piège, et il se rappelle, bon sang il se rappelle alors qu'il voudrait être sénile. N'est plus grande folie que celle que le mortel arrive à se créer lui-même, il voudrait l'effacer, il voudrait des tas de choses Wolfe. Et pourtant, il devrait le savoir ça, il devrait savoir que les blessures au fer rouge sont éternelles. Jusque dans sa crevasse il continuera à jouer son rôle macabre. Croque-coeur, dévoreur de sa bêtise d'antan.

_________________


i'll wrap my hands around your neck so tight with love
« il existe un lieu où le monde de la lumière rencontre celui des ténèbres. c'est là que tout se produit: dans la terre des ombres, où tout est rare, confus, incertain. nous sommes les gardiens de cette frontière. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

edmund ≈ smoke and mirrors.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Début de collection MAC
» Magic, Mirth, and Mischief Collection - Partie IV
» Traduction, chanson et...CLIP ?!
» (letha) ›› smoke and mirrors.
» Smoke and diamonds
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
never shall we die :: NEW PROVIDENCE :: the northern beach-
Sauter vers: